Vol. XXX,  n° 11 -v. 01
Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois Le lundi 6 juillet 2020
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Bonnes vacances !

Mais attention aux embouteillages :

NOTE :

Si vous ne voyez pas d'images ou de photos aux endroits où nous en avons insérées, ne vous en faites pas :

 CE N'EST PAS DE VOTRE FAUTE NI DE LA NÔTRE.

Il s'agit d'un autre problème chez notre fournisseur de service qui nous en fait voir de toutes les couleurs depuis quelques semaines.

Nous nous préparons à transférer nos fichiers chez un autre fournisseur. ce qui devrait prendre une semaine à dix jours.

          

Et surtout,  n'oubliez pas :

L'échangeur Turcot
L'intersection de la 10 et de la 30
de même que
L'Île des soeurs

 
   À lire dans cet estival numéro :

Un éditorial du tonnerre ! - Un extrait du journal «Le Saint-François» - Un extrait d'un livre sur le syndrome d'Asperger et un troisième de Monsieur Shakespeare lui-même. Puis : un long commentaire sur Ruskin, des avis sur deux logiciels et même un bout en anglais. Et les surprises habituelles.

Bonne lecture !

 
Éditorial  

Ah, ces Américains !
Quand vont-ils comprendre que Trump demeure leur meilleur choix ?
(Aux élections de novembre prochain)

Au comité de la rédaction du Castor™ nul ne se dit assez connaisseur en histoire américaine pour comprendre ce qui se passe vraiment aux États-Unis en ce moment. Et ce, à cause de diverses raisons : ces manifestations depuis quelques semaines autour du thème «Black lives matter», ces monuments aux héros [sudistes] de la guerre civile qu'on s'apprête à démolir, les résultats désastreux de la gestion état par état du COVID-19 et ces récentes, mais persistantes, rumeurs qui veulent que la Russie ait encouragé le meurtre de soldats américains en Afghanistan.

Chose certaine, nous sommes de plus en plus à nous rappeler une citation d'Oscar Wilde qui date de plus d'un siècle, dans laquelle il sous-entendait que les Américains [d'alors] avaient connu une croissance remarquable, mais, sans avoir connu la gloire d'avoir atteint un apogée, ils commençaient déjà à décliner.

À bien y penser...

Les États-Unis... aujourd'hui... sont quand même...

  • Les septièmes au monde en ce qui concerne l'alphabétisation de leurs citoyens

  • Vingt-septièmes en mathématiques

  • Vingt-deuxièmes en science

  • Quarante-neuvièmes en espérance de vie

  • Cent soixante deuxième en mortalité enfantine

  • Troisièmes en revenue moyen, par famille

  • Quatrièmes en exportation...

et surtout :

  • Les leaders dans le nombre de citoyens incarcérés (per capita)

  • Premiers en nombre de citoyens adultes qui croient aux anges

Sans oublier qu'il s'agit d'un pays où les dépenses militaires sont près de celles des vingt-six pays qui le suivent (et dont vingt-cinq sont ses alliées).

À la lueur de ces informations et des faits - car il s'agit ben de faits - que nous avons avancés ci-dessus, il nous apparaît plutôt clair que l'hégémonie de nos voisins du sud est sur une pente anormalement descendante. Aussi. nous sommes d'avis que, plutôt que continuer à décliner au point où il n'y aura plus de retour possible, il serait peut-être préférable que les Américains, en général, décident lors de leur prochaine élection d'en finir une fois pour toutes et passer à autre chose.

Et, pour faire faire table rase de tout et recommencer à zéro, n'ont-ils pas comme candidat idéal, pour un deuxième mandat, celui qui les dirige présentement ? 

F*ck the  American Dream, vote for  Trump !

 
Chroniques  

  Les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur CE LIEN.

 
Simon Popp

Le changement ? Quel changement ?

À celui qu'aucun d'entre-nous, ici, se permet de tutoyer et qui a clairement laissé sous-entendre dans sa dernière chronique que «plus rien ne serait comme avant» (suite aux événements que l'on sait), je dis ceci :

Superficiellement oui, vous avez raison, mais il vous suffira dans les jours qui suivent de rencontrer une personne que vous n'aurez pas vu depuis quelques semaines, d'aller à un endroit qui vous était familier en mars dernier, de reprendre contact avec vos collègues ou tout simplement de prendre votre auto pour vous rendre à Montréal et vous verrez : rien n'aura changé. Surtout à Montréal où, après trois, bientôt quatre mois les cônes de la circulation n'auront pas bougé d'un centimètre. D'autres auront même se seront ajoutés à ceux existants. Oui, je sais : ces choses-là ne sont pas sensés se multiplier, mais...

Oh, bien sûr, vous aurez moins tendance à serrer les mains de ceux que vous allez rencontrer, à vous approcher un peu trop de vos voisins (à l'église) et je vous vois mal embrasser à profusion  vos petits neveux et nièces (ou faire la bise à une amie de longue date), mais ce ne sera que pour un temps. Vos vieilles habitudes reprendront le dessus assez vite... jusqu'à la prochaine pandémie. 

Pardon ? - Ah ! J'avais mal compris. Vous parliez des commerces qui auront fermé leurs portes. 

Monsieur Pérec, je n'ai pas votre âge, mais :

  • Le petit épicier qu'il y avait au coin de ma rue, quand j'étais jeune, est devenue, après avoir été un salon de massage - pardon : de bronzage - puis un bar topless est maintenant un centre pour jeunes filles du même sexe

  • Vous devez vous souvenir du revendeur de biscuits en face de la ferronnerie? Là où les boules noires coûtaient un cent, les lunes de miel, deux et tout le reste trois cents ou moins ? - Ça a été, un moment, une boutique de posters, puis un magasin de lampes bon-marché... Aujourd'hui, c'est un libraire... sur le point de fermer ses portes car il ne vend que des livres sur l'ésotérisme et l'ésotérisme, vous savez très bien, comme moi, c'est pas ce qui rend un revendeur millionaire.

  • Le Chinois qui repassait les chemises, n'est-il pas devenu une buanderie self-service ?

  • L'on ne sert plus de milk shakes à 20 cents chez Jimmy : que des hamburgers de luxe et des hot dogs avec saurkraut à 12 $ la séance.

  • On ne vend plus de radio (à lampes), ni de télé 17" N&B, que des meubles de «seconde main» chez Donavan.

  • Et celui qui se spécialisait en sets chromés et des meubles en arborite est devenu un antiquaire qui essaye depuis quelque temps à me revendre mes vieux meubles.

  • Y'a p'us de bureau de poste, p'us de de couturière, p'us de taverne, même plus de vendeurs de journaux et de romans à dix cents, que, dans ce dernier cas, des Presse-Kek'chose aux magazines dispendieux.

Reste l'église. Ah oui ! L'église. Toujours là, avec son sous-sol qui a été transformé en salle de BINGO. Paraît qu'on y donne des shows-rock de temps en temps. Et j'apprends, en lisant la citation de ce numéro que Richard Abel y donne souvent des concerts... flamboyants.

Y'a la waitress au Bar à Jim, dans l'ancien bloc du père Couillard qui, à ce qu'on m'a dit, attire la clientèle des plus que cinquante ans. Elle n'en a que quarante, s'en allant sur trente-cinq avec une de ses paires de...

L'Esso, le Shell, Le Texaco, le BP... tous disparus. Remplacés par un Petro-Kek'chose (lui aussi) affilié à un dépanneur Bon-Prix, Super-V, ou un nom dans le genre. À dix cents moins cher le litre que le self-service des sorties de n'importe quel autoroute.

Si ne plus être comme avant signifie que les choses vont changer, ben... rien ne changera.

Snobissimo

Je n'habite pas à Westmount (Upper-Westmount), ni à Hampstead, ni même dans les secteurs huppés (car il y en a) de... Ville d'Anjou, Brossard, Ahuntsic, Verdun ou Laval-sur-le-Lac (sans compter Beloeil, Ville Saint-Laurent ou Ville de Lorraine). Je demeure dans un petit village annexé il y a quelques années à une petite municipalité où les maisons sont modestes, les citoyens  ont des revenus moyens et où les luxueuses autos sont les modèles bas-de-gamme à de nombreux autres endroits. C'est propre, tranquille et on peut compter sur deux doigts les endroits où des matériaux de construction sont en permanence entreposés dans des entrées du garage de propriétaires qui, dans certaines banlieues, sont à rénover leur demeure depuis qu'ils s'y sont installés(*).

(*) On m'a dit là-dessus que cette manie de tout démolir pour refaire une nième fois son sous-sol, changer ses armoires de cuisine, agrandir une pièce ou installer un foyer est une conséquence d'un produit chimique que l'on a commencé à insérer dans les murs des maisons de banlieue dès les années cinquante et qui transforme les hommes en bricoleurs et les femmes en décoratrices intérieures de façon permanente. D'où cette prolifération de Ro-Na, Beaver, B.M.R, etc dans les strips de certaines villes. Le boulevard Taschereau, par exemple, sur la Rive-Sud de Montréal ou le boulevard Mgr. Langlois à Valleyfield...

Mon petit village, quand même, n'est pas à l'abri du snobisme.

Comme Westmount a son Saint-Henri, Québec son Limoilou, Outremont son quartier Van Horne et Joliette ses chutons, à défaut d'un sous-quartier, mon village a ses snobs qui lavent leurs autos régulièrement, n'achètent que des bières artisanales à son unique dépanneur, ou se déplacent régulièrement pour aller manger dans un vrai restaurant (à Valeyfield) plutôt que de passer chez le Spot à Ben sur la 338 ou commander de la pizza du  chez Papa Gérard.

J'ai appris une chose également :

Il n'est pas bon ton, ici, d'envelopper ses déchets dans des sacs de Chez Walmart. Vaut mieux utiliser ceux du Dollorama, du Super C ou de Maxi, le chic étant ceux du marché Fordham de Saint-Zotique. - Walmart. ça fait cheap.

Vaut mieux, quand même habiter ici que l'ex-Ville-Saint-Pierre (maintenant un quartier de Lachine) où, je me souviens un Dollarama a été obligé de fermer ses portes car ses prix étaient trop élevés.

Dire que je me souviens que, jeune, le tiers-monde débutait, à Montréal, rue Ste-Catherine, à l'est de Bleury et que le chic était une bicyclette Raleigh et non pas une CCM.

Simon

 

      Herméningilde Pérec


Omnes in gaudium

Nous nous sommes réunis, nous tous du Castor™, il y a quelques jours, après ce qui nous a semblé être une éternité, pour discuter non pas de ce numéro, mais du prochain, car, depuis plusieurs semaines, déjà, nous nous étions habitués à nous faire parvenir nos chroniques et commentaires via ce que j'aurais jamais cru plus jeune des messages électroniques et des conférences téléphoniques... visuelles !

Ces choses-là n'existaient , dans mon temps, que dans les vues. Celles mettant en vedette Dick Tracy et sa montre-bracelet-télévision ou Flash Gordon !

Finalement, nous avons parlé de n'importe quoi sauf du prochain numéro...

Ce fut des Comment ça va ? Qu'as-tu fait ? Comment t'es-tu débrouillé ? Et quand retournes-tu à ton travail ? - Un peu de tristesse pour ceux qui ont dû puiser dans leurs économie, mais de la véritable joie, de part et d'autres.

Comme le curé de la paroisse St-Timothée dont nous parlons un peu plus loin, nous en sommes venus à la conclusion que «nous ne sommes pas faits pour rester seuls».

Oui, Simon, je suis d'accord : le monde change, pandémie ou pas.

Mes excuses, madame Gauvin, si j'ai failli vous faire pleurer. Je pensais juste vous mentionner un aspect de mon bon vieux temps qui, comme Copernique, j'espère ne reviendra jamais.

Nous avons même levé un verre à l'amitié. De Perrier en ce qui me concerne, d'eau distillée en ce qui concerne Simon.

Bon retour à une vie normale à tous !

H. Pérec

P.-S. : On aura compris, j'espère, que notre éditorial du mois est une blague.

 

       Copernique Marshall


Stuff : my stuff, your stuff and their stuff 

I don't know how many of you might have heard George Carlin's monologue on stuff. It was originally part of his ninth album (1981) but he made several videos of it over the years. It can be found on Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=MvgN5gCuLac) and is worth listening to. It deals, amongst other things, with the various objects we cary around all the time. You know : keys, credit cards, driver's license, money, ID cards, pens, notebooks...  and, for those that really carry lotsa stuffs, the occasional nail clipper, pocket lamp and the all-around Swiss knife which can act as a pair of scissors, pliers, bottle opener, cork screw, ruler, screw driver, compass, magnifyer and wire cutter. Not to mention business cards, gum, combs, pills, sun or reading glasses, etc. 

I was looking at old photos the other day and remembering the things I usually carried with me back then, some twenty, thirty years ago, and wondered, for a moment, how I carried all my stuff at the time. - Easy : I wore suits which had all sorts of pockets. - But then, I started to wear like everybody else casual clothes. Some of them were actually called «leisure clothes» and even «leisure suits» which were usually worn by men in their forties who wanted to appear «cool». T'was about the same time hot combs became all the rage. It was obvious by then that they were doomed to be out of fashion. Then came the slacks or jeans which meant less pockets to carry my our stuff. By then, someone had the brilliant idea to invent purses designed for men. which nobody bought unless it was for a gift or you were a different type of guy (you know what I mean). 

T'was bout the time electronic calculators came around. Soon followed by the electronic agenda. And of course, we all had to carry a book for those long comuting session or trips out of town...

I wonder today how we managed all this without packsacks. I must have six or seven of them. Different sizes for different stuff.

Et puis autre chose :

Je me demande de plus en plus comment je vais réagir lorsque mes facultés intellectuels se mettront à décliner (en supposant que je m'en aperçoive !)

Physiquement, il y a longtemps que j'ai appris que je n'ai plus vingt ans. À trente ans, déjà, j'avais appris qu'un coup d'épaule au hockey n'allait pas me causer une blessure qui se guérirait en deux jours. La même, aujourd'hui, me vaudrait plusieurs semaines de thérapie et, qui sait ? des séquelles permanentes. - Je sais car, certains jours, mon genou droit me signale qu'il va pleuvoir. Le résultat d'une chute à bicyclette survenue... tiens : je n'arrive plus à me souvenir exactement quand. Mauvais signe.

Copernique déjà a un jardinier s'occupe de sa pelouse l'été et quelqu'un qui nettoie son entrée l'hiver. Il y a longtemps déjà qu'il a cessé de soulever des objets lourds, de grimper dans des échelles pour supprimer les feuilles qui, l'automne, s'accumulent dans ses gouttières. Son bottin téléphonique contient une liste d'ouvriers divers (électricien, couvreurs, peintres, plombiers...), de quoi  remplir trois, quatre pages d'une fine écriture.

Copernique

 

       Jeff Bollinger


Serge !

«Fis-toi sur Paul pour te surprendre avec des choses comme celle-là. Y'a longtemps qu'on ne se pose plus de questions. - Demande à Madame Malhasti...»

Pour une surprise, ce fut une surprise. Elle m'est arrivée en pleine pandémie, au moment même où je venais de recevoir des nouvelles de mon ami, Serge, qui est aspie, me disant qu'il n'avait jamais été aussi heureux de sa vie depuis que la «mode» (c'est ainsi qu'il a appelé les directives gouvernementales des derniers trois mois en rapport avec le COVID-19) était ce qu'elle est devenue : masque et deux mètres de distance...  lui qui ne touche jamais à personne et qui préfère passer ses journées enfermé chez lui à toutes sorties impliquant une excursion dans le monde, ce monde qu'il a toujours trouvé étrange et surtout les conversations qui ne mènent à rien.

Elle est venue sous la forme d'un livre au titre bizarre que m'a remis, il y a trois semaines, ce Paul, notre disc jockey, et que je crus être un livre sur la musique car sur sa couverture on pouvait lire, justement, le mot «Musique» et qu'on y voyait une une femme jouant un instrument que j'ai su, plus tard, être un luth. (Ce qui vous donne une idée de ma culture musicale.)

Un luth

Ce n'est qu'une fois rendu chez moi que je me suis aperçu que ce livre traitait non seulement de musique, mais de musique autiste et qu'il avait un sous-titre tout à fait dans le genre de ce qui m'a toujours intéressé : «Vivre et composer avec le syndrome d'Asperger» où - ça aussi, je l'ai découvert appris après, en l'ouvrant - le mot «composer» avait un double sens : celui d'«écrire» [de la musique dans le présent cas] et celui de «s'adapter» [aux circonstances, à la réalité, etc. quand on est atteint du syndrome d'Asperger].

Pour les détails (titre, auteur, éditeur, année), 
voir la section «Extraits du mois» ci-dessous.

Ce qu'est «Musique autiste» ? Comme son sous-sous-titre l'indique, c'est à la fois un essai et un témoignage d'un aspie qui a su comprendre ce qui le diférenciait des autres et contourner sa particularité et devenir non seulement un compositeur, mais un musicologue et professeur au département de musique de l'Université du Québec.

Son cheminement, il le décrit en huit phases précédées chacune de la description de ce qu'est le monde Asperger. On peut ainsi le lire en parcourant ce qui pourrait être appelé sa biographie... ou ne lire que ses passages sur ce qu'est le syndrome d'Asperger.

C'est ce que j'ai fait.

Vous en trouverez un passage qui m'a beaucoup impressionné plus loin. 

Pour le moment, je ne vous en dit pas plus.

Jeff

 


   George Gauvin


Un timbre de trois sous

Quelle belle leçon d'histoire Monsieur Pérec nous a donnée il y a à peine quelques jours...

Nous étions, pour la première fois depuis plusieurs semaines, réunis tous ensemble autour d'une grande table (oui, oui : distances respectées, etc.) et voilà que mon portable a sonné. - («Cellulaire» pour ceux qui nous lisent de ce côté-ci de l'Atlantique.)

J'ai jeté un coup d'oeil. C'était X qui m'écrivait : «Demain sept heures».

J'ai répondu : «Dac !» Et puis c'est tout.

Alors il a dit, avec un large sourire :

«Dire que ma grand-mère était insultée quand quelqu'un osait ouvrir son courrier devant elle sans lui avoir demandé la permission !»

«Elle disait, poursuivit-il : "N'importe qui, avec de quoi se payer un timbre de trois sous, pouvait se croire plus important que moi !"...»

Oui, je l'avais déjà entendu : «Autre temps, autre moeurs...».

C'est pas ça :  j'ai juste failli pleurer.

Pas de honte, non. Pour la beauté d'un temps que je n'ai pas connu.

Et la beauté du temps présent était pourtant autour de moi. 

Mais je fais comme tout le monde : je ne regarde pas..

George

 

        Fawzi Malhasti


 Morceau choisi

On sait à quel point je n'aime pas les traductions... mais de ne pas essayer de comprendre ce que d'autres ont écrit dans une langue avec laquelle on n'est pas familier est un crime impardonnable.

Aux francophones qui refuseront de se pencher sur Shakespeare, ou Milton, et, aux anglophones qui se connaîtront jamais Hugo, ou Proust, je dédie le poème suivant qui, je dois l'avouer, m'a demandé beaucoup d'efforts pour en saisir toutes les nuances... en anglais... mais dont le sens peut, à la rigueur être adapté en français, mais non l'essence qui dépend des mots qu'on y utilise, l'ordre dans lesquels ils sont utilisés et leurs son.

Prodigue en séduction, pourquoi dilapider
Pour toi seul le cadeau d'un charme qu'on te lègue?
Rien n'est donné par la nature. Elle est prêteuse,
Mais libérale, et elle prête aux hommes généreux.

Alors pourquoi, parcimonieux, mésuses-tu
D'un charme si parfait sans le transmettre à d'autres?
Possesseur d'un trésor, en quoi donc te sert-il
Pour à la fin des fins n'en rien léguer sur terre?

Car n'ayant qu'avec toi établi de commerce,
Tu prives de toi-même un être qui t'est proche.
Et lorsque tu devras enfin quitter le monde

Quelle sera pour toi la dette que tu laisseras?
Ta stérile beauté te suivra dans la tombe
Alors qu'elle aurait pu hériter de toi-même.

... qui est une version française (par Michel Bernardy) de :

Unthrifty loveliness, why dost thou spend
Upon thy self thy beauty's legacy?
Nature's bequest gives nothing, but doth lend,
And being frank she lends to those are free :

Then, beauteous niggard, why dost thou abuse
The bounteous largess given thee to give?
Profitless usurer, why dost thou use
So great a sum of sums, yet canst not live?

For having traffic with thy self alone,
Thou of thy self thy sweet self dost deceive:
Then how when nature calls thee to be gone,

What acceptable audit canst thou leave?
Thy unused beauty must be tombed with thee,
Which, used, lives th' executor to be.

(William Sakespeare

(Sonnet no. quatre)

En voici une version lue par Sir John Gielguld :

Cliquez, comme dit Paul, sur la note :

Fawzi

 

         De notre disc jockey - Paul Dubé


Note de l'éditeur
?
(Pas tout à fait dans mes cordes, mais...)

Pas de lien, cette semaine, du moins de ceux qui vous mèneraient vers un obscur site contenant une version inédite de la sonate K197 (en si mineur)  de Domenico Scarlatti enregistré au cours d'un bombardement par Wilhem «Verrückt» Das Taube Grab, en mai 1944 (le vendredi 12) dans la chapelle du Divin Créateur (Göttlicher Schöpfer) de la municipalité de Königs Werkterhausen, en Allemagne (banlieue sud-est de Berlin, près de Wildau)..., mais une réponse ... une réponse à une question qu'on me pose souvent - on me la posait hier encore,et puis dans un courriel que je viens de recevoir - à savoir : si je suis celui qui est responsable de ces «notes de l'éditeur» qu'on retrouve ici et là dans le Castor™ lorsqu'un chroniqueur mentionne un passage d'un article paru quelques semaines, parfois plusieurs mois auparavant. - La réponse est : «La plupart du temps... OUI».

Mais attendez : je n'ai pas fini !

J'ai reçu au cours des dernières semaines (la pandémie aidant) un tas de courriels en provenance d'un peu partout vantant les mérites de mon site sur la chanson française, dont deux, en particulier. - L'un d'Australie (sic), d'une dame me remerciant de lui avoir permis d'entendre une chanson que sa grand-mère chantait quand elle n'avait que six ans (et qui datait d'avant sa grand-mère) et un autre, d'Allemagne (re-sic) disant que ce même site était monumental.

Merci.

Comme je disais récemment à ma voisine qui m'a demandé ce sur quoi je travaillais depuis quelques semaines : «Une discographie d'un chanteur du début du siècle dernier. - Une discographie qui m'aura pris quatre semaines.. et quarante ans.»

Tout est une question d'organisation.

Oui, j'ai beau dire, comme Simon, que je ne ne suis pas intelligent et désorganisé, je suis extrêmement organisé. Depuis toujours d'ailleurs. Il a bien fallu car, jeune, je me suis aperçu que j'avais une mémoire désorganisée qui se rappelait de tout mais jamais au bon moment. Surtout quand je parlais. Je cherchais continuellement les mots pour décrire certaines choses, mais surtout les noms d'auteurs, de comédiens, de musiciens que, si on me les avais pas demandés, j'aurais pu vous les énumérer sur le champ. - Parfois (certains vous le confirmeront), il me fallait faire une pause pour me souvenir du nom de mon assistante avec qui j'ai travaillé pendant des années afin de l'appeler pour qu'elle me rappelle le prénom nom de mon meilleur client avec qui j'avais déjeuné le matin même... - Alors je me suis mis à TOUT noter. 

Et la Providence a voulu que je naisse dans un temps où les ordinateurs personnels sont devenus disponibles.

*

À la demande générale, voici comment, d'une mémoire-passoire, je suis devenu le chef incontesté des Notes de l'éditeur du Castor™ grâce à divers logiciels qui, aujourd'hui sont au nombre de deux et  quelques trucs dont je vous dévoile à l'instant les secrets.

Un - Les types de mes fiches informatiques

Mes fiches informatiques se divisent en cinq catégories :

- Les fichiers textes
- Les fichiers photos ou images
- les fichiers de musique (ou de paroles ou de sons)
- les fichiers films
- les fichiers chiffres

Chacun se termine par les nomenclature standards que je n'ai pas besoin d'expliquer :

- .txt, .doc, etc. pour les textes
- .jpg, .gif, etc. pour les photos ou images
- mp3, .wav etc. pour les fichiers de musique (ou de paroles ou de sons)
- .mp4, .mov, etc. pour les fichiers films
- .xls, etc. pour les fichiers chiffres

(Passez-moi les fichiers .exe, .htm, .pdf, .zip et autres dont il faudrait que je reparler un autre tantôt.)

Ces fichiers peuvent être classé n'importe comment ; par dates, par auteurs, compositeurs, numéros de dossiers, cela n'a aucune importance car c'est dans dans leurs noms que j'ai appris à insérer certaines informations pour les retrouver.

Deux - Les noms donnés à mes fichiers.

Avant de passer au classement de mes fichiers dans différents répertoires (archives,  travaux en cours, sites WEB, enregistrements [jazz, classique, pop français, pop anglais, etc.], textes imprimés [en provenance de magazines, livres, catalogues...]. correspondance, etc.), il a fallu leur donner des noms particuliers.

Un nom comme «Les feuilles mortes», classé dans un sous-sous- répertoire dont le nom était : 

   Enregistrements/Disques empruntés/BN/CD1438/Chansons françaises

Était introuvable si je le cherchais par son interprète, son auteur, son compositeur ou à partir d'un film dont le nom était «Les portes de la nuit».

Mais si je lui donnais  comme nom «Montand - Les feuilles mortes - Prévert et Kosma - 1946 - Carné - Les portes de la nuit», il est devenu plus que facile de le retrouver, ainsi que tous les autres que Montand a pu enregistrer par la suite en cherchant «Montand, Feuilles mortes» dans mon engin de recherches.

Et si je tapais...  si je tape aujourd'hui -  tout simplement «Prévert», mon engin de recherches me le désignera immédiatement, de même que d'autres enrgistrements faits par Cora Vaucaire, Jacques Douai, Lucille Dumont... et d'autres chansons dont les paroles sont de Prévert... dont je possède également sa bio en provenance de Wikipedia, des photos de lui, et même celle d'un ami nommé «Michel Prévert»...

Ainsi, second exemple  :

Si j'ai donné des informations descriptives dans les noms de mes fichiers, je pourrai de mon engin de recherches constater presque instantanément, en tapant «Beethoven, Quatuor 16 mp3» - quel que soit où dans mon ordi - que j'en possède des enregistrements (en fichiers mp3) des Quatuors Amadeus, Borodin, Budapest (deux versions), Guarneri... etc.

Le logiciel qui me permet de me retrouver dans les millions de  fichiers qui se trouvent dans mes disques externes et internes (certains sont des copies de sauvegarde) ?

Il est gratuit et se nomme EVERYHING. Vous le trouverez sur le site de VOIDTOOLS à l'adresse qui suit :

https://www.voidtools.com

Ce que fait ce logiciel ? Il lit en quelques minutes (au début) de tous les noms que vous avez donnés à vos fichiers et les retrouve où qu'ils soient sur n'importe quel de vos disques à condition qu'ils soient en ligne et que vous les avez nommés adéquatement.

Dans son engin de recherches, il vous suffira de retrouver, par exemples :

jpg moi 1992
mp3 trump covid-19
txt proust ruskin
mp4 blade runner
ou même
jeannette recette tarte pommes

Attention :

Dans mon ordi, avec tous mes disques branchés, ne taper pas «mp3»... vous risquerez de vous retrouver avec 97,828 fichiers...

*

Oui, mais si je cherche, me demanderez-vous, dans quelle pièce Shakespeare a écrit «To be or not to be» ou quand Simon Popp a écrit une critique d'un livre de Jean-Paul Dubois (voir sa chronique d'aujourd'hui), alors là, il vous faudra un deuxième logiciel. Un qui lit dans les fichiers et là, il vous faudra avoir pensé à mettre ensemble tous les textes à un seul endroit (les pièces de théâtre, les fichiers du Castor™ que vous aurez conservés ou tous les livres que vous avez récupérés ici et là) et chercher, parmi ces textes, les mots «To be or not to be» ou «Jean-Paul Dubois».

Celui dont je me sers est AstroGrep. Il est également gratuit et disponible à l'adresse ci-dessous. Il vous suffira d'indiquer où se trouve vos fichiers «Textes» (n'importe où, si vous le voulez), son type (htm, doc, txt, etc. ou les trois ou quatre que vous utilisez) et le texte que vous cherchez.

(Comment pensez-vous que je retrouve quand Simon a pu parler dans ses chroniques sur le prix Goncourt ?)

AstroGrep chez Softpedia

(Ne vous inquiétez pas : ce logiciel ne laisse aucune trace dans votre Windows registry, ni ailleurs. Vous pouvez même l'installer sur une clé USB)

Cela étant dit, je vous mets au défi de me demander qui a chanté pour la première fois «Mon coeur est un violon», quelle âge elle avait, où et quand... ou même qui a créé Les feuilles mortes avant Montand...)

paul

 

L'extrait du mois


Musique autiste - Vivre et composer avec le syndrome d'Asperger
Antoine Ouellette - Tryptique, 2011

(Essai/témoignage - Préface du Dr. Laurent Mottron)

NOTE : Pour de bref commentaires quant à ce livre et à 
              l'extrait 
  qui suit, voir la chronique de Jeff Bollinger.

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Les forces de l'Asperger
(Section V - Le monde Asperger, pp. 177-179)
Les notes sont de l'auteur.

Le portrait n'est pas tout noir, car la condition d'Asperger présente des forces. Voilà un secret bien gardé ! La clé pour une vie d'Asperger réussie et épanouie réside donc non seulement dans la prise en charge de ses difficultés, mais aussi dans la découverte et le développement de ses forces. Carol Gray et Tony Attwood
ont fait la liste de ces forces potentielles (*). Je trouve important de les mentionner, toujours en considérant qu'elles se cristalliseront peu à peu au cours de la vie et qu'il y aura des variantes d'une personne à une autre. Ces forces peuvent être regroupées en quatre familles.

(*) Attwood, T. (2003). Le syndrome d'Asperger et l'autisme de haut niveau. Paris : Dunod, p. 176-178

Première famille. Paradoxalement, les Aspergers ont un avantage qualitatif dans les interactions sociales sur la majorité des points suivants:

  • Leur relation avec les pairs est caractérisée par une loyauté absolue et le fait d'être totalement digne de confiance.

  • Ils ignorent le sexisme, l'âgisme ou les biais culturels parce qu'ils sont capables de prendre les autres tels qu'ils sont.

  • Ils disent ce qu'ils pensent avec franchise, quels que soient le contexte social ou les modes du jour.

  • Ils ont la capacité de poursuivre leur idée ou leur perspective même en présence des pires embûches.

  •  Ils recherchent un auditoire ou des amis capables de s'enthousiasmer pour des champs d'intérêt particuliers.

  • Ils écoutent les autres sans jugement ni suppositions continuels.

  • Ils évitent de préférence les conversations superficielles. Ils recherchent les gens sincères, positifs et dotés d'un bon sens de l'humour.

Deuxième famille. Les Aspergers parlent l'«Aspergerois», un langage social caractérisé par au moins trois des traits suivants

  • Ils possèdent une volonté déterminée de recherche de la vérité.

  • Leur conversation est exempte de sens cachés ou de motivations inavouées.

  • Ils emploient un vocabulaire conçu en fonction d'un intérêt pour les mots.

  • Ils sont fascinés par l'humour basé sur les mots (*).

  • Ils utilisent de façon-poussée des métaphores ou, comme je l'ai constaté chez moi, des ellipses complexes. Un psychiatre hollandais m'écrivait que le langage des Aspergers est «comme une musique».

(*) Woody Allen et Jean Leloup maîtrisent ce type d'humour : c'est probablement une des raisons pour lesquelles je les apprécie.

Troisième famille. Les Aspergers ont des compétences cognitives caractérisées par au moins quatre des traits suivants

  • Ils ont une préférence pour les détails plutôt que pour l'ensemble.

  • Ils montrent une perspective originale sinon unique dans la façon d'aborder les problèmes.

  • Ils possèdent une mémoire exceptionnelle pour des détails oubliés ou ignorés par les autres.

  • Ils font preuve de persévérance.

  • Ils ont de la suite dans les idées.

  • Ils acquièrent une connaissance encyclopédique (« de type cédérom ») sur un ou plusieurs sujets. Ils ont un goût de l'ordre et de la précision.

  • Ils cultivent des valeurs claires et fermes, et leurs décisions ne sont pas influencées par des facteurs politiques ou financiers.

Quatrième famille. Voici les traits additionnels qui se retrouvent souvent chez eux:

  • Ils sont responsables.

  • Ils sont économes; du moins, l'argent n'est pas une valeur pour eux.

  • Ils ont une sensibilité aiguë à des expériences sensorielles spécifiques (son, toucher, vision, odeur, etc.).

  • Ce sont des « héros sociaux méconnus », qui abordent les choses  avec optimisme : même s'ils sont souvent victimes de la faiblesse des autres, ils demeurent confiants dans la possibilité de l'amitié véritable et de la justice.

  • Ils font des études supérieures en plus grande proportion que la population normale.

  • Ils aiment s'occuper des gens présentant un développement atypique.

Ma foi, ce n'est vraiment pas vilain. Où est la maladie là-dedans? De quoi dans cette liste devrait-on guérir la personne Asperger?

Les gens «insécures» auront tendance à qualifier ces forces d'arrogance. Or cette dernière se manifeste par des attitudes hautaines et méprisantes ne faisant pas partie du portrait Asperger. Ce qui peut passer pour de l'arrogance est plutôt une certaine rudesse dans la franchise et la transparence. Certains me jugeront peut-être arrogant d'écrire cela ! Je les invite à bien relire toute la présente section.

Cette liste appelle toutefois un commentaire. Placée en annexe à la toute fin du livre de Attwood, juste avant l'index, elle est si peu mise en valeur que des lecteurs pourraient ne jamais la lire. C'est très curieux et significatif, puisque le livre met l'accent sur les problèmes des Aspergers sans discuter de leurs forces. Le chapeau dépasse presque toujours, même chez les auteurs les mieux intentionnés. Le livre de Juanita P. Lovett
(*)  fait preuve d'un discernement exemplaire dans ses quatre premiers chapitres, mais le chapitre suivant rompt le charme et retombe dans le piège en affirmant que le cerveau des Aspergers présente des «anomalies», des «problèmes» et des «désordres».

(*) Lovett, J. p. (2005). Solutions for Adults with Asperger Syndrome. Fair Wind Press.

 


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Book Review - Lectures


Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres, revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui les signe désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction du Castor™ ni celle de l'Université de Napierville.


Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon
Jean-Paul Dubois - Éditions l'Olivier, 2019

(Ou : comment faire le compte rendu d'un livre en parlant d'autre chose)

Que peut-on dire d'un auteur dont on a déjà parlé (1), gagnant d'un des «prestigieux» prix littéraires dont on a déjà tenté de démontrer l'inutilité (2), écrivant un roman semblable à son précédent (3) qui raconte une histoire banale, sans vraie début, sans véritable fin qui - c'est la raison pour laquelle on me l'a suggéré - se passe en majeure partie dans un «bloc appartement» (4) et dans une prison (5)... à Montréal ?

(1) Le Castor du 3 janvier 2017
(2) le Castor du 4 février 2019 (à propos d'un livre de Houellebecq)
(3) Voir le numéro 1
(4) C'est ainsi qu'on appelle le maisons à logements multiples au Québec
(5) La prison de Bordeaux ou «L'établissement de détention de Montréal»

«C'est à cause de Bernard Pivot qu'il a obtenu le prix Goncourt, m'a-t-on dit. Pivot a toujours été préjugé en faveur du Québec.» - Voilà bien une déclaration surprenante car... : 1) l'auteur n'est pas Québécois, mais bien Français ; et 2) il serait curieux que Pivot, ayant donné sa démission de l'Académie en décembre 2019, ait voulu insister sur un roman particulier avant sa retraite... Qu'importe, de toutes façons.

La question est : pourquoi lire ce roman ? - je serais bien embêté de vous le dire. Pourquoi je l'ai lu ? Même réponse.

Et de là, je passe à autre chose :

Comment peut-on, vraiment,  juger de la qualité, de la valeur d'un livre ? - D'un roman, en particulier. - Ce que je fais continuellement. - Tous les jugements ne sont-ils pas subjectifs ?

Oui, tous les jugements sont subjectifs, mais je suis d'avis qu'il y a certains types de subjectivités qu'il vaut mieux éviter : 

Celle de ceux qui ont à leur crédit de lecteurs six livres dont deux de cuisine.

Celle de ceux qui disent que tous les goûts sont dans la nature et pour qui la poutine de chez X est meilleure que la poutine de chez Z sans qu'ils puissent en expliquer le pourquoi ou qui sont incapables, les yeux bandés de reconnaître LEUR bière parmi dix autres.

Celle de ceux qui ont suivi dix heures de cours d'horticulture et qui s'obstinent avec leur jardinier sur la façon de tailler leur haie.

Celle de ceux qui, sur un plancher de danse, ne savent pas la différence entre une musique en 5/4 et une en 4/4 (ou même 3/4).

Celle de ceux pour qui Elvis fut, est et sera toujours le Roi du Rock n' Roll (sic).

Et si je n'avais pas peur de me faire lancer des pierres, j'ajouterais :

Celle de ceux pour qui Mireille Mathieu était supérieur à La Callas parce qu'avec elle on comprenait tous les mots qu'elle chantait...

Et je m'arrête pour ajouter, quand même que :

- Dans certains domaines, celui de la loi par exemple, dire que l'opinion d'un avocat est subjective, c'est oublier que, malgré tous les préjugés qu'il pourrait avoir, cette opinion devra toujours respecter des règles très précises basée sur : des textes qu'il ne pourra pas contourner, le Code civil par exemple, ou  une longue tradition, le Common Law, (et d'autres)...

- En littérature, s'il n'existe pas de règles absolues, il existe un usage largement répandu, plusieurs fois séculaire, qui a consisté et qui consiste encore à dire que certains critères doivent être observés, critères sur lesquels tous les lecteurs sérieux, tous les connaisseurs, tous les critiques semblent être d'accord.

Il y a longtemps quand même que des «jugements» tels que «Shakespeare est un grand écrivain», «La Fontaine fut un grand versificateur» ou «Homère fut un grand poète» ont fini par perdre leur côté subjectif, non ?

Et je termine en disant : 

Il me semble que, depuis le Moby Dick de Herman Melville, The Great Gatsby de Fitzgerald, l'Ulysse de Joyce, le Mrs. Dalloway de Virginia Woolf et même le In Cold Blood de Truman Capote sans parler de Faulkner, Dos Passos, Henry James, Céline, Dostoïevski, Kafka, Proust, Yourcenar (Les Mémoires d'Hadrien)... il me semble qu'un roman doit être autre chose que le récit de faits sans intérêt.

À moins que les conversations entre prisonniers occupant la même cellule...

Vous voyez que je fais des efforts.

Simon

*

John Ruskin

The Complete Works in 39 volumes
The Library Edition. - Edited by E.T. Cook and Alexander Wedderburn
Published by George Allan and Unwin, 1903-1912

Chez Michael S. Kemp, Bookseller
(Sheemess, Kent, United Kingdom)
Prix :
13, 500 £ - 17,350 US$ -  23,520 Can$ - 14,987 Euros

  Où me suis-je procuré mon premier Ruskin ?

Chez Foyles ? Non, ce n'était pas chez Foyles. Ni chez Hatchard's. De l'un ou de l'autre je me serais souvenu. 

Foyles ! On disait que c'était à l'époque la plus grande librairie au monde. Ce n'était pas difficile à croire. je n'avais jamais vu autant de livres à vendre à un seul endroit. Dans trois ou quatre immeubles. Sur plusieurs étages. J'y suis retourné plusieurs fois par la suite et, ou mes goûts se sont raffinés, ou c'est devenu un commerce comme les autres, je n'ai rien trouvé qui puisse m'intéresser. Que, m'a semble, des best sellers, comme partout ailleurs. Et des manuels d'études. De l'école primaire à l'université. Et des tonnes de livres de poche.

Hatchard's ! La plus ancienne librairie  de Londres. Ouverte depuis 1797, elle fait, depuis quelques années partie du groupe Waterstone's, un groupe britannique semblable au groupe Barnes and Noble américain ou celui de Chapter's au Canada, mais pour qui (Waterstone) le site légendaire de Hatchard's, rue Picadilly, près de Fortnum and Mason (où l'on peut acheter des oranges de Chine enveloppées individuellement dans des sacs de jute en étant servi par des vendeurs en morning coat) devait et est demeuré intact. C'est le dernier endroit où l'on a vu Oscar Wilde à Londres, après sa sortie de prison, où il est passé se procurer quelques livres avant son départ pour le Continent sous le nom de Sebastian Melmuth. - Un musée presque. Malheureusement, la clientèle n'est plus ce qu'elle était. La preuve ? On m'y a laissé entrer.

Non. C'était cependant non loin de là, dans une des rues à angle avec Picadilly chez un libraire dont je n'arrive plus à me souvenir du nom et qui se spécialisait dans les livres rares.


   Ajout de dernière minute :

J'ai trouvé :
 
Sotherans 
2 Sackville Street, Picadilly, 
London, W1S 3DP

Voir à la fin.

C'était il il a une trentaine d'années. j'étais étudiant à l'époque et, conséquemment sans sous, et rares, en effet, étaient à la fois ceux que j'avais dans les poches et les quatre volumes d'une édition bon marché reliés ensemble de grossière manière et qui contenait les livres suivants :

  • Sesame and Lilies 

  • The Ethicss of the Dust 

  • The Crown of Wild Olive

  • The Queen of the Air

Tous publiés chez John Wiley & Sons, 15 Astor Place, New York (sic) en 1887.

Je ne me souviens plus combien il m'a coûté. De quoi, sans doute, avoir me priver de l'essentiel pour quelques jours. Et l'essentiel alors, c'était quelques bières au pub où l'on se réunissait entre amis, un sandwich au «chesse and chutney», de quoi prendre le métro ou... le chauffage, en hiver, car mon appartement (un garde-robe et un lit) était muni d'un calorifère dans lequel il fallait insérer de la monnaie pour qu'il fonctionne...

Il fait encore partie de ma bibliothèque, rafistolé plusieurs fois depuis ; la dernière avec du «duct tape» - que certains voudraient que j'appelle du «ruban adhésif en toile», probablement parce qu'ils n'en ont jamais vu - la seule chose qui puisse le retenir en un seul bloc.

Plus tard, dans le même genre «d'éditions rares», j'ai trouvé, à New York cette fois-là, un exemplaire des 58,000  publiés jusqu'à ce moment-là (en 1908) chez George Allen & Sons, 156 Charing Cross Road, London (sic), de «Time and Tide by Weare and Tyne» qui a, depuis, subi le même sort avec cette différence que je dois l'entourer d'un élastique très large ou le retenir avec un pince-papier parce que toute ses feuilles se sont détachées.

Ce furent pendant des années les seuls Ruskin en ma possession. Oh, j'aurais pu en emprunter d'autres, j'imagine, à la bibliothèque de Westmount ou celle de l'Université McGill où, j'imagine, devaient s'en trouver d'autres, mais Ruskin... Il était si difficile à lire, si compliqué dans ses phrases qu'il fallait mieux se les répéter à voix haute et avec un vocabulaire si étendu que ce n'était qu'avec beaucoup de patience et plusieurs dictionnaires que je suis arrivé peu à peu à le comprendre.

Beaucoup d'autres volumes se sont ajoutés au fil des ans. Notamment deux volumes de la collection Penguin Classics : Selected Writings (Selected an edited by Kenneth Clark - 1964 - dans une réédition de 1991) et Unto This Last and Other Writings (Edited with an introduction and notes by Clive Wilmer - 1985). Et trois ou quatre autres dans la série «Everyman's Library» (J. M. Dent & Sons, London), «Collins' Clear-Type Press» (London and Glasgow) ou sans nom chez E.P. Dutton & Co. (New York).

Et puis, au début de l'internet (circa 1995-1999), j'ai vu qu'une université, probablement l'UCLA, proposait son oeuvre complète sur CD au prix dérisoire de 1600 $US. C'était à peu près le prix de ma dernière voiture. J'ai laissé tomber.

Jamais, je me suis dit, pourrai-je mettre la main sur l'oeuvre complète de ce (alors et aujourd'hui) méconnu génie. C'était ne pas connaître les merveilleux livres électroniques d'aujourd'hui car, depuis un an déjà, j'ai en ma possession tout ce qu'il a écrit en format .epub qui m'a coûté 3,32 $Can : Delphi Complete Works of John Ruskin - Amazon Kindle Edition - 15,600 pages !

Et puis encore, c'était fort exagéré car j'en ai retrouver d'autres éditions, depuis, à - tenez-vous bien : 1,99 $ et même 99 cents...

Bientôt on vous offrira 1 Bitcoin pour chaque exemplaire que vous téléchargerez...

Un peu plus, quand j'ai vu leur annonce chez Abe Books, j'allais écrire à Messieurs les propriétaires de la librairie Michael S. Kemp, Bookseller (Sheemess, Kent, United Kingdom) qu'il est peu probable que je me porte acquéreur de leur Ruskin à 23,520 Can$ (voir au début) avec lesquels, tiens, je pourrais m'acheter une autre voiture. De seconde et même de tierce main, il va sans dire, mais une voiture tout de même. Ou, éventuellement, le sixième prochain iPhone.

Mais alors ?

Qu'est-ce qui pousse des gens sensés comme je pense l'être à vouloir à tout prix tout lire l'oeuvre d'un auteur ou voir tous les tableaux peints par - je ne sais pas, mettons - Vermeer, par exemple ? - Je n'en ai aucune idée. 

Surtout quand je pense à Ruskin en ce qui me concerne.

Je pourrais vous donner dix raisons pour lesquelles il faut absolument le lire et, dans le même souffle, vous en donner dix autres pour ne pas le lire.

Comme le dit Kenneth Clarke dans son introduction à ses «Selected Writings» cité ci-dessus, Ruskin fut sans doute un de êtres les plus intelligents et les plus cultivés qu'ait connus l'Angleterre au XIXe siècle. L'étendue de ses connaissances dépasse tout entendement ; de la nature à l'économie en passant par la condition des ouvriers de son temps à la peinture, à la sculpture, à l'architecture, jusqu'à la géologie et l'influence des climats chez les habitants de divers pays d'Europe. Tolstoï, Gandhi, Bernard Shaw, jusqu'à Lénine comptèrent parmi ses admirateurs et ses idées sur l'éducation furent plus que révolutionnaires.

Mais avec tout cela, il a malheureusement eu tendance à vouloir être un moralisateur, à considérer ce qu'il savait au-delà de ceux à qui il en parlait. Ses conférences étaient des sermons et, vers la fin de sa vie on ne pouvait plus lui enseigner quoi que ce soit.

Un autre défaut qui se reflète abondamment dans son écriture est celui d'avoir une énorme difficulté à se concentrer. On lui demande de parler d'architecture et le voilà qui explique l'histoire de la philosphie européenne à partir des dieux de la Grèce antique, ceux semi-humains des Romains, celui de la Renaissance, etc.

Ajouter à cela des phrases qui commencent par un sujet qui, à force d'analogie et d'exemples, se termine par un autre, mais avec un contrôle si absolu des mots et de leur combinaisons que le lecteur, après cinq ou six paragraphes finit par se demander ce sur quoi il est en train de lire.

Certains auteurs, dixit Kenneth Clarke, peuvent se résumer en un ou deux oeuvres majeures. Pas Ruskin. Sa pensée est dispersée en 39 volumes, chacun de la grosseur d'une Bible et illustrés de sa main par dessus le marché.

Alors qui, aujourd'hui, où les nouvelles sur la pandémie se résume en cinq minutes à la télé et la politique américaine au Moyen-Orient en deux, a le temps de consacrer des heures pour trouver des pensées extraordinaires enfouies dans des tonnes de phrases parfois incompréhensibles ?

Je sais ; y'a moi.

Copernique

P.-S. : J'ai fini par trouver le libraire chez qui je me suis procurer mon premier Ruskin. J'en ai donné l'adresse dans un encadré ci-dessus. - Vous savez comment ?. Avec Google Maps. De la pointe nord-est du Green Park, sur la rue Picadilly,  je me suis dirigé vers Hatchard's et remonté, à gauche, une à une toutes les rues menant vers le nord jusqu'à ce que je me retrouve en face d'une façade que j'ai reconnu. Celle de Sotheby's ! - Ruskin aurait peut-être fait la même chose pour avancer un point précis dans ses premiers écrits. Mais je n'en suis pas sûr. 

*

Romans policiers

D'importantes modifications ont été apportés à cette série de mini-essais rédigés par notre chroniqueur Copernique Marshall et nous suggérons à ses lecteurs de se référer à un tout nouveau avant-propos et à un index (en formation) pour en constater l'ampleur.

La direction.

 

Le courrier


Ms Élita Lacasse - Everthorpe (près de Brough), UK

Ce que vous tentez là est presque impossible avec un ordinateur muni d'une souris avec un seul bouton. Renseignez-vous, comme nous l'avons déjà souligné ici, auprès des adultes dans votre entourage qui vous expliqueront où vous procurer un vrai ordinateur.

M. Roger Couture - Brossard, Québec

Pour la raison suivante :

Des rumeurs circulent toujours cependant concernant l'existence, près de votre résidence, de nombreux ponts clandestins traversant le fleuve qui, malgré plusieurs interventions du Ministère du ou des Transport(s) et la Sûreté du Québec a réussi, à en fermer récemment plusieurs dont le dernier qui, selon nos sources, existait depuis plusieurs années entre le secteur «P» de votre municipalité et la rue Mullins à Pointe-Saint-Charles.

Mr. Abdirahman Lindberg, (près de) Barraute, Abitibi

Aux dernières nouvelles la SSFNQ (Société de la Sauvegarde des Forêts du Québec) songerait à changer le thème de sa dernière campagne de financements («Sauvons nos forêts, éliminons les castors») en quelque chose de plus spectaculaire.

Mlle Agnès Lespérance, Lille 

Il nous apparaît très clair  que les activités modernes rendent l'apprentissage de nouvelles connaissances plus difficiles. La preuve est dans cette publicité d'il y a une soixantaine d'années, dans le très sérieux magazine Historia (p. 411 du no. 196) où l'on pouvait lire :

 
(ou l'Allemand, l'italien, l'Espagnol... 35 langues au choix)

On y lisait, notamment :

«...chez vous, à temps perdu, par ...»

La Méthode Linguaphone :

«Vous écoutez des disques, vous suivez sur un livre illustré; vous ne faites donc aucun effort : votre esprit enregistre en même temps le son entendu, les objets vus et les mots écrits; si bien que dès le début vous comprenez tout naturellement, d'autant plus facilement que la Méthode Linguaphone est progressive : vous commencez par des phrases simples prononcées lentement et à la fin du cours vous entendez des conversations courantes, parlées à un rythme normal. A force d'écouter et de répéter, vous arrivez vous-même à parler avec aisance et sans accent. Trois mois suffisent en général à raison d'un quart d'heure de temps en temps pendant vos loisirs.»

Un peu exagéré, vous allez dire, mais non. On y joignait même un témoignage :

«J'AI APPRIS L'ANGLAIS EN 3 MOIS !»

«Au début du cours, Mlle PENALVER, 13, route d'Avignon à Cavaillon (Vaucluse) nous écrivait : "J'arrive à suivre les premières leçons avec facilité tant votre méthode est claire et précise alors que je n'ai jamais compris grand-chose à l'anglais." - Quelques, semaines plus tard, Melle PENALVER parlait couramment la langue.»

Et on pouvait s'inscrire grâce au coupon qui suit :

     Référence :


Mademoiselle Penalver
13, route d'Avignon
Cavaillon (Vaucluse)

Commentaire :

Nous n'avons pas tenté d'entrer en communication avec Mlle Penalver qui doit, aujourd'hui, être considérablement avancées en âge, mais nous doutons fort qu'une dame, aujourd'hui, puisse répéter son exploit, d'où l'évidence que nous avons soulignée au début.

Señor Pedro Alonso Lopez, près de Bogotá, Colombia

Le père de Donald Trump, Frederick Christ, dit Fred, est né à New York dans le quartier de Woodhaven et non pas à Kallstadt, en Bavière où est né Frederick Trump (sr.), son grand-père. - Ce Fred Trump (Frederick, jr.) a insisté, surtout après la Deuxième Grande Guerre que sa famille était d'origine suédoise. Voilà ce qui a pu causer une certaine confusion.

Sir Harry «Two Sheds» Ralfsbottom (un pseudonyme), Barking, England

Les neuf fondateurs des Ice Capades représentaient chacun une aréna :

Le Boston Garden (Walter A. Brown)
Le Rhode Island Auditorium (Louis Pieri)
Le Buffalo Memorial Auditorium (Louis Jacobs)
Le Hershey Sports Arena (John Sollenberger)
Le Cleveland Arena (Al Sutphin)
Le Springfield Coliseum (Eddie Shore)
Le Philadelphia Arena (Peter A. Tyrrell)
Le New Haven Arena (Nathan Podoloff)
Le Pittsburgh Gardens (John Harris

 

 

 

Dédicace


Cette édition du Castor est dédiée à :

 
Attention : cette photo pourrait être assujettie à des copyrights

Sweet Emma Barrett
(1897 ou 1898 - 1983)

Pour un court documentaire, cliquet ICI.

 

Le mot de la fin


Lu dans l'édition du 1er juillet 2020 du 
«
Saint-François» (de Salaberry-de-Valleyfield), page 18 :

Une chronique de Yanick Michaud 

Son titre : 

«Sous l'autorité du Diocèse de Valleyfield, la communauté de 
  Saint-Timothée peut à nouveau se réunir» :

«Enfin [!]. Nous avions des demandes pour célébrer des funérailles, des baptêmes, des mariages. - Pour se retrouver, célébrer sa foi et rendre grâce à Dieu pour tout ce qu'ont fait les travailleurs de la santé au cours des derniers mois. - Afin de soigner et sauver la vie de leurs soeurs et frères», explique l'abbé André Lafleur, enthousiaste.

«Nous ne sommes pas faits pour rester seuls. Nous voulons vivre la joie. Se réunir pour célébrer» pouvait-on lire à la fin de cet article où il était précisé qu'«une mention rigoureuse sera[it] portée pour la mise en place de toutes les directives demandées par le gouvernement du Québec. Le port d'un masque, l'usage d'un désinfectant adéquat pour les mains, les déplacements réduits au strict minimum et la distance minimale de 2 mètres en tout temps.»

Nous avons cherché en vain dans cette édition de cet important organe la raison pour laquelle le Diocèse de Valleyfield a dû refuser un certain temps les célébrations ci-dessus mentionnés.

À suivre probablement. 

Notre reporter nous a toutefois signalé que d'importants travaux de restauration de la façade de l'église de Saint-Timothée (patrimoine religieux du Québec) ont été entrepris au cours des derniers mois.

Par ailleurs, nous avons appris que :

Richard Abel

... aurait donné un concert au même endroit en décembre de l'an dernier ou...

«Inspiré par l’époustouflant Liberace qu’il a rencontré personnellement à quelques reprises au début de sa carrière, Richard Abel a choisi d’être spectaculaire sur scène, en présentant des numéros où l’humour et la dextérité sont en complète synergie.»

Nous espérons qu'il sera de retour bientôt.

*

Le site du Diocèse catholique de Valleyfield se trouve à cet endroit.

Celui de Richard Abel à cet autre.

Quant au journal Le Saint-François, propriété de Gravité Media, (spécialité : annonces de chars à vendre), il est distribué gratuitement chaque mercredi dans quelques 70 717 foyers.

 

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Montréal, Québec



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Salaberry-de-Valleyfield, Québec

 

***

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Tour Marshalluk - Quartier Universitaire - Napierville

Téléphone : 88-06 - Sonner deux coups.

Sur rendez-vous seulement

Quackenbush, Blackenship,
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Tour Marshalluk - Quartier Universitaire - Napierville

Téléphone : 88-09 - Demandez Sam.

Sur rendez-vous seulement

 

Autres sites à consulter :


Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro

 

Notes et autres avis :


Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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(Pline le Jeune à son ami Septicus)         )