Josef De Beenhouwer, Baudelaire, Einstein, Richard Feynman, The Beach Boys, Dick Tracy, Hemingway, Louis Jouvet, Zoot
Sims, James Burke, Niels Bohr, Louis XIV, Django Reinhardt, Jeff Barry,
Jean-Sébastien Bach,
Voltaire, Gide, Clara Schumann, Tchekhov, John le Carré, The Ronettes, Louis Armstrong, Marcel Proust, Newton,
Pascal, Céline, Girolamo Cardano (ou Jérôme Cardan et même Hieronymus
Cardanus), Osiandre, Claudel, Rhéticus, Saint-Simon, Phil Spector, Ian
Fleming, Stéphane Wrembel,
Shayne
Cohn et Archimède.
Index
Pour un INDEX de tous
nos numéros depuis Janv. 2018, cliquez ICI.
Éditorial
Bonnes fêtes !
"Noël
et le Jour de l'an ? 'Sont trop loin quand on est qu'au premier lundi du mois de décembre. On
sort à peine de l'Halloween..."
C'est ce qu'on nous a dit.
Trop tôt, en fait, pour vous souhaiter de Bonnes Fêtes ou une Bonne année...
quoique, en lisant ce qui doit être publié aujourd'hui, il semblerait
qu'un de nos chroniqueurs y aurait pensé.
Nous ? Nous sommes encore aux
prises avec les faux fils d'araignée du début novembre et commençons
à craindre le sapin mort qu'il faudra désinstaller de la toiture du garage
au début de février.
La direction
Chroniques
Les chroniques précédentes de nos
correspondants pourront
être
à nouveau consultées quand elles auront été révisées et reclassées.
Herméningilde Pérec
Quatre-vingt-neuf + un
Je viens de vérifier :
l'espérance de vie pour un homme qui a, aujourd'hui, 65 ans varie, au
Canada, de
18,2 à 20,7 années soit : 18,2 dans la province de Terre-Neuve, 20,7 en Colombie
Britannique et 20,01 au Québec. Or, dans moins d'un mois, notre ami à tous,
le professeur Marshall, en sera à
plus 25. - Idem ce qui me concerne, mais il s'agit là d'une coïncidence
sans importance. -
Ce qui est important, c'est d'être conscient que pour atteindre ce
nombre, il a fallu que certains, avant lui et avant votre serviteur,
aillent rejoindre leurs ancêtres bien avant leur 65e anniversaire. Ce fut, hélas,
le cas de plusieurs de nos amis communs, au Professeur et à celui qui
vous écrit, communs non pas dans le sens de : vulgaires, banals ou
populaciers (quoique, dans ce
genre d'épithètes on peut cumuler), mais qu'ils faisaient partie de
groupes avec qui, chacun de notre côté, nous partagions certaines
affinités. La statistique qui guide et organise notre existence nous a
enseigné ce genre de choses.
C'est à ces amis et à
nos autres proches qui sont allés rejoindre prématurément leur créateur
que nous penserons le vingt-cinq prochain en nous posant la grave
question à savoir s'ils sont vraiment décédés ou s'ils continuent à
vivre en nous jusqu'à nous allions les rejoindre.
En ces temps de réjouissances
et de, bientôt, célébrations, ce n'est pas, j'en conviens, ce genre de pensées
qui devraient remonter à la surface de nos pauvre cerveaux, comme une
bulle d'air remonte à la surface de l'eau, mais comment les en empêcher
? - Je suis, Messieurs-Dames, comme vous : j'attends après un morne
mois de novembre la première neige qu'on nous annonce depuis quelque
temps et je me souhaite comme je vous souhaite de Joyeuses Fêtes et,
comme nous ne nous reverrons pas avant le trois du mois prochain (un mardi
!), autant ajouter que je vous souhaite également une bonne et heureuse
prochaine année.
Herméningilde
Simon Popp
Pour en finir avec la Littérature
Je disais le mois dernier qu'un livre
[digne d'appartenir à la Littérature]...
"devait m'enseigner comment
concevoir une réalité différente de celle dans laquelle je
croyais vivre."
Enfin... pas tout-à-fait, mais pas loin.
Suite à une discussion à laquelle j'ai
participé il y a quelques jours, j'ai pensé qu'il serait peut-être préférable que je
m'explique plus clairement car ce qu'on pouvait facilement comprendre en
me lisant que si un livre m'enseignait les détails d'une réalité autre
que celle dans laquelle je vis - je parle d'une réalité physique
comme un roman dont l'action se déroulerait dans une ville minière ou dans un temple
bouddhistes au Népal - , cela automatiquement me ferait voir la
mienne d'une autre façon. - Et bien non.
Deux exemples me viennent en tête quand je
pense à une "réalité différente" [de celle dans
laquelle je vis], trois ou même quatre quand je pense au monde avant et
après tel que perçu par des gens comme Newton ou Einstein :
La première provient de deux phrases ou
boutades de, l'une, Richard
Feynman , le physicien connu pour son apport à la mécanique
quantique et l'autre, de Niels
Bohr, le philosophe et théoricien scientifique :
Richard Feynman :
"Si vous pensez comprendre ce
qu'est la mécanique quantique, vous ne comprenez pas ce qu'est la mécanique
quantique."
(“If you think you understand quantum mechanics, you don't understand quantum
mechanics.”)
Niels Bohr :
"Ce qu'on appelle la réalité
est composé de choses qu'on ne peut pas considérer comme étant du
domaine de la réalité."
("Everything we call real is made of things that cannot be regarded as real.")
La deuxième découle de la façon dont se
sont comportés les colonisateurs - particulièrement britanniques, mais
on pourrait reprocher la même chose aux Espagnols, aux Français et même
aux Allemands - au
XVIII-XIXe siècle qui n'envahissaient pas des régions du monde pour y découvrir
une nouvelle façon de vivre, mais pour enseigner aux natives locaux
comment ils devaient se comporter, c'est-à-dire comme eux.
Ce que je veux dire par là, c'est que si
je me comporte en blanc, nord-américain, parlant le français et ce partout
dans le monde, sans égard aux cultures locales, à la façon dont on y
voit la réalité, je reviendrai toujours de mes multiples voyages en étant un blanc,
nord-américain, parlant le français qui a visité beaucoup d'endroits,
qui a appris qu'il y avait des fjords en Scandinavie, que le Tabasco™
provient
d'une petite île sur le Mississippi, qu'il y a des bars aux USA, des pubs
en Angleterre, des brasserie en Allemagne et des cafés à Paris et que la
moitié seulement, des Belges, parle le français, mais rien d'autres,
rien par rapport aux intermittences du coeur, la différence entre la foi
et la raison, l'influence de la langue sur la pensée, le temps, les problèmes
reliés à l'oubli volontaire, la vieillesse, etc.
Il en est de même en Littérature
:
Si vous avez lu Proust en ne retenant que
les histoires de ducs, de duchesses et du scandaleux baron de Charlus,
vous n'avez pas lu Proust.
Si vous avez lu Céline et n'avez été
frappé que par sa langue et sa façon de décrire l'horreur, vous n'avez
pas lu Céline.
Si vous ne voyez dans Tchekhov que des
anecdotes sans fin, vous n'avez pas lu Tchekhov.
Hamlet n'est pas l'histoire d'un bonhomme
obsédé par des fantômes au soliloque qu'on apprend apprend par coeur
pour réussir ses études ; Roméo et Juliette n'est pas une simple
histoire d'amour ; Joyce ne change pas de style de narration à chaque
chapitre [de son Ulysse] pour rien, Molière n'est pas si drôle qu'on
puisse le penser ; et le Carré n'est pas qu'un simple rédacteur de romans
d'espionnages.
Autrement dit :
Si vous êtes convaincu d'être la même
personne que vous étiez il y a dix, vingt, trente ans et demeurez
convaincu que tout ce que la vie vous a enseigné ce sont des
connaissances, ne lisez pas Gide, Proust, Claudel, Baudelaire ou
Saint-Simon car ils risquent de vous décevoir.
Tout grand écrivain ou tout écrivain qui
risque de le devenir n'a jamais écrit pour se soulager, vous amuser ou
vous épater.
Simon
1...]
Copernique Marshall
De la modernité
C'est exact, ai-je dit à
un de mes élèves l'autre jour, nous n'avions pas de téléphones
portables à mon époque, ni de tablettes, ni d'ordinateurs, pas de GPS
et nos voitures n'avaient pas d'écrans multi-fonctionnelles. Quant aux téléviseurs
murales avec leurs 123 canaux...
Ce sont des choses que
nous avons inventées en pensant que ça pourrait vous être utiles.
Nous avons cependant bâti
des ponts, créée des autoroutes et supprimé les tramways pour régler
les problèmes de la circulation. J'espère que vous ferez mieux.
Copernique
Jeff
Bollinger
C'est quoi tous ces
fichiers ?
On me demande souvent ce
à quoi peuvent bien servir tous ces fichiers que j'accumule dans deux
disques externes, l'un à la maison, l'autre (une copie) au bureau, et que je
conserve malgré le fait que la majorité d'entre eux continuent
d'exister là où je peux les consulter soit dans une biblio-dico-vidéothèque,
soit chez un libraire ou encore via l'Internet.
Ces milieux sont
instables. On y pratique dans un premier temps l'élagage systématiquement
car on cesse de garder dans son inventaire certains livres, disques,
films car ils ne se vendent plus, ne sont plus en demande ou tout
simplement parce qu'on n'est à court d'espace. Et même dans ces dépôts
permanents, il vous faudra des jours, des semaines pour obtenir un livre
ou document datant, parfois, que de quelques années.
L'Internet même n'est pas
stable. Je me souviens de deux sites que je consultais régulièrement,
l'un créé par un pharmacie sur le piano rag et qui a eu la fâcheuse
idée de décéder. Oh, il a duré un certain temps par la suite, avec
un bel hommage de la part de celui qui, sans doute ennuyé d'avoir à répondre
au courrier qu'il (le site) engendrait ou tout simplement pour une
question de coût, l'a un jour fermé. Idem sur un site de disques de
jazz des années 20 auquel notre paul faisait régulièrement référence.
Et essayer, aujourd'hui, d'y récupérer plus que deux ou trois mettant
en vedette Louis Jouvet alors qu'il y a un temps, vous pouviez en récupérer
une quinzaine.
Et puis, en admettant que certains
sites ne risquent pas de disparaître (Wikipédia, etc), comment se
rappeler toutes les ces adresses où vous avez déjà vu ce documentaire dont vous vous souvenez vaguement du nom...
Tout cela, lorsque
inscrit ou copié sur un disque branché à votre ordinateur demeure
disponible, mais aussi disponible instantanément
Le prix ! Mon dernier
achat, un disque de 8 téraoctets, m'a coûté moins de 200$. Et vous
savez ce qu'on peut inscrire dans 8 téraoctets ?
Plus de 1000 longs métrages,
1000 émissions de télé, 1000 documentaires, 2000 volumes, 40, 50 ou même
60000 enregistrements (format mp3), 2000 biographies, vingt ans de
Castor™, tout le site de la Chanson française de paul, une
dizaine d'années de correspondance.. et j'en passe.
Par disque ? Non : sur UN
disque. Pas de 8 téraoctes. Un 6 téra vous suffira amplement.
Oui il faut une certaine
discipline et un sens de l'organisation, mais même pêle-mêle, avec des
logiciels comme Everything, vous trouverez tout ce que vous chercherez en
quelques secondes.
Comment ? Vous n'avez
qu'une seule version des Suites françaises de Bach ? Où ça ? Dans
votre bibliothèque au sous-sol ?
Jeff
Fawzi Malhasti
Textes choisis
"Votre Voltaire, il était un peu long, non
?"
C'est ce que j'ai entendu suite à la publication
(partielle) du poème de Voltaire sur le séisme qui s'est produit à
Lisbonne en 1755.
Alors ceci pour compenser :
Un très court conte de la plume d'Hemingway
:
«Baby shoes for sale. Never worn.»
Malheureusement je suis incapable de le traduire en
n'utilisant que six mots. En voici sept.
«Souliers de bébé à vendre.
Jamais portés»
O quam tragoediae quaedam sunt tragoediae !
Fawzi
Paul Dubé
Ce qu'il en faut en ouvrir des huîtres avant
de trouver une perle...
Quarante ans de
micro-informatique, cinquante ans de baux,
contrats et formulaires et soixante ans de documents tout aussi intéressants
tels que bordereaux, relevés bancaires, récépissés et
justificatifs m'ont appris qu'il était préférable de régler
certains problèmes de classement en utilisant la méthode la
plus simple, celle qui nous vient à l'esprit sans qu'on y
pense, les jours de pluie quand on n'a rien d'autres à faire que de
passer des heures à essayer d'en trouver une autre qui nous me permettrait de
sauver du temps.
Aussi, lorsque le plus vieux des disques externes
branchés sur mon ordinateur a récemment rendu l'âme, après six,
sept ans de loyaux service, je n'ai fait aucun effort pour trouver le logiciel, le truc, l'appli,
l'astuce qui permettrait de transférer avec plus de rapidité sur un nouveau disque les fichiers
contenus dans un autre qui n'était qu'une copie du défuntisé. J'ai immédiatement branché
l'un, le nouveau, et l'autre, l'ancien, sur
un vieux portable dont je me sers presque plus et
j'ai lancé le copier-coller approprié qui, inutile de le préciser,
particulièrement chez Microsoft est d'une lenteur
exaspérante. - Peut-être pas
intelligent-intelligent, Dubé, mais il a toujours su qu'on ne
faisait pas une seule copie de sauvegarde de ses archives. -
C'est une opération qui a duré plusieurs heures ; plusieurs
jours en fait parce que, tant qu'à y être, pourquoi mettre un
peu d'ordre dans ces fichiers qu'on n'a jamais le temps de
classer. - Et c'est ainsi que j'ai un peu perdu plusieurs
autres heures en me servant de mon ordinateur de base. Or
c'est en
perdant ces heures que, pour me détendre, je me suis mis à regarder sur YouTube
toutes sorte de choses dont la vidéo suivante :
Qu'est-ce que c'est ? Une
compilation de tous les enregistrements des hits anglophones qui
ont atteint le numéro un au palmarès de l'inévitable Billboard entre 1981
et aujourd'hui. Un affaire qui doit se chiffrer entre deux
cents et deux cent cinquante hits à raison de 30 à 40 secondes
chacun. Un véritable supplice, mais que ne ferait-on pas
pour être de son temps ?
Un supplice parce que, après
dix, quinze minutes, on s'aperçoit qu'on est en train d'écouter des variantes de trois,
parfois quatre
accords autour d'insipides paroles (ex. : She Loves You,
Yeah, Yeah, Yeah... Bepop A Lula...) chantés par des interprètes à la voix dont il existe
pas plus que quatre ou cinq genres, tous accompagnés par ces inévitables
batteurs qui scandent la musique populaire depuis les derniers
cinquante ans, mais, pour ne pas être accusé de condamner quoi
que ce soit sans avoir tout écouté, je me suis tapé les deux
heures, treize minutes et cinquante-cinq secondes que
cette vidéo exige.
Trois, quatre titres, oui, j'ai
retenus, mais je ne sais pas pourquoi, il semblerait que pour
les noyer dans le lot, on ait choisi les pires extraits visuels
qu'on ait pu trouver de ces titres. Quant aux chorégraphies, peut-être, un
jour, on trouvera un autre mot pour décrire ce que j'ai pu y
voir.
Une chose qui m'a surpris :
L'absence totale de probablement
la chanson qui a le plus marqué cette époque et qu'on n'écoute
jamais avec attention car la musique - ;'arrangement - en arrière-plan est
extraordinaire. Je parle, bien sûr de Be My Baby de Jeff Barry
interprété par The Ronettes en 1963, sous la férule du génial
Phil Spector. Génial ? Fou peut-être ? Probablement. Lire sa biographie
où vous apprendrez qu'il est mort en prison pour avoir assassiné sa dernière
compagne non sans avant séquestré sa première pendant des
mois.
Mais ne manquez pas, surtout, les
Ronettes, "live" (c'est-à-dire à la télé, la
partie instrumentale coupée, lipsync compris) qui vous donnera
peut-être le goût d'aller chercher votre casque d'écoute et
de trouver la version officielle sur Youtube :
De ce "Be My
Baby", Brian Wilson des Beach Boys a toujours dit que c'était
la chanson la plus étonnante (ou serait-ce révolutionnaire ?) qu'il ait entendue et qu'elle a
beaucoup influencé son style.
Sa version sur
disque avec un break au violon est celle qu'il faut écouter et
y'a même un docu.
*
Mais je n'ai pas fait qu'écouter
que des hits insipides, sans âme et sans saveur (sauf
celui des Ronettes) et, en me promenant d'une vidéo à
l'autre, j'ai même fait deux découvertes qui
m'ont vraiment plu :
La première est une interprétation
d'un classique de Django Reinhardt qu'il a enregistré , avec Stéphane
Grapelli au violon, avec le Hot Clup de France en 1937.
S'agit,
bien sûr de Minor Swing que je me permets de vous reproduire
ici :
Reinhardt et
Grapelli- Minor Swing
La version que j'ai découverte
en est une d'un ensemble dirigé par
Stéphane Wrembel, un guitariste français dont les services ont été
retenus par Woody Allen pour la musique de son film Midinght in Paris
(2011). - C'est un peu extravagant comme sur-improvisation, mais ça donne
une idée
de la virtuosité nécessaire quand on s'aventure au-delà
de ce qu'a fait Reinhardt qui était, lui, limité aux trois minutes
d'un 78 tours.
Pstt : Vous n'êtes pas obligé d'écouter
jusqu'à la fin.
Stéphane
Wrembel
- Minor Swing
Par contre, je vous encourage de cliquer sur le
lien suivant où vous entendrez une musicienne américaine sans nom qui a enregistré ce
Minor Swing à la clarinette et au banjo, y compris la section rythmique et à la clarinette. -
Enfin, vous verrez.
Pas de photo car je veux que vous soyez, comme
moi, surpris.
Vous m'en donnerez des nouvelles.
Comme disait le
titre de cette chronique : "Il faut en ouvrir des huîtres,
pour trouver une perle.", sauf que celle-là, vous
avouerez qu'elle n'est pas piquée des vers.
Mais attendez, j'ai pas fini...!
En voici une autre de ces
"perles" qu'on trouve en perdant son temps
(sic)... sur
l'Internet.
*
S'agit d'un des ces orchestres
"de rues" ("Street bands")
qu'on rencontre un peu partout, parfois à des endroits où l'on
s'y attend le moins. Certainement pas à la Nouvelle-Orléans où
il en existe plusieurs, qui , entre autres, ne se limitent pas à la
Lousiane,
se déplaçant régulièrement à l'extérieur, jusqu'en
Europe, selon
leur fantaisie... ou la demande.
Je me souviens particulièrement
d'un de ces orchestres que j'ai vu et entendu un jour, ici
au Québec, à Montréal, Place des Arts, lors d'un de ces Festivals Annuels
de Jazz et l'avoir revu, deux ans plus tard, à Paris, dans la
petite rue, derrière
le Printemps. Son nom, je ne m'en souviens pas, mais ce n'était
pas celui dont j'écoute régulièrement les enregistrements
qu'on diffuse sur YouTube depuis quelques années :
Il a, l'orchestre auquel je me réfère,
comme directrice, à la
trompette ou au cornet (c'est selon) la petite fille de - au début,
je croyais que c'était sa fille - Al Cohn, un
saxophoniste des années soixante qui jouait régulièrement en
duo avec un autre du nom de Zoot Sims, les deux faisant partie
de l'orchestre de Woody Herman. - Son style, non de Al Cohn,
mais de sa fille, Shaye est, naturellement, puisqu'elle
vit à la Nouvelle-Orléans, celui des Street bands de
la région qui perpétuent un art qui se perd : celui de
l'improvisation collective telle que pratiquée par les ensemble
de jazz des années vingt et du début des années trente et
qu'on retrouve dans les enregistrements de l'époque
sous les noms de King Oliver, Louis Armstrong, Jelly Roll
Morton, Bix Beiderbecke et de nombreux autres (George Lewis,
les frères Humphrey, Sweet Emma Barrett, etc.)
Vous trouverez facilement de
nombreux enregistrements de Shaye Cohn sous le nom de son
ensemble, Skinny Tuba, sur YouTube et, parmi ces
enregistrements, il y en a un qui m'a beaucoup impressionné récemment
parce que, contrairement à son habitude de ne pas se faire
valoir (elle se conduit comme un musicien comme tous ceux de son
ensemble), elle se met à improviser à la Louis Armstrong et
dans l'introduction de la mélodie, et dans son solo, et la fin d'une pièce du nom de Once in While
et ce qui est plus surprenant encore, elle y va, presque à la
perfection, dans son celui qu'on considère aujourd'hui comme le plus jazzman de
tous les temps.
S'agit d'un enregistrement réalisé
à Philadelphie le 22 septembre 2022 :
Les membres du Skinny Tuba sont : Shaye Cohn à la trompette ou au cornet Todd Burdick
au tuba, Barnabus Jones à la trombone, Robin Rapuzzi à la
planche-à-laver ou à la percussion), Craig Flory à la
clarinette, Greg Sherman à la guitare et voix, Max Bien-Kahn à
la
guitare
et au banjo) de même qu'Erika Lewis (voix et percussion). - À
noter que Shayne Cohn est également une impressionnante pianiste.
Pur en savoir un peu plus sur ce
Street Band qui est devenue aujourd'hui un ensemble presque
professionnelvoir The
Syncopated Times. Et taper Skinny
Tuba dans la section "recherche'.
À +
paul
L'extrait du mois
Sur les deux étagères...
«Sur les deux étagères de la boutique, au fond, s’alignaient des mottes de beurre énormes ; les
beurres de Bretagne, dans des paniers,
débordaient ; les beurres de Normandie,
enveloppés de toile, ressemblaient à des ébauches
de ventres, sur lesquelles un sculpteur aurait jeté
des linges mouillés ; d’autres mottes, entamées,
taillées par les larges couteaux en rochers à pic,
pleines de vallons et de cassures, étaient comme
des cimes éboulées, dorées par la pâleur d’un soir
d’automne. Sous la table d’étalage, de marbre
rouge veiné de gris, des paniers d’œufs mettaient
une blancheur de craie ; et, dans des caisses, sur
des clayons de paille, des bondons posés bout à
bout, des gournays rangés à plat comme des
médailles, faisaient des nappes plus sombres,
tachées de tons verdâtres. Mais c’était surtout sur
la table que les fromages s’empilaient. Là, à côté
des pains de beurre à la livre, dans des feuilles de
poirée, s’élargissait un cantal géant, comme
fendu à coups de hache ; puis venaient un chester,
couleur d’or, un gruyère, pareil à une roue
tombée de quelque char barbare, des hollandes,
ronds comme des têtes coupées, barbouillées de
sang séché, avec cette dureté de crâne vide qui les
fait nommer têtes-de-mort. Un parmesan, au
milieu de cette lourdeur de pâte cuite, ajoutait sa
pointe d’odeur aromatique. Trois bries, sur des
planches rondes, avaient des mélancolies de lunes
éteintes ; deux, très secs, étaient dans leur plein ;
le troisième, dans son deuxième quartier, coulait,
se vidait d’une crème blanche, étalée en lac,
ravageant les minces planchettes, à l’aide
desquelles on avait vainement essayé de le
contenir. Des Port-Salut, semblables à des
disques antiques, montraient en exergue le nom
imprimé des fabricants. Un romantour, vêtu de
son papier d’argent, donnait le rêve d’une barre
de nougat, d’un fromage sucré, égaré parmi ces
fermentations âcres. Les roqueforts, eux aussi,
sous des cloches de cristal, prenaient des mines
princières, des faces marbrées et grasses, veinées
de bleu et de jaune, comme attaqués d’une
maladie honteuse de gens riches qui ont trop
mangé de truffes ; tandis que, dans un plat, à
côté, des fromages de chèvre, gros comme un
poing d’enfant, durs et grisâtres, rappelaient les
cailloux que les boucs, menant leur troupeau, font
rouler aux coudes des sentiers pierreux. Alors,
commençaient les puanteurs : les mont-d’or,
jaune clair, puant une odeur douceâtre ; les
troyes, très épais, meurtris sur les bords, d’âpreté
déjà plus forte, ajoutant une fétidité de cave
humide ; les camemberts, d’un fumet de gibier
trop faisandé ; les neufchâtels, les limbourgs, les
marolles, les pont-l’évêque, carrés, mettant
chacun leur note aiguë et particulière dans cette
phrase rude jusqu’à la nausée ; les livarots,
teintés de rouge, terribles à la gorge comme une
vapeur de soufre ; puis enfin, par-dessus tous les
autres, les olivets, enveloppés de feuilles de
noyer, ainsi que ces charognes que les paysans
couvrent de branches, au bord d’un champ,
fumantes au soleil. La chaude après-midi avait
amolli les fromages ; les moisissures des croûtes
fondaient, se vernissaient avec des tons riches de
cuivre rouge et de vert-de-gris, semblables à des
blessures mal fermées ; sous les feuilles de chêne,
un souffle soulevait la peau des olivets, qui
battait comme une poitrine, d’une haleine lente et
grosse d’homme endormi ; un flot de vie avait
troué un livarot, accouchant par cette entaille
d’un peuple de vers. Et, derrière les balances,
dans sa boîte mince, un géromé anisé répandait
une infection telle que des mouches étaient
tombées autour de la boîte, sur le marbre rouge
veiné de gris.»
Émile Zola - Le ventre de Paris.
À comparer au sketch de Monty Python avec ses
danseurs dans un établissement peu contaminé par ses fromages :
Il y a dix ans dans le Castor™
Note :
En décembre 2013, Copernique Marshall dont les
premières
contributions au Castor™ de Napierville furent rédigées dans
ce qu'il appelait à l'époque the Shakespearian Language,
nous fit parvenir la chronique qui suit sous le titre de «The future, the past, another
obscure writer and a P.-S.».
Comme elle est dans son ensemble d'une étrange
actualité, nous avons pensé qu'il n'aurait aucune objection à la répéter
ici, traduite pour le bénéfice de nos lecteurs. - Sa version
originelle pourra être consultée sous peu "en annexe".
L'éditeur
Attention :
L'édition corrigée et commentée par l'auteur est à
suivre.
D'ici mercredi au moment où ces lignes paraîtront
(qu'il nous a dit), puis vendredi ou samedi prochain (tel qu'il nous
l'a annoncé par la suite).
L'avenir, le passé, un écrivain obscur et un Post-Sriptum
Nous faisons partie d'une race de mammifères assez bizarres, vous ne trouvez pas ?
Nous pensons que le monde dans lequel nous vivons est le meilleur des
mondes depuis que les mondes existent et qu'il continuera dans sa forme
actuelle avec, dans un avenir proche, des modifications mineures telles que : la disparition complète de toutes les guerres,
l'abolition de la pauvreté et la découverte d'antidotes à toutes les maladies.
Nous sommes convaincus que nous savons ou que nous avons la capacité de tout savoir et
qu'en plus nous avons ou que nous sommes sur le point d'avoir un contrôle absolu sur tout ce que l'avenir nous réserve, ce qui, en soi, est ridicule car
il me paraît évident que nous en savons de moins et de moins sur de plus
en plus, alors que les hommes de science semblent en savoir de plus en plus sur de moins en moins. Demandez par exemple à un botaniste ce qu'il
pense de la fusion nucléaire, puis demandez à un physicien ce s'il
aime les liliacées. Vous
voyez ce que je veux dire... ? - Savez-vous vraiment comment fonctionne votre réfrigérateur ? Ou même votre machine à café ? - Personnellement, j'ai des problèmes
sérieux avec le taille-crayon qui se trouve sur mon bureau. Vous pouvez
vous imaginer le reste.
Y'a pire. Nous avançons continuellement des arguments
pour prouver que nous avons une explication exacte en ce qui concerne les sujets
sur lesquels nos ancêtres se sont magistralement trompés. Pour ce faire, nous comparons nos notions -
devrais-je dire nos «lacunes» ? - à celles des grands savants ayant vécu dans un passé lointain et, parfois, pas si lointain.
On se dit :
"Quel idiot devait être ce Louis XIV qui n'a
jamais su ce que pouvait être un cachet d'aspirine !"
ou
"Comment pouvait-on être stupide au point de croire, jusqu'à la Renaissance, que le soleil tournait autour de la terre
?"
ou même
"Que penser des députés de la Chambre des
Communes qui, en 1900, voulaient limiter le nombre d'habitants du Grand Londres
en utilisant le prétexte qu'à partir de 1910, Londres serait dans un état piteux parce ses rues seraient couvertes de fumier de cheval et ce, jusqu'aux genoux."
Et puis nous pensons à nos grands-mères et arrière-grands-mères avec leurs machines à laver et leurs poêles à bois vétustes ; et
à leurs ancêtres avec leurs chevaux et leurs carrosses, leurs stylos en plumes et leurs bougies.
Mais pourquoi remonter si loin dans le temps ? Prenez ma voiture, par exemple
(s'il vous plaît, prenez ma voiture !) :
Elle a sept ans
et n'a pas encore atteint, kilométrage aidant, la moitié de sa vie,
mais comparée à celles vendues aujourd’hui,
elle est totalement dépassée. Elle ne dispose ni de système GPS, ni d'écran servant à m'indiquer un tas d'informations sur sa
condition ou l' état des routes.., ni de connexion téléphonique
Bluetooth et son volant n'est pas chauffant. Son lecteur de CD n'accepte même pas les MP3 !
Il en
est de même avec mes ordinateurs, mon grille-pain, mon téléviseur, mon rasoir électrique et à peu près tous les appareils électroménagers de la maison
où j'habite avec ma famille, y compris un aspirateur qui surchauffe et
qui s'arrête au bout de dix minutes. Et, au moment où j'écris ceci, je ne peux
pas m'empêcher de remarquer que j'ai, sur mon bureau, une cinquantaine de CD-R en lecture-écriture que, je suppose, je vais
éventuellement utiliser comme sous-verres puisque tout le monde est maintenant passés aux clés USB. - Je pensais que les acheter en gros me ferait économiser de l'argent...
Clés USB ! J'ai récemment trouvé un reçu pour l'achat d'une puce-mémoire de 64 Ko
(kilo-octets). Montant ? 29,95$. - Ce montant indique qu'il aurait fallu, à l'époque
débourser plus ou moins 500 $ pour un
mégaoctet ou un demi-million de dollars pour un gigaoctet. Multipliez cela par 32 et comparez le résultat (16 millions de dollars - 15,702, 425,60 $, pour être précis) au prix que j'ai payé la semaine dernière pour une puce de 32 Go pour mon téléphone
. - Pour mon téléphone ! - Des téraoctets ? Cinq cents millions de dollars contre 125 dollars que j'ai
allongés la semaine dernière pour un disque dur externe de deux
de ces téraoctets...
Mon téléphone ? Un Samsun Galaxy S4 dont la puissance de calcul est supérieure à un PC que j'ai acheté il y a cinq, peut-être six ans et qui avait un millionième de puissance
en plus par rapport à celui du premier Moonlander.
J'en suis au point que j'utilise désormais mon plus vieil ordinateur comme juke-box et que je regarde des documentaires sur mon téléphone. Dick Tracy, me voici !
Je n’arrête pas de me demander quel sera le coût, dans cinq ou dix ans, d’une puce mémoire
pétaoctet (mille téraoctets).
Savez-vous ce que j'aurai pu faire au départ avec un pétaoctet de mémoire ? J'ai récemment lu ceci dans Scientific America : y copiez tous les livres que j'allais lire au cours de ma vie ; il en va de même pour chaque page WEB que
j'aurai visitées avant de mourir, chaque film, docu ou programme télévisé que
j'allais regarder, chaque musique que j'allais écouter, laissant suffisamment de place pour
y incorporer plusieurs encyclopédies d'une vingtaine de volumes, c'est-à-dire si
j'allais limiter les photos que j'allais prendre à moins de 100 000 environ
ou èa moins de 3 ou 4 par jour. - Et on parle déjà d'exaoctets (1 000
téraoctets), de zettaoctet (1 000 téraoctets) et de
yottaoctet (1 000 zettaoctets). - Je viens d'apprendre, pendant que j'y suis, qu'en ce moment même, les chercheurs d'IBM construisent le plus grand disque de données jamais conçu : une bête de 120
pétaoctets composée de quelque 200 000 disques durs normaux travaillant de concert, nettement, bien sûr, plus spacieux que la capacité de 15
pétaoctets trouvée dans les plus grandes baies actuellement utilisées.
Ça, c'est pour l'avenir. Quant au passé...
Pas besoin de pétaoctets. Je suis convaincu qu'avec une machine à voyager dans le temps et une simple calculatrice à 8 chiffres, je pourrais impressionner
Euclide, Archimède, Ptolémée et même Leibnitz (1646 -1716),
LE Leibnitz, celui qui a inventé, indépendamment de Newton
(1642 - 1727), le calcul infinitésimal, à l'aide d'un stylo et de plusieurs feuilles (j'espère !) de papier.
Deux autres avec qui j'aimerais discuter sont Copernic et Galilée. Je me demande ce qu'ils diraient si je leur
annoncerais entre autres, que Jupiter n'a pas quatre satellites mais 49 satellites officiels (nommés) et 14 autres, en attente d'être nommés ou, à tout le moins, numérotés.
J'aimerais aussi discuter, avec eux deux, de ce qu'ils pourraient penser du Big Bang, du continuum espace-temps, de la vitesse de la lumière, des trous noirs, des exoplanètes, etc., mais... autant que possible loin des regards de l'Église parce que, ce que j'avancerais, pourrait me
rendre sérieusement suspect et probablement me faire arrêter, torturer
avant d'être finalement brûlé vif. J'insiterais cependant pour qu'on me
conduise vers l'ouest, jusqu'à la fin de l'océan Atlantique, et
qu'on me pousse dans le vide.
Vous pensez que je plaisante ? Croyez-le ou non, 18 % de la population adulte des États-Unis croit toujours que
Copernic ET Galilée ont eu et ont toujours tort tandis
que 28 % sont convaincus que le monde a été créé en sept jours.
Mais, en parlant de ceux qui ont vécu il n'y a pas si longtemps, permettez-moi
d'en nommer d'autres :
Certains d'entre vous, de temps en temps - très occasionnellement, je sais -, achètent des billets de loterie, jouent au penny poker ou passent quelques pièces d'argent dans des soi-disant
machines à sous, se rappelant, j'en suis sûr, à chaque fois que vous le faites, le contenu de la correspondance que
Blaise Pascal (1623-1662) et Pierre de Fermat (1601 ou 1607-1665) ont échangée dans
le deuxième tiers du XVIIe siècle et dans laquelle ils discutaient de ce que l'on dit être les règles fondamentales de la probabilité,
celles qui rendent ridicules l'achat de billets de Loto.
Vous vous souvenez peut-être aussi de Chistiaan Huygens (1629-1695) qui a effectivement écrit le premier livre sur le sujet, mais
comme tous ses semblables, a eu un prédécesseur à sa boîte cérébrale
à double dôme, dont le nom était Gerolamo Cardano, alias Girolamo ou Jérôme Cardan
et même Hieronymus Cardanus, (1501-1576), un intello de premier ordre et
d'un autre des écrivains obscurs dont j'aime souvent parler (voir P.-S., à la fin).
Gerolamo Cardano - ou quel que soit son nom - était l'un de ces perspicaces qui trouvaient intéressant d'éclairer
de ses connaissances des objets dont on connaisit peu à l'époque. Il a
écrit, entre autres, environ deux cents livres traitant de : médecine, mathématiques (algèbre), physique, sciences
naturelles, l'hydrodynamique, la religion, la musique, la philosophie transcendantale...
On pouvait lui demander de traiter de n'importe quoi, il en était
capable dont, par exemple, entre autres sujets captivants, Un horoscope détaillé de Jésus-Christ (comme si
on pouvait inventer un fait semblable) sans doute pour payer ses dettes de jeu parce qu'il aimait le jeu dans son ensemble : les dés, les cartes, les échecs, tout ce avec lequel il pensait pouvoir gagner de l'argent. - Il a même écrit un chapitre entier sur la tricherie dans son livre sur les jeux de hasard
(Liber de ludo aleae). - Et même si vous ne le savez peut-être pas, vous utilisez probablement deux de ses inventions quotidiennement (car il était un inventeur pendant son temps libre) : 1)
un cadenas à combinaison, tel que celui que vous utilisez sans doute au
gym que vous fréquentez car, muni de chiffres, il n'exige pas de clé, et 2) un arbre de transmission, alias "l'arbre à Cardan", qui relie le moteur de votre voiture à ses
roues motrices. - (Oui, il a passé quelques mois en prison pour cet horoscope...)
Quoi qu'il en soit, lui et Copernic (1473-1543) avaient un ami commun :
Georg Joachin Rheticus, un homme que l'on appellerait, aujourd'hui, un attaché de presse. C'est lui qui a supervisé la publication du
De revolutionibus orbium coelestium de Copernic (Sur les révolutions des sphères célestes) en 1543 ; vous savez : le livre qui disait que la terre tournait sur elle-même une fois par jour (ce que l'Église
disait que ce n'était pas le cas), qu'elle, ainsi que toutes les planètes connues, tournaient autour du soleil (ce que l'Église
disait qu'elles ne faisaient pas) et que la lune tournait autour de la terre (ce que l'Église
disait que c'était le cas). Et c’est là qu’intervient
Andreas Osiander (1498-1552), un autre gagnant du concours général de ceux qui croyaient vivre dans un monde parfait.
Qui fut-il ? Un théologien luthérien allemand. Eh bien, il l'était peut-être, mais il n'était pas si courageux face à l'Église catholique romaine et à ses propres
adeptes, en particulier lorsqu'il s'agissait du pape d'alors qui, comme vous le savez, n'était pas intéressé à ce moment-là à voir son
pouvoir, y compris celui de la
torture. Copernic s'en fichait car il était en train de mourir, mais pas Osiander. Le fait est que, juste avant que le grand ouvrage du premier soit sur le point d'être publié,
Georg Joachim Rheticus a dû s'en aller et a laissé l'affaire entre les mains du second. Étant
un peu craintif, Osiander pensait que Copernic était trop « révolutionnaire » (désolé pour le jeu de mots), alors il a substitué sa préface à la sienne dans laquelle il disait que tout ce qu'il y avait dans le livre de Copernic n'était pas nécessairement vrai, ni même probable, mais pourrait être utilisé à des fins de calcul.
À son retour Rheticus devint fou de rage, mais il était trop tard. Il a fallu des années avant que les lecteurs
apprennent enfin que la préface ne réflétait pas l'es idées de Copernic.
Combien d'années ?
Pensez à Galilée qui a été assigné à résidence pour ses opinions confirmant plus ou moins la soi-disant « fausse théorie » de Copernic, en 1633 (soit 120 ans plus tard).
Plus encore : ce n'est qu'en 1835 (172 ans plus tard) que l'interdiction de l'Église catholique sur son
De revolutionibus orbium coelestium fut finalement levée.
Vous voyez à quel point vous pouvez vous amuser en étudiant ces choses ?
Passons maintenant à mon P.-S.
Copernique
P.-S. :
Suite à ma dernière chronique, j'ai reçu un message d'une femme qui affirmait qu'elle s'en foutait des bons et des mauvais livres, qu'elle lisait pour le plaisir ; qu'il y avait beaucoup de joie et de gratification à découvrir des choses intéressantes à lire seul ; que ma méthode de sélection des livres, largement basée sur les critiques, la permanence ou l'existence continue, ne garantissait pas que je finirais par lire uniquement de « bons » livres.
Je suis entièrement d'accord. C'est vraiment une question d'hypothèse ou, pour mettre les choses en contexte, de goût (agréable à l'esprit ou aux sentiments) ainsi que de combien de temps on est prêt à consacrer à la recherche, à l'exploration et même à l'expérimentation, tout comme la recherche continue de nouveaux restaurants plutôt que de s'en tenir, comme moi, à deux ou trois, sous prétexte que lorsqu'on est connu dans un établissement, on est plus ou moins assuré d'avoir un service tout à fait compatible avec ses goûts ou ses habitudes.
Mais pour en revenir aux livres, des milliers de livres sont publiés chaque semaine - voire chaque jour - et vous devez m'accorder que les lecteurs devraient, d'une manière ou d'une autre, s'appuyer sur certaines lignes directrices au lieu de choisir pratiquement au hasard ce qu'ils voudront lire.
Dans son "The Knowledge Web" (Simon & Schuster 2001),
James Burke a tenté de démontrer qu'avec toutes les informations sur tous les sujets connus désormais disponibles en ligne, à tout moment et en tout lieu, les gens devront éventuellement s'appuyer sur une certaine forme d'organisation dans afin de déchiffrer ou simplement trouver ce qui est compatible avec leur cerveau, sinon toutes ces informations seront envahissantes et totalement chaotiques, ce qui, quand on y pense, est logique.
Ma méthode pour choisir ce que j'aimerais lire n'est certainement pas une preuve sûre et certainement pas pour tout le monde.
Elle a quelque chose à voir avec mes schémas cérébraux.
Permettez-moi de le dire autrement : je déteste lire des trucs qui ne m'apportent pas de nouvelles idées, de nouvelles façons de penser et je préfère m'appuyer sur 400 ans de critiques me disant que Shakespeare était un grand écrivain plutôt que sur 400 commentaires de, je ne dirais pas des lecteurs "non avertis" mais "inexpérimentés" dont la connaissance de la lecture se limite aux best-sellers et aux derniers romans, me disant que tel ou tel livre est un "chef d'oeuvre", d'où mon retour à une cinquantaine d'années.
J'ai le sentiment, de cette façon, que je ne perds pas tout mon temps. Non pas que je m'oppose à quiconque me dit que James Paterson, Ken Follett ou quiconque semble attirer l'attention de tout le monde leur apporte du plaisir, tout comme j'aime regarder des films d'action de temps en temps... pour le simple plaisir. - Hé :
vous pensez que je ne sais pas qui était
Ian Flemming ? (Il a écrit les livres de James Bond. Les gens ont tendance à l’oublier....)
Et vous connaissez le vieil adage : enfermer un millier d'individus dans une grande bibliothèque ne garantit pas que l'un d'entre eux deviendra un
intellectuel.
Premier commentaire :
C'était plus drôle en anglais...
Copernique
Lectures
Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas
être considérés comme de véritables critiques au sens de
«jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et
imperfections» des livres, revues ou adaptations cinématographiques
qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de
commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au
sujet desquelles les chroniqueurs qui les signent désirent
donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement
la direction du Castor™ ni celle de l'Université de
Napierville.
David John Cornwell, dit John le
Carré
- Deuxième partie
Note de l'éditeur :
D'ici quelques jours, cette deuxième
partie sera, avec la première, intégrée dans un groupe qui
contiendra toutes les chroniques que Monsieur Popp nous fera parvenir
sur cet auteur, visiblement un de ses favoris,sur le sujet.
J'ai mentionné lors de la première
partie de cet «essai» qu'au cours de mes relectures des neufs
romans de le Carré ayant pour personnage secondaire ou principal
George Smiley que j'avais accumulé suffisamment de notes pour écrire
tout un livre, un volume même. Or, écrire un livre sur un écrivain
de la trempe de le Carré avec ses souvenirs, vingt-cinq romans
(dont un posthume), plus une partie de sa correspondance, exigerait
plusieurs mois de travail et comme la direction du Castor et ses
lecteurs ont décidé qu'il serait préférable, considérant mes
limites (et surtout mes parti-pris) m'en tenir à quelque
chose d'un peu moins élaborée et qu'en plus, désorganisé comme
je le suis, je serais incapable de mener à bien un travail qui me
demanderait de modifier tant soit peu la personnalité à laquelle
ma nature plutôt paresseuse m'a forcé d'adopter, je me suis dit
qu'il serait peut-être plus intelligent de ma part de m'éparpiller
dans des remarques plus - comment dirai-je ? - Succinctes ?
Alors ceci :
Le mois dernier, je me suis limité
à vous parler de George Smiley. Je reviendrai plus tard sur
d'autres personnages du monde de le Carré dont certains, une fois
qu'on les a connus, deviennent tout aussi inoubliables : Alec
Leamas, par exemple, ou Toby Esterhase, Peter Guillam, Control ou
Connie Sachs. Ce mois-ci, j'ai pensé vous parler du style
strictement linguistique de le Carré (tournures de phrases,
vocabulaire utilisé, façon de s'exprimer, etc.) - ce qui en fait
auteur tout-à-fait particulier - en regardant de plus près comment
ce style a été adapté en français tout en soulignant la
difficulté de l'adapter dans une autre langue.
Plus tard je vous reviendrai sur son
style littéraire, sa structure narrative, i.e. : l'ordre et l'enchaînement
des séquences, scènes, épisodes, situations etc. - Et
comment il en arrive, comme les grands écrivains, à redonner un
tout autre sens à notre vision de la réalité. - Et puis des
traductions qu'on a faites de ses écrits et des adaptations cinématographiques.
En attendant :
Le vocabulaire de John le Carré
On ne se raconterait pas une grosse
menterie en se disant que le Carré est un auteur britannique.
J'entends par là un auteur qui écrit
dans une langue raffinée, très imagée, pleine de sous-entendus,
souvent inoffensive mais en même temps malicieuse et même
sarcastique avec de nombreuses références à des expressions
toutes faites qui, à leur première lecture, semblent ne rien dire.
Non pas dans cet anglais international d'origine américaine et dans
lequel on décrit de plus en plus les choses telles qu'on les voit
ou qu'on devrait les voir.
Ceci est britannique :
"When I see a spade I call it a spade."
faisait dire par Cecily Oscar Wilde dans The Importance of
Being Earnest et auquel, il répond via Gwendolyn : "I am glad to say that I have never seen a
spade. It is obvious that our social spheres have been widely different."
("J'apelle une bêche, une
bêche" suivi de : "Je suis ravi de vous dire que
je n'ai jamais vu une bêche, ce qui démontre la différence dans
les société que nous fréquentons.")
Ceci est anglais-américain :
"She bit her lip and turned her head a little and looked at me along her eyes. Then she lowered her lashes until they almost cuddled her cheeks and slowly raised them again, like a theater curtain. I was to get to know that trick. That was supposed to make me roll over on my back with all four paws in the air."
("Et puis elle abaissa ses
cils sur ses joues, et les releva lentement comme un rideau de scène.
Elle devait par la suite m'habituer à ce truc. C'était destiné
en principe à me renverser sur le dos, les quatre pattes en
l'air.")
Philippe Marlowe - The Big Sleep
- Raymond Chandler.
J'ajouterais qu'il est même d'une
subtilité rare, ce qui fait qu'une bonne partie de sa saveur
disparaît lorsqu'on le lit en traduction quoique ses dernières
traductrices, Mimi et Isabelle Perrin (mère et fille), m'ont épaté
par rapport à leurs prédécesseurs qui, semble-t-il, n'ont pas cru
nécessaires de faire des efforts pour traduire ce qui devait leur
paraître être de vulgaires romans "d'espionnage"....
Et je dis britannique parce
que le Carré connaît dans les moindres détails son Angleterre,
ses institutions, le côté hiérarchique de sa société, sa
couronne, ses
pints of bitter et ses habitants du simple chauffeur de taxi à
ceux qui se croient faire partie d'un clan ou d'un groupe restreint
dont le représentant type est le gentleman, du moins
à l'image qu'on se fait d'un gentleman
qui sait en tout temps quand porter ou ne pas porter une cravate. -
L'anecdote que raconte Pivot à propos de, justement, une cravate mérite
d'être citée, mais elle est trop longue.
Cela implique parfois un certain
vocabulaire d'une utilisation peu courante et que certains lecteurs
peu charitables pourraient qualifier de prétentieux ou même
snobinard ; et de nombreuses références à des endroits,
institutions, personnages ou événements qui n'ont cours qu'en
Angleterre.
*
Voici quelques exemples de ce que je
veux dire par un style, un vocabulaire ou une manière d'écrire à
la britannique :
Un
La comptine anglaise : «Tinker,
taylor, soldier, sailor, rich man, poor man, begar man, thief»
qu'on n'entend nulle part ailleurs qu'au Royaume Uni est une
comptine utilisée par des enfants qui en pointant tour à
tour (ou alternativement) leurs camardes de jeux, prononcent
chacune de ces professions, tentent de choisir ainsi l'un d'entre
deux plus ou moins au hasard.
(Son équivalent, à ce que j'ai
entendu récemment, serait , dans certaines régions de la
France : «Un, deux, trois, quatre / Ma petite vache a mal
aux pattes...». Je vous la cite sous toutes réserves)
Le Carré s'en est servi pour le
titre de son roman «Tinker, taylor, soldier... spy» dont
on comprend l'utilisation et la signification qu'au chapitre 31
(troisième partie), titre qui n'a aucun sens dans une autre
langue et qu'on a été obligé de traduire en français par «La taupe»
qui, malheureusement, signale le thème central du récit.
Deux
«Barking mad» pour
décrire une personne ou un raisonnement qui n'a ni queue, ni tête
(sic !). - On pourrait penser à un fou qui ne s'exprimerait
qu'en jappant comme un chien (to bark
= japper en français), mais non : le Barking
(B majuscule) utilisé dans cette expression fait référence
à un asile pour aliénés ayant existé dans la ville de Barking,
au nord-est de Londres à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Trois
Et on en trouvera plusieurs dans le
court texte qui suit et que sa traduction (idem) a non seulement
ignorés, mais, ce faisant, a supprimé totalement son ironie
fondamentale.
D'abord, la version
originelle, en anglais :
(Penguin Canada. Édition Kindle) :
«The greatness of Carne School has been ascribed by common consent to Edward VI, whose educational zeal is ascribed by history to the Duke of Somerset. But Carne prefers the respectability of the monarch to the questionable politics of his adviser, drawing strength from the conviction that Great Schools, like Tudor Kings, were ordained in Heaven.
And indeed its greatness is little short of miraculous. Founded by obscure monks, endowed by a sickly boy king, and dragged from oblivion by a Victorian bully, Carne had straightened its collar, scrubbed its rustic hands and face and presented itself shining to the courts of the twentieth century. And in the twinkling of an eye, the Dorset bumpkin was London’s darling: Dick Whittington had arrived. Carne had parchments in Latin, seals in wax, and Lammas Land behind the Abbey. Carne had property, cloisters and woodworm, a whipping block and a line in the Doomsday Book—then what more did it need to instruct the sons of the rich
? »
Puis sa traduction officielle,
en français :
(Maurice Rambaud et Marcel Duhamel - Éditions Gallimard - Chez
Robert Laffont, Bouquins, 1991)
«La grandeur de l'école de Carne tient presque du miracle. Fondée par d'obscurs moines, dotée par Édouard VI, enfant roi débile, et tirée de l'oubli par un tyran victorien, Carne rajusta son col, récura son visage et ses mains de rustaude et se présenta rutilante aux nobles du XXe siècle. Carne possédait des parchemins rédigés en latin, Des sceaux de cire et, derrière son abbaye, des terres de rapport. Carne pouvait s'enorgueillir de ses domaines, de ses cloîtres
,de ses boiseries vermoulus, de son chevalet pour le fouet, et d'une référence dans la Bible que lui manquait-il donc pour éduquer les fils de riches ?»
D'abord, on a fondu deux
paragraphes en un, évitant ainis d'avoir et à traduire certains
mots (ascribed ou attribuer, mais attribuer et
inscrire dans un registre fictif ou réel, mais de façon qui
fait penser à des moines copiant des manuscrits -- educational zeal
-- the respectability of the monarch to the questionable politics of his adviser, drawing strength from the conviction that Great Schools, like Tudor Kings, were ordained in
Heaven -- the Dorset bumpkin was London’s darling: Dick Whittington had
arrived)
A Victorian bully n'est pas
un tyran victorien, ni un tyran de l'époque victorienne
(ce qui serait déjà mieux) : a bully est un intimidateur.
Mais tandis qu'on en est là,
qu'est-il arrivé au "Great Schools, like Tudor Kings, were ordained in
Heaven" où l'on souligne que les Grandes Écoles
(avec majuscules) sont comme les rois Tudor : on les ordonne du
haut du ciel.
The Dorset bumpkin et Dick
Whittington tant qu'à y être : complètement biffés. A
Dorset bumpkin est l'équivalent d'un paysan sans manière d'un
endroit sans intérêt tandis que Dick Whittington est est
un bonhomme, en anglais, sans talent et qui se retrouve à la grande
surprise de tous maire de Londres du jour au lendemain et admiré de
tous.
Et l'on a traduit à la
va-comme-je-te-pousse Doomsday Book par Bible
alors que le Doomsday
Book est un livre très important dans la culture anglaise.
Vous savez comment on appelle le Doomsday Book en
français ? - Doomsday Book.)
Question : par où est passé la
majesté (ironique) du texte originel ?
Trouvé ceci en traduction via
l'internet :
Version automatique
(Traduit avec www.DeepL.com/Translator - version gratuite)
«La grandeur de l'école de Carne a été attribuée d'un commun accord à Édouard VI, dont le zèle en matière d'éducation est attribué par l'histoire au duc de Somerset. Mais Carne préfère la respectabilité du monarque à la politique douteuse de son conseiller, tirant sa force de la conviction que les grandes écoles, comme les rois des Tudor, ont été ordonnées par le ciel.
Et en effet, sa grandeur n'est pas loin d'être miraculeuse. Fondée par d'obscurs moines, dotée par un jeune roi malade et tirée de l'oubli par une brute victorienne, Carne a redressé son col, frotté ses mains et son visage rustiques et s'est présentée brillante aux tribunaux du vingtième siècle. Et en un clin d'œil, le bouseux du Dorset est devenu la coqueluche de Londres : Dick Whittington est arrivé. Carne avait des parchemins en latin, des sceaux en cire et le Lammas Land derrière l'abbaye. Carne avait des propriétés, des cloîtres et des vers à bois, un bloc de fouet et une ligne dans le Doomsday Book - alors que lui fallait-il de plus pour instruire les fils des riches ?»
En sautant par dessus certaines
incongruités - au demeurant faciles à corriger - cette traduction
est meilleur que celle ci-dessus...
Quatre
Mots et expressions qu'utilise John le Carré et
que j'ai jugé dignes d'être notés :
Deathly au lieu de Deadly -- Damnebest
-- Dead as an adler -- He was 8 feet tal and built by the same
firm who erected Stonehenge -- A snide reference - Quixotic -- Foxy
smile -- Joined the prolos -- No shadow of class -- A blurred
errand -- Too vain to be flattered, to old to be ambitious --
Cquettishly -- Graded Persil -- Thick as two short planks -- All
five feet nothing of him -- His anger had taken him by surprise...
Et j'ai pas fini ! Attendez que je vous parle du
pompous windbag qu'est Roddy Martindale ou de Control, le du
chef du Circus dans La taupe et de son emplaçant... dans Gens de
Smiley.
Dédicace
Cette
édition du Castor est dédiée
à :
Clara Schumann
(1819-1896)
Jozef De Beenhouwer
Clara Schumann : Étude en la bémol majeur
«La plupart des gens vivent dans un demi-désespoir sans s'en rendre compte. Je sais parce que ça a été
longtemps mon cas. Nous vivons dans un monde où, si l'on pouvait tout changer, on abandonnerait tout derrière soi et on repartirait à neuf, ailleurs. On a un loyer à payer, une auto qu'il faudra un jour remplacer, un conjoint, une conjointe qui nous tombe sur les nerfs, des enfants à éduquer, des
cartes de crédit qu'on n'arrive pas à rembourser, une hypothèque, des obligations
familiales à n'en plus finir dont on ne tient pas à se rendre compte et on se dit qu'on va un jour, enfin, être au-dessus de tout ça, mais ce jour est si peu probable qu'on se contente
du peu qu'on
a en se disant que ça pourrait être pire : un conjoint ou une
conjointe semblable à
l'autre avant et des enfants uniquement aux deux semaines avec
pensions alimentaires... - On vend de l'assurance, on est caissier dans une banque, on travaille dans un ministère
quelconque ou dans un grand magasin, on classe des bouts de papier, on installe des systèmes de chauffage central, on est professeur de littérature médiévale, revendeur d'outils de jardinage, superviseur en chef, on conduit un
autobus, des dix-huit roues, on taille des haies, on est
thanatologue...
- On a un métier dont on se fou' magistralement, mais beaucoup de choses qu'on fera quand on aura le temps... tout en essayant de mettre suffisamment d'argent de côté pour se taper deux semaines de vraies vacances...
l'an prochain parce que cette année... - Bref : on est malheureux comme une pierre, mais on ne veut pas se l'avouer. - Le principe pour s'en sortir est pourtant simple : il faut que chaque geste que l'on pose en soit un qui va changer le monde,
son monde ; viser l'inatteignable car sans lui, on risque de mourir fort déçu. Vous savez, ce projet que vous aviez à vingt ans, vous ne trouvez pas que c'est le temps de commencer à vous en occuper ?»
- D'après J.
R.
L'ajout de H. Pérec
:
«Vous savez quand
j'ai commencé à être heureux ? La journée où je me suis mis à
imiter - littéralement imiter - les faits et gestes des gens
heureux. Pas ceux qui semblaient l'être, mais ceux qui étaient vraiment
heureux, ne visant ni la perfection, ni la notoriété et surtout
pas à dépasser les autres.»
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Note :
Le Castor™, entièrement subventionné par les Éditions
Vatfair-Fair de St-Romuald d'Etchemin, ne perçoit aucun paiement, ni faveurs, ni
considérations spéciales
de la part des établissements ci-dessous mentionnés.
Toujours
se renseigner (heures d'ouverture, etc.) avant de se rendre sur place
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Universitaire - Napierville
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F. Charles Rein
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London, NW1 6XE
Notes et
autres avis :
Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.
De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.
Nous rappelons à notre aimable clientèle que :
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