Conformément à une réunion
tenue
le 18 décembre dernier,
le Castor, dès février
prochain
et ce, à la demande de
tous ses chroniqueurs
sera dorénavant publié
LE
PREMIER JEUDI
DE CHAQUE MOIS.
La direction
Ce numéro :
Contenu
:
Acquanetta, [sainte] Audrey, Philibert Besson,
Irving Caesar, René Char, John et Robert Kennedy, Luther King, Malcom X.,
Salvador Allende, Nikolai Kroutchev, Fidel Castro, Maurice Duplessis, Jean Lesage,
Pierre Elliot Trudeau, René Lévesque, Jean Drapeau, Robert Bourassa, François
Mauriac, Jean-Paul Sartre, Marguerite Duras, Alexandr Soljenitsyn, Françoise
Sagan, Pierre Teilhard de Chardin, le Frère Untel, Richard Nixon, Ronald Reagan,
Yasser Arafat, Margaret Thatcher, Ali Khamenei, Saddam Hussein, The
Chipmunks, Rosita Salvador, Réal Giguère, Pat Boone, The Coasters, Michèle
Richard, Michel Normandin, le Cardinal Léger, Davy Crockett, Fatima (Lucia
Dos Santos), Victor Hugo, Fernand-Anne Piestre dit Cormon, Moisés Simons,
Stan Kenton, Walter Doyle, Ted Weens, Ted Lewis, Jack Hylton, Sophie Tucker,
Joseph Derteano, Pat O'Brien, Peter (Paul & Mary), Gérard Depardieu,
Johgn le Carré, Jean d'Ormesson, Bernard Pivot, Claude-Henri de Rouvroy,
Henriette Dessaulles et Alphone Allais.
Index
Pour un INDEX de tous nos numéros,
depuis Janv. 2018, cliquezICI.
Editoral
Bonne année.
Chroniques
Les chroniques précédentes de nos
correspondants pourront être
à nouveau consultées quand elles auront été révisées et reclassées.
Date prévue : mai ou juin 2024.
Herméningilde Pérec
Nouvel An
Ça fait longtemps que
j'ai pris l'habitude de me dire, au réveil : «Tiens, une autre
journée qui s'offre à moi.», sauf que depuis le 25 décembre
dernier, date à laquelle j'ai atteint mon 90e anniversaire, je me sens
obligé de faire une pause avant d'ouvrir les yeux. - «Ce
n'est pas possible, me dis-je. Je suis encore vivant.» Et de
là, je mets mes doigts en marche, puis une main, deux, mes pieds, mes
jambes. Je respire pour finalement regarder autour de moi et me lever
avec une lenteur inusitée, mais très calculée.
Ce sont là des gestes
tout à fait banals, mais qui semblent inquiéter Madame Pérec parce
que, depuis quelques jours, ils sont suivis, une fois debout et en
marche, d'une pause encore plus longue où, paraît-il, je semble
sortir du néant comme s'il fallait que je redémarre peu à peu la
partie de moi qui fait que je suis celui que je suis et non pas
quelqu'un d'autre.
«Tu as l'air songeur,
me disait-elle ce matin. Des choses à te faire pardonner ?»
«Non. Mais je me
demandais si nous avions quelque chose à faire aujourd'hui, quelque
chose que j'aurais oubliée.»
«Si, me répondit-elle.
Ton Castor. Tu m'as dit hier qu'il fallait qu'il sorte absolument
aujourd'hui.»
Or l'aujourd'hui
dont elle me parlait, c'était hier ; avant hier quand vous lirez ceci ;
si ce n'est pas il y a trois jours.
Maude vous donnera plus
de détais à ce sujet.
Pour le moment, je n'ai
qu'une chose à vous souhaiter, chers lecteurs et lectrice, c'est une
bonne année.
Herméningilde
Maud
Tessier
Tout nouveau
Bonjour ! Heureux de vous revoir. Combien de temps
aura duré notre absence, je ne saurais vous le dire avec précision.
Tout ce que je sais, c'est que le site de l'UdeNap a une nouvelle
structure depuis ce matin, jeudi 4 janvier 2024, avec deux jours de
retard sur l'horaire prévu. - Ma faute : j'ai mal estimé le temps nécessaire
à, d'abord, effacer toutes les traces de l'ancienne pour
ensuite faire parvenir la nouvelle.
Quelques statistiques d'abord :
L'ancienne structure contenait 4993 fichiers reliés
entre eux par 18,777 liens hypertextes dont 1941 étaient fautifs.
La nouvelle en contient présentement 3052 reliés
par 9,234 dont seulement 128 ssont fautifs, mais que temporairement,
le temps de réinstaller diverses biographies pour lesquelles il
faut remonter à des archives dont les formats 9et non le contenu)
datent, dans certains cas, de plus de 10 ans.
Les fichiers manquants sont constitués : a) de
photos, la plupart reliées à des exemplaires du Castor datant de plus
de quatre ans, b) les fiches concernant l'administration de
l'UdeNap et c) son hsitorique (que son personnel est présentement à
réviser).
Ce qui m'amène à vous parler de la page à
laquelle nous référons tous les lecteurs dont c'est la première
visite, celle dite d'«Un mondeà découvrir» qui, pour certains,
peut porter à confusion. La raison en est très facile à expliquer :
c'est que pour obtenir l'effet d'un sphère repliée sur elle-même,
il faut des liens entre ses pages et ces liens en ce
moment sont à peu près tous à refaire d'où la présence dans nos
biographies, par exemple, des noms qui n'ont aucun rapport entre eux :
Celui d'une comédienne à peu près peu connue de
nos jours, Acquanetta, d'une sainte (Audrey), d'un politicien
(Philibert Besson), d'un parolier (Irving Caesar) et d'un
«poète»
comme René Char à
qui, on le sait, un essai a déjà été rédigé.
Or, ce n'est qu'à la fin, une fois que toutes les
pages auront été restaurées que ces liens pourront être refaits, mais
attention, hein : certains aléatoirement, tel que prévu par son
concepteur.
Nous n'en sommes pas là en ce moment et, ce qui
est le plus inquiétant, nous allons sous peu tomber sur des pages de plus
en plus difficiles à adapter à un format que l'on veut unique et
conforme aux plus récentes normes de l'HTML.
D'où cette date prévue de fin mars prochain où le
site redeviendra ce qu'il a toujours voulu être : un espace
multi-dimensionnel et multi-disciplinaire à... découvrir.
Nous vous tiendrons au courant.
Pour le moment, ous nous penchons avec minutie du côté des différents numéros du
Castor qui, pour le moment, contiennent, sauf les plus récents,
des liens vers des pages ou non-restaurées, ou non encore
remises à l'endroit où elles devraient se trouver.
En attendant, souhaitez-nous bonne chance et
acceptez que je vous souhaite une bonne et heureuse année.
Maude
*
Ajout au 6 janvier 2024 :
En excluant ce que nous mentionnons
ci-dessus à propos des hyperliens, notre travail en ce moment se
concentre presque exclusivement dans la mise à jour des liens
contenus dans les «Castor» pré-décembre 2023 (nous en sommes à août
de cette année et espérons être en mesure de nous rendre à la
totalité des numéros présentement disponibles sur le site (environ
75 numéros) d'ici une dizaine de jours. Suivront les pages consacrées
au fondateur de l'UdeNap et sa généalogie (environ 65 pages) pour
finalement réviser les pages dont les formats et certains contenus
doivent être amendés (environ 750 quoique ce nombre contient plus de
30% de pages déjà récupérées [ex. : lieux] et de nombreuses
photos qui se joignent automatiquement). D'où une date finale de restauration
que nous estimons entre la mi et la fin de février. - Le travail
consistant à refaire les liens hypertextes ne devrait pas dépasser
la fin mars.
Et puis, et puis... :
On m'avise que depuis ce matin les numéros
du Castor datant de l'année 2023 (voir l'index)
ne contiennent aucun lien hypertexte brisé ou non-fonctionnel.
Copernique Marshall
À Paris jusqu'au huit janvier.
Simon Popp
DANS mon temps ou DE mon temps ?
Vous savez, n'est-ce pas, si vous me lisez depuis un
certain temps, que je suis bougonneux, athée, apolitique, impoli, souvent blessant,
effronté,
hautain, dédaigneux
et qu'en plus je suis la seule personne au monde qui soit en possession
de l'authentique et véritable vérité, celle qu'on ne peut pas mettre
en doute sur une foule de choses ? - Ajoutez donc tant qu'à y être, que je suis paternaliste.
C'est la dernière des qualités qu'on m'a donnée récemment, tout en
laissant sous-entendre que j'avais tendance à porter des jugements sans
appel et que..., parmi mes autres qualités, j'avais quelque chose ce qu'on
n'a pas pu, jusqu'à présent, formuler exactement, ne sachant pas dire
au juste si j'étais aveugle, malentendant, insensible ou totalement ignorant de ce qui se passe autour de moi.
À ce genre de compliments, quoi faire d'autres que
les accepter, en feignant l'indifférence, prétextant qu'avec l'âge et la solitude,
mon vocabulaire est devenu imprécis et qu'on me comprend de moins en moins bien,
mais pour cela, il faut que ceux qui m'accusent soient plus ou moins
d'accord pour accepter que ce sont eux qui sont en train de me juger et
non pas moi en train de les juger, eux.
Me reste deux solutions : le silence ou la
fuite.
L'un ou l'autre me convient ou me conviennent
parfaitement d'autant plus que je comprends de moins moins ce qu'on me
dit parce qu'on me parle de plus en plus de sujets dont je me désintéresse
complètement.
Que voulez-vous : je ne suis plus DE mon temps.
Je l'ai déjà été, mais pas longtemps car
figurez-vous que parmi les événements qui ont demandé mon attention
au cours de mon existence il y a eu (pas nécéssairement dans l'ordre,
mais pas loin) des choses capitales comme :
(Je dis «capitales» car si vous saviez
le nombre d'heures que j'ai dû souffrir qu'on m'en parle...)
La guerre de Corée
La guerre au Vietnam
La guerre d'Algérie
La famine au Biaffra
L'apartheid en Afrique du Sud
La crise de missiles (Cuba)
Les assassinats de deux Kennedy, de Luther King,
de Malcom X...
Le suicide d'Allende
La guerre Iran-Irak
L'érection et la chûte du mur de Berlin
Kroutchev aux Nations-Unies
Castro à New York
La crise du Golfe
Le bogue de l'an 2000
Duplessis, Lesage, Trudeau, Lévesque, Drapeau,
Bourassa (et j'en passe...)
Mauriac, Sartre, Duras, Soljenitsyn, Sagan,
Teilhard de Chardin et les Insolences du Frère Untel...
Le R.I.N, la crise d'Octobre, la crise d'Oka, l'I.R.A.
Une bonne demi-douzaine d'ouragans, du verglas,
deux (ou serat-ce trois ?) tempêtes du siècle
Les Chipmunks, Rosita Salvador, Réal Giguère,
Pat Boone, The Coasters et Michèle Richard
Michel Normandin, Les Plouffe, le Survenant, 14
rue de Galais...
Le Cardinal Léger (de retour de Rome)
Les Ice Capades et Davy Crockett...
Et je pourrais continuer comme ça pendant des heures.
On m'a même fait coucher sous mon
pupitre pour me protéger contre une éventuelle bombe atomique qui
aurait pu pulvériser mon école et la majeure partie de l'île de Montréal
(Pourquoi ? - On ne me l'a jamais dit.)
Et ma soeur a tenté de me faire accroire qu'en
lisant le troisième message de la vierge lors des événements de Fatima
au Portugal
(*), le pape aurait dit : «Pauvre Québec»...
(*) Là où Lucia Dos Santos, la future soeur Maria Lucia
de Jesus, aurait vu et entendu la Vierge Marie...
Et on me demande aujourd'hui de m'intéresser aux grèves
dans l'enseignement, à la reconstruction du Pont de l'île aux Tourtes,
à Trump, à la montée de l'Islamisme en Belgique et en France et à un
meurte commis avant-avant-hier à quelque part à Montréal-Nord... et si
le Canadien va faire les séries...
Vous savez quoi :
De tous les malheurs qui allaient
affecter mon existence, il n'y en a aucun qui, tout compte fait, ne
s'est matérialisé.
La preuve, c'est que je suis encore là
(quoique de plus en plus las) à vous énumérer les choses qui se sont
produites DANS mon temps.
Au moment où j'écris ces lignes,
l'humanité - du moins, une bonne partie de ses membres - est à
mi-chemin entre la célébration de la naissance d'un juif qui, avec le
temps, nous a donné un bonhomme joufflu, vêtu d'un costume rouge et
blanc généralement accompagné de fées et de rennes... et un moment précis
de la translation de la terre autour du soleil. - Et l'on trouve curieux que
je n'ai pas, compte tenu de ces deux énénements exceptionnels, pensé à
installer et décorer un sapin mort dans mon appartement... - C'est
qu'il y a eu, à ce que j'ai cru comprendre, une intervention policière
dans une maison qui m'a toujours semblé abandonnée dans la nuit du 22
au 23 décembre à quelque kilomètres de chez moi et au cours de
laquelle on aurait saisi
des armes, de la drogue et quelques copies du Mein Kampf d'Hitler de même
que procédé à l'arrestion d'une personne en vue dans mon village dont
j'ai toujours soupçonné la méconduite et dont un de
mes voisins essayait de m'en parlker pas plus tard que la semaine dernière...
Dire que ça m'est entré dans une
oreille et sorti par l'autre...
Humbug !
Simon
1...]
Jeff
Bollinger
Pourquoi je suis
anti-Apple, anti-Microsoft, anti-Google, anti-Android, anti-... (et que je me pose des questions
par rapport aux automobiles électriques)
J'ai eu un ami, aujourd'hui décédé, qui
a eu toutes les peines du monde à trouver un téléphone portable
qui, à l'extérieur de chez lui, lui aurait rendu les mêmes
services que son bon vieux téléphone-maison : un téléphone sans boîte
vocale, sans afficheur, sans répondeur automatique, sans accès à des
courriels, ssans réveille-matin, sans caméra, sans agenda, sans
calendrier, sans horloge, sans bloc-notes, mais avec un bouton marche-arrêt...
jusqu'à ce qu'un revendeur lui programme le plus simple appareil téléphonique
en supprimant tous les "apps" dont il n'allait pas se
servir et dont la boîte vocale consistait à faire écouter à ceux
qui essayaient de l'appeler le son d'une ligne occupée.
Je pensais à lui l'autre jour quand, sur
mon smartphone (téléphone "intelligent" ! [*]),
je ne trouvais plus, parmi la foule d'icônes répartis sur trois ou
quatre pages, celui qui pouvait ressembler à un téléphone parce que je
voulais justement... téléphoner.
[*] Ou plutôt "multifonctionnel"
tel que le préconise les mêmes qui ont voulu que l'on utilise il y a
longtemps "téléchameauder" (en aval ou en amont) au
lieu de "upload" et "download".
Mais pour qui se prennent-ils ces
concepteurs-planificateurs-auteurs-programmeurs qui se sentent obligés
d'incorporer dans un appareil toutes ces fonctions dont 90% de leur clientèle
ne se sert que de deux ou trois et rarement plus que quatre ? - Bon d'accord : mettons sept ou même huit. - Mais
qui, ces concepteurs-etc., nous demandent pas lesquels à installer lorsqu'on les met en marche
pour la première fois. - Vous allez me dire qu'on peut toujours désinstaller
ceux dont ne se servira jamais sauf qu'il faut une fonction pour ce faire
et cette fonction, il faut la trouver la plupart du temps ailleurs. D'où
un icône pour se joindre à un fournisseur qui nous demande notre nom
notre numéro de téléphone (sic) et votre adresse mail.
C'est l'histoire de ceux qui me
demandaient, il n'y a pas si longtemps, quelle sorte d'ordinateur qu'il
fallait qu'ils se procurent. - Je leur damandais ce qu'il voulait faire
avec leur ordinateur, mais ils le savaient rarement. - Naviguer sur
l'internet ? Écrire un roman ? Balancer leur compte de banque ? Créer
des base de données ? Manipuler des photos ? parler au téléphone à
leur fils présentement au Japon ? - C'est un outil que je leur disait,
pas une cafetière qui fait du café, pas une cuisinière pour préparer
vos repas, ni un un marteau pour planter des clous... C'est un autre type
d'outil.
Mais ce qui m'embête le plus, c'est que
des comités quelque part ont décidé que dorénavant j'allais écrire
ceomme ceci, calculer comme cela et que, pour le plaisir de ce faire, on
allait me bombarder de commerciaux.
Jeff
Fawzi Malhasti
Texte choisi
Peut-être pas le meilleur poème à citer le lendemain du Jour de l'An, mais je le cite pour la beauté de ses rimes et la majesté de son rythme.
Les deux premiers que j'ai lus et que je me suis répété
trois fois à voix haute dès que jes ai eus sous les yeux sont restés
gravés dans ma tête.
Que c'est malheureux qu'on n'enseigne plus Hugo à nos enfants !
Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’oeil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l’aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d’Enos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L’oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : « Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.
Paul Dubé
Egyptian Ella
Considérant le nombre d'extraits et la longueur
du texte qui suit, je me suis dit, pensant à la direction du
Castor : «Feront ce qu'ils voudront, mais moi, j'aurai eu un plaisir fou...».
(Écrit le 1er janvier 2024, tôt dans
l'avant-midi.)
D'abord, je me suis organisé pour passer
l'arrivée du Nouvel An tout seul avec Sam (mon chat) et un grand
verre - mettons deux - d'eau distillée parce, voyez-vous, plus ça
va, plus je trouve les soirées du Jour de l'An moches et plutôt
difficiles à supporter. Oh, je ne parle pas des gens avec j'aurai
pu "célébrer" (entre parenthèses, vous avez
noté) l'arrivé de l'anno domini 2024, soit chez l'un, chez l'autre ou
encore dans un des ces restaurant décorés pour l'occasion, mais voilà : je trouve que les
gens ne savent plus avoir du fun...
Je ne parle pas du plaisir à boire du
champagne, à embrasser tout le monde à la ronde - particulièrement
la petite d'en face qui vient d'avoir vingt ans - ni à danser ce qui se danse en ce moment,
ni à se raconter des histoires entre chums en fumant une
cigarette ou tirer un joint à soixante-douze mètres de là où
on est supposé être, non. Je parle de sauter de joie au son
d'une musique entraînante, genre Bottine souriante avec des éclats
de rire à faire fendre des solages de maison ou des abris
Tempo.
Ça se faisait dans mon temps. J'ai même des
photos où vêtu d'un habit de soirée, on m'avait mis un
chapeau pointu sur la tête avant de me demander de raconter une
histoire abracadabrante dont je devais avoir le secret puisqu'on
me le demandait... Et ça durait jusqu'à trois heures du matin.
Et puis vous savez quoi ? On n'avait pas le
droit d'être saoul avant d'avoir au moins trente ans et d'être
du sexe mâle.
Aujourd'hui, je ne sais pas ce qui se passe en
coulisse, mais les dernières célébrations auxquelles j'ai
assisté, il s'est passé des choses dans certains racoins où
j'ai vu des enlacements que la descence m'empêche de décrire.
«Bah !, que je me suis dit, on faisait pire du temps
des Romains et même, à ce que j'ai cru comprendre, du temps
des derniers rois de France...» (Ce qui n'exclue pas les années
vingt (1920), d'après ce qu'on m'en a dit.)
Anyway.
Pour égayer ma soirée d'hier et je vous prie de
croire que ça ne me prend pas grand chose pour me rendre de
bonne humeur, je me suis promené sur YouTube pour trouver
quelque chose dans le genre que je faisais jouer, moi, y'a un
bout de temps de ça à exctement minuit lors que je recevais
des gens à réveilloner. Jamais eu une seule plainte.
C'était...
Oh, le titre vous dira rien, mais cet air
composé par le chef d'orchestre cubain Moisés Simons, vers la milieu des années
vingt, demeure encore aujourd'hui un des plus grands succès populaires du XXe
siècle. On parle de miliers d'enregistrement divers qui auraient dépassé
aujourd'hui le 200 millions d'exemplaires à travers le monde. En espagnol, son
titre est "El Manisero !" et la version ci-dessus, ben, elle est d'un
orchestre (de studio) dirigé par Stan Kenton (au piano) dont le solo mérite
une attention particulière par le rythme qui s'en dégage. Vous m'en direz des nouvelles.
The Peanut Vendor
Va pour le passé, mais sur YouTube, le trente-et-un
(hier) qu'est-ce que j'ai trouvé ?
Un groupe de Berlin
chantant une chanson américaine...
de la fin des années vingt !
Où ?
À un
endroit où j'aurai aimé être
*
La chanson d'abord :
Si le titre de "Peanut
Vendor" dont vous venez d'entendre une version ne vous a rien
dit, celui de la chanson interprétée par mon groupe de Berlin va
vous en dire encore moins et ce n'est pas le nom de son
auteur-compositeur qui vous en dira plus.
Titre : Egyptian Ella Paroles et musique de Walter Doyle.
Ses paroles, si vous avez la
patience de les lire, sont en annexe.
Sa musique, cependant, fut considérée
à l'époque pour être suffisamment intéressante et elle
attira l'attention de divers ensembles dont, en extraits :
Celui de :
Ted Weens et son orchestre
Puis celui de :
Ted Lewis et son orchestre
et même Jack Hylton en Angleterre :
Jack Hylton et son orchestre
J'ai même lu que Fats Waller en aurait fait une version, mais je n'ai pas trouvé.
Elle a quand même fait partie d'un répertoire
très à la mode dans les années vingt et trente, celui des Red Hot Mama's
dont j'ai déjà parlé et vers le texte duquel je ferai un lien lorsque mes
chroniques feront l'objet de la courante restauration de ce site.
De ces Red Hot Mama's, la plus connue fut
incontrestablement Sophie Tucker qui, en 1923, pour vous donner le genre
de chansons qu'elle endisqua, y alla d'une pièce intitulée King Tut
suite à la découverte du tombeau de Touthankamon en 1922. Voici cet
enregistrement :
Sophie Tucker en 1923
Suivi de la même interprétant Egyptian Ella :
Sophie Tucker en 1931
Passons maintenant à son interprétation par le
groupe Skinny Tuba dont je vous ai parlé le mois dernier :
Et puis, avant de passer à l'enregistrement, à
une curiosité du Groupe Bourbon Sweethearts :
Voici mon enregistrement du mois. Celui que
j'aurais voulu entendre sur place dans la salle ou le théâtre où e a été
enregistré
Aucune réaction de votre part ?
Inutile de m'inviter l'an prochain.
Mais bonne année quand même !
Paul
P.-S. : Existe, sur YouTube toujours, une
autre version intéressante de ce Egyptian Ella, celle de De
Joseph Derteano Musical Trip (avec Pat
O'Brien - live au Jamboree Jazz Club de Barcelone).
Il y a dix ans dans le Castor™
Bêtes noires
J'ai eu l'occasion - lire : l'obligation - il y a deux semaines de me rendre à Dallas, au Texas, dans les États-Unis d'Amérique (pour cette dame de Gaspé qui ne sait pas où se trouve Napierville).... Vous savez
: cette ville où il est interdit d'avoir sur soi une arme à feu dans les établissements où l'on sert de l'alcool, mais où on peut circuler avec un petit arsenal dans son pick-up... - Via Toronto.
Voilà un aéroport (celui de Toronto) que j'ai définitivement inscrit dans ma liste des endroits à éviter. Depuis des années, on y installe, à tous les deux heures, de nouveaux systèmes de vérification : d'identité, de cartes d'embarquement, de passeports... qui ne fonctionnent jamais. Et, d'où que l'on vienne, il faut repasser par leur système de sécurité. Doivent détenir, les opérateurs de ce chaos désorganisé, le record mondial des envols manqués. J'ai failli manquer le mien, à l'aller et, ofcoursément, comme dirait M. Perec, j'ai manqué celui de mon retour. - D'ailleurs, on avait annulé le vol. Pratique courante dans le coin.
Sur une échelle de un à dix, je leur donnerais moins six et moins huit pour la nourriture. Dix-sept dollars pour un hamburger. Non mais...
A pet peeve, comme disent les Anglais. Une bête noire, si vous voulez.
Si j'en ai d'autres ? - De quoi remplir des volumes. En voici quelques unes :
Les clients dans les bureaux de poste ou au bureau des passeports qui n'ont jamais les bons papiers.
La dame qui, à l'épicerie, attend qu'on lui présente sa facture avant d'ouvrir son réticule dans lequel se trouve son sac à main qui contient son porte-monnaie dans lequel elle a inséré son portefeuille où se trouve ses coupons-rabais.
Les technophobes et les technophiles.
Les émissions de télévision où l'on invite des spécialistes à qui on donne cinq minutes pour exprimer leurs opinions (généralement, ils en ont plusieurs) sur les pourparlers de paix au Moyen-Orient.
Les pourparlers de paix au Moyen-Orient.
Les automobilistes qui vous dépassent et qui soudainement ralentissent.
Les amateurs maniaques de produits Apple.
Apple, ces gens qui ont réussi à vendre six téléphones, en quatre ans, à des gens qui font la queue devant leurs magasins.
Les avocats qui s'improvisent ingénieurs, architectes et experts en tous genres.
Les courriels citant le contenu des dix-huit précédents.
Les serveuses qui se croient tout permis parce qu'elles ont des jambes.
Les gens «fishing for compliments».
Les dames qui reçoivent et qui demande si leur dinde ou leur leurs pot-au-feu sont «corrects». (Ma réponse, invariable : «Si vous ne le savez pas, ne cuisinez plus.»
Les sommeliers de 18 ans qui ont appris les mots «Cabernet», «Sauvignon», «Merlot», «Chardonnay»... et qui n'ont aucune idée où se trouve le Château d'Yquem, ni peut-être même la France.
À peu près tous les «has been» qui marchent à deux pieds du sol.
Les grand-mères qui portent du rouge à lèvres.
La ville de Sherbrooke (au Québec) suivie, de très près, par West Mifflin, en Pennsylvanie.
Les petits monstres qui courent partout dans les restaurants.
Les prix pratiqués chez Starbucks.
Ceux qui laissent de longs messages inutiles sur mon répondeur. - Qu'on se le dise : j'ai un afficheur !
Les cartes de mode.
Les buveurs de 7-up dans les bars.
Les hommes qui se stationnent en double pour attendre leurs conjointes qui sont entrées «pour quelques minutes» chez le boulanger.
Les stand-up comics plus intelligents que leur public.
Les groupes des années soixante qui, n'ayant pas chanté depuis vingt, trente ans, remontent sur scène, i.e. : Peter, Paul and Mary.
Les critiques de cinéma de moins de vingt-cinq ans.
Les dix-huit «prochains programmes» qu'on fait tourner avant le film qu'on est allé voir.
Les pique-assiettes. Surtout ceux qui n'ont rien à dire.
Les banlieusards qui insistent pour dire qu'ils habitent à vingt minutes du centre-ville.
Et puis :
Vous savez ce que vous pouvez faire avec votre Depardieu par les temps qui courent...
(*)
Simon
(*) En guise de P.-S. : Et c'était il y a dix
ans...
Lectures
Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables
critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres,
revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de
commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui
les signent désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction
du Castor™ ni celle de l'Université de Napierville.
David John Cornwell, dit John le
Carré Troisième partie
Prochaine édition.
*
Jean d'Ormesson
Une autre histoire de la littérature
Eédions Nil, 1997
Je me suis atardé il n'y a pas si
longtemps, il me semble, aux fonds de tiroir que publiaient vers la
fin de sa vie Jean d'Ormesson, l'auteur d'Au plaisir de Dieu, un
roman qui ne fut ni révolutionnaire, ni quelque chose qui risquait de
passer pour un chef-d'oeuvre, mais que j'ai eu beaucoup de plaisir à
lire. - Je disais que ces fonds de tiroir étaient un ramassis d'idées
toutes faites.
Je continue à citer de lui la boutade
à l'effet qu'il avait voulu être écrivain et qu'il n'avait
finalement réussi qu'à n'être qu'une vedette à la télévision
(i.e. : émissions culturelles, Pivot et cie.)
C'était... avant que, par curiosité,
je me suis mis à lire cette «autre histoire» et que je découvre
en lui non pas un grand auteur, mais un véritable passionné de la
littérature.
En 340 pages ou à peu près, il décrit
quelque chose comme cinq, six cents livres publiés du début de la
littérature française jusqu'à la fin du XXse siècle. Il ne dit pas
les avoir tous lus, mais ce qu'il en dit mérite un long détour.
J'en lis depuis un mois, une ou deux
pages chaque jour et, jusqu'à présent je n'ai rien à lui reprocher.
Au contraire même, c'est avec un grand plaisir que je me rend compte
à quel point cet homme aimait la littérature.
J'y reviendrai un peu plus tard en en
citant des passages.
Son regard sur les classiques (XVIIe siècle),
entre autres, m'a rappelé qu'il fallait que je relise absolument Polyeucte
de Corneille...
Quatre étoiles et demi sur cinq.
Jusqu'à présent.
À suivre
Simon
*
Reçu :
Saint-Simon L'Utopie ou la raison en actes Olivier-Pétré-Grenouilleau
Biographie Payot, 2001
Cinq cent quatorze pages concernant la
vie mouvementée de Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon
(1760-1825) qui n'a rien à voir avec celle de son illustre parent, mémorialiste
du règne de Louis XIV.
À quand ces vacances qu'il nous faut
pour lire une telle chose ?
«Les nouvelles
années seront nouvelles quand
on aura eu le temps de fermer les précédentes.»
Alphonse
Allais
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De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.
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