Son visa d'entrée [Canada] lui ayant été refusé
deux ans auparavant - sous le bas prétexte que des plombiers, on n'en avait
déjà trop, particulièrement au Québec -, Albert eut l'idée de se transformer
en écailleur-marronnier, c'est-à-dire en un de ces serveurs dans les
restaurants qui savent à la fois ouvrir des huîtres et réchauffer des
marrons. - Ce double-métier, jusqu'alors inconnu en Amérique du Nord, lui
valut d'être accueilli les bras ouverts.
Écailleur lors de l'Exposition Internationale qui
se tint à Montréal en 1967, Albert de Lazure, se fit maronnier dès 1968, à
la porte de divers restaurants, notamment le Palais du Smoked Meat,
rue de la Montagne (en face de Chez Tavan) avant de se voir forcé
d'abandonner son commerce de marrons chauds à cause de la concurrence,
divers sauciers-marronniers, brasseurs-écailleurs, plongeurs-nettoyeurs
(etc.) ayant été entre temps admis au pays par un système de révision
aujourd'hui modifié que pour n'accepter que des immigrants à triple métiers
(balayeur, chauffeur-de-taxi et musicien, par exemple).
Ses activités l'ayant mis en contact avec
l'intelligentsia montréalaise, Albert de Lazure publia son premier livre en
1970 sous le titre de A. Bry d'Abattut, vicomte, une sorte de
parodie en vers à propos d'un descendant d'un maître de postes anobli par
Louis XIII en récompense de l'aide qu'il apporta à Luynes et à Vitry lors de
l'assassinat de Concini (dont l'épouse - les plus vieux s'en souviendront -
accusée de sorcellerie, fut décapitée et brûlée).
On connaît la carrière fulgurante qu'il a, depuis,
connue.