Volume XXX, n°7 - v. 1.3 Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois Le 2 mars 2020
 

Mars
 

Rue Lippé, Les Coteaux, en face du siège social du Castor™
fin-février 2020

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Sommaire - Chroniques : : Simon Popp - H. Pérec - Jeff Bollinger - Georges Gauvin - Fawzi Malhasti - Paul Dubé - L'extrait du mois - Notes de lectures - Le Courrier - Addenda - Dédicace - Mot de la fin - Publicité - Autres sites à consulter - Notes et autres avis - Numéros précédents...

 
    
Sommaire :

Au programme cette semaine :

Raymond Chandler, John Mortimer, Bernard Pivot, Rodolf Hitler, Raymond Lévesque, Jean-Paul Dubois, Gérard Bessette, Molière, La chanson de Roland, Jussi Adler Olsen, Euripide, John Ruskin, Francis Carco, Raymond Queneau, Dashiell Hammett, Duke Ellington et Benny Goodman [avec un clin d'oeil à Céline Dion]  (Benny Goodman accompagné de Lionel Hampton, Gene Krupa et Teddy Wilson), Sam Spade, Philip Marlow, Humphrey Bogart, l'agence Pinkerton et puis quoi d'autre ? - Nous allions l'oublier : la chatte Francinette.

Bonne lecture !

 

 
 

         Chroniques

 
 
       Simon Popp

Pêle-mêle (ou choses que j'ai apprises en vieillissant)

I - Qu'il est tout à fait inutile d'avoir raison

Je suis convaincu d'avoir eu raison au moins une fois dans ma vie et peut-être deux si je compte la fois où je me suis trompé. Mais je ne me souviens plus ni où, ni quand, ni à-propos de quoi. Tout ce dont je me souviens, c'est qu'on ne ma pas cru. - C'est une chose sur laquelle j'insisterais  s'il me venait à l'esprit d'écrire mes mémoires (3 tomes) sauf que j'aurais beaucoup de difficultés à ne pas confondre les dates, les noms et surtout les faits. - La réalité non embellie par les mensonges et la dissimulation a peu d'attraits.

II - Devant certaines situations, il n'y a qu'une solution : la fuite.

Les meilleurs arguments sont toujours inutiles. Surtout en amour. 

III - Apprendre à parler ne sert à rien.

Jeune, on nous dit de nous taire. Plus vieux, on ne nous écoute pas.

IV - Et puis...

À mon âge, on dit que la mémoire n'est plus ce qu'elle a déjà été. C'est absolument faux : c'est une chose que je note à tous les jours. Mais c'est une excellente excuse pour dire n'importe quoi. - Et de se répéter, surtout auprès de gens qui nous ennuient.

*

Lu :

(Dans «Le métier de lire» (1) de Bernard Pivot :)

«[Fabrice Luchini] présente un danger : donner à croire qu'écrire est facile et que le génie est au bout de chaque stylo ou sur les touches de tous les ordinateurs. Je le soupçonne de susciter de nombreuses envies d'écrire, alors qu'il semble bien, aujourd'hui, en France, que le nombre d'auteurs, publiés et surtout impubliés, dépasse le nombre de lecteurs...»

Ce qui correspond à une autre chose qu'il a dit lors d'une émission d'«Apostrophes» :

«Aujourd'hui, en France, tout le monde publie, sauf... quelques auteurs....» (2)

(1) Folio, Gallimard, 1990, p. 333.

(2) de mémoire uniquement.

*

Ceux dont je me souviens...
(
Première d'un série de chroniques sur ceux qu'on oublie...)

Françoise

Je n'ai aucune idée pourquoi j'ai pensé à elle hier ou serait-ce avant-hier ? Parce que j'ai eu à classer dans mes fichiers, à peu près en même temps, l'avis de son décès et celui d'un ami récemment décédé et dont j'avais perdu la trace... sauf que son avis, celle qui la concernait, datait de trois ans. Elle était à ce moment-là dans sa 87ième année.

Elle s'appelait Françoise et cet avis disait qu'elle avait été :

L'épouse de feu L***, fille de feu Madame *** et de Monsieur ***, laissant dans le deuil ses enfants : R***, Claude*** et Marie-Josée*** ; ses petits enfants : C***, feu K***, F-X***, S***, L***, L*** ; ses arrières-petits-enfants : A***, N***, J*** et Z*** ; sa soeur L*** ; ses beaux-frères et belles-soeurs ainsi que plusieurs neveux et nièces, cousins et cousines, autres parents et ami(e)s)....

Selon le même avis, elle aurait été la soeur de feu L*** (pas la même que celle mentionnée dans le paragraphe précédent), feu F***, feu M***, feu R***. feu C***, feu E***, feu C*** et de feu M***. - Les plus récents décédés, je suppose car elle était d'une famille d'une quinzaine d'«enfants» dont deux disparus en bas-âge.

Je me suis souvenu l'avoir entendu jouer une des Polonaises de Chopin, celle que je déteste (*), car elle était ou aurait pu être une grande pianiste (à ce qu'on m'a dit). Je me suis souvenu également avoir mis des heures à retracer, avec ma grand-mère,  il y a des milliards d'années de cela, la soeur de je-ne-sais-plus-quelle-congrégation qui, à un moment donné, lui aurait enseigné le solfège. C'était à quelque part du côté de Côte Saint-Paul, un des quartiers de Montréal où nous fumes, ma grand-mère et moi, reçut quelque peu froidement.

(*) Celle en la majeur, opus 53.

Je me suis souvenu surtout qu'elle imitait, à chaque fois que je la voyais, une certaine Madame M*** qui était désespérante à entendre parce qu'elle parlait constamment des mêmes chose avec une voix plutôt nasillarde et traînante...

C'est une chose qu'elle faisait parce que, quand elle le fit la première fois, j'avais ri pour lui faire plaisir.

Je me suis souvenu, en plus, que, côté pianistique. elle aurait joué dans divers établissements où, selon la formule consacrée, l'on aurait servi des boissons fermentées et distillées... pour gagner sa vie.

C'était la plus jeune de mes cent soixante tantes, car on ne parlait jamais de certaines d'entre-elles qu'au demeurant je n'ai jamais connues, ni celles mortes en bas-âge, sauf une qui serait décédée au cours d'un incendie, une chose que j'ai apprise d'un grand oncle qu'on disait cependant simple d'esprit.

Curieusement, parce que, apparemment, c'est la première chose qu'on oublie d'une personne disparue, le son de sa voix m'est revenue en tête.

«Tiens, que je me suis dit, elle vit toujours puisque je pense encore à elle.»

Simon

      Herméningilde Pérec


Pauvre petite bête

Depuis quelques jours elle vient souvent dormir sur ma table de travail, sous la lampe, près d'un vieil encrier, avec un vieux livre de poésie qui lui sert d'appuie-tête.

Parfois, je l'entends ronronner.

Souvent, elle ne fait que me regarder, comme pour remercier ou je ne sais trop quoi.

J'ai connu sa mère et puis sa grand-mère qui reposent toutes les deux près du vieux peuplier où je vais m'asseoir l'été quand il fait chaud. L'hiver, je crois qu'elles n'ont pas froid. Dans leur petits cercueils, bien au chaud, loin de la triste neige, là où la terre ne gèle pas.

Treize ans qu'elle a. Pour un chat, c'est l'équivalent de 91 années, l'âge que j'aurai bientôt, si Dieu me prête vie jusque là.

Oh, elle n'a plus l'énergie qu'elle avait lorsqu'elle sautait d'un seul bond de mon pupitre jusqu'en haut de la bibliothèque. Elle se contente aujourd'hui d'un vieux fauteuil où il est défendu à qui que ce soit de s'asseoir.

Francinette qu'elle s'appelle et j'ai bien peur que, regardant la neige tomber par la fenêtre du salon, ce sera son dernier hiver.

Et la voilà qui se réveille ; qui s'étire ; qui me salue de sa petite patte qui vient effleurer ma main..

C'est l'heure de son goûter.

H. Pérec

       Jeff Bollinger


I.A. ou A.I.
(Pour une fois que je suis sérieux...)

Je suis très content que Copernique menrionne ce mois-ci, dans sa série sur les romans policiers, qu'il abordera bientôt la question de la traduction de ceux écrits dans la langue dite «américaine» qui, dans la plupart des discussions, se limitent à savoir si l'on doit écrire «tyre» plutôt que «tire» ou appeler le capot de voiture «hood», comme aux États-Unis, ou «bonnet», comme on le fait en Angleterre ; ou, si vous préférez «vidanger le carter» plutôt que «changer l'huile» [de sa voiture], «stop» à «arrêt» et autres vétilles du même genre.

Simon a déjà abordé ce sujet via Raymond Queneau (
dans diverses chronique publiées notamment en août 2014 et en janvier 2016.), Raymond Queneau qui écrivait en 1950, qu'«Il pourrait sembler qu'en France...» (*)  

(*) «... il y ait des questions plus urgentes ou plus vitales que celle de la Défense de la Langue Française. Pourtant un certain nombre de journaux ou hebdomadaires consacrent une ou plusieurs colonnes d'une façon régulière à la dite défense. Je ne trouve pas le propos futile, mais il me semble que l'entreprise est en général marquée par l'esprit de défaite, car c'est toujours du point de vue de la défensive qu'une pareille défense est faite et cette défense se réduit toujours à des “défenses” et à des interdictions. On ne pense qu'à entretenir, conserver, momifier. C'est du point de vue de l'offensive qu'il faut défendre la langue française, si l'on peut encore employer ce mot car depuis le Serment de Strasbourg ne l'applique-t-on pas à des langages qui sont devenus pour nous à peu près incompréhensibles ?» (Bâtons, chiffres et lettres - Collection Blanche - Gallimard)

Non pas que je veuille repartir ce débat qui implique des plus-durs-que-durs (ultra-puristes) qui parle de l'historique, de l'unicité ou de la beauté [de la française langue] et des laissez-le-français-évoluer qui sursautent à la moindre utilisation du plus-que-parfait-du-subjonctif que «le ridicule est en train de tuer» (comme ils disent).

 Non, mais je tiens à souligner le lien entre ce genre de discussions et ceux concernant l'A.I. ou l'I.A. (l'Artificial Intelligence ou l'Intelligence Artificielle) ou les interlocuteurs ne s'entendent pas sur la définition du mot «intelligence».

En ce qui me concerne, ma cafetière est intelligente de même que le chauffage de la maison où j'habite avec ma famille : l'un et l'autre savent qu'il doivent se mettre en marche et s'arrêter à un moment précis de la journée ou lorsque la température atteint certains niveaux... parce que je les ai programmés en ce sens. D'où une simple question : où finit l'intelligence «naturelle» et où commence «l'artificielle» ? 

Mais d'abord et avant tout : «Qu'est-ce que l'intelligence ?», celle que l'on mesure avec d'absurdes tests dont le résultat est un nombre qui indique un certain «Quotient Intellectuel» ou le fait qu'un enfant peut apprendre à parler sans avoir appris certains éléments essentiels d'une langue comme la définition de certains mots ou les premières principes d'une hypothétique grammaire ? 

Je veux bien qu'on me parle d'«Intelligence Artificielle», mais qu'on m'explique d'abord si c'est : 

1) une question de mémorisation et d'actes à accomplir (ou de gestes à poser),

2) d'un processus de décision basé sur de multiples choix (un diagnostique médical, par exemple), 

3) la conception de normes à suivre pour apprendre de nouveaux concepts, 

ou, ce qui semble être le plus à craindre de parts et dautres :

4) un processus décisionnel émanent d'une sorte de connaissance au-delà de ce que nous appelons... la morale, les vertus, l'empathie ou tout autre concept tout aussi indéfinissable qui semblent n'avoir aucun rapport avec une certaine «intelligence» ?

Moralité, vertu, empathie, croyance :

Est-ce intelligent d'observer dix commandements dont on ne connaît à peu près pas l'origine et qui, entre autres, stipule qu'on ne doit pas tuer son prochain ? (Comme si avant leur existence, il n'était pas du domaine de l'intelligence de savoir instinctivement [?] que ce n'était pas une chose à faire ?)

La question à se poser, quand on parle de - disons appareils - qui sauront penser de façon plus intelligente que nous le faisons, s'il faudra leur inculquer ou leur enseigner d'autres principes que deux et deux font quatre... 

Pour le moment, je m'en tiens à ma cafetière, aux voitures autonomes, aux ordinateurs qui peuvent battre les grands maîtres aux échecs.

De la même façon que Copernique refuse de considérer la traduction de romans policiers écrits «à l'américaine» comme étant une simple question de vocabulaire et de choix entre diverses expressions en provenance d'un monde différent, il m'apparaît évident qu' il faudra essayer de comprendre et saisir les nuances d'intelligences différentes plutôt que de les adapter à celle qui est la nôtre.

Jeff

P.-S. :  Une question à propos du premier des dix commandements mentionnés ci-dessus : en stipulant qu'il n'y a qu'un Dieu à adorer, celui qui les a rédigés, cela n'implique-t-il pas, de sa part, qu'il pourrait y en avoir d'autres ?

 


Beau temps, quand reviendras-tu ?

Est-ici que j'ai lu il n'y a pas longtemps l'histoire d'un bonhomme, petit, pas trop beau, chauve et bedonnant... qui, se regardant un jour dans un miroir juste avant de se raser, leva les yeux vers le ciel et dit : «Non, mais quand même, vous ne trouvez pas que les lunettes, c'était de trop ?» - Je crois bien que oui. - Je veux dire par là que je crois bien que c'est ici que j'en ai entendu parler.

Anyway, j'ai pensé à lui récemment, Trois fois de suite.

À déneiger l'entrée de la maison, à déglacer mon pare-brise et voir une épaisse couche de glace tomber en une large plaque du toit de ma voiture.

Deux fois dans la même semaine.

Et puis, deux jours après, rentrer à la maison les pieds gelés dans des bottes mouillées de quoi prendre la nuit à sécher car le mercure était monté au-dessus de zéro et qu'il avait fait soleil toute la journée.

J'ai levé les yeux, comme le monsieur que je viens de mentionner, et j'ai dit : «Non, mais vous pourriez vous faire une idée ?»

Et tandis que j'y suis : «Simon, Copernique, Jeff... Arrêtez de me demander ce que je lis ces temps-ci.»

Georges

 

        Fawzi Malhasti


Texte choisi

Chanson tendre

Comme au beau jour de nos vingt ans
Par ce beau matin de printemps
J'ai voulu revoir tout là-bas,
L'auberge au milieu des lilas.
On entendait sous les branches,
Les oiseaux chanter dimanche
Et ta chaste robe blanche,
Paraissait guider mes pas.

Tout avait l'air à sa place,
Même ton nom sur la glace,
Juste à la place où s'efface,
Quoi qu'on fasse, 
Toute trace.
Et je croyais presqu'entendre
Ta voix tendre murmurer
«Viens plus près.»

J'étais ému comme autrefois
Dans cette auberge au fond des bois,
J'avais des larmes pleins les yeux
Et je trouvais ça merveilleux.
Durant toute la journée,
Dans la chambre abandonnée
Depuis tant et tant d'années
Je nous suis revu tout deux

Mais rien n'était à sa place
Je suis rester tête basse
À me faire dans la glace
Face à face
La grimace...

Enfin j'ai poussé la porte...

Pourtant... 
Quand descendit le soir
Je suis allé tout seul m'asseoir
Sur le banc de bois vermoulu
Où tu ne revins jamais plus
Tu me paraissais plus belle
Plus charmante et plus cruelle
Que tous celles
Pour qui mon coeur a battu

Et je rentrai l'âme lasse
Chercher ton nom sur la glace
Là où s'efface toute trace...

Francis Carco (1886-1958)

Fawzi

 

         De notre disc jockey - Paul Dubé


Quand on est pas intelligent...

Cette boutade que Simon utilise régulièrement («Quand on n'est pas intelligent... et désorganisé...») est en train de faire le tour de la maison. Copernique me l'a refilée l'autre jour et je crois l'avoir entendu il n'y a pas longtemps de la bouche même de Madame Gauvin...

Elle ira loin. - La boutade et Madame Gauvin aussi, naturellement.

J'ai même pensé m'en servir cette semaine car, ayant mis de côté une foule de notes sur Bob Dylan, j'avais prévu ajouter un addendum à ma chronique du mois dernier sur ses plus ou moins récents enregistrements, sauf que... je ne les retrouve plus. Je crois les avoir laissées dans l'ordinateur à mon bureau.

En attendant que je les retrouve, voici un extrait de ce que j'écoutais dans mon auto en entrant ce soir. Sur le stationnement de l'autoroute vingt. Celui entre l'échangeur Turcot et de l'échangeur de Ville Saint-Pierre. - Vous n'aurez aucune difficulté à savoir que vous êtes dedans : il est bordé de cônes oranges

Ça a été enregistré il y a une soixantaine d'années par un petit ensemble extrait de l'orchestre de Duke Ellington. Un hit des années vingt : Avalon (créé par Al jolson).

En existe une version magnifique par un quatuor autour de Benny Goodman (accompagné de Lionel Hamton, Gene Krupa et Teddy Wilson) lors de son concert au Carnegie Hall en 38.

Cliquez sur la : Second

Ce qui me fait penser...

Quelle musique (d'aujourd'hui) écoutera encore un homme de mon âge dans soixante ans ?

Vous avez une idée ?

Et ne me dites pas Céline Dion.

paul

 

 

L'extrait du mois


Souvenirs d'un ex-détective privé (de l'agence Pinkerton) :

1. Souhaitant obtenir des informations de la part des membres du W.C.T.U. (Woman's Christian Union) dans une petite ville de l'Oregon, je me suis présenté, un jour, comme étant le secrétaire de la Butte Civic Purity League et j'ai dû assister à une rencontre où pendant deux heures un type a dit n'importe quoi sur les effets érotiques des cigarettes sur les jeunes filles. - Plus tard, j'ai appris que mon voyage dans cet état avait été complètement inutile.

2. Un homme que je suivais s'est égaré un jour en prenant une marche. J'ai dû lui indiquer comment rentrer chez lui.

3. Le cambriolage de domicile est probablement l'activité la moins rémunératrice au monde. Je n'ai jamais connu un cambrioleur qui parvint à y gagner sa vie. D'ailleurs, peu de criminels sont indépendant de fortune, à moins d'avoir une activité légitime quelconque. La plupart d'entre eux vivent des revenues que leurs femmes peuvent générer.

4. Je connais un agent qui, tout en cherchant des voleurs à la tire sur le circuit de course du Havre de Grace, s'est fait voler son portefeuille. Il est devenu plus tard un fonctionnaire d'une agence de détectives privés dans l'Est des États-Unis.

5. Trois fois, on m'a pris pour un agent de la prohibition, mais je n'ai jamais eu aucun problème à prouver que j'en n'étais pas un.

6. Emmenant un prisonnier d'un ranch près de Gilt Edge, au Montana, à Lewistown, une nuit, mon auto est tombée en panne et nous avons dû y rester jusqu'au matin. Le prisonnier, qui fermement m'avait affirmé son innocence, n'était vêtu que d'une salopette et d'une chemise. Après avoir frissonné toute la nuit, son moral était au plus bas, et je n'ai eu aucune difficulté à obtenir de lui une confession complète en marchant vers le ranch le plus proche, tôt, le lendemain matin.

7. De tous les hommes détournant des fonds de leurs employeurs et avec qui je suis entré en contact, je ne me souviens pas plus qu'une douzaine de personnes qui fumaient, buvaient ou avaient l'un des vices auxquels les sociétés de réhabilitation sont si intéressées.

8. J'ai été une fois faussement accusé de parjure et j'ai dû me parjurer pour échapper à une condamnation inévitable.

9. Un responsable d'une agence de détectives à San Francisco a, il y a longtemps,  substitué "véridique" à "vorace" dans l'un de mes rapports prétendant que le client pourrait ne comprendrait pas ce mot. Quelques jours plus tard dans un autre rapport, il a remplacé "simulé" par "vif" pour la même raison.

10. De toutes les nationalités qui font face à la justice pénale, le Grec est le plus difficile à condamner. Il nie tout ce qu'on lui reproche, même si la preuve est concluante ; or rien n'impressionne un jury comme une simple déclaration d'innocence, indépendamment de son improbabilité inhérente ou de son absurdité évidente, même devant des preuves écrasantes.

11. Je connais un homme qui forgerait n'importe quelle empreinte digitale pour 50 $.

12. Je n'ai jamais connu un homme capable d'exercer un travail de premier ordre dans un métier, une profession ou un art, qui était un criminel professionnel.

13. Je connais un détective qui a déjà tenté de se déguiser. Le premier policier qu'il a rencontré l'a arrêté.

14. Je connais un shérif adjoint dans le Montana qui, s'approchant de la cabine d'un homesteader pour l'arrestation pour laquelle il avait un mandat, a été confronté par le homesteader avec une carabine à la main. Le shérif adjoint a sorti son revolver et a essayé de tirer au-dessus de la tête du chef de famille pour l'effrayer. La portée était longue et un vent fort soufflait. La balle a fait tomber l'arme des mains de celui qu'il voulait arrêter. Avec le temps, ce shérif adjoint a fini par accepter la réputation d'expertise que lui avait donnée cet incident, et il a non seulement laissé ses amis l'enregistrer à un concours de tir, mais a parié tout ce qu'il y ferait un malheur. Lorsque le concours a eu lieu, il a complètement raté la cible avec ses six tirs.

15. Une fois à Seattle, la femme d'un escroc fugitif m'a proposé de me vendre une photo de son mari pour 15 $. Je savais où je pourrais en obtenir un gratuitement, donc je ne l'ai pas acheté.

16. Une fois, j'ai été engagé pour libérer une femme de ménage aux prises avec ses employeurs.

17. L'argot utilisé par les criminels est généralement inventé de toutes pièces pour confondre les étrangers, mais il est parfois singulièrement expressif : par exemple, «Two-Time looser» (Deux fois perdant) est quelqu'un qui a été condamné deux fois et «A man gone to read and write» (un homme [qui s'est absenté pour] «lire et écrire») est quelqu'un à qui on a conseillé de s'éloigner un certain temps.

18. L'art du pickpocket est, de tous les activités criminelles, la plus facile à maîtriser.  Quiconque ne souffrant pas de paralysie peut en devenir un adepte en une journée.

19. En 1917, à Washington, D.C., j'ai rencontré une jeune femme qui ne m'a pas fait la remarque que mon travail devait être très intéressant.

20. Lorsque le criminel essaie pas d'effacer ses empreintes digitales d'un endroit où il a commis un crime, il en laisse généralement partout,

21. Le chef de la police d'une ville du Sud m'a donné une fois la description d'un homme ayant, entre autres, une verrue au menton, mais a omis de me mentionner qu'il était manchot.

22. Je connais un faussaire qui a quitté sa femme parce qu'elle avait appris à fumer alors qu'il était de prison.

23. Juste après "Dr Jekyll et M. Hyde" se trouve "Raffles" dans la presse quotidienne. L'expression "gentleman cambrioleur" lui est attribuée à la moindre occasion. Un portrait composite de la noble personne à qui les journaux ont attribué ce titre est un buveur invétéré et il possède un grand fer à cheval de faux diamants qu'il porte au cou sur une chemise généralement souillée en dessous d'un noeud papillon crasseux et, quand il regarde ses victimes, il leur dit : "Ne vous en faites pas. Je ne vais pas vous péter la gueule , je ne suis pas un trou-de-c..."

24. Le détective le plus intelligent et le plus futé que j'ai connu était d'une myopie extrême.

25. Des grandes villes aux communautés rurales les plus reculées, on constate une diminution constante du pourcentage de délits liés à l'argent et une augmentation proportionnelle de la fréquence des rapports sexuels en tant que motif criminel.

26. En surveillant un homme recherché, une nuit, sur un porche d'un relais routier dans le nord de la Californie, le toit sur lequel je me trouvais s'est effondré et je suis foulé une cheville. L'homme qui me surveillait est sorti, s'est occupé de me mettre à l'abri, de bander ma blessure et puis s'est enfui.

27. La principale différence entre le problème exceptionnellement épineux auquel est confronté le détective de fiction et celui auquel est confronté le véritable détective est que, dans le premier cas, il y a généralement peu d'indices et, dans le second, trop.

28. Je connais un homme qui a déjà volé la grande roue lors d'un carnaval.

29. Que le contrevenant soit invariablement appréhendé tôt ou tard est probablement le moins contesté des mythes existants. Et pourtant, les fichiers de chaque bureau de détective regorgent de dossiers de mystères non résolus et de criminels non capturés

Dashiell Hammet, «Memoirs of a private detective» paru dans Smart Set, en mars 1923.

Tradaptation : Madame Fawzi Malhasti

 

Book Review - Lectures


Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables critiques au sens de «jugements basés sur des mérites, défauts, qualités et imperfections». Ils se veulent surtout être de commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui les signe désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction du Castor™ ni celle de l'Université de Napierville.

Romans policiers - 5

Pour mes quatre premiers commentaires, voir ICI.

***

Trois sujets retiennent mon attention depuis que j'ai commencé à écrire sur les romans policiers (et surtout les relire) : 1) les maîtres dans le domaine, 2) les différences linguistiques et de culture entre les romans en provenance des États-Unis, l'Angleterre et la France et surtout les personnages de policiers ou détectives issus de ces régions et 3) l'apport du cinéma dans la littérature dite policière.  

Après Sherlock Holmes, Dashiell Hammet, voici, aujourd'hui, le troisième de ceux qu'on pourrait qualifier de «créateurs des détectives ou policiers contemporains».

(Ne vous en faites pas, je reviendrai tôt ou tard sur Simenon et Agatha Christie de même que leurs contemporais et descendants.)

Messieurs, dames, pour ce cinquième volet, laissez-moi vous présenter :

Raymond Chandler

Si Dashiell Hammett - qui a fait l'objet du dernier volet de cette série de chroniques sur les romans policiers  - a incontestablement été celui qui «a contribué à retirer le meurtre des mains de la haute bourgeoisie anglaise et le remettre dans celles de ceux qui savaient s'en servir correctement, c'est-à-dire les véritables criminels», Raymond Chandler fut celui qui donna à tout ce beau monde, par un juste retour des choses, ses lettres de noblesse.

Rappelons que Hammett a cessé à peu près d'écrire à l'âge de 40 ans, en 1934, tandis que Chandler fit ses véritables début dans le roman dits hard-boiled, en 1939, à l'âge de 44 ans.

On pourra en apprendre plus sur ce dernier en lisant les biographies qui se trouvent en une dizaine d'exemplaires sur Internet. Celle que nosu trouvons sans reproche et que nous recommandons est celle qui se trouve dans l'encyclopédie Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Chandler

Mais avant de verser dans une série de dates, de commentaires et de faits sans importance, nous vous suggérons de lire ce qu'il écrivit lui-même en réponse à son éditeur anglais (britannique) en 1950 et que nous joignons en annexe : dans sa version originelle anglaise et en tradaptation que Madame Malhasti a bien consenti à nous en faire :

Raymond Chandler's letter to his English Editor - Nov. 10, 1950

suivi d'une tradaptation:

Lettre autobiographique de Raymond Chandler

On y apprendra dans ce ou ces document(s), que Chandler, entre autres. tout en étant ironique,  se considérait plus qu'un simple écrivailleur de «romans policiers», qu'il détestait le monde hollywoodien et qu'il avait un parfait dédain de la littérature  «haute gamme», mais qu'il aurait voulu être un écrivain à part entière. C'est d'ailleurs la raison - ce qui n'y est pas mentionné - pour laquelle il choisit de changer d'éditeur en 1949, d'Alfred A. Knopf, un éditeur new-yorkais qu'il considérait peu sérieux, à Hamish Hamilton de Londres, celui à qui il écrit la lettre ci-dessus, et qui comptait alors, parmi ses clients, Camus, Sartre, Simenon... et plusieurs autres auteurs du même calibre, anglophones et... russes.

Mais les vies et les tracas d'écrivains de Dashiell Hammett et de Raymond Chandler sont sans importance. 

D'eux, il faut retenir deux noms : Sam Spade et Philip Marlowe ; et, lorsque nous parlerons de cinéma, d'un troisième qu'il faudra immédiatement oublier : Humphrey Bogart qui a incarné les deux premiers à l'écran et les a sans doute rendus plus populaires que leurs versions écrites car ni Sam, ni Philip avaient la moindre ressemblance avec les créatures cinématographiques que la vedette de The Maltese Falcon (troisième adaptation, en 1941) et de The Big Sleep (première adaptation, en 1946) en a faites. - Mais, comme nous venons de le dire, nous y reviendrons.

Pour le moment, il faut ajouter ces deux noms à la liste des plus célèbres personnages de polars parmi lesquels il faut classer Sherlock Holmes (il va sans dire) et auxquels nous ajouterons éventuellement, facile d'en prévoir les noms : Hercule Poirot, Jules Maigret, Miss Marple... mais surtout, dans la catégorie des hard-boiled, Mike Hammer.

Pour le moment, ce qui distinguera Raymond Chandler de tous, sauf peut-être Simenon, ce sera son style littéraire que nous traiterons dans notre prochain volet, sous le thème de l'impossibilité de l'adapter dans une autre langue, particulièrement le français.

À+

Copernique

 ***

Plan de lecture

Note :

Je ne sais pas si ce qui suit sera incorporé dans la section de ma - ou plutôt de mes - chroniques habituelles ou dans la section «Lecture» de ce ou d'un prochain Castor™. Je laisse ce choix à la direction. Tout ce que je peux ajouter, c'est que de la lecture, je vais sans doute passer à autre chose et peut-être même plusieurs autres choses. Je m'en excuse à l'avance.

À mon ami qui vit en face du Parc Lafontaine :

Vous le savez déjà : je lui ai souvent reproché souvent de ne pas avoir de «plan de lecture». Sauf que ce n'est pas vrai. Je ne lui ai rien reproché, je n'ai fait que lui suggérer que, pour avoir un vrai plaisir à lire, il faut planifier ses lectures autour de thèmes qui nous plaisent et chercher de différentes façons (critiques, recommandations, recherches personnelles, etc.) des écrits qui, d'une part, nous plairont et, d'autres parts, nous feront connaître des thèmes similaires tout en nous en nous faisant découvrir des aspects de la vie [sic] qu'autrement, nous ne pourrions pas connaître.

Je pensais à tout cela vers la fin du mois dernier quand, faisant l'inventaire de ce que j'avais lu dans les semaines précédentes, je me suis mis à rire en me demandant si j'avais moi-même un plan quelconque.

Juger vous-même. - Voici, en vrac, mes récentes lectures :

Le métier de lire de Bernard Pivot ; une suite de réponses qu'il a bien voulu donner à l'historien Pierre Nora suite aux émissions finales d. Apostrophes et de Bouillon de culture (Folio, 2001) - J'en cite un passage un peu plus loin (ou serait-ce un peu plus haut ?). - Toujours intéressant de lire ou d'entendre Pivot, sauf qu'il me faut ajouter quelque chose : je n'ai jamais regardé ses émissions. Parait qu'il il en a eues des particulières. Une avec Denise Bombardier, à ce qu'on m'a dit ; puis une autre avec Bukowski. Je regrette, mais les écrivains que j'ai connus et que j'ai trouvés fascinants (il y en a donc eu qui ne l'étaient pas du tout) n'étaient pas du genre à se faire inviter par les producteurs des émissions de Pivot. - Est-ce que Kerouac a déjà été interviewé par Pivot ? Il le fut par Séguin... À l'émission Le sel de la semaine, en '67. Vous vous en souvenez ? - C'est disponible sur Radio-Canada.

(Cliquez sur chaque photo pour en voir une version plus nette.)

L'espoir n'est pas un nuage qui descend du ciel, un recueil de poèmes de Raymond Lévesque (Lanctôt Éditeur, 1997) - Rien de nouveau et pas plus mal écrit que ses textes antérieurs. mais Raymond Lévesque, qu'a-t-il écrit au-delà de Quand les hommes vivront d'amour et Bozo les culottes ? - Ah ce que ma culture est déficiente !

Une bonne cinquantaine de pages supplémentaires de Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (Prix Goncourt 2019 !) qu'un ami m'a suggéré et que j'ai promis - je ne sais pourquoi - de lire. - Du somnifère en papier. (Éditions de l'Olivier, 2019) - Même éditeur que sa Succession dont j'ai déjà parlé ici, je crois. - Sympathique en personne, à - toujours - ce qu'on m'a dit, mais de là à gagner le Prix Goncourt, y'a de quoi se méfier...

Une quatrième nouvelle tiré de La garden-party de Christophine de Gérard Bessette (Québec Amérique, 1980) - Je peux comprendre qu'à un moment donné, ce genre de livre a pu être considéré comme nouveau (?), mais quarante ans plus tard, je n'en vois pas non seulement la nouveauté, mais l'utilité, même historique.

The Big Sleep (Le grand sommeil) de Raymond Chandler, en anglais et en français (dans la version standard américaine - Alfred A. Knopf, 1939 - et dans Folio, 1948, impression de 2013). - De ça, vous entendrez parler beaucoup le mois prochain suite à une étude de sa traduction (et quelques autres traductions qu'on a faites de Chandler) que j'ai partagée avec Copernique.

Une introduction à La Chanson de Roland par un certain Fernand Flutre (alors professeur à la faculté des lettres de l'université de Lyon) et une autre introduction, celle au Malade imaginaire de Molière par René Vauboudolle (ancien élève de l'École normale supérieur et agrégé), les deux dans la la collection Classiques illustrés, Librairie Hachette (1935). - De ces deux livres, j'ai retenu, à la fin, trois sujets de compositions françaises proposées au Baccalauréat : 

«On a dit de La Chansond de Roland qu'elle était notre Iliade. Que pensez-vous de ce jugement ?» (Bacc. Dijon 1928) ; 

«Montrez, au moyen d'exemples que vous choisirez dans les comédies du XVIIe et du XVIIIe siècle et que vous commenterez, en quoi consiste les espèces de comique que l'on distingue habituellement : comique de gestes, de mots, de situations, de caractères.» (Bacc, Rennes, 1932) ; 

«Vous supposerez que Boileau écrit à Racine pour lui annoncer la mort de Molière.» - (Bacc, Lyon, sans date)

Pauvre littérature ! - Dire qu'on a essayé à m'intéresser à elle via La Chanson de Roland. J'en étais à Biggles à ce moment-là... Heureusement tous les profs de littérature par lesquels je suis passé n'ont jamais réussi à m'enseigner quoi que ce soit !

                         

Les premières parties de Miséricorde de Jussi Adler Olsen (Albin Michel, 2007, 2011). - De ce roman, je me réserve un jugement qui suivra plus tard. So far so good, cependant. - Structure fort réussi. - Dire que j'ai déjà rencontré ce Jussi Adler Olsen. En servant d'interprète français-anglais entre lui, son épouse et la représentante de son éditeur français. - Avoir su... - Mais comme je le répète souvent : «Quand on n'est pas intelligent et désorganisé...». - Qui sait ? Je deviendrai peut-être un de ses fans.

Et, mais alors là, par accident, la première moitié d'Iphigénie à Aulis d'Euripide dans deux mauvaises traductions dont je n'ai pas pris la peine de noter les auteurs. Je dis mauvaises traductions car il m'est paru évident que dans les deux que j'ai lues, il y avait des contradictions mais surtout des passages exclues ici dans l'une, ailleurs dans l'autre. - Mon regret dans la vie ? C'est de ne pas avoir appris le grec ancien. Je m'y suis mis, il n'y a pas longtemps, mais, à mon âge, je me suis dit, devant les incommensurables difficultés à déchiffrer ne serait-ce que les lettres et donc les mots dans un dictionnaire, qu'il était... trop tard. - Mais... le côté tragique des Grecs, je ne l'ai jamais retrouvé ailleurs.

Cela étant dit :

À d'autres amis qui me trouvent sectaire, intransigeant et doctrinaire
(Par rapport à des choses comme celles que je viens de mentionner)

Ayant démontré, je l'espère, dans la section précédente, que si j'ai un plan de lecture, je ne le suis pas de près, je voudrais ajouter un mot que j'ai déjà cité, plus d'une fois je crois. Elle est d'un de mes écrivains favoris, John Ruskin (je paraphrase, inutile de le mentionner) :

«Quels que soient les livres que vous lisez, qu'ils soient des classiques, des bestsellers, qu'ils soient de la littérature populaire ou issus de prix prestigieux, il y a une chose sur laquelle vous me donnerez raison : c'est qu'il existe des bons et des mauvais livres !»

Il en est de même des tableaux, des sculptures, des tapisseries et plus prosaïquement des papiers-peints, des vêtements, des plats qu'on nous sert dans les restaurants, de la musique, des émissions de télé et des films.

Et si, par hasard, je trouve moins passionnant que vous un livre que vous venez de terminer, ne me traitez pas de sectaire, d'intransigeant ou de doctrinaire. Vous l'êtes tout autant en m'accusant de ne lire que des «classiques» .

Tiens, justement, ce matin, je pensais à vous, en regardant un Nestor Burma de Léo Mallet. - En vedette : Guy Marchand ! Un classique ?

Simon

 

Le courrier


Herr Gabriel Gottlied-Schmitz, Baruei-SP, Brésil

Un lointain cousin d'Adolf Hitler prénommé Rodolf aurait été un pédéraste notoire. La honte de faire partie d'une famille ayant en leur sein un être d'une telle réputation, la plupart des Hitler d'Autriche et d'Allemagne n'ont, en effet, pas hésité à légalement opter pour changer leur nom de famille peu après 1945.

M. Mohammad Howells, Mafikeng, Afrique du Sud

Ceci :

Ms Maja L. Thygesen, Helsinki, Finlande

Kodak, Excite, Blockbuster, Nokia, Xerox Computing.

M. Tristan Loiselle, Toronto, Ontario

The Newfoundland Collapse of Bridges and Sinking of Irregular Ferries Insurance Company, 67 Off Street, St-John.

 

        Dédicace

Cette édition du Castor est dédiée à la mémoire de :

 
John Huston

(1906-1987)


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         Le mot (et la photo) de la fin

 

«L'homme vient au monde libre, mais passe sa vie enchaîné...»

- John Mortimer, auteur de Rumpole of the Bailey

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