Al Pacino, Albert Einstein, Alfred de Musset, André Gide, Antoine
de Saint-Exupéry, Baruch Spinoza, Bernard Pivot, Bohumil Hrabal, Carl
Jung, Charles Aznavour, Claude-Henri Grignon, D'Artagnan, Edwidge
Feuillère, Fiodor Dostoïevski, François Grandmont, François Rabelais,
Friedrich Nietzsche, Gabriel Garcia Marquez, Georgina Smilen, Gilles
Vigneault, Guillaume Apollinaire, Hubert Aquin, Italo Calvino, Jack
Benny, Jackie Gleason, Jacques Brel, James Joyce, Jean Derome, Jean
Racine, Jean d'Ormesson, Jean-Paul Sartre, Joe Pesci, John Ruskin,
John le Carré, Jorge Lewis Borgès, Lewis Carroll, Liane de Pougy,
Lionel Messi, Louis Fréchette, Louis Jouvet, Marcel Aymé, Marcel
Proust, Marcel Vaillancourt, Martin Scorcese, Molière, Paul Bocuse,
Pierre Nora, Pline le Jeune, Raymond Queneau, René Char, René Lussier,
Richard Desjardins, Robert de Niro, Roger Lemelin, Stephen Hawkins,
Thucydide, Émile Nelligan...
Einstein disait qu'il préférait un "optimiste fou" à
un "pessimiste qui avait raison". - Avec raison d'ailleurs...
Comment intituler l'introduction à ce numéro du Castor, le premier
après deux (ou serait-ce trois ?) mois d'absence ?
Dire que "dans le temps", pas si ancien qu'on puisse l'avoir oublié,
un numéro pouvait être bâti en quelques jours avec l'abondance de
chroniques qui nous - qui me - parvenaient presque au jour le
jour...
Déménagement, réorganisation, remises à plus tard de projets,
deuxième puis troisième révision(s) de textes déjà soumis... Dois-je
insister ?
Messieurs, dames, voici notre numéro de la rentrée.
En espérant que tout rentrera justement dans l'ordre.
H. Pérec
Copernique
Marshall
Cher Monsieur Popp...
(Dans le cadre d'une discussion que
nous avons eu récemment)
J'ai pensé, l'autre jour...
Vous avez bien lu, Monsieur Popp :
"J'ai pensé..."
Non pas que ça m'arrive continuellement , mais au moment où ça m'est
arrivé, je me suis rappelé ce que vous disiez récemment, citant, si
ma mémoire est exacte, Carl Jung, qui aurait laissé sous-entendre
dans ses écrits que seuls 6 à 7% du monde, en général, pensait réellement, que la majorité des gens ne faisaient que répéter ce qu'ils lisaient dans les journaux,
entendaient à la radio, regardaient à la télé ou ce qu'il se
faisaient dire par quelqu'un dans leur entourage. Autrement dit :
que la majorité des gens n'ont jamais et n'ont toujours pas d'avis
vraiment personnels.
Correction pour ceux qui vous auraient lu trop vite :
Jung n'a jamais dit une telle chose. Ce sont ses émules, disciples
ou successeurs qui ont avancé ces pourcentages à partir de ce qu'il
avait laissé sous-entendre dans ses écrits, qu'entre autres, peu
d'individus réfléchissaient vraiment avant d'agir ou de de poser des
gestes. - On sait que Jung, contrairement à Freud, ne s'est pas
précisément
penché sur l'inconscient-subconscient, mais sur les caractères ou
"ensemble des traits psychologiques propres à chaque individu."
Mais cela est sans importance.
Ce que voulais dire, c'est qu'il m'arrivait souvent de réfléchir, de
me poser des questions à propos de ce que j'entends dire autour de
moi, de peser le pour et le contre des arguments qu'on m'offre et
même mettre en doute mes propres jugements, mes conclusions, mes
raisonnements ; en bref : de questionner les raisons qui me poussaient à poser
un geste, à me former une opinion plutôt qu'une autre.
Comprenez-moi bien :
Je ne parle pas de choses banales
comme si je devais ajouter un sucre ou deux dans mon café ou arrêter
tout simplement d'en boire ou même, à plus ou moins long terme, si ma voiture
devrait être électrique ou non ou, dans l'immédiat, ce que je devais penser des
prochaines élections (une véritable banalité, si c'en est une en ce
qui me concerne), mais de choses pouvant affecter ma vie entière -
mon futur, si vous le voulez - mon futur ou celui de mes enfants.
Et c'est alors que je me suis vraiment posé la question à savoir si,
comme tout le monde, je pensais... euh... penser.
J'y reviens.
[Ici : une pause...]
Ce à quoi - ou plutôt, au départ, celui à qui - j'ai [récemment]
pensé - selon ce que je disais au début -, c'était au fondateur de
l'Université de Napierville, mon arrière-grand-père, le grand-père
de mon père ou le père de mon grand-père, celui qu'on appelle le
Grand Marshall, de ce qu'il a été, de ce qu'il a connu et de ce qui
s'est passé au cours de son existence (1831-1910) mais surtout à
l'impact que l'évolution en son temps de la science a eu sur sa vie en général,
notamment sur sur déplacements, les décisions qu'il a dû prendre
quant à son - et directement ou indirectement à mon - avenir, mais
surtout sa façon de voir les choses.
Et c'est alors que je me suis mis à penser (excusez-moi si je me
répète) à l'impact que l'évolution de la science a eu et aura dans les années qui
vont suivre sur ma vie et celles de mes enfants.
[Ici : une autre pause...]
Je sais, cher Monsieur Simon, que vous n'avez pas de téléviseurs. En
contre-partie, cependant, vous avez un ou deux ou trois ordinateurs
dont un qui vous sert presque exclusivement à regarder, sur un
gigantesque écran, des films et des documentaires ; des pièces de
théâtre également puisque, l' autre jour, vous m'avez parlé d'une
récente mise-en-scène de Les femmes savantes de Molière. "Tout
à fait brillante", disiez-vous à cause, entre autres, des déplacement de la caméra au cours de
la lecture par le pédant Trissotin de son ridicule poème sur le carrosse
offert à une dame ("...où tant d'or se relève en bosse" Acte III, scène 2 - j'ai vérifié...). "C'est
qu'en même temps ou à peu près, disiez-vous, on pouvait voir et le
visage du récitant et ceux des femmes qui l'écoutaient..." (Je
résume.)
Très bien, oui.
En deux dimensions,
vous regardiez quelque chose qui se déroulait en trois, mais
surtout tel que filmé par un caméra-man sous la
direction d'un metteur en scène.
Maintenant, imaginez la même scène se déroulant non pas sur un
écran, mais directement devant vous avec la possibilité de la voir
de tous les côtés, avec des pauses, des angles, des distances
choisis par vous, et également avec d'autres comédiens, avec Louis Jouvet,
par exemple, en Trissotin...
Le tout en hologrammes.
Mais poussez votre imagination encore plus loin :
Imaginez vos petits-petits-petits enfants, dans cent ans, vous
questionnant, vous, sur votre vie, vos pensées, votre imagination,
vous, assis confortablement dans un fauteuil, comme si vous étiez là
en personne, le tout savamment orchestré par ce qu'on appelle
aujourd'hui l'Intelligence Artificielle.
Faites juste penser à ce qu'on fait dire à n'importe qui, en ce
moment, en deux dimensions, sur vos écrans.
Pensez à vos petits-petits-petits-petits-petits-petits enfants qui
pourront éventuellement jouer au foot avec Lionel Messi, jouer au
hockey avec Gordie Howe, suivre des cours
d'escrime avec Dartagnan, se promener en Bugati avec Liane de Pougy,
discuter de littérature avec Proust ou même manger une soupe aux
truffes noirs préparée par Paul Bocuse...
Sur ce, je vous laisse à vos pensées.
Sauf pour deux petits P.-S. :
No. 1: Vous avez vu The Irishman de
Scorcese (2019), le film où, artificiellement, il rajeunit
Robert De Niro, Joe Pesci et Al Pacino de 20, 25 ans ?
No. 2 : Imaginez à quel point les parents de
vos petits-petits-petits-petits-petits-petis
enfants seront fiers d'apposer sur l'écran de leur réfrigérateur
(ça existe déjà) les saynètes électroniques que leurs enfants ramèneront de la maternelle
et illustrant
ce qu'ils ont compris des derniers développements de la
mécanique quantique... Copernique
Simon Popp
Cher, cher Copernique
Je répondrai, si c'est
possible, d'ici quelques jours à vos remarques (et non pas: "Je
répondrai d'ici quelques jours, à vos remarques si c'est possible...")
car vous me les avez adressées au beau milieu d'un événement qui a
perturbé au cours des dernières semaines l'ataraxie dans laquelle je me
suis réfugié depuis des années :
(Ataraxie
: paix de l'âme ou la tranquillité absolue de l'esprit,
état caractérisé par l'absence totale de troubles, d'angoisse, de
passions et de douleurs physiques. - Pour ceux trop paresseux pour
consulter un dictionnaire.)
J'ai dû, au cours de cet
événement, réunir dans un seul et même endroit tous mes biens dits
"personnels" dispersés depuis plusieurs années pour en faciliter
l'utilisation, les livres ici, les archives là, les objets d'art et
autres inutilités ailleurs, etc., etc. - Cause : vente de l'immeuble
où certains étaient - disons - emmagasinés.
Je vous épargne les détails.
Je veux quand même préciser qu'au cours des dernières semaines, j'ai dû consacrer des
heures, des jours, à divers déménagements et autant d'aménagements
d'un endroit en particulier que j'occupais partiellement depuis depuis
plus de trente ans à un autre où j'ai encore de la difficulté à me
souvenir instinctivement si je dois, de la table de travail sur
laquelle je vous écris en ce moment, table qui a dû être déplacée
vingt fois la semaine dernière, pour me diriger vers la droite ou la
gauche ne serait-ce que pour aller au w.c.
C'est qu'en plus, depuis juin (ou serait-ce mai ?), ces démé
et aménagements ont seulement foutu le bordel dans ma
bibliothèque, mes notes et mon journal, il m'a fallu au cours de la
même période, rencontrer plusieurs fois, avec tous les déplacements
que cela implique, des gens que, socialement, j'ai toujours eu une
forte tendance à éviter : des agents dits "d'immeubles", des
notaires, des avocats, des comptables, des banquiers, des
planificateurs financiers et même certains qui n'ont pas hésité à me conseiller sur
la décoration intérieure de ma future et j'espère permanente caserne.
Une parenthèse, ici :
Je ne sais pas, Copernique, si vous avez rencontré souvent de ces
extra-terrestres qui, sans diplôme ou permis précis, se disent
"décorateurs (ou décoratrices) d'intérieurs" et qui, sans crier gare,
osent se permettre de classer nos livres, tableaux ou objets de tous
les jours dans un ordre qui n'a aucun rapport avec nos besoins ? -
J'en ai reçu un, il y a trois jours, vêtu de noir, cheveux teints
blancs, souliers rouges et petites fesses serrées.
Qu'on me comprenne bien : je n'ai rien contre les "petites fesses
serrées". J'aurais bien aimé que toutes les femmes qui sont passées
dans ma vie aient eu des arrières-trains semblables, mais tout de
même...
Brièvement ceci :
Kicéki a dit un jour que le plus grand ennemi de la vérité, ce n'était
pas l'ignorance, mais la conviction que l'on connaissait quelque chose
?
J'ai fait des recherches et j'ai trouvé:
Stephen Hawkins. - Son énoncé exact, celui qu'on cite le plus souvent,
se lisait :
«The greatest enemy of knowledge is not ignorance, it is the
illusion of knowledge."
Ça se traduit de différentes façons :
«Le plus grand ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance,
mais l'illusion de la connaissance.»
«Le plus grand [ou le pire] ennemi du savoir n'est pas
l'ignorance, mais l'illusion de savoir.»
«L'ennemi majeur de la connaissance n'est pas tant l'ignorance que
l'illusion de connaître.»
Choisissez dans le lot.
Et puis ceci :
Pour la masse si fine et si intelligente de ceux qui nous lisent,
malgré les tentatives effectuées pour rédiger une chronique parmi mes
meilleures, j'ai dû au cours des deniers jours, me rabattre sur mes
notes de lectures.
En voici quelques unes :
La cause du mal dont était atteint Dutilleul, 75 bis de la rue
d'Orchampt, dans le "Passe-Muraille" de Marcel Aymé
(1941) était le "durcissement hélicoïdal de la paroi strangulaire
du corps thyroïde". - Remède recommandé par son médecin : "Deux
sachets par jour de poudre de pirette tétravalente, un mélange de
farine de riz et d'hormone de centaure".
Au chapitre VII de la troisième partie de ses "Faux-monnayeurs"
(1925), André Gide fait dire à à un de ses
personnages, Armand Vedel, que le plus beau mot de la langue française
est "hémorroïde(s)".
Dans "Pourquoi lire les classiques ?" (Perché leggere i
classici - 1991 - Section 7), Italo Calvino dit
que : "Les écoles et les universités devraient marteler l'idée
qu'aucun livre traitant d'un autre livre ne saurait en dire davantage
que l'ouvrage original ; or, elles font tout pour amener les étudiants
à croire le contraire." (Ma traduction en français de sa version
que j'ai lue... en anglais.)
À retrouver : Article paru dans Le Devoir il y a
trois, quatre (?) ans sur le nombre de livres parues cette année-là en
français et le nombre de livres qu'il aurait fallu lire chaque jour
pour être renseigné... (Quatre-vingt-dix-neuf... de mémoire).
Dès les premières pages de ses "Mémoires [intimes]" [publiées
pour la première fois en 1961 (sic), Louis Fréchette
(écrivain québécois (1839-1907), mentionne le mot "aïeules" en parlant
de ses deux grands-mères, l'une décédé à quatre-vingt-sept, l'autre à
quatre-vingt-seize ans. - C'est l'une des raison pour lesquelles
j'aime lire les livres qui ont cinquante, soixante, cent ans et plus :
les mots et expressions qu'on y utilisait (particulièrement en anglais
- chez John Ruskin, entre autres) : les deux me font
penser à une de mes grandes tantes qui trouvait toujours une façon de
glisser un plus-que-parfait ou une combinaison rare dans ses répartis. Ex. : "J'eusse aimé que
vous vinssiez plus tôt..." - À comparer à un personnage dans "Les pays
d'en-haut" de Claude Henri Grignon (1894-1976) qui faisait des
liaisons absurdes pour démontrer sa culture.
Pourquoi ? Pour comparer leurs façons de s'exprimer à celles des
jeunes d'aujourd'hui qui ont oublié entre autres le voussoiement et la
différence entre le participe passé simple, le composé et le défini.
Quant au passé antérieure, autant l'oublier : ils sont nés de la
dernière pluie.
Parmi les auteurs que je regrette avoir lus : Jean-Paul Sartre
(dont la philosophie peut être résumée en deux pages
dactylographiées à interlignes doubles, comme disait un ex-prof de
philo de la ou à la Sorbonne), Simone de Beauvoir
qui a toujours pris cent lignes pour résumer ce qui n'était pas grand
chose et qui pouvait s'exprimer en trois mots, Antoine de
Saint-Exupéry (surtout dans son ennuyeux Citadelle).
- Un point-virgule cependant en ce qui le concerne : Terre des
hommes. Pour Guillaumet. - Roger Lemelin qui avait de la
difficulté à relire ses phrases mal construites. - Quant à... Hubert
Aquin, Emile Nelligan, René Char...
Et pour en revenir à Italo Calvino,
.
Voici ce qu'il dit de Borgès dans le livre cité
ci-dessus :
"He manages to condense into texts which are always just a few
pages long an extraordinary richness of ideas and poetic attraction :
events whuch are narrated or hinted at, dizzying glimpses of the
infinite, and ideas, ideas, ideas."
En français :
"Il parvient à condenser, dans des textes qui ne dépassent jamais
quelques pages, une extraordinaire richesse d'idées et une séduction
poétique : des événements racontés ou évoqués, des aperçus vertigineux
de l'infini, et des idées, des idées, des idées."
Vertigineux.
À+
Simon
Jeff Bollinger
Pour avoir l'air mince...
"... Faut se tenir avec des gens qui sont obèses" disait un jour
Jackie Gleason à Jack Benny.
Je pensais (attention, hein : pas du tout dans le genre de
pensage (action de penser) que semblent avoir aujourd'hui, Simon et Copernique)...
Non.. Je pensais à cette réplique de Jackie Gleason qui,
disons-le, n'était pas du tout dans le genre d'un ultra-mince et
je me disais que je ressemble de plus en plus à un ami qui, à 84
ans, ne se tient qu'avec des gens de vingt, trente et même
quarante ans plus jeunes que lui.
Pourquoi ?
Parce qu'il ne peut plus supporter les gens de son âge tout
comme je commence de plus en plus à avoir de la difficulté à
supporter les gens de mon âge. (Je viens d'avoir 49 ans.) -
Moins que sa mère (la mère de mon ami de 84 ans) qui à 93 ans ne
tenait absolument pas à se retrouver avec des gens de son âge
dans une de ces maisons de retraite pour personnes précisément
dites "âgées". - "Y'a que des "p'tits vieux" dans ces
endroits-là" disait-elle. - Mais pas loin.
Je m'en suis aperçu - mais vraiment - il y a deux semaines,
étant arrivé une demi-heure avant le temps au restaurant où nous
nous étions, un client et moi, donné un rendez-vous.
Y'avait là, un groupe qui, c'était évident, se
réunissait régulièrement pour déjeuner ensemble, un
groupe constitué d'hommes dans la cinquantaine dont le
sujet de conversation fut essentiellement
qui-allait-démontrer-aux-autres-qu'il-était-le-meilleur,
le plus nanti financièrement, mais aussi, le plus
influent, le plus connu, le plus en forme, y compris le
plus futé avec ses choix de voyage, ses passe-temps, ses
autos et même de ses maîtresses, surtout dans ses
prédictions quant à qui-allait-gagner-la-coupe dans tel
ou tel sport, mais surtout pourquoi, dans son choix
précédent,
l'équipe qu'il avait choisi avait avait perdu , son coach
n'ayant pas suivi ses conseils... - Manquait plus
que la politique. Elle allait suivre sauf que je n'ai pas pu
écouter, mon client étant arrivé...
Bizarre quand même, non ? Que plus personne, sauf des gens moins
âgé que moi, sauf certains futurs "hommes d'affaires" (hommes et
femmes d'affaire), n'ose plus discuter aujourd'hui, de la vraie façon
vivre, de
concevoir l'avenir...
"Je veux devenir institutrice" disait Zazie à son oncle.
"Pourquoi ?" lui demanda-t-il.
"Pour faire chier les mômes" lui répondit-elle.
"Mais non, poursuivit-il. Aujourd'hui c'est la science qui est
important, les développements du côté de la médecine, de
l'astronomie..."
"Alors je vais devenir astronaute" dit-elle.
"Et pourquoi ?"
"Pour faire chier les Martiens."
Zazie... la même qui disait que Napoléon la faisait - même chose
- ier "avec
son chapeau à la con."
(Cité de mémoire)
Zazie dans le métro - Raymond Queneau - 1959.
Jeff
***
Et, exceptionnellement :
Madame Bollinger (Élyanne) parle :
Paul me racontait
l'autre jour les détails d'une rumeur qui court depuis un
certain temps, une rumeur qu'on répète de plus en plus qui, même
sans témoin, sans mention dans les journaux, sans preuve réelle,
se transforme peu à peu en une vérité que personne n'ose mettre en
doute et qui bientôt va tomber dans le domaine de la légende.
Elle concerne Charles Aznavour (mon "mieux que Brel" !)
qui, à ses débuts, seul en scène
(avec, je suppose un pianiste, après avoir chanté six ou sept de ses créations (pas
Jezabel, j'espère !), toutes suivis d'applaudissements polis, il
avait fait lever le rideau derrière lui, rideau qui
constituait alors, son seul décor, pour que l'on voit le mur du
fond de l'endroit où il donnait son tour de chant, un mur tel
qu'on pouvait se l'imaginer sans jamais l'avoir vu, avec ses
briques, ses portes, sa machinerie habituelle, et qu'il, Charles
Aznavour, avait
entamé alors, dos au public, face à cette arrière-scène, son «À
dix-huit ans, j'ai quitté ma province, bien décidé à empoigner
la vie...»... son, pour la première fois en public, «J'me voyais
déjà».
Silence total... jusqu'à la toute fin où les gens se sont levés
spontanément pour l'applaudir à tout rompre.
Immense succès.
Aznavour était lancé !
Dernièrement, il (paul) m,a fait parvenir une des meilleures (me
dit-il) prestations d'Aznavour chantant ce "J'me voyais déjà" en
public lors d'une série de concerts mémorables au Palais des
Congrès de Paris en 1991 (en compagnie de Liza Minelli.) - Il
avait alors 67 ans.
Le voici :
Charles Aznavour J'me voyais déja
Elyanne
Fawzi Malhasti
Poésie
Marizibill
Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes
Elle se mettait sur la paille Pour un maquereau roux et rose
C’était un juif il sentait l’ail
Et l’avait venant de Formose
Tirée d’un bordel de Changaï
Je connais gens de toutes sortes
Ils n’égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes
Guillaume Apollinaire,Alcools, 1913
Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky
dit «Apollinaire» (1880-1918)
L'encyclopédie libre
WIKIPÉDIA dit qu'il est né le 16 mars 1948. Il a donc
eu cette année 78 ans, ce qui ne le rajeunit pas. Ni moi non
plus.
Son trajet dans le monde musical
(et cinématographique) y est décrit en détail et on mentionne, à la
fin, une partie des prix et récompenses qui lui ont été remis ou
décernés au fil des ans. Très impressionnant.
Immense talent, il va sans dire.
Immense talent, oui, mais
faut-il qu'un auteur-compositeur (et interprète dans son cas)
publie, grave, chante, déclame, comme l'a fait et continue de le
faire Gilles Vigneault, TOUT ce qu'il produit ?
C'est une question que je pose
car il a des choses de lui (et de Vigneault) que je ne peux pas
supporter. Mais des textes et des airs que je ne me permets
d'écouter presque à genoux.
En l'an 2003, sur son neuvième
album, son quatrième en studio, sous le titre de Kanasuta
[*],
il enregistre deux véritables
chefs-d'oeuvre :
Jenny
(avec François Grandmont pour les paroles)
et
Nous aurons
(avec Jean Derome et René Lussier pour la musique)
C'est ce dernier enregistrement
que je vous propose d'écouter aujourd'hui. - Il y est accompagné -
côté voix - par les élèves de la 4e et de la 5e année du programme
musical de l'école Marcel Vaillancourt de Laval :
Richard Desjardins Nous aurons
paul
[*] Le mot Kanasutaprovient de la langue algonquine
(anichinabée) et signifie «là où les diables vont danser».
Ce mot fait directement référence à un territoire forestier, une chaîne
de collines et un lac situés en Abitibi-Témiscamingue, la région
natale de Richard Desjardins.
Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables
critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres,
revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de
commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui
les signent désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction
du Castor™, ni celle de l'Université de Napierville.
La direction
***
Littérature
Toujours la même
chose, n'est-ce pas ?
Y'en a qui se disent
"grands lecteurs" et qui ne lisent que le même genre de lecture (romans
policiers, biographies, choses vécues, etc.), qui adoptent les pensées des autres et qui
par se convaincre ce sont les leurs.
Y'en a qui qui
butinent de livres en livres en cherchant LA vérité, la vraie.
Et puis beaucoup qui
se fient sur ce qu'on lit dans les journaux, les revues spécialisées et
même dans les émissions culturelles qu'on diffusent à la télé sans trop
se demander comment ni pourquoi certains livres deviennent des
best-sellers ou sont déclarés gagnants de prix quelconque, que ce soit
le Nobel, le Goncourt ou le Madame au foyer.
D'autres, plutôt
rares, qui ne lisent que les classiques, ces livres qui ont survécus aux
opinions de plusieurs générations ou que certains (plutôt rares) professeurs de
littérature leur imposent en leur disant que ce sont des oeuvres
majeures.
J'ai connu quelqu'un
qui disait que c'était une chose à ne pas faire que de regarder les
titres dans la bibliothèque de ceux chez qui ils étaient en visite.
Y'a du vrai et du
faux là-dedans.
Ce qui est vraiment
faux, c'est de croire que tous les livres que l'on lit, en dehors du
fait qu'ils nous aide à passer le temps de façon plaisante, nous
renseignent et développent notre esprit en nous faisons voir des aspects
de la vie qu'on 'aurait pas pu découvrir sans eux.
Ce qui est peut être
vrai, c'est que la lecture peut, parfois, nous aider à penser autrement,
à découvrir que ce que l'on croit être depuis des années la charité, la
cruauté, le bien, le mal, l'amour, la haine, la vérité, le mensonge, le
présent, le passé, le futur... et qui n'ont rien à voir avec ces clichés que
nous avons appris jeune et avec lesquels nous passons notre vie à croire
évidents, incontestables, irréfutables, presque axiomatiques.
Voici quelque livres
que je suggère à ceux croient connaître, d'abord ce qu'est la lecture et en possession d'une pensée unique, universelle et sur laquelle
tout le monde s'entend :
Alice au pays des
merveilles de Lewis Carroll
Le passe-muraille
de Marcel Aymé
La Bibliothèque
de Babel de Jorge Luis Borges
Une trop
bruyante solitude vérité de Bohumil Hrabal
J'en ajouterais
volontiers quatre, cinq autres, mais ce serait tomber dans l'exagération
sauf, quand même (vous me connaissez), deux ou trois, que je m'en
voudrais de ne pas mentionner et sur lesquels j'ai déjà trop écrit :
À la recherche du
Temps perdu de vous-savez-qui
Cent ans de
solitude de Gabriel Garcia Marquez
The Dubliners
de James
Joyce
(J'oublie, à dessein,
des auteurs comme Pline le Jeune, Thucydide, Gide, Rabelais, Racine,
et - comment les oublier ? - Gide, Spinoza,
Shakespeare, John le Carré...)
(Pourquoi Spinoza plutôt que
Nietzsche qui semble être en vogue depuis quelque temps ? - La religion
aurait-elle encore le bras assez long pour empêcher qu'on en parle ? )
*
À propos des
livres que je viens de suggérer :
Quoi ? Direz-vous,
quel intérêt peut-on avoir dans une jeune fille qui court derrière un
lapin, un homme qui découvre tout à coup qu'il peut passer au travers
des murs, une bibliothèque qui contient tous les livres passés, présents
et futurs ou ou un homme dont le travail consiste à
pilonner des livres ?
Aucun, mais en même
temps, tout.
Il ne s'agit pas,
ici, de confirmer ou d'infirmer ce que l'on connaît de la réalité, mais
de saisir la réalité telle que d'autres la voient et qui prennent le
temps de nous la décrire... de regarder, comme on le fait, dans les
musées, des toiles comme si c'étaient des fenêtres par
lesquelles on peut regarder ce qui se passe au delà des murs qui nous la
cachent.
Simon
***
Qu'ont lu d'autres nos
chroniqueurs cet été ?
1-
Bernard Pivot
:
Les mots de ma vie, Amis, chers amis, Les tweets sont
des chats, le métier de lire, 100 expressions à sauver...
En maître absolu, il a régné des années à la télé à
parler de livres avec leurs auteurs, parfois leurs critiques et même
leurs éditeurs. - Jamais de véritables faux-pas, toujours aimable même
dans des situations incontrôlables (genre Ginsberg). - Aussi curieux de
savoir ce qu'on écrivait que ceux qui l'écoutaient questionner un
auteur. - Cet homme qui a lui plus de 5000 volumes (sic) a très bien
expliqué sa méthode dans le l'interview qu'il a accordé vers 1990 à
Pierre Nora (Folio).
Ai déjeuné une fois à ses côtés et l'impression qu'il m'a
laissé de ces invitations qu'il recevait continuellement est qu'il
aurait préféré à ces rencontres être resté dans la chambre ou suite
d'hôtel qu'on lui avait réservée... à lire plutôt que rencontrer ses
fans.
Mais qu'est-ce qui lui a pris, en 2006, de publier un
livre sur le vin ?
2 - Jean d'Ormesson
Au plaisir de Dieu, Une autre histoire de la
littérature française, Album Chateaubriand, Garçon, de quoi écrire,
Qu'ai-je donc fait
J'ai toujours retenu de lui sa boutade : "J'aurais
voulu être écrivain. J'ai raté ma vie car je suis devenu une vedette à
la télé."- C'est ce qui m'a fait oublier, surtout vers la fin, les
fonds de ses tiroir qu'il a insisté à publier pour la Maison d'édition de
sa femme ou de sa fille (Je n'ai pas vérifié).
Mais, comparable à son "Au plaisir de Dieu"
(1974), son "Qu'ai-je donc fait ?" (2008) non seulement m'a
étonné, mais lui a fait, pour moi, pardonner tous ses à-côtés de sa
longue vie, particulièrement son attachement à Dany Laferrière.
J'y ai inséré tant de "sticky notes" (petit
papiers jaunes) que j'ai peine à l'insérer dans ma bibliothèque à
l'endroit désigné pour lui...
(À suivre)
La direction
Maud Tessier
Ne me parlez pas...
D'archives en ce moment.
On m'a livré récemment "quelques"
caisses de disques, de partitions, de petits formats, de cassettes
et même de rubans "reel-to-reel".
"Livrer ?" - "Droppé
dans ma salle de séjour", dirait Simon.
"Quand vous aurez deux
minutes..." m'a-t-on dit.
Deux minutes ?
28,800 titres, juste en chanson
françaises.... Je n'ai pas osé vérifier du côté classique, du côté
pop anglais, du jazz et des terribles caisse de "a classer".
Ne me parlez pas d'archives en ce
moment...
Maud
Dédicace
Cette
édition du Castor est dédié
à :
Miss G. S.
"Il se fit tout a coup le plus profond silence
Quand Georgina Smilen se leva pour chanter"
"Personne ne sait qui était Georgina Smilen. Mais on la voit. Il
y a, à travers le monde, un club des amis de Georgina Smilen. Il n'a
pas de réalité. Mais il existe."
Jean d'Ormesson - Qu'ai-je donc fait -
Robert Laffont, 2008
Mot de la fin
«J'ai assisté accidentellement il y a quelques jours à
un cours de danse en ligne sur musique Country and Western
- vous savez : ce genre d'événements où des femmes d'un
certain âge se présentent vêtues de bermudas ou de shorts,
avec des bottes dites "de cowboy" et des hommes
en jeans avec des ceintures qu'ils portent à plusieurs
centimètres en dessus ce qui furent jadis leurs
tailles... - et je me suis dit qu'un règlement
municipal devrait interdire à certaines personnes de se
déshabiller le soir, à la noirté, après le
coucher du soleil dans leur chambre à coucher, derrière
des rideaux tirés.»
Le
Castor™, entièrement subventionné par les Éditions Vatfair-Fair
de St-Romuald d'Etchemin, ne perçoit aucun paiement, ni faveurs,
ni considérations spéciales de la part des établissements ci-dessous
mentionnés.
Toujours
se renseigner
(heures d'ouverture, etc.)
avant de se rendre sur place
Burgundy Lion
2496 ouest, rue Notre-Dame
Montréal, Québec
(https://www.burgundylion.com/fr/bienvenue
Le troisième vendredi du mois à 19h00 De septembre à juin (sauf décembre).
***
Et sur rendez-vous
seulement :
Vatfair, Planter, Hencourt
Avocats
Tour Marshalluk - Quartier
Universitaire - Napierville
Téléphone : 88-06 - Sonner deux
coups.
Maxel, Smart et Assistés
Internet,
réseaux de télécommunication
Tour Marshalluk - Quartier
Universitaire - Napierville
Téléphone :
aucun
Notes et autres avis :
Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.
De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.
Nous rappelons à notre aimable clientèle que :
1 - L'édition
régulière du Castor™
paraît habituellement au début de chaque mois.
2 - L'édition
corrigée du Castor™,
destinée au marché américain, paraît dans les jours qui suivent.
3 - De
mini-éditions peuvent paraître
de temps à autres.
2 - Malgré l'attention portée à la rédaction de ce journal, ses auteurs ou son éditeur ne peuvent assumer une quelconque responsabilité du fait des informations qui y sont proposées.
3 -
Tel qu'indiqué au début, les erreurs de frappe, de date et autres incongruités contenues dans ce Castor™ seront ou ont déjà été corrigées dans sa version destinée au marché américain.
4 - La direction du Castor tient à préciser qu'aucun enfant n'est victime d'agressions sexuelles au cours de la préparation, pendant la rédaction et lors de la publication de son hebdomadaire.