Vol. XXXIII,  n° 1 - v. 3.7 Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois Le lundi 5 septembre 2022
 
Édition finale
(Jusqu'à l'on cesse de nous rapporter des fautes de frappe)

 
Offre d'emploi

Le Gouvernement de la Province de Québec est à la recherche de :
 députés et ministres (dont un premier) pour sa prochaine assemblée.

Salaires entre 110,060$ et 196,193$ par année (plus généreuses allocations) [*]

Expérience requise : aucune - Responsabilité : aucune

Date d'emploi : 2 octobre 2022

Durée : 4 ans (avec possibilité de renouvellement)

S'adresser au Directeur des Élections pour les formulaires à remplir.

[*] Voir à : http://www.assnat.qc.ca/fr/abc-assemblee/fonction-depute/indemnites-allocations.html#IndemBase 


Votre première visite sur le site de l'Université de Napierville ?

Lisez cette page : Un monde à découvrir

Ce numéro :

En ordre alphabétique :

Andreassou, Roberto - Ashkenazy (Wladimir) - Benda - Carlier, Stéphane (et Proust) - Carlin, George - Chopin - Cicéron - Corneille - Curie (Mme) - Darwin - Einstein - Galilée - Gide, André - Goodell, Osgood C. - Green, Julien - Halévy - Homère - Jerome (Jerome K.) - Lessieur (Mme) - Maurras - Montesquiou (Robert de) - Newton - Paganini - Pasteur - Potter, Harry - Rabelais - Ruteboeuf - Saul, John Ralton - Voltaire - Wilde, Oscar - Windsor-Smythe, John T. - Yourcenar, Marguerite et divers  membres des A.A.

À noter :

Un INDEX de tous nos numéros, de Janvier 2018 à aujourd'hui est maintenant disponible. - Cliquez sur ce LIEN.

Bonne lecture !

Éditorial  

Suffrage universel 

Au moment d'aller sous presse, on nous informe que le nombre d'électeurs dans la province de Québec serait dans les 6,200,000 dont environ 3% seraient membres d'un des partis suivants :

La Coalition Avenir Québec (CAQ)
Le Parti Libéral du Québec (PLQ)
Le Parti Québécois (PQ)
Québec Solidaire (QS)
Le Parti Vert du Québec (PVQ)
La Parti Conservateur du Québec (PCQ)
Climat Québec (CQ)

Ce 3% (il est difficile d'obtenir le nombre de membres de chaque parti pour diverses raisons dont celle qui veut qu'il n'y a pas de proportion réelle entre le nombre de votes obtenus lors d'élections et le nombre de membres inscrits par parti) soit quelque 186,000 électeurs. Il s'agit là de ceux qui choisissent les chefs des partis parmi lesquels 97% des électeurs seront, à leur tour, appelés à choisir.

Conséquence : le Premier Ministre de la Province de Québec n'est pas élu au suffrage universel, ce qui permettrait, par exemple, d'avoir un Premier Ministre libéral en tant que dirigeant d'une coalition formé de trois, quatre, cinq ou six partis différents ; de sept, même, s'il ne serait membre d'aucun des partis pour lesquels la population aurait voté.

À noter que le nombre réel d'électeurs dépasse rarement 66% du nombre de ceux qui sont élégibles, ce qui n'implique aucune connaissance ou habilité quelconque.

Pour de plus amples informations, consulter votre coiffeur, votre barman, votre beau-frère ou le chauffeur de taxi de votre choix.

La direction

 
Chroniques  

Les chroniques précédentes de nos correspondants pourront être
à nouveau consultées quand elles auront été révisées et reclassées.

    Simon Popp  

Penser... penser... (2)

La phrase qui suit - et qui faisait partie de ma chronique de juillet dernier - m'a valu bien des ennuis :

«Et n'allez surtout pas me dire que tout le monde pense ; j'ai rencontré, depuis que je me suis aperçu que j'existais, des centaines de personnes qui n'ont jamais pensé une seule fois dans leur vie et je continue d'en rencontrer presque quotidiennement.»

Vous avez été une dizaine à me la remettre sur le nez, sans compter ceux qui me l'ont reprochée face à face :

«Vous ne savez pas ce que vous dites... Tout le monde pense... Nous n'avons pas le choix... On ne peut pas conduire une auto, marcher, vivre une vie même ordinaire sans penser... Vous n'avez qu'à écouter ce que l'on dit autour de vous...» (etc.)

J'aurais dû au lieu du verbe penser utiliser celui de réfléchir. - Non : réfléchir implique réflexion, l'action de revenir sur les pensées qu'on vient d'avoir et non de les remettre en question. - Cogiter ? Méditer ? Ce sont des variantes de réfléchir ; on cogite quand on réfléchi laborieusement et l'on médite quand on réfléchi [trop] longuement. - Analyser, étudier, approfondir ? Ce sont des verbes qui ne veulent rien dire en eux-mêmes.

L'expression remettre en question dans ce qui précède me semble le plus près dans ce que je voulais et que je veux toujours dire, et qui consiste à : douter de l'exactitude de ses connaissances, à se méfier des explications que l'on nous donne pour avancer l'origine ou la nature de l'univers ou à hésiter avant de croire tout ce qu'on nous affirme être la vérité, c'est-à-dire :

L'adéquation entre la réalité et l'esprit.

ou

L'idée que chacun se fait de la réalité.

Laissez-moi élaborer un peu plus là-dessus :

Je considère n'ayant jamais pensé ceux qui ne sont jamais penché sur l'origine des religions et surtout de leur propre religion.

Je considère non-pensants ceux qui ne jurent que par un seul système, que ce système soit la science, la logique, l'intuition ou, pire encore, leur expérience.

Non pensants sont également ceux qui basent leurs opinions sur celles des autres.

Et, finalement, non pensants sont ceux qui prennent les manuels d'histoire, y compris les passages historiques de la Bible, comme faisant partie de la vérité.

En d'autres mots, si vous me dites que vous êtes catholiques, péquistes, féministes, anti-féministes, anti-militaristes, pro ou contre Trump, écologistes, que vous êtes convaincus que les vaccins sont nécessaires (ou non), ou que vous savez tout sur la circulation, la conduite automobile, l'eau en bouteille, l'assurance, le recyclage, l'alimentation, la littérature médiévale, le jardinage et le meilleur rapport qualité-prix sur les tondeuses à gazon, attendez-vous à ce que je vous demande qu'est-ce qui vous a amené à être une autorité dans n'importe lequel de ces domaines ou, plus poliment, quelles sont vos sources de renseignements.

Autre chose : les gens qui ne pensent pas sont habituellement malheureux sauf qu'ils ne s'en aperçoivent pas. Ce qui, en soit, n'est pas une mauvaise chose.

Et ça rend la compétition moins difficile.

Simon

1...]

  Herméningilde Pérec


Adieu, éternelle jeunesse...


C'est Madame Pérec qui me l'a fait remarquer l'autre jour : «On ne nous invite plus.» - C'est exact : on ne nous invite plus aux soirées improvisées autour d'un BBQ ou d'une "épluchette de blé d'Inde" comme il s'en crée régulièrement dans notre quartier. Nous sommes devenus "les vieux" du coin. Ceux qui prennent leurs marches tôt le matin, et surtout ne pas font du jogging peu avant le coucher du soleil. Notre pelouse est bien entretenue, mais il lui manque les ajouts qu'on pourrait y faire chaque année. La couleur de nos portes et fenêtre n'a pas varié depuis des années. Notre voiture ne fait pas partie de ces nouvelles autos plus performantes, plus économiques ou plus écologiques. Nos vêtements ne sont plus à la mode. Nous ne nous énervons pas à l'annonce d'une élection ou de l'installation d'un nouveau feu de circulation près de chez soi. Et surtout : nous ne sommes plus conscients des odeurs qui ont envahi notre demeure.

Plus rien ne nous trouble ou ne nous dérange, même pas un feu d'artifice impromptu comme on en fait la veille ou le lendemain d'une date importante.

 C'est ce qu'on appelle vieillir. Savoir que rien ne change, que certains couples continuent à vivre ensemble parce qu'il ne peuvent pas concevoir autre chose.

C'est Simon, je crois, qui a inventé l'expression "vivre maison à part". "Ben quoi, a-t-il ajouté, qui ne connaît pas les gens mariés qui vivent 'chambre à part' ?"

Ce que les jeunes, quand même, peuvent être impatients quand on leur dit qu'il perdent leur temps. - Probablement à nous écouter.

H. Pérec

P.-S. : Les élections ? - J'en suis à ma... vingtième ? - J'ai cru qu'avec le temps les discours changeraient. Hélas non.

   Copernique Marshall

And for my next act, I shall set myself on fire 

Mon père, né en 1933, me disait quand j'étais au collège que j'allais faire  parti de ceux qui pourraient comprendre et même visionner intellectuellement les principes de la durée et de la simultanéité du temps, que je serais capable de discerner que le temps physique n'est qu'un aspect de la réalité et autres choses que je ne connaissais pas encore, mais que lui, malgré tous les efforts qu'il allait faire ne réussirait pas à dépasser le rapport énergie-masse que représente l'universellement répandue équation d'Einstein, E=mc2.

Il avait raison.

Parlant l'autre jour à mon fils, le plus vieux, Albert, aujourd'hui professeur d'histoire dans un lycée de Lyon, je me suis surpris de m'entendre dire qu'il ferait, lui, partie de ceux qui allaient comprendre, si ce n'était déjà fait, la mécanique quantique et probablement le fonctionnement des ordinateurs construits autour des propriétés de cette mécanique.

Rien de surprenant : chaque génération développe ses théories - qu'elles soient en science, en art ou tout simplement dans la façon de mener sa vie - à partir de celles de ces prédécesseurs quoique, depuis quelque chose comme une centaine d'années, nos connaissances de ce qu'est l'univers en général - et je comprends dans ces connaissances celles du fonctionnement même de notre cerveau et de sa capacité de concevoir - semblent évoluer à une rapidité déconcertante.

Hier encore, il était impossible à nos ancêtres de s'imaginer que la terre était autre chose que plate, le monde planétaire vu à la manière de Galilée, le concept de la mécanique de Newton, alors vous vous pouvez vous imaginer la pierre que lança dans ce chaos la théorie de la création de Darwin. Et j'oublie presque à dessein Pasteur, Freud, Madame Curie et Dieu sait combien d'autres.

Le problème avec c'est qu'avec cette lente au début et de plus rapide aujourd'hui "évolution", si les connaissances que nous accumulons semblent élargir l'incompréhension entre les membres d'une génération plus ancienne par rapport à une autre plus moderne - mettons : d'un groupe de générations à un autre -, cette incompréhension est plus factice que réel. - Je ne vois pas, par exemple, de différences notables entre mon père et mon fils du moins en leur façon d'approcher la vie. Et pourtant soixante ans les séparent. 

J'ose espérer que mes petits enfants ne me jugeront pas comme faisant partie de l'histoire ancienne même si je connaîtrai pas les prochaines découvertes. Notamment dans le domaine de la nécopalacontidropopitécologie.

Question :

Est-ce que ma non-connaissance d'Harry Potter fait que je ne suis plus de mon temps ?

*

Jusques à quand ?

Jusques à quand, en effet, ceux qui parlent la française langue admettront-ils qu'elle est est déclin non seulement au Québec, mais dans le monde entier et qu'elle disparaîtra tôt ou tard comme toutes les langues, y compris l'anglais, l'espagnol, l'arabe, les vingt-deux langues (officielles) qu'on parle aujourd'hui en Inde et la quarantaine en Chine (dont le mandarin, le hu et le cantonais) ?

Admettra-t-on éventuellement que toutes les langues ont un début et une fin ?

Qu'on n'écrit plus comme Rabelais, ni Corneille, ni de pièces en alexandrins, ni de contes philosophiques, ni d'essais à la Maurras, Benda (Julien) ou Halévy (Daniel), quoique entre les romans du XXIe et du XXe, on en est encore à quelques exceptions-près...

Espérons qu'une seule chose : qu'en l'an trois mil, certains se pencheront sur notre littérature contemporaine devenue, avec l'âge, ancienne avec l'amour que certains se penchent encore sur les livres écrits dans des langues mortes depuis longtemps comme le latin de Cicéron ou le grec d'Homère

 En attendant, continuons à insister pour que nos jeunes apprennent à écrire une langue que leurs parents n'utilisent plus : le vrai français, sauf qu'on n'arrive plus à déterminer ce que ça pourrait bien être.

Chose certaine : on ne peut pas légiférer une langue et je reste convaincu qu'en voulant la confiner à certaines règles, l'Académie Française lui rend un très mauvais service.

Copernique

  Jeff Bollinger

Le futur antérieur

Elyanne qui déteste se faire appeler "Madame Bollinger" était, il n'y a pas très longtemps, en train de  mettre de l'ordre dans nos finances, chose  que je n'ai jamais réussi à faire, lorsqu'elle m'a dit : "Jeff, va falloir penser à notre avenir." - "Quel avenir ?, lui ai-je répondu. J'ai de la difficulté à prévoir ce qui va m'arriver demain."

Je vous épargne le reste de notre entretien. Non pas que ce fut inintéressant, mais, à moins que vous n'ayez jamais passé par là, vous savez très bien que les discussions que les couples de notre âge ont à ce sujet, se terminent plus par des questions que des réponses. D'un côté, nous avons pesé nos possibilités et, de l'autre, la réalité et n'avons pas pu concilier les deux.

La réalité, elle est très simple : prévoir ce qui peut nous arriver n'a eu aucun rapport avec ce qui nous est arrivé quand, plus jeunes, nous avons prévu ce qui allait nous arriver : quatre enfants alors que nous avions prévu en avoir deux, une hypothèque qui a grossi proportionnellement avec la valeur de notre maison, quatre autos au lieu de celle que nous allions garder toute notre vie et une sécheuse qui a encore fait des siennes la semaine dernière. En d'autres mots : notre futur présent semble avoir toutes les caractéristiques de nos futurs antérieurs. Comment aurions-nous pu deviner - nous imaginer même - qu'Alysée allait devenir une comédienne qu'on peut voir à la télé chaque semaine depuis quelque temps ou qu'on allait offrir à Thomas, qui va avoir vingt ans dans quelques jours, une bourse d'études équivalente à ce que j'ai gagné l'an dernier pour étudier la physique multidimensionnelle à la MIT ?

Ne se passe pas une semaine sans qu'un journaliste ne cogne pas à notre porte pour nous poser des questions à propos de ces deux jeunes exceptionnels...

Réponse ? - Nous en avons deux autres !

Dire que, hier encore, nous nous demandions s'il était plus économique de passer de l'huile à l'électricité pour nous chauffer cet hiver.

Jeff  

P.-S. : Une corde frbois, deux cordes de bois, trois cordes de bois... Vous voulez dire demi-cordes de bois : une corde, c'est 4 pieds, par 4 pieds par 8. Depuis quand un corde mesure-t-elle 2 pieds, par quatre par huit ? - Et comment allons nous faire pour vérifier le volume de ce qu'un camion porra peut-être décharger dans notre entrée de garage ? - Et puis combien de temps encore pensez-vous que, banlieusards, on va nous permettre de brûler du bois dans notre archaïque foyer ? C'est déjà interdit sur toute l'île de Montréal. Trop polluant qu'on dit. - Moins polluant que les sacs de plastique ? Ou que le polystyrène extrudé (styrofoam) ? - Tout cela est compensé par le recyclage. - Entre 90 et $105 la demi-corde.

   Fawzi Malhasti


Morceau choisi

La cigale et la fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue.
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'août, foi d'animal,
Intérêt et principal.
"
La Fourmi n'est pas prêteuse ;
C'est là son moindre défaut.
"Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien !dansez maintenant.
"

Jean de La Fontaine

*

Mais ne vous sauvez pas !

Écoutez une version plus moderne. Elle est cent fois plus drôle :

Alexandre Poulin
La cigale et la fourmi
(2008)

Voir à : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Poulin

Fawzi

P.-S. : Oh, il m'en voudra de le citer, mais paul (notre paul) me disait il n'y a pas longtemps : "Madame Malhasti, je ne suis pas contrairement à ce que bien des gens pensent, multimillionnaire, mais dans le milieu où je vis, où il n'y a pas de Rolls Royce ni de Tesla, où on ne déjeune pas au Ritz tous les jours, là où l'on parade ses vêtements et ses bijoux et où one ne passe ses hivers à bord d'un yatch dans les Bahamas, mais je crois, dans un plus parfait optimisme désordonné, avoir suffisamment d'argent pour chanter et danser encore quelque temps."

   Paul Dubé


Chopin, Paganini, Ashkenazi

Comme disait mon père : "A deadly combination".

Et pourtant :

Souvenir de Paganini (Op. posth.)
Wladimir Ashkenazy

 *

Proust

J'avoue que je m'y attendais pas à celle-là : un roman sur la découverte de Proust :

Pour sa rentrée Gallimard annonce un nouveau (? - pas eu le temps de vérifier) roman de Stéphane Carlier.

Clara est coiffeuse dans une petite ville de Saône-et-Loire. Le temps passe au rythme des histoires du salon et des tubes diffusés par Nostalgie, jusqu’au jour où Clara rencontre l’homme qui va changer sa vie : Marcel Proust.

Ironique et attachant, Clara lit Proust de Stéphane Carlier est un récit d’émancipation tendre qui rend hommage à l’infini pouvoir des livres.

«Mme Habib sur le trottoir, en chemisier malgré le froid, tend le bras pour éloigner sa cigarette, l'autre est replié sous sa poitrine. À la fois raide et frissonnante, elle examine la vitrine de son salon comme si elle cherchait à en percer le mystère. Les lettres blanches de l'enseigne, l'immense poster sur lequel une femme coiffée comme Louise Brooks a l'air de regarder ses pieds, la liste des tarifs sur la porte en verre. Et, à l'autre extrémité, tout en bas, inutile et solitaire dans son vase transparent, une tige de bambou qui n'a jamais poussé de plus d'un centimètre.

«- C'est le nom qui ne va pas.
Cindy. La fille de l'ancien propriétaire s'appelait comme ça. C'était à la mode en 1982 mais aujourd'hui ça ne dit plus rien à personne. Mme Habib se méprend complètement sur le standing de son salon. Elle en a tellement rêvé qu'elle a fini par se convaincre qu'elle dirigeait l'équivalent d'un Dessange...»

Si vous désirez lire le reste, c'est 18,5 Euros

*

Prochain rendez-vous :

Qu'est-ce ?

Une idée parfaitement égoïste de ma part :

Je pensais l'autre jour que je sais très bien comment je lis, pourquoi je lis, quand je lis et ce que je lis. Inutile de ma part d'en faire l'objet d'une de mes causeries : je n'apprendrai rien de nouveau et suis convaincu que ça ennuierait tous ceux venus m'entendre.

Vous savez, par exemple, que je préfère lire comment un auteur raconte une histoire plutôt que lire ce qu'il a voulu me raconter ?

Ayant appris récemment qu'un ami, quand il lisait, voyait dans sa tête les décors, les personnages, les faits et gestes décrits par un raconteur d'histoires, tout comme s'il s'agissait d'un film, je me suis dit : "Et si je demandais à tous ceux qui lisent, comment ils lisent, peut-être que j'apprendrais une nouvelle façon de lire ?"

Eh ben voilà.

Je serai heureux de vous compter parmi nous.

*

Et puis ceci : 

 

L'extrait du mois


L'important d'être Constant
(The Importance of Being Earnest)
Oscar Wilde - Premier acte

Lady Bracknell (qui vient d'apprendre que Jack : 
Worthing voudrait marier sa fille,
Gwendoline) :
Vous pouvez vous asseoir M. Worthing.

Jack :
Merci, Lady Bracknell :, je préfère rester debout.

Lady Bracknell : 
Je suis obligée de vous dire que vous ne figurez pas sur ma liste des jeunes hommes ayant les qualités pour épouser ma fille, bien que j'ai la même que cette chère duchesse de Bolton. Nous travaillons ensemble, en fait. Cependant je suis toute prête à vous y inscrire si vos réponses sont celles qu'une mère affectionnée peut souhaiter. Fumez-vous ? 

Jack :
Eh bien, oui, je dois admettre que je fume.

Lady Bracknell :
Je suis heureuse de l'apprendre. Un homme doit toujours avoir une occupation, quelle qu'est soit ;  il y a déjà beaucoup trop qui ne font rien de leurs dix doigts à Londres. Quel âge avez-vous ?

Jack :
Vingt-neuf ans. 

Lady Bracknell :
Un très bon âge pour se marier. - J'ai également toujours été d'avis qu'un homme
qui désire se marier devrait tout savoir, ou rien. Que savez-vous ? 

Jack : (après une hésitation) 
Rien, Lady Bracknell. 

Lady Bracknell :
Je suis contente de vous l'entendre dire. J'ai horreur de tout ce qui altère l'ignorance naturelle. L'ignorance est comme un fruit exotique et délicat, vous le touchez et le parfum disparaît. Toute la théorie moderne de l'éducation est radicalement opposée à cette thèse. Fort heureusement, en Angleterre, l'éducation ne produit aucun effet d'aucune sorte. Sinon il s'ensuivrait de graves dangers pour les classes supérieures. Quel est votre revenu ?

Jack :
Entre sept et huit mille livres par an.

Lady Bracknell (prend note) :
En terres ou en placements ?

Jack :
En placements, principalement.

Lady Bracknell :
Voilà qui est satisfaisant. De nos jours, la terre n'est plus ni un profit, ni un plaisir. Elle
donne une position sociale, c'est tout ce qu'on peut en dire.

Jack :
J'ai une maison de campagne avec un peu de terre, naturellement, à peu près quinze cent acres, je crois. Mais ce n'est pas de là que vient mon revenu réel. En fait si j'ai bien compris, il n'y a que les braconniers qui en tirent quelque chose.

Lady Bracknell :
Une maison de campagne...  De combien de pièces ? Enfin, nous verrons cela plus tard. Vous avez une maison en ville, j'espère ? Une fille toute simple comme  Gwendoline pourrait difficilement vivre à la campagne.

Jack :
Je possède une maison donant sur le Belgrave Square, mais elle est louée à l'année à lady Bloxham. Naturellement je peux la récupérer quand je veux après un préavis de six mois.

Lady Bracknell :
Lady Bloxham ? Je ne la connais pas.

Jack :
Oh, elle sort très peu. C'est une dame considérablement avancée en âge.

Lady Bracknell :
Oh, de nos jours ce n'est pas une garantie de respectabilité. À quel numéro du Belgrave Square ?

Jack :
Au cent quarante neuf.

Lady Bracknell (secouant la tête) :
Le côté qui n'est pas à la mode. J'aurais dû deviner. Mais on peut facilement changer tout ça.

Jack :
Voulez-vous dire la mode, ou le côté ?

Lady Bracknell (sérieusement) :
Les deux, s'il le faut ! - Et en politique, quelles sont vos positions ? 

Jack :
J'ai bien peur de n'en avoir aucune. Je serais ce qu'on pourrait appeler un Unioniste Libéral.

Lady Bracknell :
Oh, ce sont des Conservateurs sous un autre nom. Ils dînent avec nous ou, du moins, ils sont invités aux réceptions. Passons aux choses moins importantes. Vos parents sont-ils vivants ? 

Jack :
J'ai bien peur d'avoir perdu, et mon père et ma mère. 

Lady Bracknell :
Perdre son père ou sa mère, Monsieur Worthing, peut être considéré comme un malheur. Mais perdre les deux relève plutôt de la négligence. Qui était votre père ? C'était visiblement un homme à l'aise. Était-il issu du commerce ou de l'aristocratie ?

Jack :
Je ne sais pas vraiment, je le crains. Le fait est, Lady Bracknell, que lorsque j'ai dit avoir perdu mes parents, il aurait été plus juste que de dire que ce sont eux qui m'ont perdu. Je ne sais vraiment pas de qui je suis né. J'ai été, euh... Je suis un enfant qu'on pourrait dire trouvé

Lady Bracknell :
Trouvé ? 

Jack :
Feu M. Thomas Cardew, un vieux gentilhomme très charitable, m'a trouvé et donné le nom de Worthing parce qu'il avait dans sa poche un billet de première classe pour Worthing. C'est une station balnéaire dans le Sussex.

Lady Bracknell :
Et où le charitable gentilhomme qui avait un billet de première classe pour le Sussex vous a-t-il trouvé ?

Jack (avec gravité) : 
Dans une valise, une valise avec deux poignées.

Lady Bracknell : 
Un valise !

Jack (très sérieusement) :
Oui, Lady Bracknell. J'étais dans un sorte de sac, un grand sac de cuir noir, avec des poignées. Une petite valise très ordinaire en fait.

Lady Bracknell :
Et en quel lieu M. James, ou Thomas, Cardew rencontra-t-il cette petite valise très ordinaire ? 

Jack :
A la consigne de la gare de Victoria. On le lui a donné par erreur à la place de la sienne. 

Lady Bracknell :
La consigne de la gare de Victoria ? 

Jack :
Oui. - Ligne de Brighton.

Lady Bracknell :
La ligne n'est pas la question. M. Worthing. Je dois vous dire que je me sens plutôt perplexe. Être né, ou engendré, dans un sac en cuir qu'il ait des poignées ou non, me semble relever d'un total mépris des traditions familiales. Cela rappelle les pires excès de la Révolution Française et je pense que vous savez à quoi ce malheureux événement nous a conduits. Quant au lieu précis où ce sac fut trouvé, la consigne d'une gare a pu servir à dissimuler quelque secret de famille, mais cela peut difficilement être regardé comme une base crédible pour obtenir une position dans la bonne société.

Jack :
Puis-je vous demander ce que vous me conseillez de faire ? J'ai à peine besoin de dire que je ferais n'importe quoi pour assurer le bonheur de Gwendoline.

Lady Bracknell :
M. Worthing, je vous conseille vivement d'essayer de trouver des parents aussi tôt que possible, de faire un effort pour montrer au moins un parent, quelque soit son sexe, avant la fin de la saison.

Jack :
Eh bien, je ne vois pas comment je pourrais, mais je peux montrer le sac en question quand on voudra, il est chez moi dans ma garde-robe. Il me semble vraiment que ça pourrait vous satisfaire... 

Lady Bracknell :
Me satisfaire, moi ? - Vous ne vous imaginez tout de même pas que moi et
Lord Bracknell permettrions à notre fille unique, une jeune personne élevée avec le plus grand soin, de se marier dans une consigne et de former une alliance avec une valise ! 

Lectures


Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres, revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui les signent désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction du Castor™ ni celle de l'Université de Napierville.


Les bâtards de Voltaire
John Ralton Saul - Essais Plon -1993

Traduction par Sabine Boulongne de 
"Voltaire's Bastards - The dictatorship of Reason in the West"
Paru chez New York, The Free Press, 1992

J'aurai dû intituler le titre de cette chronique «Non, mais vous en aurez bientôt fini de nous emmerder avec des briques de ce genre ?» Avec, comme sous-titre : «Six cent cinquante pages pour exprimer ce qui pourrait être résumé en quelques phrases...».

J'aurais dû, car je sais que la plupart de nos lecteurs, en voyant le titre ci-dessus, vont immédiatement sauter à la rubrique suivante. - «Ça fait rien, j'écrirai quand même», comme faisait dire à Hadrien dans ses "Mémoires", Marguerite Yourcenar (à moins que ce soit quelqu'un d'autre [*]).

[*] André Gide dans Thésée. (Note de l'éditeur)

 Quelques phrases ? Dailleurs, c'est exactement ce qu'a fait Plon en la quatrième page de couverture de son édition :

«En se livrant à une « anatomie » provocante de la société moderne et de 
ses origines, John Ralston Saul entend débusquer les raisons de la crise 
et du marasme qui marquent aujourd'hui cette société. A travers tout le 
monde occidental, nous ne cessons de prôner la liberté individuelle, et 
pourtant on n'y a jamais connu une telle incitation au conformisme. Les 
responsables du monde des affaires se considèrent comme des 
capitalistes, et pourtant ils ne sont généralement que les cadres 
supérieurs de grandes entreprises ou des spéculateurs astucieux. Nous 
sommes obsédés par le rôle que la compétition doit jouer dans une 
économie libérale, et pourtant le secteur dominant du commerce 
international demeure celui des armements, largement subventionné par 
les États. Nous affirmons que nos régimes sont démocratiques, et 
pourtant nous ne participons guère à la vie politique. Nous dénonçons 
l'interventionnisme de nos gouvernements, et pourtant leurs systèmes 
juridiques, éducatifs, financiers, sociaux, culturels et législatifs 
s'effondrent un peu partout.

«John Saul démontre que ces problèmes sont en fait la conséquence de 
notre croyance aveugle en la valeur et au pouvoir de la « raison ». Depuis 
quatre siècles, nos « élites rationnelles » ont institué des réformes dans 
tous les secteurs de la vie sociale, et pourtant celles-ci ont été 
responsables de la plupart des difficultés et des violences qu'a connues 
cette période. Ce paradoxe tient à une vérité élémentaire que nos élites 
s'efforcent de nier : bien loin d'être une force morale initiatrice de liberté,
la « raison » n'est guère plus qu'une méthode d'administration. 
L'attitude de nos élites a en effet consisté à transformer le monde 
occidental en une gigantesque machine incompréhensible livrée à des 
« experts » - « les bâtards de Voltaire » - asservis à un système dont le 
culte du management scientifique est dépourvu de toute moralité. 
Nous ne pourrons trouver une issue à la crise que si nous parvenons à 
nous débarrasser de la séduction des « solutions » technocratiques et à 
nous réapproprier le droit de nous interroger et de participer pleinement 
à la vie politique, en permettant au bon sens de l'emporter sur les 
mythes de la « raison » technocrate.
»

Et si vous n'avez ps encore tout à fait compris, vous pourrez toujours lire le premier chapitre de cet essai où, en trois pages, l'auteur résume sa position et la manière qu'il va se prendre au cours des 647 pages qui suivent comment il va vous l'exposer.

Il y a dix ans dans le Castor


Serendipity

A couple-three months ago [*], I wrote about Osgood C. Goodell, an obscure scribbler who left his diary to my great grand father, the «Grand Marshall». Continuing the task I was given to classify his boring verses, I happened to stumble upon one of his siblings whose claim to fame could have been his remarkably remarkable lack of good looks compensated by an equally remarkably remarkable fortune that ran into megabucks (megapounds in his case) : John T. Windsor-Smythe who, literally, looked like someone who had just stepped out of a coffin. (The «T» in his name, by the way, stood for «Terrazzo». Who said that the Windsor-Smythes had no sense of humor ?).

He was bald, short, stout, stuttered and wore glasses the thickness of which could have been favorably compared to bottoms of wine bottles. - And he had very bad teeth. - Yet, despite his also remarkably remarkable disregard for the world around him (and his bad manners), he managed to be one of the stars of the best «salon de l'époque», that of Madame Lessieur who was intelligent and extremely good looking (but foremost good looking) and held what, today, would be called «not-to-be-missed 5 à 7»'s every other day in her «hôtel particulier», rue Hoche, near Le Parc Monceau. (I did mention he was an expatriate who lived in Paris, did I not ?)

In Madame Lessieur's salon - something which is surprising considering his shortcomings (he had many others) - , he managed to charm, under the disguise of a noble nobody, just about everybody withing earshot with his bons mots and his flamboyant knowledge of French Literature. - Hey, the man may have had an all gloom and saccharine personality but he was somebody that sort of no-one could forget. Unfortunately, he was also a bad poet. (I guess you had to be there.)

Technically (what an awful word to use !), as a poet, he was OK,. I mean his verses rhymed and all but the stuff he wrote about, instead of laying anybody who was anybody in the aisles, seemed to have interested only young women between graduation and children, and even at that, unremarkable (sorry !) young women between what I just said. - Funny thing I guess : he was the last of seven poets produced by a generation of Windsor-Smythes each more uninteresting than the other. What did make him remarkably remarkable (last time, I promise) was his superb sense of humor, second only, I understand, to Oscar Wilde's or Jerome K. Jerome's whom I mentioned in my last column and of whom he was a contemporary. I understand he was the creator of the original mother-in-law joke one of which was noted by - of all people - Robert de Montesquiou who, sitting down at one of those diners heard someone said :

«... full bodied, imposing with a nutty base, sharp-bite, fighting and bitter after taste..."

To which John. T. Windsor-Smythe replied : «Are you talking about the wine or your mother-in-law ?»

Maybe he should have stuck to jokes as his career as a poet went toiletwards during his entire lifetime. In short, it wasn't for noodlers like me, writing in a prestigious weekly-forthnighly like this, he would have sunk without a trace into a poetic nowhere, poetically.

Copernique

[*] March 12, 2012 (Editor's note)

P.-S. (In reply to Mrs D. of Beaconsfield (Québec) :

Yes, Madame, I have to confess a fatal weakness for Paris. - Apart from the fact that it is the most beautiful city in the world and that it has the best bookshops on the planet, it also happens to be the café capital of the known universe. - Some people, I agree with you, might prefer the cafés of Vienna, but, you have to admit, that Vienna is a bit too... German (?).

Le courrier


Mme M

  En ce qui a trait à « 2SLGBTQ+ », un acronyme pour diverses orientations sexuelles et identités de genre, comme bispirituel, lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer ou en questionnement et d'autres orientations sexuelles et identités de genre, le Gouvernement Fédéral du Canada semble avoir oublié les encore méconnus PD tel que Adolphi Hitler, le neveu du célèbre dictateur, qui était pédophile. Faut dire qu'on n'en a pas beaucoup entendu parler parce que même chez ses proches, on le considérait comme étant «la honte de la famille».

M. L

  - Doit paraître sous peu au P.U.N. (Presse de l'Université de Napierville) Une étude sur le rapport des ventes de plus en plus croissantes d'éponges dans des établissements  à 1$ (US/Can) - ou à 1 - genre Doll_O-Rama ou Ici-Pas-Cher, comparativement à l'accroissement du niveau de la mer, particulièrement dans les régions où l'altitude des terres est inférieure à 1 mètre ou 3,28 pieds.

Cette étude fait partie d'une série sur le réchauffement de la planète et ses causes ou non-causes dont la première visant à démontrer que la partie est des États-Unis, particulièrement en Nouvelle-Angleterre tend à s'enfoncer dans l'Océan Atlantique par l'accumulation dans cette région du globe et ce, depuis des années, des numéros du Scientific American et du National Geographic.

En retirant les éponges des océans, ne sommes-nous pas tous en train de préparer son débordement ?

Le tout sous la direction du Professeur Roberto Andreasson de l'Institut.

Dédicace


Cette édition du Castor est dédiée à :

 

Julien Green
(1900-1998)

Page Wikipédia

Supplément


Ô triste est mon âme

«Que sont mes amis devenus ?»
- Ruteboeuf  

Il m'a fallu plusieurs semaines pour m'en rendre compte, mais en me levant ce matin, une bouffée de tristesse, courte, mais infiniment profonde, m'a rappelé que je venais de perdre une autre amie. Oh, j'aurais pu l'appeler dans l'instant qui suivi et elle m'aurait répondu que tout allait bien et que je n'avais à m'inquiéter, mais c'eut été de ma part, un acte de pure optimisme et même de couardise car ce n'était pas sa santé ou sa mort qui avait traversé mon esprit, mais sa disparition. 

La mort d'un être cher n'est pas aussi cruelle qu'on le dit. On déjeune avec quelqu'un le midi, on se dit au revoir et le lendemain on apprend qu'il (ou qu'elle) est décédé(e) au cours de la nuit qui vient de se terminer. Le choc est brutal, mais il est immédiat et son impact réel ne dure généralement que quelques semaines. Après, on ne se souvient que des bons moments que nous avons passés ensemble, que des beaux  jours, que de ces instants où le paradis était sur terre, qu'on était deux à partager le même bonheur. Ces souvenirs,  aussi fugitifs qu'ils semblent être, demeurent en nous pour toujours, figés comme des photos inaltérables. La mort n'est dans ce sens qu'une interruption momentanée d'un trajet sans fin.

Mais la disparition d'une personne que l'on aime parce qu'elle est devenue petit à petit quelqu'un d'autre est insupportable.

Non, je n'ai pas l'intention de vous parler ici de démence, de la maladie d'Alzheimer ou de ces troubles de santé mentale qui font que quelqu'un se met morceaux par morceaux à ne plus faire partie du monde dans lequel on vit. Ce sont là des troubles qui sans être ce qu'on appelle "inéluctables" sont prévisibles et auxquels, sans les souhaiter à ses amis les plus intimes, on finit par s'habituer. C'est plutôt au fait que certaines personnes finissent, pour toutes sortes de raison, à devenir méconnaissables, hostiles même à tout ce qui nous rattachait à elles.

Cette disparition due souvent à des modifications externes, changements d'attitudes, pertes de contacts, drogues, alcool, divorces, accidents, méfiance soudaine et inexpliquée, maladie et même l'abandon d'activités religieuses, hélas, ne sont pas sans nous rappeler que nous sommes tous à la merci du hasard.

Ce matin, l'idée m'est venue que quoiqu'on fasse, elle d'un côté et moi de l'autre, je ne reverrai plus jamais cette amie que j'aimais beaucoup.

Je suis devenu, par rapport à elle, et ce, sans m'en apercevoir, au cours des derniers mois et au jour le jour une persona non grata dans son univers car,  peu à peu - je m'en rends bien compte - , je suis passé d'un être en chair et en os à une caricature de ce que j'ai toujours été et que je suis toujours. - Ne me reste plus que de lui envoyer la main lorsque, dorénavant, nous nous reverrons.

Ce qui m'a littérallement coupé les deux jambes ce matin, c'est que j'ai été obligé de m'admettre cette triste réalité.

Le problème est que je l'ai déjà vue heureuse. Aujourd'hui, je ne la vois qu'occupée.

Simon

Pages recommandées


 Toulouse-Lautrec : L'oeuvre lithographique complète  
370 photos   

Schubert
un essai de Paul Dubé
94 extraits sonores, 45 photos, 5 vidéos, 7 annexes, de nombreux liens...

Éphémérides
Là où s'accumulent les inclassables

Best Sellers et Prix littéraires
Une causerie autour
de la lecture

René Char
Un essai à la Simon Popp

Proust
Quelques réflexions
(Paul Dube et Copernique Marshall)

Le mot de la fin


«Tout ce qu'il faut savoir des hommes et des femmes, c'est que les femmes sont folles et les hommes sont stupides et que si les femmes sont folles, c'est parce que les hommes sont stupides.

«Autre chose : si dans une soirée, vous ne pouvez pas repérer la personne la plus folle (si vous êtes une femme) ou la plus stupide (si vous êtes un homme), c'est que c'est vous.»

- George Carlin

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