Le seul hebdomadaire de la région publié régulièrement
(la plupart du temps)

Vol. XXXVII, n° 1

La rentrée !

Dernière révision :  11 septembre 2026

Septembre
Dimanche Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi
    1
Mort de
Louis
XIV
1715
2
Incendie
de
Londres
1666
3
Indépendance
des
États Unis
1786
4
Mort de
Léopoldine
Hugo
1843
5
Création
Service
militaire
1798
6
Naissance
de l'Abbé
Dubois
1656
7
Singing in the Rain
1953
8
Capitulation
de
Montréal
1760
9
Naissance
de
Richelieu
1585
10
Assassinat
de
Sissi
1898
11
Décès
de
Allende
1973
12
Découverte
de
Lascaux
1940
13
Décès
de
Montaigne
1592
14
Mort
de
Montcalm
1759
15
Attentat
rue de
Rennes
1974
15
Mort
de Louis
XVIII
1824
17
Décès de
Viollet-
le-Duc
1879
18
Mariage
de Paul et
Micheline
1965
19
Pascal
découvre
le vide !

1648
20
Saladin
devant
Jérusalem
1187
21
Exécution
d'Edouard
II
1327
22
Inauguration
premier
TGV
1981
23
Brassens
à
l'Olympia
1954
24
Création
Bourse de
Paris
1724
25
Deuxième
Expédition
de Colomb
1493
26
Naissance
de
Géricault
1791
27
Vercingétorix se rend
à César
52 av.J.C.
28
Einstein
sur la
Relativité
1905
29
L'Italie
se retire
de la guerre
1943
30
Mort de James Dean
1955
     

Note :  Les informations qui précèdent sont en provenance du site

 http://herodote.net

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  Ce numéro :


Contenu :

Al Pacino, Albert Einstein, Alfred de Musset, André Gide, Antoine de Saint-Exupéry, Baruch Spinoza, Bernard Pivot, Bohumil Hrabal, Carl Jung, Charles Aznavour, Claude-Henri Grignon, D'Artagnan, Edwidge Feuillère, Fiodor Dostoïevski, François Grandmont, François Rabelais, Friedrich Nietzsche, Gabriel Garcia Marquez, Georgina Smilen, Gilles Vigneault, Guillaume Apollinaire, Hubert Aquin, Italo Calvino, Jack Benny, Jackie Gleason, Jacques Brel, James Joyce, Jean Derome, Jean Racine, Jean d'Ormesson, Jean-Paul Sartre, Joe Pesci, John Ruskin, John le Carré, Jorge Lewis Borgès, Lewis Carroll, Liane de Pougy, Lionel Messi, Louis Fréchette, Louis Jouvet, Marcel Aymé, Marcel Proust, Marcel Vaillancourt, Martin Scorcese, Molière, Paul Bocuse, Pierre Nora, Pline le Jeune, Raymond Queneau, René Char, René Lussier, Richard Desjardins, Robert de Niro, Roger Lemelin, Stephen Hawkins, Thucydide, Émile Nelligan...

***

INDEX de tous nos numéros, depuis Janv. 2018

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Chroniques :

 
   Photo de Pérec H. Pérec

Optimisme

Einstein disait qu'il préférait un "optimiste fou" à un "pessimiste qui avait raison". - Avec raison d'ailleurs...

Comment intituler l'introduction à ce numéro du Castor, le premier après deux (ou serait-ce trois ?) mois d'absence ?

Dire que "dans le temps", pas si ancien qu'on puisse l'avoir oublié, un numéro pouvait être bâti en quelques jours avec l'abondance de chroniques qui nous - qui me - parvenaient presque au jour le jour...

Déménagement, réorganisation, remises à plus tard de projets, deuxième puis troisième révision(s) de textes déjà soumis... Dois-je insister ?

Messieurs, dames, voici notre numéro de la rentrée.

En espérant que tout rentrera justement dans l'ordre.

H. Pérec

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 Photo de Copernique Copernique Marshall


Cher Monsieur Popp...
(Dans le cadre d'une discussion que nous avons eu récemment)

J'ai pensé, l'autre jour...

Vous avez bien lu, Monsieur Popp : "J'ai pensé..."

Non pas que ça m'arrive continuellement , mais au moment où ça m'est arrivé, je me suis rappelé ce que vous disiez récemment, citant, si ma mémoire est exacte, Carl Jung, qui aurait laissé sous-entendre dans ses écrits que seuls 6 à 7% du monde, en général, pensait réellement, que la majorité des gens ne faisaient que répéter ce qu'ils lisaient dans les journaux, entendaient à la radio, regardaient à la télé ou ce qu'il se faisaient dire par quelqu'un dans leur entourage. Autrement dit : que la majorité des gens n'ont jamais et n'ont toujours pas d'avis vraiment personnels.
Correction pour ceux qui vous auraient lu trop vite :

Jung n'a jamais dit une telle chose. Ce sont ses émules, disciples ou successeurs qui ont avancé ces pourcentages à partir de ce qu'il avait laissé sous-entendre dans ses écrits, qu'entre autres, peu d'individus réfléchissaient vraiment avant d'agir ou de de poser des gestes. - On sait que Jung, contrairement à Freud, ne s'est pas précisément penché sur l'inconscient-subconscient, mais sur les caractères ou "ensemble des traits psychologiques propres à chaque individu."

Mais cela est sans importance.
Ce que voulais dire, c'est qu'il m'arrivait souvent de réfléchir, de me poser des questions à propos de ce que j'entends dire autour de moi, de peser le pour et le contre des arguments qu'on m'offre et même mettre en doute mes propres jugements, mes conclusions, mes raisonnements ; en bref : de questionner les raisons qui me poussaient à poser un geste, à me former une opinion plutôt qu'une autre.

Comprenez-moi bien :

Je ne parle pas de choses banales comme si je devais ajouter un sucre ou deux dans mon café ou arrêter tout simplement d'en boire ou même, à plus ou moins long terme, si ma voiture devrait être électrique ou non ou, dans l'immédiat, ce que je devais penser des prochaines élections (une véritable banalité, si c'en est une en ce qui me concerne), mais de choses pouvant affecter ma vie entière - mon futur, si vous le voulez - mon futur ou celui de mes enfants.

Et c'est alors que je me suis vraiment posé la question à savoir si, comme tout le monde, je pensais... euh... penser.

J'y reviens.

[Ici : une pause...]

Ce à quoi - ou plutôt, au départ, celui à qui - j'ai [récemment] pensé - selon ce que je disais au début -, c'était au fondateur de l'Université de Napierville, mon arrière-grand-père, le grand-père de mon père ou le père de mon grand-père, celui qu'on appelle le Grand Marshall, de ce qu'il a été, de ce qu'il a connu et de ce qui s'est passé au cours de son existence (1831-1910) mais surtout à l'impact que l'évolution en son temps de la science a eu sur sa vie en général, notamment sur sur déplacements, les décisions qu'il a dû prendre quant à son - et directement ou indirectement à mon - avenir, mais surtout sa façon de voir les choses.

Et c'est alors que je me suis mis à penser (excusez-moi si je me répète) à l'impact que l'évolution de la science a eu et aura dans les années qui vont suivre sur ma vie et celles de mes enfants.

[Ici : une autre pause...]

Je sais, cher Monsieur Simon, que vous n'avez pas de téléviseurs. En contre-partie, cependant, vous avez un ou deux ou trois ordinateurs dont un qui vous sert presque exclusivement à regarder, sur un gigantesque écran, des films et des documentaires ; des pièces de théâtre également puisque, l' autre jour, vous m'avez parlé d'une récente mise-en-scène de Les femmes savantes de Molière. "Tout à fait brillante", disiez-vous à cause, entre autres, des déplacement de la caméra au cours de la lecture par le pédant Trissotin de son ridicule poème sur le carrosse offert à une dame ("...où tant d'or se relève en bosse" Acte III, scène 2 - j'ai vérifié...). "C'est qu'en même temps ou à peu près, disiez-vous, on pouvait voir et le visage du récitant et ceux des femmes qui l'écoutaient..." (Je résume.)

Très bien, oui.

En deux dimensions, vous regardiez quelque chose qui se déroulait en trois, mais surtout tel que filmé par un caméra-man sous la direction d'un metteur en scène.

Maintenant, imaginez la même scène se déroulant non pas sur un écran, mais directement devant vous avec la possibilité de la voir de tous les côtés, avec des pauses, des angles, des distances choisis par vous, et également avec d'autres comédiens, avec Louis Jouvet, par exemple, en Trissotin...

Le tout en hologrammes.

Mais poussez votre imagination encore plus loin :

Imaginez vos petits-petits-petits enfants, dans cent ans, vous questionnant, vous, sur votre vie, vos pensées, votre imagination, vous, assis confortablement dans un fauteuil, comme si vous étiez là en personne, le tout savamment orchestré par ce qu'on appelle aujourd'hui l'Intelligence Artificielle.

Faites juste penser à ce qu'on fait dire à n'importe qui, en ce moment, en deux dimensions, sur vos écrans.

Pensez à vos petits-petits-petits-petits-petits-petits enfants qui pourront éventuellement jouer au foot avec Lionel Messi, jouer au hockey avec Gordie Howe, suivre des cours d'escrime avec Dartagnan, se promener en Bugati avec Liane de Pougy, discuter de littérature avec Proust ou même manger une soupe aux truffes noirs préparée par Paul Bocuse...

Sur ce, je vous laisse à vos pensées.

Sauf pour deux petits P.-S. :

No. 1: Vous avez vu The Irishman de Scorcese (2019), le film où, artificiellement, il rajeunit Robert De Niro, Joe Pesci et Al Pacino de 20, 25 ans ?

No. 2 : Imaginez à quel point les parents de vos petits-petits-petits-petits-petits-petis enfants seront fiers d'apposer sur l'écran de leur réfrigérateur (ça existe déjà) les saynètes électroniques que leurs enfants ramèneront de la maternelle et illustrant ce qu'ils ont compris des derniers développements de la mécanique quantique...
   Copernique

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  Photo de Simon Popp Simon Popp

Cher, cher Copernique

Je répondrai, si c'est possible, d'ici quelques jours à vos remarques (et non pas: "Je répondrai d'ici quelques jours, à vos remarques si c'est possible...") car vous me les avez adressées au beau milieu d'un événement qui a perturbé au cours des dernières semaines l'ataraxie dans laquelle je me suis réfugié depuis des années :

(Ataraxie : paix de l'âme ou la tranquillité absolue de l'esprit, état caractérisé par l'absence totale de troubles, d'angoisse, de passions et de douleurs physiques. - Pour ceux trop paresseux pour consulter un dictionnaire.)

J'ai dû, au cours de cet événement, réunir dans un seul et même endroit tous mes biens dits "personnels" dispersés depuis plusieurs années pour en faciliter l'utilisation, les livres ici, les archives là, les objets d'art et autres inutilités ailleurs, etc., etc. - Cause : vente de l'immeuble où certains étaient - disons - emmagasinés.

Je vous épargne les détails.

Je veux quand même préciser qu'au cours des dernières semaines, j'ai dû consacrer des heures, des jours, à divers déménagements et autant d'aménagements d'un endroit en particulier que j'occupais partiellement depuis depuis plus de trente ans à un autre où j'ai encore de la difficulté à me souvenir instinctivement si je dois, de la table de travail sur laquelle je vous écris en ce moment, table qui a dû être déplacée vingt fois la semaine dernière, pour me diriger vers la droite ou la gauche ne serait-ce que pour aller au w.c.

C'est qu'en plus, depuis juin (ou serait-ce mai ?), ces démé et aménagements ont seulement foutu le bordel dans ma bibliothèque, mes notes et mon journal, il m'a fallu au cours de la même période, rencontrer plusieurs fois, avec tous les déplacements que cela implique, des gens que, socialement, j'ai toujours eu une forte tendance à éviter : des agents dits "d'immeubles", des notaires, des avocats, des comptables, des banquiers, des planificateurs financiers et même certains qui n'ont pas hésité à me conseiller sur la décoration intérieure de ma future et j'espère permanente caserne.

Une parenthèse, ici :

Je ne sais pas, Copernique, si vous avez rencontré souvent de ces extra-terrestres qui, sans diplôme ou permis précis, se disent "décorateurs (ou décoratrices) d'intérieurs" et qui, sans crier gare, osent se permettre de classer nos livres, tableaux ou objets de tous les jours dans un ordre qui n'a aucun rapport avec nos besoins ? - J'en ai reçu un, il y a trois jours, vêtu de noir, cheveux teints blancs, souliers rouges et petites fesses serrées.

Qu'on me comprenne bien : je n'ai rien contre les "petites fesses serrées". J'aurais bien aimé que toutes les femmes qui sont passées dans ma vie aient eu des arrières-trains semblables, mais tout de même...

Brièvement ceci :

Kicéki a dit un jour que le plus grand ennemi de la vérité, ce n'était pas l'ignorance, mais la conviction que l'on connaissait quelque chose ?

J'ai fait des recherches et j'ai trouvé:

Stephen Hawkins. - Son énoncé exact, celui qu'on cite le plus souvent, se lisait :

«The greatest enemy of knowledge is not ignorance, it is the illusion of knowledge."

Ça se traduit de différentes façons :

«Le plus grand ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance, mais l'illusion de la connaissance.»

«Le plus grand [ou le pire] ennemi du savoir n'est pas l'ignorance, mais l'illusion de savoir.»

«L'ennemi majeur de la connaissance n'est pas tant l'ignorance que l'illusion de connaître.»

Choisissez dans le lot.

Et puis ceci :

Pour la masse si fine et si intelligente de ceux qui nous lisent, malgré les tentatives effectuées pour rédiger une chronique parmi mes meilleures, j'ai dû au cours des deniers jours, me rabattre sur mes notes de lectures.

En voici quelques unes :

La cause du mal dont était atteint Dutilleul, 75 bis de la rue d'Orchampt, dans le "Passe-Muraille" de Marcel Aymé (1941) était le "durcissement hélicoïdal de la paroi strangulaire du corps thyroïde". - Remède recommandé par son médecin : "Deux sachets par jour de poudre de pirette tétravalente, un mélange de farine de riz et d'hormone de centaure".

Au chapitre VII de la troisième partie de ses "Faux-monnayeurs" (1925), André Gide fait dire à à un de ses personnages, Armand Vedel, que le plus beau mot de la langue française est "hémorroïde(s)".

Dans "Pourquoi lire les classiques ?" (Perché leggere i classici - 1991 - Section 7), Italo Calvino dit que : "Les écoles et les universités devraient marteler l'idée qu'aucun livre traitant d'un autre livre ne saurait en dire davantage que l'ouvrage original ; or, elles font tout pour amener les étudiants à croire le contraire." (Ma traduction en français de sa version que j'ai lue... en anglais.)

À retrouver : Article paru dans Le Devoir il y a trois, quatre (?) ans sur le nombre de livres parues cette année-là en français et le nombre de livres qu'il aurait fallu lire chaque jour pour être renseigné... (Quatre-vingt-dix-neuf... de mémoire).

Dès les premières pages de ses "Mémoires [intimes]" [publiées pour la première fois en 1961 (sic), Louis Fréchette (écrivain québécois (1839-1907), mentionne le mot "aïeules" en parlant de ses deux grands-mères, l'une décédé à quatre-vingt-sept, l'autre à quatre-vingt-seize ans. - C'est l'une des raison pour lesquelles j'aime lire les livres qui ont cinquante, soixante, cent ans et plus : les mots et expressions qu'on y utilisait (particulièrement en anglais - chez John Ruskin, entre autres) : les deux me font penser à une de mes grandes tantes qui trouvait toujours une façon de glisser un plus-que-parfait ou une combinaison rare dans ses répartis. Ex. : "J'eusse aimé que vous vinssiez plus tôt..." - À comparer à un personnage dans "Les pays d'en-haut" de Claude Henri Grignon (1894-1976) qui faisait des liaisons absurdes pour démontrer sa culture.

Pourquoi ? Pour comparer leurs façons de s'exprimer à celles des jeunes d'aujourd'hui qui ont oublié entre autres le voussoiement et la différence entre le participe passé simple, le composé et le défini. Quant au passé antérieure, autant l'oublier : ils sont nés de la dernière pluie.

Parmi les auteurs que je regrette avoir lus : Jean-Paul Sartre (dont la philosophie peut être résumée en deux pages dactylographiées à interlignes doubles, comme disait un ex-prof de philo de la ou à la Sorbonne), Simone de Beauvoir qui a toujours pris cent lignes pour résumer ce qui n'était pas grand chose et qui pouvait s'exprimer en trois mots, Antoine de Saint-Exupéry (surtout dans son ennuyeux Citadelle). - Un point-virgule cependant en ce qui le concerne : Terre des hommes. Pour Guillaumet. - Roger Lemelin qui avait de la difficulté à relire ses phrases mal construites. - Quant à... Hubert Aquin, Emile Nelligan, René Char...

Et pour en revenir à Italo Calvino, .

 Voici ce qu'il dit de Borgès dans le livre cité ci-dessus :

"He manages to condense into texts which are always just a few pages long an extraordinary richness of ideas and poetic attraction : events whuch are narrated or hinted at, dizzying glimpses of the infinite, and ideas, ideas, ideas."

En français :

"Il parvient à condenser, dans des textes qui ne dépassent jamais quelques pages, une extraordinaire richesse d'idées et une séduction poétique : des événements racontés ou évoqués, des aperçus vertigineux de l'infini, et des idées, des idées, des idées."

Vertigineux.

À+

 Simon

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  Photo de Jeff Bollinger Jeff Bollinger

Pour avoir l'air mince...

"... Faut se tenir avec des gens qui sont obèses" disait un jour Jackie Gleason à Jack Benny.

Je pensais (attention, hein : pas du tout dans le genre de pensage (action de penser) que semblent avoir aujourd'hui, Simon et Copernique)... Non.. Je pensais à cette réplique de Jackie Gleason qui, disons-le, n'était pas du tout dans le genre d'un ultra-mince et je me disais que je ressemble de plus en plus à un ami qui, à 84 ans, ne se tient qu'avec des gens de vingt, trente et même quarante ans plus jeunes que lui.

Pourquoi ?

Parce qu'il ne peut plus supporter les gens de son âge tout comme je commence de plus en plus à avoir de la difficulté à supporter les gens de mon âge. (Je viens d'avoir 49 ans.) - Moins que sa mère (la mère de mon ami de 84 ans) qui à 93 ans ne tenait absolument pas à se retrouver avec des gens de son âge dans une de ces maisons de retraite pour personnes précisément dites "âgées". - "Y'a que des "p'tits vieux" dans ces endroits-là" disait-elle. - Mais pas loin.

Je m'en suis aperçu - mais vraiment - il y a deux semaines, étant arrivé une demi-heure avant le temps au restaurant où nous nous étions, un client et moi, donné un rendez-vous.

Y'avait là, un groupe qui, c'était évident, se réunissait régulièrement pour déjeuner ensemble, un groupe constitué d'hommes dans la cinquantaine dont le sujet de conversation fut essentiellement qui-allait-démontrer-aux-autres-qu'il-était-le-meilleur, le plus nanti financièrement, mais aussi, le plus influent, le plus connu, le plus en forme, y compris le plus futé avec ses choix de voyage, ses passe-temps, ses autos et même de ses maîtresses, surtout dans ses prédictions quant à qui-allait-gagner-la-coupe dans tel ou tel sport, mais surtout pourquoi, dans son choix précédent, l'équipe qu'il avait choisi avait avait perdu , son coach n'ayant pas suivi ses conseils... - Manquait plus que la politique. Elle allait suivre sauf que je n'ai pas pu écouter, mon client étant arrivé...

Bizarre quand même, non ? Que plus personne, sauf des gens moins âgé que moi, sauf certains futurs "hommes d'affaires" (hommes et femmes d'affaire), n'ose plus discuter aujourd'hui, de la vraie façon vivre, de concevoir l'avenir...

"Je veux devenir institutrice" disait Zazie à son oncle.

"Pourquoi ?" lui demanda-t-il.

"Pour faire chier les mômes" lui répondit-elle.

"Mais non, poursuivit-il. Aujourd'hui c'est la science qui est important, les développements du côté de la médecine, de l'astronomie..."

"Alors je vais devenir astronaute" dit-elle.

"Et pourquoi ?"

"Pour faire chier les Martiens."

Zazie... la même qui disait que Napoléon la faisait - même chose - ier "avec son chapeau à la con."

(Cité de mémoire)

Zazie dans le métro - Raymond Queneau - 1959.

Jeff

*** 

  Et, exceptionnellement :

Madame Bollinger (Élyanne) parle :

Paul me racontait l'autre jour les détails d'une rumeur qui court depuis un certain temps, une rumeur qu'on répète de plus en plus qui, même sans témoin, sans mention dans les journaux, sans preuve réelle, se transforme peu à peu en une vérité que personne n'ose mettre en doute et qui bientôt va tomber dans le domaine de la légende.

Elle concerne Charles Aznavour (mon "mieux que Brel" !) qui, à ses débuts, seul en scène (avec, je suppose un pianiste, après avoir chanté six ou sept de ses créations (pas Jezabel, j'espère !), toutes suivis d'applaudissements polis, il avait fait lever le rideau derrière lui, rideau qui constituait alors, son seul décor, pour que l'on voit le mur du fond de l'endroit où il donnait son tour de chant, un mur tel qu'on pouvait se l'imaginer sans jamais l'avoir vu, avec ses briques, ses portes, sa machinerie habituelle, et qu'il, Charles Aznavour, avait entamé alors, dos au public, face à cette arrière-scène, son «À dix-huit ans, j'ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la vie...»... son, pour la première fois en public, «J'me voyais déjà».

Silence total... jusqu'à la toute fin où les gens se sont levés spontanément pour l'applaudir à tout rompre.

Immense succès.

Aznavour était lancé !

Dernièrement, il (paul) m,a fait parvenir une des meilleures (me dit-il) prestations d'Aznavour chantant ce "J'me voyais déjà" en public lors d'une série de concerts mémorables au Palais des Congrès de Paris en 1991 (en compagnie de Liza Minelli.) - Il avait alors 67 ans.

Le voici :

Charles Aznavour
J'me voyais déja

Elyanne                

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  Photo de Mme Malhasti Fawzi Malhasti


Poésie

Marizibill

Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille

Pour un maquereau roux et rose
C’était un juif il sentait l’ail
Et l’avait venant de Formose
Tirée d’un bordel de Changaï

Je connais gens de toutes sortes
Ils n’égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

 

Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky
dit «Apollinaire» (1880-1918)


Lien vers «L'idiot" (Dostoïevski)

(Film complet)

avec Edwige Feuillère

Fawzi

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Photo de Paul  Paul Dubé

Desjardins, Richard

L'encyclopédie libre WIKIPÉDIA dit qu'il est né  le 16 mars 1948. Il a donc eu cette année 78 ans, ce qui ne le rajeunit pas. Ni moi non plus.

Son trajet dans le monde musical (et cinématographique) y est décrit en détail et on mentionne, à la fin, une partie des prix et récompenses qui lui ont été remis ou décernés au fil des ans. Très impressionnant.

Immense talent, il va sans dire.

Immense talent, oui, mais faut-il qu'un auteur-compositeur (et interprète dans son cas) publie, grave, chante, déclame, comme l'a fait et continue de le faire Gilles Vigneault, TOUT ce qu'il produit ?

C'est une question que je pose car il a des choses de lui (et de Vigneault) que je ne peux pas supporter. Mais des textes et des airs que je ne me permets d'écouter presque à genoux.

En l'an 2003, sur son neuvième album, son quatrième en studio, sous le titre de Kanasuta[*], il enregistre deux véritables chefs-d'oeuvre :

Jenny (avec François Grandmont pour les paroles)

et

Nous aurons (avec Jean Derome et René Lussier pour la musique)

C'est ce dernier enregistrement que je vous propose d'écouter aujourd'hui. - Il y est accompagné - côté voix - par les élèves de la 4e et de la 5e année du programme musical de l'école Marcel Vaillancourt de Laval :

Richard Desjardins
Nous aurons

paul

[*] Le mot Kanasuta provient de la langue algonquine (anichinabée) et signifie «là où les diables vont danser». Ce mot fait directement référence à un territoire forestier, une chaîne de collines et un lac situés en Abitibi-Témiscamingue, la région natale de Richard Desjardins.

***

Mon émission de radio ?

Neuvième saison !

Radiophile.ca 

(Le dimanche de midi à quatorze heures)

***

ET n'oubliez pas :

Notre site sur la chanson :

Du temps des cerises aux feuilles mortes 

(Depuis 25 ans !)

Photos des webmestres

Paul Dubé et Jacques Marchioro
webmestres

 

 

Lectures

Note :

Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres, revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui les signent désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction du Castor™, ni celle de l'Université de Napierville.

La direction

***


Littérature

Toujours la même chose, n'est-ce pas ?

Y'en a qui se disent "grands lecteurs" et qui ne lisent que le même genre de lecture (romans policiers, biographies, choses vécues, etc.), qui adoptent les pensées des autres et qui par se convaincre ce sont les leurs.

Y'en a qui qui butinent de livres en livres en cherchant LA vérité, la vraie.

Et puis beaucoup qui se fient sur ce qu'on lit dans les journaux, les revues spécialisées et même dans les émissions culturelles qu'on diffusent à la télé sans trop se demander comment ni pourquoi certains livres deviennent des best-sellers ou sont déclarés gagnants de prix quelconque, que ce soit le Nobel, le Goncourt ou le Madame au foyer.

D'autres, plutôt rares, qui ne lisent que les classiques, ces livres qui ont survécus aux opinions de plusieurs générations ou que certains (plutôt rares) professeurs de littérature leur imposent en leur disant que ce sont des oeuvres majeures.

J'ai connu quelqu'un qui disait que c'était une chose à ne pas faire que de regarder les titres dans la bibliothèque de ceux chez qui ils étaient en visite.

Y'a du vrai et du faux là-dedans.

Ce qui est vraiment faux, c'est de croire que tous les livres que l'on lit, en dehors du fait qu'ils nous aide à passer le temps de façon plaisante, nous renseignent et développent notre esprit en nous faisons voir des aspects de la vie qu'on 'aurait pas pu découvrir sans eux.

Ce qui est peut être vrai, c'est que la lecture peut, parfois, nous aider à penser autrement, à découvrir que ce que l'on croit être depuis des années la charité, la cruauté, le bien, le mal, l'amour, la haine, la vérité, le mensonge, le présent, le passé, le futur... et qui n'ont rien à voir avec ces clichés que nous avons appris jeune et avec lesquels nous passons notre vie à croire évidents, incontestables, irréfutables, presque axiomatiques.

Voici quelque livres que je suggère à ceux croient connaître, d'abord ce qu'est la lecture et en possession d'une pensée unique, universelle et sur laquelle tout le monde s'entend :

  • Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll

  • Le passe-muraille de Marcel Aymé

  • La Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges

  • Une trop bruyante solitude vérité de Bohumil Hrabal

 J'en ajouterais volontiers quatre, cinq autres, mais ce serait tomber dans l'exagération sauf, quand même (vous me connaissez), deux ou trois, que je m'en voudrais de ne pas mentionner et sur lesquels j'ai déjà trop écrit :

  • À la recherche du Temps perdu de vous-savez-qui

  • Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez

  • The Dubliners de James Joyce

(J'oublie, à dessein, des auteurs comme Pline le Jeune, Thucydide, Gide, Rabelais, Racine,  et - comment les oublier ? - Gide, Spinoza, Shakespeare, John le Carré...) 

(Pourquoi Spinoza plutôt que Nietzsche qui semble être en vogue depuis quelque temps ? - La religion aurait-elle encore le bras assez long pour empêcher qu'on en parle ? )

*

À propos des livres que je viens de suggérer :

Quoi ? Direz-vous, quel intérêt peut-on avoir dans une jeune fille qui court derrière un lapin, un homme qui découvre tout à coup qu'il peut passer au travers des murs, une bibliothèque qui contient tous les livres passés, présents et futurs ou ou un homme dont le travail consiste à pilonner des livres ?

Aucun, mais en même temps, tout.

Il ne s'agit pas, ici, de confirmer ou d'infirmer ce que l'on connaît de la réalité, mais de saisir la réalité telle que d'autres la voient et qui prennent le temps de nous la décrire... de regarder, comme on le fait, dans les musées, des toiles comme si c'étaient des fenêtres par lesquelles on peut regarder ce qui se passe au delà des murs qui nous la cachent. 

Simon

 

***

Qu'ont lu d'autres nos chroniqueurs cet été ?

 

1- Bernard Pivot :

Les mots de ma vie, Amis, chers amis, Les tweets sont des chats, le métier de lire, 100 expressions à sauver...

En maître absolu, il a régné des années à la télé à parler de livres avec leurs auteurs, parfois leurs critiques et même leurs éditeurs. - Jamais de véritables faux-pas, toujours aimable même dans des situations incontrôlables (genre Ginsberg). - Aussi curieux de savoir ce qu'on écrivait que ceux qui l'écoutaient questionner un auteur. - Cet homme qui a lui plus de 5000 volumes (sic) a très bien expliqué sa méthode dans le l'interview qu'il a accordé vers 1990 à Pierre Nora (Folio).

Ai déjeuné une fois à ses côtés et l'impression qu'il m'a laissé de ces invitations qu'il recevait continuellement est qu'il aurait préféré à ces rencontres être resté dans la chambre ou suite d'hôtel qu'on lui avait réservée... à lire plutôt que rencontrer ses fans.


Mais qu'est-ce qui lui a pris, en 2006, de publier un livre sur le vin ?

2 - Jean d'Ormesson

Au plaisir de Dieu, Une autre histoire de la littérature française, Album Chateaubriand, Garçon, de quoi écrire, Qu'ai-je donc fait

J'ai toujours retenu de lui sa boutade : "J'aurais voulu être écrivain. J'ai raté ma vie car je suis devenu une vedette à la télé."- C'est ce qui m'a fait oublier, surtout vers la fin, les fonds de ses tiroir qu'il a insisté à publier pour la Maison d'édition de sa femme ou de sa fille (Je n'ai pas vérifié).

Mais, comparable à son "Au plaisir de Dieu" (1974), son "Qu'ai-je donc fait ?" (2008) non seulement m'a étonné, mais lui a fait, pour moi, pardonner tous ses à-côtés de sa longue vie, particulièrement son attachement à Dany Laferrière.

J'y ai inséré tant de "sticky notes" (petit papiers jaunes) que j'ai peine à l'insérer dans ma bibliothèque à l'endroit désigné pour lui...

(À suivre)

La direction

 


  Photo de Maud Tessier  Maud Tessier

Ne me parlez pas...

D'archives en ce moment.

On m'a livré récemment "quelques" caisses de disques, de partitions, de petits formats, de cassettes et même de rubans "reel-to-reel".

"Livrer ?" - "Droppé dans ma salle de séjour", dirait Simon.

"Quand vous aurez deux minutes..." m'a-t-on dit.

Deux minutes ?

28,800 titres, juste en chanson françaises.... Je n'ai pas osé vérifier du côté classique, du côté pop anglais, du jazz et des terribles caisse de "a classer".

Ne me parlez pas d'archives en ce moment...

 Maud

Page qu'on tourne


Dédicace


Cette édition du Castor est dédié à :

Miss G. S.

"Il se fit tout a coup le plus profond silence
Quand Georgina Smilen se leva pour chanter
"

Alfred de Musset - Le saule - 1830

(Photo : https://www.magnific.com/)

*

"Personne ne sait qui était Georgina Smilen. Mais on la voit. Il y a, à travers le monde, un club des amis de Georgina Smilen. Il n'a pas de réalité. Mais il existe."

                                 Jean d'Ormesson - Qu'ai-je donc fait - Robert Laffont, 2008 

 

Mot de la fin


«J'ai assisté accidentellement il y a quelques jours à un cours de danse en ligne sur musique Country and Western - vous savez : ce genre d'événements où des femmes d'un certain âge se présentent vêtues de bermudas ou de shorts, avec des bottes dites "de cowboy" et des hommes en jeans avec des ceintures qu'ils portent à plusieurs centimètres en dessus ce qui furent jadis leurs tailles... -  et je me suis dit qu'un règlement municipal devrait interdire à certaines personnes de se déshabiller le soir, à la noirté, après le coucher du soleil dans leur chambre à coucher, derrière des rideaux tirés.»

Simon

 

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Éphémérides
Là où s'accumulent les inclassables

*

Best Sellers et Prix littéraires
Une causerie autour
de la lecture

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Toulouse-Lautrec
L'oeuvre lithographique complète

*

Schubert
un essai de Paul Dubé

94 extraits sonores, 45 photos, 5 vidéos,

7 annexes et de nombreux liens.

*

René Char
Un essai à la Simon Popp

*

Marcel Proust
La suite à une causerie animée
par Paul Dubé en la
Librairie Côté Gauche
(Valleyfield)
le cinq mai 2022

*

Et parmi nos autres pages :

Aceto, Le Caraguay, Aksoum, Les Coteaux

Extraits du dictionnaire du Grand Marshall

*

Diverses biographies :

Sushema Amagashi - Ignacia Aphérèse - Simone de Beauvoir - Benoît et Marcelle Brisebois - Auguste Brizeux - Les frères Cody - Victor-Emmanuel DébrisErnestine (la bienheureuse) - Émile Littré - Obstin de Metz (saint) 

et...

Masakao Shitake
(dit : le forçat du haïku)


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De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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