Quatre
heures nous avons mis, hier, pour démêler ce qui faisait partie de
la première, de la deuxième et de
la troisième édition de ce Castor™, pour constater que les ajouts qui nous sont parvenus
via la version temporaire sur laquelle votre éditeur, son assistante et
deux de ses chroniqueurs travaillaient simultanément avaient été pris en
considération, supprimés, repris à nouveau, mais que partiellement
ou en double, etc.
Tout ça, à cause de la panne électrique dont à
laquelle nous parlions de, dans une pré-édition datant d'hier (ou était-ce
d'avant-hier ?)
Aussi
:
*
Messieurs-Dames,
Si l'édition que vous
avez en main date
du mercredi six (voir en haut, à droite), vous êtes en
possession de celle qui, nous l'espérons, devrait être la bonne... et en voici, au
meilleur de notre connaissance, le contenu
(*) :
Copernique, le scepticisme
et le Docteur Stephen Novella - Billy Murray, Long Live the Ladies,
Al Jolson et Herbert Butros
Khaury - André Gide, le Boul' Mich' et Montherlant - La vieillesse -
Sam Harris - Napoléon et le Traité de Paris - The Lovin' Spoonful' -
Félix Leclerc -
Les Éditions Corti, Thomas Carlyle et Sartor Resartus - Louise Harel -
Kadhafi - Jean Charest - Une citation de Sarah Logan du Guardian - Un
nouveau traducteur "en ligne" - Monty Python's Flying Circus
(avec liens) - Jean-Christophe Mittrand et Le Petit Bouillon Pharamon.
Avec toutes nos excuses
aux lecteurs de notre édition destinée au marché américain.
La direction
(*) Si, quelque
part, nous avons cité correctement notre disc-jockey qui se
demandait ce que l'on diffusait à la radio avant l'invention de la
Musique Baroque, y'aurait peut-être de quoi se demander, à notre
tour, comment on se débrouillait à l'époque où il n'y avait pas
d'électricité pour éditer ce qui paraissait sur nos trois écrans...
à la chandelle.
Chroniques
Les chroniques précédentes de nos
correspondants pourront être
à nouveau consultées quand elles auront été révisées et reclassées.
Herméningilde Pérec
Vieillir II
Le modeste succès qu'a eu ma chronique du mois
dernier m'a encouragé à vous reparler de la vieillesse, notamment en
ce qui concerne la vie sociale des gens de mon âge.
Attention :
Vous n'êtes pas obligés de lire ce qui
suit si vous êtes encore dans la quarantaine ou même, dans
certains cas, la cinquantaine ou que vous êtes nés après 1980. Faites comme d'habitude :
passez à la chronique suivante en vous disant que vous aurez
amplement le temps d'y penser quand ça sera votre tour sauf que...
vous en êtes probablement déjà là par rapport à la génération qui vous
suit et que vous trouvez insouciante, mal éduquée, impolie, bref :
celle
qui vous a fait découvrir le véritable sens du mot "insolent"...
- Et si vous avez eu le "bonheur" d'avoir eu des enfants sur
le tard... dites-vous que ma sympathie envers vous n'est pas
feinte. Elle est commensurable à celle que j'ai envers ceux de
votre âge aux prises avec des adolescents ou, pire encore, des
jeunes qui ne quitteront pas votre foyer avant encore quelques années.
On raconte que Gide, ayant reçu chez lui un futur écrivain,
fut fort étonné de l'entendre s'excuser, en se levant, d'être un peu
chancelant : "Ne vous inquiétez surtout pas, maître, car il
m'arrive souvent d'avoir de légers étourdissements..."
dit-il - Et
Gide de lui répondre : "Oh ! Comptez-vous chanceux jeune homme d'être
encore en mesure de vous en apercevoir."
Lumbago, maux de tête, indigestions, disparition peu
à peu de sensations dans ses extrémités, mauvaise circulation du
sang, engourdissements musculaires, vue, goût, odorat, audition qui
s'affaiblissent, voilà
des caractéristiques auxquels les gens de ma génération
font face.
Tout cela n'est rien comparé à l'isolement - que
dis-je ! - la solitude dans laquelle nous nous enfonçons, jour après
jour. On l'attribue souvent à la disparition d'une occupation quelconque
que certains essaient de compenser en remplaçant le métier, la
profession dans lequel ou laquelle ils ont oeuvré toute leur vie, vie qu'ils ont crue active et productive (sic),
mais qu'ils ont fini par considérer, en y repensant bien, avoir été,
souventes fois, d'une futilité indescriptible, en remplaçant - je
continue - ce qu'ils faisaient par une activité encore plus insignifiante (si, si : parlez-en à
ceux qui sont à la retraite depuis quelques années) qui consiste
à adopter comme passe-temps la culture
de bégonias, les voyages organisés, le macramé (moins depuis quelques
années), l'ornithologie, le yoga, la météo, les nouvelles... (j'ai même
entendu parler de danse sociale...)
De la société ? parlons-en ! Les personnes qu'on a fréquentées
au travail toute sa vie... on les voit plus. Ses amis, quand ils ne sont
pas décédés, on ne les voit plus. Quant à la famille...
Avec un peu de chance, si on a eu le bonheur d'avoir des petits enfants,
ça a duré l'espace d'un moment.
Et puis, petit à petit, vient une sorte d'aphasie
intellectuelle : une diminution de comprendre ce qu'on nous dit combinée
avec celle de se faire comprendre. C'est la plus pernicieuse phase de la
vieillesse :
Les mots, depuis le jour où nous les avons appris ont
changé de sens. Les expressions auxquelles nous étions habitués ont
été remplacées par d'autres. les gestes que les autres
se font entre eux nous sont devenus incompréhensibles. Et je vous
parlerai pas l'effet d'escamoter de simples syllabes peut avoir sur des
gens pour qui le boulevard Saint-Michel se prononçait "boulevard
Saint-Michel" et non "boul'Mich'".
Personnellement, il n'y a pas longtemps, je me suis aperçu que non
seulement je ne savais plus ce qui, au niveau de la conversation, était
in ou out car ces mots sans significations n'étaient,
justement, plus in. - Et je n'insisterai pas sur la concordance
des temps, une chose qui prenait des années à tout simplement
apprendre l'existence..
Une consolation quand même. Un des grands avantages de faire partie du troisième âge
- et c'est loin d'être banal - c'est que le livre qu'on voudrait relire est toujours disponible à la
bibliothèque de son quartier car... qui lit, de nos jours, Montherlant ou...
René Char ?
Je pense à mon vieux père qui, comme celui de Simon,
faisait semblant vers la fin de sa vie - et Dieu sait ce qu'il avait
essayé de ne plus être de son temps - de radoter, pour
finalement avoir la paix.
H. Pérec
Simon Popp
Question de vocabulaire
Toujours la même chose, n'est-ce pas ?
Comment fait-on pour se comprendre ?
J'étais en grande conversation avec quelqu'un, il y'a
pas très longtemps. qui n'ayant fait aucune étude spécialisée en
linguistique, n'ayant jamais lu Molière, Balzac ou Simenon - et encore
moins Villon, Ronsard ou Proust - et ne sachant aucune autre langue que
la française, me disait que la langue aujourd'hui et depuis toujours
parlée par l'élite québécoise était supérieure à celle parlée
par les membres de l'élite de France parce qu'elle n'avait pas subi
d'influence étrangère ni été affectée par l'académisme.
Son principal argument était que si, oui, nous avions,
depuis l'arrivée des Anglais, été en contact avec une langue étrangère,
un certain protectionnisme naturelle avait interdit ces étrangers
d'avoir une certaine influence sur notre culture de base. La preuve,
disait-il, était que nous utilisions encore et toujours des formules
verbales qui était à la mode à la cour de Louis XV et ce, jusqu'à la
prononciation de certains mots comme le "moy" royal qui se
prononçait, sous Louis XIV, "moé".
Nous ne vivons plus sous un régime monarchique, il
est vrai, poursuivait-il, mais soyez assez honnête pour constater que
nos lois, particulièrement civiles, sont issues d'un esprit bien français,
le Code dit de Napoléon, et que notre religion est la même
qu'on a malheureusement bafouée au début du siècle dernier chez nos
lointains cousins...
Devant tant d'arguments (je vous en épargne
d'autres), je n'ai su que me taire.
Une note, quand même :
Napoléon est né en 1769, six ans après le traité de
Paris qui
vit l'arrivée des Anglais. Il devait sans doute parler
de la Coutume de Paris ou encore de l'ordonnance de Blois (1579), de
celle de Colbert (1673) ou du Code Savary... Qui sait ?
COVID-19
La dernière que j'ai entendue à ce sujet fut celle
d'une infirmière (sic), dans la trentaine, qui était convaincue que la
pandémie à laquelle le monde fait face aujourd'hui est une création de
l'industrie pharmaceutique qui, non contente d'avoir fait jusqu'à ce jour
des milliards avec ses vaccins, tente d'en imposer une troisième dose en répandant
de fausses rumeurs quant à l'efficacité des deux premières.
Do You Believe in Magic ?
Est-ce qu'il y en a parmi vous qui se souvienne de
cette chanson composée, si ma mémoire est exacte, par John Sebastian
du groupe Lovin' Spoonful, un de centaines de groupes des années
soixante et soixante-dix parmi lesquels, outre les Beatles et les
Rolling Stones, y'a eu : Sly and the Family Stone, Velvet
Underground, The Kinks, The Animals, The Byrds, Jefferson Airplane et même
The Peanut Butter Conspiracy ?
Je l'ai entendue récemment dans un restaurant qui
sert des repas pour hommes d'affaire (ils en existent toujours)
sur l'heure du midi.
Au bar ou j'étais assis (car je mange presque
toujours dans les bars de ces restaurants), y'avait de petits boss
locaux : un déménageur, un pharmacien, un revendeur de pneus, le représentant
d'un distributeur de pièces d'auto, un notaire (sic), le directeur
d'une usine de fabrication d'abats-jours... qui, tant bien que mal,
essayaient de parler plus fort que la musique ambiante.
Dans ces restaurants où l'on entend, que l'on veuille
ou non, des vieux succès ou même de plus récents, quand on me
demande si j'ai bien mangé, si le service m'a plu, je réponds de plus
en plus que c'était sans importance, que je m'y était pointé que pour la
musique.
Ça a eu, jusqu'à présent,
aucun résultat.
Autre question que je me pose : dans ces rares chaines
de radio qui diffusent toujours de la musique
"classique", que faisait-on tourner avant l'invention de la musique baroque ?
If I Believe in Magic ?
No.
Solitude
J'ai pensé, le mois dernier, souhaiter à Monsieur
Pérec la bienvenue au
Club des Solitaires, mieux connu sous le nom de celui des Socialement
Retardés, lui qui écrivait, dans un de ses rares personnels
messages, qu'il lui semblait de plus en plus faire partie «d'un
monde qui n'existait plus».
J'y ai pensé parce que, ayant pondu dans les semaines
précédentes un mini-essai anti-René-Char, j'ai reçu le
lendemain ou le surlendemain, d'une
amie de longue date, un extrait d'une chronique d'une certaine Sarah
Logan (?) parue dans The Guardian quelques jours
auparavant. Cette chronique avait pour titre : «I’d rather be alone than with people who make me feel alone»
("J'aime autant être seul qu'en compagnie de personnes qui me
font penser que je suis seul.")
Je lui aurais donné (à Monsieur Pérec) comme conseil pour bien marquer
sa distance
par rapport à ceux qui le croit socialement retardé d'avoir en sa
possession, lorsqu'il doit voyager ou qu'il se trouve dans un endroit
public, un livre. De préférence ancien ou relié en cuir.
Ceux de La Pléiade, avec leurs
rubans-marqueurs, sont particulièrement indiqués pour chasser les
importuns.
Simon
Copernique Marshall
Grasping at straws
Ce n'est pas généralement
dans mes habitudes de donner mon avis sur comment faire ceci ou cela,
comment réussir dans la vie, comment élever ses enfants, comment lire
Jules Verne ou
faire cuire des oeufs. - J'ai déjà suffisamment de difficultés à régler
mes propres problèmes sans, par dessus le marché, avoir à m'occuper de ceux
des autres. En informatique, particulièrement. Vous êtes en Mac ?
Restez-y. Vous préférez Notepad++ à Wordpad ? Bravo. Pour vous, la
vitesse à laquelle Windows 10 apparaît sur votre écran est plus
importante que la capacité
de stockage de votre unique disque dont vous ne faites jamais une
copie de sauvegarde. Bravo.
Ce
n'est pas d'hier que datent ces différences approches à ce genre de
discussions. Et ce n'est pas demain qu'elles vont disparaître. Celles
entre entre le livre-papier et les lecteurs électroniques, par exemple. Il y a cent et quelques années, d'interminables débats avaient lieu
autour de la fiabilité des automobiles et celle des chevaux. Et qui n'a
pas avancé des preuves que l'éclairage électrique était plus dangereux
que les lampes à l'huile. - Pour ne pas citer celui dont on nous demande,
du moins pour un temps ou à outrance, de ne plus mentionner le nom,
"si vous ne pouvez lire des poèmes d'amour sans avoir à vous
rappeler votre premier ou votre première flamme, pensez que votre méthode
consiste à mettre une paire de lunettes pour déchiffrer des lettres ou
des mots qui, autrement, vous seraient illisibles".
Et
puis y'a les outils. Qu'ils soient simples ou difficiles à manier,
servez-vous de ceux avec lesquels vous vous sentez à l'aise.
S'il
vous faut, pour ne pas sombrer dans le désespoir du néant, un Dieu
omniscient, omnipuissant qui s'intéresse à ce que vous pensez et ce que
vous faites, surtout quand vous êtes nus (voir la pensée du jour),
comptez-vous chanceux : il y
en a plusieurs à votre disposition : celui des juifs, celui des
islamistes, celui ou ceux des bouddhistes... Y'en a même un en trois
personnes qui semble fonctionner admirablement bien dans notre région du
monde. Par contre, si vous pouvez vous en dispenser et ne pas vous sentir
petit, petit dans un univers incroyablement intéressant, tant mieux.
J'entendais
un jeune qui habite pas loin de chez moi l'autre jour, qui prônait le
bien-faire et le laisser-braire. "Chacun a le droit de penser ce
qu'il veut, disait-il, à condition de ne pas imposer son choix aux
autres." - À priori, une sage attitude (voir la section Lectures
de ce Castor™), mais savoir toute sa vie
durant qu'on pourrait être dans l'erreur ne m'a jamais plu. Sur toutes
choses, je crois que nous devrions être sceptiques. Surtout via-à-vis
des illuminés qui , pendant longtemps, ont tenu pour vrai et indiscutable
le fait que la terre était plate et que le soleil tournait autour d'elle,
quitte à brûler vif ceux qui n'étaient pas de leur avis.
Mais
qu'est-ce que cela à faire avec ce Grasping at straws du début
?
C'est que c'est la
première expression qui m'est venue quand j'ai pensé à ces pauvres gens
- et non je ne changerai pas cette autre expression, pauvres
gens, car ce sont vraiment des pauvres d'esprit - qui tiennent
mordicus à des idées toutes simples pour s'expliquer ce qu'ils ne
comprennent pas. Those that graps at straws. Et comme cette
chronique devait être rédigée dans la française langue (pour le
bienfait d'une partie de l'humanité qui croit que c'est la seule langue
qui puisse faire comprendre certaines subtilités de la pensée), je me
suis mis à chercher comment la traduire.
Google
Translate, Reverso, Systranet, Linguee... Je les ai tous essayés. Le seul
qui m'a semblé comprendre qu'il ne 'agissait pas de "saisir des
pailles" fut Linguee jusqu'à ce qu'un ami me dirige vers un site du
nom de Deepl :
Je brise tout ce qu'on me donne
Plus je reçois et moins je donne
Plus riche que forêt d'automne
N'aide personne
Bonheur m'alourdit et m'ennuie
Je suis pas fait pour ce pays
Avec les loups suis à l'abri
Clarté qui bouge et toi qui gigues
L'amour n'est pas sous tes draps blancs
Au fond des cieux où sans fatigue
Le vent
Matin qui joue sur l'océan
Soir de gala rempli d'enfants
Ailleurs, cher amour, on m'attend
Il faut que tu y sois aussi
Sinon je ne sors pas d'ici
Cent fois mourir homme dans tes bras
Que vivre dieu là-bas sans toi
Te l'ai dit en janvier
Te le dirai en août
What's wrong with this song ? (Qu'est-ce-qu'y tourne pas rond dans
cette chanson ?)
J'ai écris en
janvier dernier une longue chronique sur ce que pouvait être
une "chanson parfaite". - Allez la relire, j'ai tout
le temps du monde.
...
Ça
y est ? C'est fait ?
Y'avait une
chose à retenir dans cette chronique et c'était qu'une
chanson "parfaite" du point de vue d'un parolier
était une chanson qu'il suffisait d'entendre une fois
pour s'en souvenir des mois et - le dirais je ? - des
années après.
J'en ai cité quelques
unes (Avec le temps, Le tourbillon, La mer...) et, il y a une
semaine, j'ai entendu chez un ami, une autre que je ne suis
pas près d'oublier : Long Live the Ladies -
paroles de Joe Young et E. Ray Goetz, musique de Geo. W.
Meyer. Elle date de 1916 et fut un succès fort populaire à
l'époque, créée par une des vedettes du Broadway, Billy
Murray (1877-1954) qui, au cours d'une très longue carrière,
a enregistré une impressionnante collection de chansons
populaires sur cylindres (1897) et puis en 78t (1944).
Moins
connu que Al Jolson (1886-1950), le seul artiste qui ait sa
statue sur le Broadway, près du Times Square,
il est aujourd'hui plus ou moins oublié, mais on peut
s'imaginer le nombre de spectateurs qui couraient l'entendre
à son apogée.
Vous en apprendrez plus
long sur lui en consultant son site "officiel"
à l'adresse qui suit :
Sans
plus tarder, je vais vous faire tourner son interprétation de
Long Live the Ladies qui, sur le coup ne m'a pas
frappé, mais il faudra pour cela que je vous raconte une
rencontre que j'ai eue vers 1991 entre Boston et New York.
À
tout de suite.
Billy Murray :
Long
Live The Ladies (c. 1917)
Rien de particulièrement
excitant, n'est-ce pas ? - Le son est mauvais, la voix semble avoir été
enregistrée dans un garde-robe et on distingue à peine les mots.
Au revoir et merci
Monsieur Murray. Quant à la chanson, autant vous le dire tout de
suite : elle sera vite oubliée. Sauf qu'un certain Herbert Butros
Khaury allait la reprendre en 1970 dans une émission télévisée
d'une heure, en Australie, et que cette émission allait être
reproduite sur Youtube en 2017 et que, depuis, elle a été visionnée
plus de dix mille fois à la grande joie de ses admirateurs parmi
lesquels je suis fier d'appartenir.
Maintenant : entre Boston et New
York :
Je ne me souviens plus
exactement. C'était en 1990 ou 1991, quelques années avant la mort
de ce Monsieur Khaury (en 1995), mais, de Boston où j'avais eu un
rendez-vous la veille, je me dirigeais vers New York où j'en avais un
autre le lendemain quand je me suis arrêté quelque part à mi-chemin
pour, selon l'expression populaire, prendre un café. C'était une
sorte de cafétéria où il fallait traverser l'endroit pour atteindre
les machines distributrices à l'arrière. Une fois mon café bu, je me dirigeai vers
la sortie et qui j'aperçois, assis seul à une table ? Un colosse de
six pieds et quelque, de plus de 250 livres. Je le regarde, il me
regarde et me dirigeant vers lui, je lui dit : "Excusez-moi,
mais vous êtes bien Monsieur..." - "It is I",
répondit-il d'une voix de ténor tout à fait acceptable... lui que
je ne connaissais que par ses apparitions sur le petit écran et via
ses disques qu'il persistait à enregistrer avec une voix de
fausset (falsetto) s'accompagnant d'un minuscule ukelele.
Pour ceux qui se
souviennent encore de lui, son nom de scène était Tiny Tim et vous
savez qui était Tiny Tim ? Un bonhomme qui avait, bien au-delà du côté
freak de sa personnalité, une connaissance encyclopédique de la
chanson américaine du début du siècle dernier.
J'abrège car notre
rencontre a duré plus d'une heure, lui causant de son admiration pour
la chanson populaire anglophone du siècle dernier et moi de la chanson populaire française
de la même période.
Oh, je n'essaierai pas
de vous vendre son immense talent, les efforts qu'il a faits au cours
de sa carrière et bien au-delà de sa renommée pour faire revivre
les chansons qu'il aimait. Mai je vais vous faire écouter son interprétation
de Long Live the Ladies qui, pour moi, demeure une chose
inoubliable et, de ce fait, une autre des mes "parfaites
chansons" :
Tiny Tim :
Long
Live The Ladies (1970)
Les paroles ? - Les
voici :
Long live the ladies,
May they all live long for me,
(I love them)
Long live the ladies,
They're as sweet as they can be;
Oh, how I long to mix,
With two, three, five or six,
If you think the girls are harmful,
I'd like to be the daddy of an armful,
Long live the tall ones,
They can never grow too tall,
(I reach them)
Long live the small ones,
They don't have to grow at all;
And when I'm eighty-three
I'd like to have a bunch of them upon my knees
Long live the ladies,
A wonderful treat for me
Oh, bring on the ladies,
"Bring them on" said Willie Snow,
Oh, bring on the ladies,
For the party's getting slow
I love them all you see
They're just my cup of tea
Every party makes me happy
If I can two or three or forty
Long live the ladies,
May they all live long for me,
(I love them)
Long live the ladies,
They're as sweet as they can be;
Oh, how I long to mix,
With two, three, five or six,
If you think the girls are harmful,
I'd like to be the daddy of an armful,
Long live the tall ones,
They can never grow too tall,
(I reach them )
Long live the small ones,
They don't have to grow at all;
And when I'm eighty-three
I'd like to have a bunch upon my knees
Long live the ladies,
A wonderful treat for me
And when I'm eighty-three
I'll be busy as a bumble bee
Long live the ladies,
A wonderful treat for me
Not your cup of tea...
Inutile de m'écrire :
je sais.
paul
Lectures
Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas
être considérés comme de véritables critiques au sens de
«jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et
imperfections» des livres, revues ou adaptations cinématographiques
qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de
commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au
sujet desquelles les chroniqueurs qui les signent désirent
donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement
la direction du Castor™ ni celle de l'Université de
Napierville.
Scepticisme
Je lis de moins en moins ces temps-ci,
probablement pour faire une pause et essayer de comprendre pourquoi le nombre de ceux qui
sont prêts à gober n'importe quoi semble augmenter de plus en plus - Simon m'a suggéré d'utiliser ici le mot "jobard" pour
les décrire (1) -
compte tenu de ces non-vérités qui se répandent, entre
autres, autour de la COVID-19, les dernières élections présidentielles
américaines et même l'état de la circulation sur l'île de Montréal.
(1) Caractéristique d'une personne naïve
au point de croire n'importe quoi.
Je pensais, ce matin, à une conversation que j'ai
entendu récemment dans le métro au cours de laquelle une femme d'une
quarantaine d'années disait qu'elle s'apprêtait à déménager sous
peu en Ontario (2)
parce que là, disait-elle le Gouvernement local n'allait pas imposer
un règlement voulant que ces citoyens aillent à démontrer qu'ils
ont été vaccinés parce que là les gens - sous-entendu : plus
intelligents que les Québécois - se révolteraient et que les forces
policières refuseraient de participer à cette supercherie créée
par l'industrie pharmaceutique pour augmenter leurs profits ; que les
vaccins n'avaient pas encore démontré leur preuve (sic) ; que le port du
masque n'était pas nécessaire ; que la Covid-19 se répandait par le
toucher et non via d'invisibles molécules, etc.etc. - Son discours m'avait
rappeler l'expression anglais qui dit que ce genre de personne fait
partie de ceux what create concern (3).
(2) Province voisine du Québec (pour nos
amis européens).
(3) Utilisation du pronom relatif what qui se réfère
à des animaux - ou des choses - plutôt que le who.
Parallèlement à ce genre de discours, je me suis
rappelé un jeunot avec qui je discutais il y a un mois ou deux qui se
croyait supérieur à la majorité de ses amis parce qu'il était
partisan de la libre pensée. Le même auquel j'ai fait allusion dans
ma chronique d'aujourd'hui. Son argument était simple : chacun
avait le droit de penser ce qu'il voulait (de la religion, de la
politique, de la littérature, etc.) à condition de ne pas imposer
son choix à d'autres. - Oui, d'accord, mais j'ai pensé que
cette approche, il courait
le risque de passer toute sa vie dans l'erreur la plus totale...
Mauvaise introduction, je vous le concède mais je
voulais tout simplement attirer votre attention sur un livre que je
viens de terminer et qui traite de comment on peut discerner le vrai du faux
dans ce que nous percevons de la réalité :
The Skeptic's Guide to the Universe
(How to Know What's Really Real in a World Increasingkly Full of
Fake)
du Dr. Stephen Novella - paru chez Grand Central Publishing en 2018
J'ai bien aimé ce livre parce qu'il insiste sur le
fait que le scepticisme n'est pas une façon de penser - une
philosophie, si vous préférez - mais un méthode à utiliser pour se
rapprocher de la vérité qu'on pourrait définir comme étant
l'adéquation entre la réalité et celle perçue par nos pensées.
Je n'insiterai pas sur deux points :
1 - Qu'il n'y a qu'une seule vérité (*)
et :
2 - Que toutes les méthodes proposées à ce jour
pour la découvrir se sont avérées inadéquates.
(*) Prenez l'existence ou la non-existence
d'un Dieu. On peut croire en cette existence ou ne pas y croire. Ce
sont deux visions d'une même réalité qui se contredisent et les
deux ne peuvent être démontrés sans laisser un certain
doute, mais l'une ou l'autre est vrai. Il n'y pas de troisième
voie
Ces deux points ne méritent même pas qu'on y
attache une certaine importance car ce livre n'est pas là pour
enseigner à ses lecteurs comment penser, mais comment éviter de
penser inadéquatement.
Il se divise en cinq grandes sections :
1 - Le notions de base que tout sceptique devrait
connaître
(Core Concepts Every Skeptic Should Know)
Les faux messages que nos sens nous renvoient, la
faillilibité de notre mémoire, la paréidolie, ce que l'histoire nous
enseigne, science et pseudo-science, fausses vérités, etc.
(1. Neuropsychological Humility and Mechanisms of Deception 2. Memory Fallibility and False Memory Syndrome 3. Fallibility of Perception 4. Pareidolia 5. Hyperactive Agency Detection 6. Hypnagogia 7. Ideomotor Effect Metacognition 8. Dunning-Kruger Effect 9. Motivated Reasoning 10. Arguments and Logical Fallacies 11. Cognitive Biases and Heuristics 12. Confirmation Bias 13. Appeal to Antiquity
14. Appeal to Nature 15. Fundamental Attribution Error 16. Anomaly Hunting 17. Data Mining 18. Coincidence Science and Pseudoscience 19. Methodological Naturalism and Its Critics 20. Postmodernism 21. Occam’s Razor 22. Pseudoscience and the Demarcation Problem 23. Denialism 24. P-Hacking and Other Research Foibles 25. Conspiracy Theories 26. Witch Hunts 27. Placebo Effects 28. Anecdote
or Iconic Cautionary Tales from History 29. The “Clever Hans” Effect 30. The Hawthorne Effect 31. Cold Reading 32. Free Energy 33. Quantum Woo 34. Homunculus Theory 35. Intelligent Design 36. Vitalism and Dualism 37. N-Rays 38. Positive Thinking 39. Pyramid Scheme)
2 - Ce en quoi consiste le scepticisme
(Adventures in Skepticism)
(40. Motivated Reasoning About Genetically Modified Organisms 41. Dennis Lee and Free Energy 42. Holly-woo 43. The Singularity 44. The Warrens and Ghost Hunting 45. Loose Thinking About Loose Change)
3 - Le scepticisme et les média
(Skepticism and the Media)
(46. Fake News 47. False Balance 48. Science Journalism 49. Enter the Matrix 50. Microbiomania 51. Reporting Epigenetics)
4 - Les pseudo-sciences
(Death by Pseudoscience)
(52. Death by Naturopathy 53. Exorcism: Medieval Beliefs Yield Medieval Results 54. Death by Denial 55. Suffer the Children)
5 - Ses conceptions et le reste du monde
(Changing Yourself and the World)
(56. Being Skeptical 57. Epilogue)
À la lecture de ces titres et sous-stitres (excusez-moi
si je ne les ai pas traduits car cela dépasse ma compétence), on peut
constater que le Dr. Stephen Novella traite non seulement du scepticisme
en tant que tel ou des doutes que nous devrions avoir quant à notre
perception de ce qui nous semble réel, mais du septicisme que nous
devrions avoir quant à notre propre scepticisme. Non seulement
philosophiquement, mais physiquement, intelectuellement, logiquement.
Ce que ce livre m'a enseigné ? - De ne jamais
discuter de quoi que ce soit avec quelqu'un qui n'est pas prêt à
mettre pas en doute ses opinions ni sans être prêt moi-même à
mettre en doutes mes propres opinions.
Copernique
*
Les Éditions Corti, Thomas Carlyle et Sartor Resartus
Lors de tous mes passages à Paris, je n'ai jamais manqué
l'occasion de m'arrêter devant la vitrine des
Éditions Corti, 11 rue de Médicis, dans le 6e, au nord-est du
Parc du Luxembourg, entre la rue de Vaugirard et l'intersection du
boulevard
St-Michel et de la rue Soufflot.
Pourquoi ? Parce que, de tous les éditeurs
parisiens ayant pignon sur rue, José Corti est celui qui m'a toujours
semblé le plus bizarre à cause des titres qu'on y publiait.
Laissez-moi vous en citer quelques uns :
Sur Proust :
Le verre et les objets de
verre dans l'univers imaginaire de Marcel Proust par
David Mendelson (1968)
Proust et Balzac par
Jacques Borel (1975)
La doctrine de la réalité
chez Proust par Alain de Lattre (1978)
Le personnage proustien,
du même (1984)
De ce dernier,
d'ailleurs, on pouvait y retrouver, entre autres :
Les réalités individuelles
et la mémoire (1981)
L'ordre des choses et la création
littéraire (1985)
Mais tout cela n'était rien
comparativement à :
De Borel : Séraphîta et le
mysticisme balzacien
De Durand : Le décor
mythique dans La Chartreuse de Parme
De Guiomar : Inconscient et
imaginaire dans Le Grand Meaulnes
De Mathieu : La poésie de
René Char et le sel de la splendeur
De Vanoncini : Figures de la
modernité. Essai d'épistémologie sur l'invention du
discours balzacien
Sans compter :
De Bénichou : Nerval et la
chanson folklorique
De Mauroin : Des métaphores
obsédantes au mythe personnel
De Pire : De l'imagination
poétique chez Bachelard
...
Tous de best-sellers à ne point-z-en
douter.
Wikipédia nous dit que :
«José Corti, de son état civil Joseph-Roch-Antoine Corticchiato, né le 14 janvier 1895 à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), et mort le 25 décembre 1984 à Paris,
[fut] un éditeur français spécialisé dans la publication de livres apparentés au dadaïsme et au surréalisme. Il crée d'abord les Éditions Surréalistes en 1925, puis en 1938 la maison d'édition indépendante qui porte son nom.»
Et que :
«La maison d'édition José Corti s'engage, sous l'Occupation, dans la publication de textes clandestins (à l'instar des éditions de Minuit, par exemple). Elle publie de nombreux textes poétiques après la guerre, ainsi que des travaux universitaires parmi les plus novateurs et des rééditions d'auteurs peu connus voire oubliés, notamment du domaine anglais, comme Ann Radcliffe, William Thomas
Beckford et Horace Walpole.
«L'auteur le plus connu publié par José Corti, Julien Gracq (Le
Rivage des Syrtes, prix Goncourt 1951, refusé par l'auteur), reflète assez bien l'esprit qui règne dans cette maison d'édition : efforts pour la recherche littéraire plus que pour les gros profits (tirages initiaux rarement très importants) et engagement dans des voies plus ou moins risquées.
«Inscrite au-dessus et au-dessous d'une rose des vents – rappel d'une filiation de navigateurs – (frappée en son centre des initiales J.C.), la devise des éditions José-Corti,
"Rien de commun", renvoie à l'époque de la naissance de la maison où les tirages étaient confidentiels et à l’engagement de la maison. Elle a une deuxième signification : José Corti aurait voulu, sous l'Occupation, montrer de manière implicite que sa maison d'édition
n'avait "rien de commun" avec les occupants
allemands.»
Rien d'anormal à ce que je me retrouve
chez lui en cherchant qui avait traduit en français le Sartor
Resartus de Thomas Carlyle que j'ai lu il y a une
dizaine d'années et sur lequel j'ai retrouvé récemment, parmi, mes papiers
un calepin dans lequel j'ai inscrit à ce moment-là une longue série
de mots, d'expressions, de vérifications-à-faire (et auxquelles je
n'ai donné suite que partiellement).
Thomas Carlyle
Photo de Elliott & Fry c. 1860
Thomas Carlyle est né le 4 décembre
1795 en écosse et est décédé à Londres en 1881. Il fut un écrivain,
satiriste et historien britannique dont les oeuvres les plus connues
demeurent pour ceux que cela intéresse encore : une Histoire de la Révolution Française (1837), une
Biographie de Frédéric II de Prusse (1858) (*), la
Correspondance
annotée d'Oliver Cromwell (1845) et Sartor Resartus (ou
La philosophie du vêtement) paru originalement en 1833 et
1834. - On
lui doit également diverses traductions de l'Allemand (Goethe), sa
correspondance avec ce dernier, des essais, etc.
(*) Un des livres favoris
d'Adolphe Hitler apparemment : il en aurait amener une copie de ses
17 volumes (tout dépend de l'édition) dans son bunker en 1945...
Son influence (style et commentaires
philosophiques ou sur la société) auraient eu une forte influence sur
la littérature victorienne, ce que nous ne remettrons pas en doute
ayant lu de nombreux écrits de John Ruskin.
Sartor Resartus (ou la
philosophie du vêtement)
Sartor Resartus («Le
tailleur refait») a pour origine un article que Carlyle voulut
écrire à la manière de Jonathan Swift (*)
mais qui devint peu à peu un feuilleton publié dans le Fraser's
Magazine, une journal plus ou moins littéraire
de l'époque (**).
(*) Écrivain
anglo-irlandais (1667-1745) auteur , entre autres, de romans, écrits
et essais satiriques tels que Les voyages de Gulliver, Méditation
sur un balai, l'Art du mensonge politique, etc.
(**) Publié de 1830 à 1883
- Voir l'article que lui a consacré Wikipédia.
Carlyle, qui s'était essayé sans
succès à écrire un roman (dont a retrouvé le manuscrit après sa
mort), voulut faire de ce feuilleton un
genre tout à fait nouveau : à la fois factuel et fictif, sérieux
et satirique, spéculatif et historique, et dont le texte serait
accompagné de divers commentaires de la part de celui qui en serait
le faux-traducteur et éditeur.
Il n'eut qu'un succès mitigé jusqu'à
ce que Ralph Waldo Emerson, l'écrivain américain qui en
fut un fervent lecteur, contribua à en
faire l'impression sous la forme d'une volume en 1836, volume qui
fut par la suite, en 1838, imprimé pour la première fois en
Angleterre.
Pour le résumer en quelques mots, il s'agit d'une critique d'une philosophie sur le vêtement
(sic) rédigée en allemand par un fictif professeur d'une fictive
université dans lequel il est question de politique, de maîtres-penseurs,
de ce que devraient être un dirigeant, etc.
Tout en tenant compte de son genre ,
ce qu'on peut en dire aujourd'hui, c'est que que les commentaires et
les idées
qu'on y retrouve n'offrent rien de vraiment révolutionnaire mais le style dans
lequel cette critique et ses idées sont rédigées peut se comparer
à ce qui s'est fait de mieux dans le domaine du sérieux-comique et
de la satire, domaines où Swift cité ci-dessus fut excellent : multiples références obscures, mots rares,
phrases dignes d'une thèse de doctorat, etc.
Sauf que ce...
Lire Sartor Resartus...
... soulève une question à savoir
si les pseudo-commentaires d'un pseudo-éditeurs
d'un pseudo-traducteur de la pseudo-thèse d'un pseudo-professeur d'une pseudo-université (allemande de surcroît)
tels que rédigés par un écrivain de l'époque victorienne pré-ruskinienne...
sont encore lisibles de nos jours, surtout dans un anglais qui n'a
plus cours.
Ma réponse ? Non et puis... peut-être.
Non dans sa version originelle
anglaise sauf si l'on est un grand connaisseur de la langue
anglaise et non de l'anglais américain, ou, à défaut, de culture
française, l'on est parfaitement (et j'insiste parfaitement)
bilingue et que même avec l'un ou l'autre de ces avantage, l'on est
consentant à consulter un dictionnaire pour chercher la signification d'un ou
deux mots à toutes les deux, trois lignes (même si sa version en
est une pour lecteur électronique : une fois sur deux, la définition
d'un mot ne s'y trouvera pas). Des exemples ?
Vous connaissez la ou les signification(s) des
mots suivants :
Et je passe par dessus des
expressions comme "buttressed by props",
"purse-mouthed", "crane-necked",
"gleams of ethereal fire" ou - mais celle-là est
facile - "sansculottism"...
Quant aux citations en allemand...
Autant, dans ces conditions, s'en
remettre à une traduction.
Sartor Resartus en traduction
Il en existait qu'une jusqu'à tout
"récemment" :
Celle d'Edmond Barthélemy
qu'on peut retrouver, mécaniquement reproduite, sur Gallica
et qui est, plus ou moins physiquement lisible, Il s'agit
d'une version photographiée (digitalisée) d'une copie de l'édition
imprimée - et donc originale pour ce qui est de la date : 1904. Son
contenu (je n'en ai lu que des extraits, de nombreux cependant) est,
pour être poli, correct (entre guillemets) sauf que
la subtilité, le sarcasme, le côté satirique, l'utilisation de la
langue académique de l'époque, les sous-entendus, etc., etc., tout
ce qui fait la partie essentielle du texte de Carlyle en ait complètement
absent. C'est une traduction bête, mot-à-mot (pas tout à fait,
mais pas loin) qui ne peut être utilisée que pour comprendre
quelque peu le contenu du texte de base :
Pour s'en servir, il faut, comme on
le fait avec la littérature grecque ou romaine des Éditions
Belles-Lettres (Budé) la lire avec, à côté, la version originale
anglaise. Et encore, il faut à ce moment-là avoir deux
dictionnaires à sa portée : un en anglais et un autre en français,
mais attention : les deux doivent être suffisamment complets pour
se retrouver dans l'anglais de l'époque victorienne et le français
de la Belle Époque.
Pour un parfait bilingue (moderne),
elle peut toujours servir.
Une deuxième traduction est parue
chez Corti (vous voyez que, quand même, je suis quelque fois pas
trop confus quand j'écris) en 2008. Elle est de Maxime Berrée
et son grand défaut est de ne pas être disponible ; m'enfin pas
disponible, ici, au Québec. Il faut pour en obtenir une copie
s'adresser directement chez un distributeur en France et si vous
avez déjà fait affaire, avec une certaine facilité, avec des
distributeurs, en France, faite-le moi savoir.
Son contenu me semble intéressant.
En voici le faire-valoir que j'ai retrouvé "Chez Corti"
(entre guillemets - voir la dernière partie de ce compte-rendu) :
«Carlyle est un écrivain quelque peu effrayant. Réactionnaire et violente, son oeuvre regorge d’idées et de sentences à faire frémir humanistes et progressistes : pour lui, la démocratie est
«le chaos doté d’urnes électorales», le monde doit être dirigé par des héros dont il affirme la supériorité morale ; il se prononce contre l’abolition de l’esclavage
(voir la note à la fin)
; quant à la première Exposition universelle, elle lui fait l’effet d’un
«grand bazar industriel». Ne nous donnons pas la peine d’aller plus loin, il suffit de compléter par cette description lapidaire que fit de lui Spencer dans son Autobiographie :
«Il sécrétait chaque jour une certaine quantité d’imprécations
et il lui fallait trouver quelque chose ou quelqu’un sur qui les déverser.» Voilà le portrait peu flatteur qu’on pourrait rapidement dresser de cet esprit aussi contrarié qu’un Céline.
«En France, Carlyle est presque complètement ignoré. Sans doute son aversion pour notre pays, qu’il jugeait frivole et superficiel, et auquel il préférait la rigoureuse et sérieuse Allemagne, n’y est-elle pas pour rien. Choisir entre deux nations qui se considèrent comme des ennemis héréditaires, c’est nécessairement s’en mettre une à dos. Il aggrava d’ailleurs son cas en applaudissant des deux mains la victoire allemande en 1870. Malgré cela, il était encore lu au début du XXe siècle : certains de ses ouvrages passèrent, par exemple, entre les mains de Proust ou Claudel.
«Il y a quelque chose d’énigmatique dans l’existence même d’un tel livre. Ouvrage improbable pour l’époque, il l’est encore aujourd’hui à maints égards, malgré l’habitude que nous avons des expérimentations littéraires. Tenant à la fois de l’essai philosophique, du roman d’apprentissage, ou encore de la satire, le Sartor Resartus résiste à toutes les classifications et se dresse avec un charme capiteux en singularité pure dans l’horizon littéraire.
«Emerson avait pourtant parfaitement compris la situation, lui qui écrivait dans son journal :
«Si le génie était une chose commune, nous pourrions nous
passer de Carlyle ; mais en l’état actuel de la population, nous
ne pouvons l’ignorer». Le temps est peut-être venu de laisser
de côté tout le fatras d’idées et d’opinions attachées au
nom de Carlyle : le Sartor Resartus n’a plus besoin de lui, il
n’a besoin que de lecteurs.»
Et - ne me demandez pas comment j'ai
pu obtenir l'extrait qui suit, vous trouverez en
annexe, la préface complète de cette nouvelle édition.
Si jamais il me vient à l'idée de
me procurer cette nouvelle traduction, je vous en aviserez.
Entre temps :
Et qu'est-il arrivé aux Éditions Corti ?
Wikipédia, toujours :
«Après la mort de son fondateur en 1984, la maison d'édition José-Corti poursuit son activité sous la direction de Bertrand Fillaudeau, entré en 1980 comme assistant de José Corti, et rejoint, depuis 1996, par Fabienne Raphoz.
«Tout en conservant l'esprit initial, Bertrand Fillaudeau ouvre le catalogue à de nouveaux auteurs (Éric Faye, Ghérasim Luca, Michel Fardoulis-Lagrange, Georges Picard) et crée deux nouvelles collections,"Ibériques"
et "En lisant en écrivant", du nom de l'essai de Julien Gracq (1980). Cette collection regroupe des essais d'écrivains sur la relation qu'ils entretiennent avec l'écriture et la lecture. Fabienne Raphoz crée trois collections
"La collection Merveilleux", la "Série américaine"
et "Biophilia". Elle accueille de nouveaux auteurs français contemporains (notamment Caroline Sagot-Duvauroux, Tatiana Arfel et Marc Graciano).
«Fin 2016, la librairie du 11 rue de Médicis ferme. Elle rouvre en février 2017 sous l'enseigne
“Librairie des éditeurs associés”, laquelle accueille toujours le fonds des éditions Corti, ainsi que d'autres éditeurs indépendants.»
Simon
P.-S. : Il y en a, parmi vous
qui connaissez Monty Python's Flying Circus ? Dites-vous que leurs
sketches me font penser au Sartor
Resartus de Thomas Carlyle. - C'est ce que j'aurais dû écrire
pour résumer ce qui précède.
Carlyle ne s'est jamais dit pour l'esclavage, il a
écrit que tant qu'à condamner des ouvriers à travailler dans des
usines [victoriennes] à des salaires de crève-faim, il eut été
préférable [pour les hommes d'affaire de l'époque] de conserver
l'esclavage : ça leur aurait coûté moins cher. C'est ce qu'on
appelle du sarcasme. - De là à dire qu'il était pour l'esclavage,
comme on peut le lire trop souvent, surtout en français...
Il y a dix ans dans le Castor™
Dernières nouvelles :
À Montréal, la rue Sainte-Catherine, entre De
Bleury et Saint-Dominique a été rouverte à la circulation. Les
pavés tiendront-ils le coup ? C'est la question que se posent les
automobilistes qui empruntent cette voie pour passer de la station
Musique+ aux Foufounes
électriques. - La réponse serait connue des utilisateurs
qui ont déjà fait l'essai de ce tronçon de route et qui ont déjà
noté d'importantes dénivellations.
À Québec, le ministre délégué aux
Transports, Norman MacMillan, a présenté des excuses publiques
à Sylvie Roy qu'il a accidentellement traitée de «grosse
cr*sse».
La Fédération des journalistes du Québec
(FPJQ) n'a pas apprécié les attaques lancées par le directeur
de l'Unité anticollusion contre les médias, un certain Jacques
Duchesneau.
À New York, le Canada s'est servi lundi de son
droit de parole aux Nations unies pour critiquer les opposants
d'Israël et réaffirmer son soutien inébranlable à cet état,
grand constructeur de logements sociaux.
Louise Harel a demandé à l'administration
Tremblay de faire du ménage et de «revoir
courageusement ses structures» citant qu'à Toronto on
retrouvait 48 élus, 28 à Québec, 15 à Calgary... mais 103
dasns la région métropolitaine.
Les sociétés chargées de l'entretien de ponts
menant à la Rive-Sud de Montréal se sont servis du dernier
marathon pour tester la solidité du pont Jacques-Cartier,
mais leur porte-parole a souligné qu'il n'était pas question
pour le moment d'utiliser cette méthode sur le pont Champlain ;
ni le Pont-Mercier d'ailleurs.
En France, la garde à vue du numéro 2 de la
police judiciaire de Lyon, Michel Neyret qui est soupçonné de
corruption et de détournement de drogue.
En Europe, le premier ministre Jean Charest décidé
à déplacer les travaux routiers et autres chantiers des endroits
trop connus de la Province poursuit sa croisade pour mousser son
Plan Nord. - Il n'a pu être rejoint pour ses commentaires
relatifs à la possibilité d'une enquête publique sur la
construction.
À Paris, celui qui fut, un temps, l'intermédiaire
franco-libanais auprès du régime Kadhafi en Libye et auprès de
Bachar al Assad en Syrie, Ziad Takieddine, et qui a récemment été
mis en examen dans une affaire de corruption présumée lors de la
présidentielle de 1995, a dévolié les liens qu'il entretenait
à ce moment-là avec Claude Guéant, Nicolas Sarkozy et Dominique
de Villepin. - S'ajoutent à ses noms, ceux de Thierry Gaubert,
Nicolas Bazire et, à titre de témoin, Hélène de Yougoslavie. -
De son côté, Jean-Michel Baylet, leader des radicaux de gauche
et candidat aux primaires socialistes, a été renvoyé en
correctionnelle dans un dossier concernant des marchés publics.
Pendant ce temps, Alain Juppé, condamné en 2004 à 18, puis 14
mois de prison pour détournement de fonds publiques (sentence
suspendue), celui qui fut pendant trente ans l'ami fidèle de
Jacques Chirac présentement devant les tribunaux pour une affaire
de corruption, excellerait, selon certains, dans la restauration
de l’image ternie de la politique étrangère française sans
toutefois attirer les foules sur le petit écran.
Bonne nouvelle quand même : Jean-Pierre
Versini-Campinchi, l’avocat de Jean-Christophe Mitterrand, fils
de l’ancien président, vient de décliner la proposition de Légion
d’honneur auprès de son bâtonnier. "Il
estime n’avoir pas rendu à la collectivité des avocats et
encore moins à la nation un service qui pourrait justifier cette
décoration", a indiqué un de ses collègues.
Par ailleurs, le gouvernement canadien a ratifié
avec des partenaires internationaux une entente qui vise à empêcher
la multiplication de produits piratés et contrefaits. Cette
entente exige des signataires qu'ils adoptent dans leur pays des
lois plus sévères pour protéger la propriété intellectuelle,
comme des marques de commerce ou des oeuvres susceptibles d'être
diffusées illégalement sur Internet. - La loi correspondante
sera vraisemblablement votée au Parlement d'Ottawa vers l'an
2025, d'autres accords dans le même sens et signés il y a, dans
certains cas, plusieurs années, n'ayant pas encore été inscrits
à l'ordre du jour..
*
Dans le même numéro, Simon Popp écrivait :
Vive les journalisses !
Je vous ai déjà dit, je crois, que je n'avais
pas acheté, ni lu un journal depuis au moins vingt ans, si ce n'est
pas vingt-cinq. Quelques exceptions : lorsque j'arrive dans une
autre ville, je me procure le plus rapidement possible le quotidien
le plus populaire pour y lire les petites annonces. C'est là qu'on
apprend comment les gens vivent, ce qu'ils achètent, ce qu'ils
revendent, le coût des maisons, des loyers... Je jette également
souvent un coup d'oeil sur les premières pages des grands
quotidiens, particulièrement en France, non pas pour savoir ce qui
se passe mais pour les acronymes, les raccourcis, les manières de résumer
certains faits, pour réaliser la plupart du temps que, à moins d'être
un native, il n'y a rien à
comprendre.
Et pourquoi je ne lis pas les quotidiens (ni ne
regarde les journaux télévisés) ? Parce
qu'on y apprend rien. Parce qu'on nous annonce des nouvelles
qui ne sont jamais suivies. - Deux personnes assassinées à coups
de marteau sur la 11e avenue ? 9 fois sur 10, l'on n'en
entendra plus jamais parler. - On nous annonce la tenue d'une enquête
publique ? Elle n'aura pas lieu et si elle a lieu, elle ne débouchera
sur rien. - Un incendie dans un édifice public ? L'enquête se
poursuit.
En politique, c'est encore pire : non seulement
les politiciens se protègent entre eux mais ils sont à l'abri de
toutes critiques de la part de journalistes :
Quand avez-vous vu, la dernière fois, un candidat
reprendre la liste des promesses de celui qu'il veut remplacer et
rappeler à la population que son futur prédécesseur était un
fieffé menteur ? - Et qui ose traiter le maire de Montréal de
moron ou le premier ministre de la province d'hypocrite et
d'opportuniste ?
Si j'avais un scanner, je joindrais à cette
chronique des photos de certaines «unes»
des journaux du début du siècle dernier dans lesquelles on peut
lire «Le salaud est enfin mort !»
(Décès de Guillaume II), «Des voleurs !
Nous avons élu des voleurs !» (À propos des députés de
la IVe République), etc.
C'est vrai qu'à l'époque, on ne donnait pas de
conférences de presse où seuls les journalistes favorables étaient
admis.
Y'a bonne lurette que je n'ai pas serré la main
d'un politicien. Faudrait que j'ajoute à ma liste les journalistes.
Enfin : 99% des journalistes, ceux qui lisent les dépêches et
qui les répètent.
- S'il nous arrive d'avoir honte de ce que nous avons publié dans le
Castor™ ? -
Vous pensez bien ! - L'an dernier, par exemple, nous
avons mis à la une d'un de nos numéros le scandaleux nombre de vingt
mille morts de la COVID aux USA... Ils en sont maintenant au-delà de sept
cent milee...
M. Paien Thivierge - (De
passage à) Hulshout, Belgique
- Plusieurs fois. Rue Gazan, en face du Parc Montsouris.
M. Raymond Lyle - Toronto,
Ontario
Bona Arsenault.
M. Hildegarde Paquin - Beauport, Québec
- Au Petit
Bouillon Pharamond, 24 rue de la Grande Truanderie, Paris 1er. - À
gauche, en entrant.
«La majorité des gens qui vivent sur la terre en ce moment sont convaincus qu'il existe un être suprême immatériel, omniscient et omnipotent, un synonyme ou presque de ce qu'on
pourrait appeler le directeur général des lois de la nature, mais lorsqu'ils en parlent, cet être, qui serait responsable de milliards de galaxies,
aurait le temps d'être à l'écoute de chacune de nos prières
(et y repondrait occasionellement) et qu'il serait au courant,
parce qu'il nous surveille, de tous ce que nous faisons (et particulièrement ce que nous faisons quand nous sommes nus)...»
Note :
Le Castor™, entièerement subventionné par les Éditions
Vatfair-Fair de St-Romuald d'Etchemin, ne perçoit aucun paiement
de la part des établissements ci-dessous mentionnés, ni faveurs, ni
considérations spéciales.
Burgundy Lion
2496 ouest, rue Notre-Dame
Montréal, Québec
(http://Burgundy Lion.com/)
Tour Marshalluk - Quartier
Universitaire - Napierville
Téléphone : 88-06 - Sonner deux
coups.
F. Charles Rein
Aurist & Acoustic
Instrument Maker
223 Baker Street
London, NW1 6XE
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Notes et
autres avis :
Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.
De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.
Nous rappelons à notre aimable clientèle que :
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destinée au marché américain, paraît le 1er jeudi de chaque mois.
3 - De mini-éditions peuvent paraître le
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