Vol. XXXIII,  n° 5 - v. 1.0 Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois Le mardi 3 janvier 2023
 
Édition +/- finale
(Voir notes)

Janvier


Votre première visite sur le site de l'Université de Napierville ?

Lisez cette page : Un monde à découvrir

Ce numéro :

À noter :

Que ce numéro paraît exceptionnellement un mardi et qu'il n'a pas pu être complètement révisé à cause d'une panne électrique qui a paralysé nos installations pendant toute une journée.

Bonne lecture  !

Éditorial  

Bonne année ?

Depuis longtemps, à l'Université de Napierville, nous avons perdu la notion de ce que pouvait être un Nouvel An, non seulement un Nouvel An, mais un Jour de l'An ; comme si, sur la translation que fait l'insignifiante planète sur laquelle nous vivons autour d'une étoile tout aussi insignifiante, avait débuté un jour précis et que les êtres que nous sommes, intelligents comme nous l'étions à l'époque, allaient s'en souvenir jusqu'à la fin des temps.

Combien de fois avons-nous répété, ici, qu'aux dernières nouvelles Jésus-Christ était venu au monde quatre ans avant lui-même ? C.Q.F.D.

Vous y croyez, vous, au Nouvel An ?

Alors bonne année, mais ne nous en demandez pas plus.

Comme disait le Professeur le jour de son récent anniversaire : «Quelle joie, ce matin, quand je me suis aperçu que j'allais avoir, plus tard, ce soir,  un jour de plus qu'hier et même deux par rapport à avant-hier !»

La direction

 
Chroniques  

Les chroniques précédentes de nos correspondants pourront être
à nouveau consultées quand elles auront été révisées et reclassées.

    Simon Popp  

Aussi loin que...

Avant-propos 

On  m'a dit de ne pas oublier de vous souhaiter, chers lecteurs et chères lectrices, une Bonne année, le Paradis à la fin de vos jours, le Succès dans vos études ou la Réussite dans vos affaires PLUS tout ce que vous désirez, y compris la Santé et le Bonheur.

Voilà, c'est fait. Maintenant, passons à quelque chose de plus sérieux.

Aussi loin que je puisse me rappeler de mes études...

... je n'y vois qu'un profond ennui, la sensation d'un immense temps perdu sauf les moments où, entre camarades, il nous arrivait de parler de la musique que nous écoutions, des livres que nous lisions ou des films que nous avions été voir la semaine précédente. 

À bien y penser, c'est grâce à eux que j'ai pu apprendre, par exemples, qu'il y avait autres choses que : ces insipides poèmes de Sully Prud'homme (*) qu'on nous faisait lire et commenter en classe ; des styles d'écriture différents de ceux d'Anatole France ou de Prosper Mérimée ; des chansons beaucoup plus intéressantes que ceux de l'abbé Gadbois ; que le Some Like it Hot de Billy Wilder était - et de très loin - meilleur que Les Dix Commandements de Cecil B. De Mille... - Dois-je continuer ?

(*) Je n'ai rien contre Sully Prud'homme (sauf qu'il a été le premier récipiendaire du Prix Nobel de la Littérature) mais quand, à dix-sept ou dix-huit ans, l'on pouvait entendre chez un ami Baudelaire chanté par Léo Ferré...

Je ne sais pas si les choses ont changé, mais je soupçonne que l'éducation consiste encore et toujours à essentiellement supprimer la curiosité qui est à la base même de la connaissance. C'est ce qui permet à des gens, même sains d'esprit, de dire n'importe quoi sur... 

Tenez :

Vous savez, si vous m'avez déjà  lu, ne serait-ce qu'une fois ou deux, que je ne m'intéresse pas du tout à la politique. Pourquoi ? Parce que, quel que soit le pays dans lequel on vit, ce que vous en dit n'a aucun rapport avec la réalité.

Or, je me suis intéressé au cours des derniers semaines sur ce qui se passe en ce moment aux États-Unis pour savoir si ceux qu'on interview dans la rue savaient de quoi ils parlaient. - Un acte de pure optimisme.

La plupart d'entre-vous ne me croiront pas quand je leur aurai dit, par exemple, que j'ai lu depuis plusieurs jours une bonne partie du rapport du Comité Spéciale de la Chambre des Représentants sur ce qui s'est passé le 6 janvier 2021 à proximité de - et même à l'intérieur de - l'édifice du Capitol à Washington : un document de plus de 800 pages dont l'"Executive Summary" en fait 175 à lui tout seul. Non seulement ai-je lu ce "Summary", mais je suis même penché, et beaucoup, sur les transcriptions des questions et réponses de plus importants témoins qui ont comparu devant ce comité (il y en a eu plus de 1,000 [1,200, j'ai entendu ce matin])  :  Cassidy Hutchinson, Bill Barr, Ivanka Trump, John Eastman, Michael Pompeo, Pat Cipollone, etc. - J'ai même regardé à la télé je-ne-sais-plus-combien d'émissions (nouvelles ou autres) sur ce 6 janvier.

(J'ai eu le temps : voir le post-scriptum.)

J'ai également pris connaissance, entre autres, des rapports d'impôt de l'ex-président Donald Trump  que l'on vient finalement de dévoiler, du nombre de documents confidentiels qu'on a retrouvé dans la résidence de cet ex-président, des démêlés qu'il a présentement avec la justice, etc.

Et vous savez ce que j'ai appris ?

Que les Américains, règle générale, ont un système d'éducation qui leur a fait perdre toute la curiosité qu'ils pouvaient avoir car ils ne se posent aucune question sur :

  • le fait que chaque état américain a deux représentants au Sénat, quelle que soit sa population. - Exemples : le Wyoming, pop. de 579,000, deux sénateurs, la Californie, pop. de 39,000,000 (15 fois plus !), deux sénateurs....

  • le fait que le président américain n'est pas élu par la majorité de ses électeurs, mais par la majorité des états où ses électeurs ont voté ; et encore : via un collège électoral d'une complexité indescriptible...

  • le fait que, malgré les règlements auxquels il est assujetti, leur tout-puissant Internal Revenue (équivalent à un ministère des impôts) n'a pas révisé les dernières déclarations de l'ex-président des USA, Donald Trump...

  • le fait que ce Donald Trump a menti effrontément, parmi d'autres déclarations semblables (depuis le temps qu'il est là...), en répétant que la raison pour laquelle il ne pouvait pas rendre publiques ses déclarations était qu'elles étaient toutes en révision...

  • et ainsi de suite.

Ah ! Que revienne le temps où comme au Lycée Papillon (Georgius), les élèves, au lieu d'apprendre l'utilisation du pronom "dont" dans les relatives, la règle de trois, le principe d'Archimède, la beauté du triangle de Pythagore,la différence entre un dactyle et un spondée... pouvaient exprimer librement leurs connaissances comme suit :

Vercingétorix né sous Louis Philippe
Battit les chinois un soir à Roncevaux
C'est lui qui lança la mode des slips
Et mourut sur un échafaud.

Les ruminants sont des coléoptères
Tels que la langouste et le rat d'égout
Le cheval de bois, le pou, la bell'mère...
Qui bavent sur sa proie et qui avalent tout.

C'est en Normandie que coule la Moselle
Capitale Béziers et chef-lieu Toulon
On y fait l'caviar et la mortadelle
Et c'est là qu'mourut Philibert Besson.

...

Et passant du coq à l'âne, pouvez-vous m'expliquer pourquoi, au lieu de laisser les enfants jouer avec deux bouts de bois qu'ils manient comme des épées ou des boîtes de carton transformées en châteaux-forts, on les force à suivre des cours d'escrime, de violon, de peinture et même à jouer au football avec des faux "vrais" buts ?

P.-S. - Écrit le 2 janvier 2023 :

Si tout se passe bien, j'aurai, dans trois jours, réussi quelque chose que j'ai souhaitée depuis des années, plusieurs années, trois et peut-être même quatre décennies :

Disparaître du 19 décembre d'une année au 5 janvier de la suivante.

J'ai même fermé mon téléphone portable le 31 décembre au cas où l'on aurait essayé de me rejoindre !

Et aujourd'hui, je n'y répondrai pas.

Simon

1...]

  Herméningilde Pérec


Petite tête

«Hé oui, mon cher Hermy, nous aurons, l'an prochain, à la même date, un jour de plus que la veille.»

C'était... il y a à peine quelques jours. Plus précisément le 25 décembre dernier. Le jour de son et de mon (le hasard est vraiment curieux) anniversaire. L'anniversaire du Professeur, il va sans dire.

Je le regardais, discrètement serrer les mains à ceux venus lui offrir les voeux d'usage et je me disais qu'il était quand même étonnant de voir la verté (pardonnez-moi ce mot tout-à-fait rabelaisque) de ce bonhomme qui continue à être ce cerveau-phare qui nous guide dans la nuit des informations qui nous parviennent vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur nos grands ou petits écrans (*).

(*) on nous a offert récemment, à Madame et à celui vous écrit, un de ces téléviseurs plus grand que buffet de notre salle-à-manger et un abonnement à 114 chaînes. Au téléviseur, nous allons nous habituer, mais à ces 114 chaînes ?

L'ennui, avec ma vieillesse - je dis bien ma vieillesse, pas celle du Professeur -, c'est qu'il y a de moins en moins de places pour emmagasiner dans ma petite tête tout ce qui me parvient au jour le jour.

Quand même, je ne saurais oublier de vous souhaiter à tous et à toutes un très beau et très heureux Nouvel An.

H. Pérec

   Copernique Marshall

Sérendipité

Vous savez ce que c'est que la sérendipité ? D'abord, c'est un anglicisme (serendipity) quoique, comme le mot "commuter", ce mot n'a pas d'équivalent en français(1). -  Le Robert en donne la définition suivante : "capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l'utilité (scientifique ou pratique)." - Le Larousse en dit à peu près la même chose.

(1) Tout comme le mot "entrepreneur"...

Or, quand on sait le but que s'est toujours fixé Le Robert, on ne peut pas faire autrement que considérer cette définition comme étant limitée car elle est appuyée que par des exemples où le mot "serendipité" est utilisé en français : dans des textes à nature "scientifique ou pratique". Or, en anglais il est également utilisé, entre autres, dans des textes à nature littéraire pour décrire, par exemple, les découvertes de passages drôles dans des oeuvres qu'on nous dit être sérieuses au départ. Dans À la recherche du temps perdu, par exemple.

En anglais, il laisse également sous-entendre le plaisir que l'on peut retirer de la lecture - et surtout de la relecture - d'un livre en y découvrant des choses auxquelles on ne s'attendait pas ou, en le relisant, nous avaient échappé la première fois. Les Mémoires de Churchill sont un exemple souvent cité du côté de la littérature anglophone de ce plaisir qui consiste à constater que, contre toutes attentes, on découvre que son auteur avait toutes les qualités - en plus de son charisme ou de sa réputation - d'un grand écrivain : contrôle absolu d'un certain style, vocabulaire immense et, de surcroît, précis, utilisation de métaphores et d'effets divers pour exprimer des pensées avec précision et ainsi de suite.

De ces plaisirs, je vous en souhaite beaucoup au cours de ce Nouvel An !

 Copernique

  Jeff Bollinger

Noël et le Jour de l'An

En vacances.

En famille.

Bonne année à tous ! 

Jeff  

   Fawzi Malhasti


Textes choisis

Un ancien nous dit d’un ton d’instituteur : « Si tu n’as pas fait des choses dignes d’être écrites, écris au moins des choses dignes d’être lues. » C’est un précepte aussi beau qu’un diamant de première eau brillanté en Angleterre ; mais il ne m’est point applicable, car je n’écris ni un roman, ni l’histoire d’un personnage illustre. Digne ou indigne, ma vie est ma matière, et ma matière est ma vie. Ayant vécu sans jamais penser que l’envie pût un jour me venir de l’écrire, elle aura peut-être un caractère intéressant qu’elle n’aurait pas, sans doute, si j’avais vécu dans l’intention de l’écrire dans mes vieux ans et, qui plus est, de la publier.

[...]

Une chose digne de remarque, c’est que de toutes les langues vivantes qui figurent dans la république des lettres, la langue française est la seule que ses présidents aient condamnée à ne pas s’enrichir aux dépens des autres, tandis que les autres, toutes plus riches qu’elle en fait de mots, la pillent, tant dans ses mots que dans ses tournures, chaque fois qu’elles s’aperçoivent que par ces emprunts elles peuvent ajouter à leur beauté. Il faut dire aussi que ceux qui la mettent le plus à contribution sont les premiers à publier sa pauvreté, comme s’ils prétendaient par là justifier leurs déprédations. On dit que cette langue étant parvenue à posséder toutes les beautés dont elle est susceptible - et on est forcé de convenir qu’elles sont nombreuses -, le moindre trait étranger l’enlaidirait ; mais je crois pouvoir avancer que cette sentence a été prononcée avec prévention, car, quoique cette langue soit la plus claire, la plus logique de toutes, il serait téméraire d’affirmer qu’elle ne puisse point aller au delà de ce qu’elle est. On se souvient encore que du temps de Lulli toute la nation portait le même jugement sur sa musique : Rameau vint et tout changea. Le nouvel élan que ce peuple a pris peut le conduire sur des voies non encore aperçues, et de nouvelles beautés, nouvelles combinaisons et de nouveaux besoins.

Giacomo Girolamo Casanova
(Préface à ses Mémoires)

Hé ! On peut lire autre chose que des souhaits en ce Nouvel An que je vous souhaite Bonne et Heureuse.

Fawzi

   Paul Dubé


L'enregistrement du moi

Une auditrice (lectrice) que nous aimons bien, Madame Monique Paquin, nous a fait parvenir l'extrait suivant d'un concerto pour violon de Philip Glass :

Philip Glass - Concerto No. 2
 pour violon et orchestre

(Violoniste : Adele Antony - Ulster Orchestra, Direction : Takuo Yuasa)

Jolie ? Oui. Probablement d'une grande beauté, même si je ne l'ai écouté que deux (pardon : trois) fois, mais à l'oeuvre de Philip Glass, je préfère, dans ce style répétitif (et minimaliste), celle de Steve Reich dont le "Come out [to Show Them]" (1966) me fascine depuis des années. Son chef-d'oeuvre ? Music for 18 musicians (1976) que vous pourrez écouter en cliquant sur l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=ZXJWO2FQ16c

Mais, pour en revenir à Philip Glass, je serais incapable de ne pas vous conseiller d'écouter l'ouverture de son "La belle et la bête" interprétée par Agèle Dubeau et La pietà  (Disque Amalekta, Philip Glass, Portrait, 1967, no. AN 2 8727), un de mes enregistrements favoris qu'il m'arrive parfois d'écouter en boucles : 

Philip Glass - La Belle et la Bête
Philip Glass


Philip Glass à Florence 1993 (c) Wikipédia

Angèle Dubois (c) Luc Robitaille

 

L'extrait du mois


L'ortograf

Le Cid, en 1657, a été publié dans l'orthographe suivante :

 “A Moy, comte, deux mots.
                                             - Parle.
                                                        - Oste-moy d'un doute.
Cognois-tu bien Don Diègue ?                                                 
                                                - Ouy. 
                                                        -  Parlons bas, écoute...
Sçais-tu que ce vieillard fut la mesme vertu,
                                                   La vaillance et l'honneur de sort temps ? 
                                                                                                                   Le sçais-tu?


Ces gens qui viennent parler de traditions, de France immortelle, etc., pourquoi ont-ils réformé et déformé l'orthographe infiniment respectable de Pierre Corneille ? Pourquoi la leur est-elle meilleure que la sienne ? Eux qui se font gloire du beau français du XVIIIe siècle, pourquoi n'écrivent-ils plus François, paroître, etc. ? Et s'ils ont modifié l'orthographe de Corneille et de Voltaire, pourquoi ne modifieraient-ils pas la leur, laquelle est absurde ?

Car, évidemment, il est très rationnel d'écrire respect d'une part, suspect de l'autre, ou examen et abdomen ! On voit toute la profondeur intellectuelle de subtilités comme vieillotte qui s'écrit avec deux t et falote avec un seul, siffler et persifler, consonne et consonance

Il y a aussi des gens qui disent : "L'orthographe conserve l'étymologie du mot, le mot traîne ainsi avec lui une partie de son histoire.". Mais poids vient de pensum où il n'y a pas de d, dompter de domitare où il n'y a pas de p, legs vient de lais où il n'y a pas de g. Ophtalmologie vient d'ophthalmos, pourquoi la disparition du second h? Trône vient de thronos, mais l'on tient à conserver l'h de théâtre et de rhéteur.

On remarquera que trône prend un accent circonflexe alors que le mot grec a un o court et que rhapsode (de même que zone) n'en prend pas, bien que provenant d'un mot grec avec un o long.

On dit aussi que les différentes orthographes de so (saut, sceau, sot) permettent de distinguer ses différentes significations ; dans ce cas pourquoi n'y a-t-il pas différentes orthographes pour son (possessif, vibration de l'air, rebut de mouture) ?

Le seul argument en définitive valable des adversaires de cette réforme, c'est que ça changerait les habitudes. Avoir une orthographe aberrante qui vous met sur le même pied que les Anglais, les Irlandais et les Tibétains, voilà qui doit satisfaire des esprits patriotes qui pensent que les Français sont les gens les plus raisonnables du monde.

Changer leur orthographe, une telle perfection, une telle merveille, supérieure même à celle de Corneille ? Jamais. Et puis, ça vous pose. L'académicien X disait qu'il ne voulait pas de l'orthographe de sa concierge et une dame des Lettres Françaises s'estimait assez intelligente pour utiliser l'orthographe bourgeoise. Quant au temps que les enfants perdent à apprendre cette orthographe délirante, ils estiment que ça leur fait les pieds aux gosses, et que ça leur élève l'âme. Ça leur apprend que poids a un d parce qu'il ne dérive pas de pondus et qu'il ne faut pas prononcer le p de dompter (surtout pas! c'est “vulgaire”), ce p qu'enfanta mystérieusement l'ancêtre domitare. On lui cachera que toutes ces jolies choses, d'un intérêt extrême et qui développent grandement l'intelligence, sont des inventions de cuistres du XVIe siècle. On se demande pourquoi ils n'obligent pas les enfants à apprendre aussi le droit féodal, l'héraldique et la fauconnerie.

Raymond Queneau

Lectures


Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres, revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui les signent désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction du Castor™ ni celle de l'Université de Napierville.


Quelques notes sur deux romans fort différents

Est-ce que vous connaissez The Pickwick Papers de Charles Dickens ? 

Il s'agit du premier vrai  roman écrit par l'auteur de David Copperfield, le plus célèbre de écrivains anglais (après Shakespeare) et sans doute le plus lu (après Agatha Christie).

Pas mal pour un auteur né en 1842, décédé en 1870, dont le dernier roman a paru en 1866, il y a plus de 150 ans.

La particularité de The Pickwick Papers est que ce roman a été publié sous la forme de feuilletons sur une période de 20 mois (19 épisodes, de mars 1836 à novembre 1837). Le nombre de copies du premier numéro fut de 400. Le nombre de copies du dernier : 40,000. Ce qui donne une idée de sa popularité et l'accueil qu'on a fait à ce tout nouvel écrivain alors âgé de 24 ans.

Grosso modo, The Pickwick Papers décrit une série d'aventures vécues par quatre personnages qui ont pour mission d'étudier la nature humaine et ses répercussions dans l'Angleterre au début du XIXe siècle, chaque épisode étant plus loufoque que la précédente. 

C'est un roman que j'ai lu à vingt ans et dont je ne me rappelle que de vagues épisodes et que j'ai recommencé à relire récemment, mais dans l'ordre et surtout l'espace-temps qu'il a été diffusé, soit deux chapitres par mois, mais en accéléré... enfin... deux chapitres par semaine. J'en suis à ma troisième semaine (quatre, au moment où vous lirez ceci) et déjà, je commence à percevoir ce que devaient ressentir ses premiers lecteurs (d'il y aura bientôt 190 ans) dans l'attente, mois après mois, de ce dans quel plat des personnages qu'ils connaissaient très bien allaient, encore une fois, se mettre les pieds.

J'y reviendrai plus tard.

Pour le moment ? L'envie de me remettre à lire Ponson du Terrail !

*

Dans un autre ordre d'idées :

J'ai un ami qui m'a dit il n'y a pas si longtemps qu'il ne lisait pas les romans difficiles à comprendre, ceux qui ont trop de personnages, dont la trame est compliqué, les phrases trop longues, etc. - Ça m'a paru curieux qu'il parle ainsi car c'est un bonhomme qui, à tous les matins, se jette sur son Journal de Montréal pour y faire ses mots croisés, ses Sodoku et autres puzzles (sans compter, j'imagine, les super-grilles de l'équipe Hannequart, autrefois - et peut-être encore - de La Presse...), mais j'ai compris par la façon de s'exprimer qu'il se référait à des auteurs comme Proust, Saint-Simon et d'autres écrivains moins connus (enfin...) tels que Michel Butor, Alain Robe-Grillet, Nathalie Sarraute ou, pire encore, Thomas Pynchon ou James Joyce, celui dont on disait que son Ulysse devrait être qualifié de "dernier des derniers romans" (en ce sens qu'on ne pourrait plus, après lui, se servir d'histoire ou d'anecdotes pour décrire quoi que ce soit). - C'était, comme l'écrivait Jean Paris, se tromper car "un génie ne commet jamais d'erreur"(*).

(*) Joyce par lui-même - Écrivains de toujours - Éditions du Seuil, 1963 - (Je cite de mémoire.)

James Joyce allait, en effet, après cet Ulysse, consacré 17 ans (ou serait-ce 19 ?) de sa vie pour écrire un "roman" (?) qu'on a dit et qu'on continue à dire qu'il est illisible, incompréhensible, indéchiffrable, inintelligible, abscons et même abstrus : Finnegan's Wake, un livre qui n'a ni début, ni fin et dont les mots sont transformés en valises contenant plusieurs sens.

Ni début, ni fin ?

D'une certaine manière, oui et non. C'est que le début de la première phrase est précédé de trois points de suspension qui correspondent aux trois points semblables qui suivent  la dernière :

Début :

"...riverrun, past Eve and Adam's, from swerve of shore to bend
of bay, brings us by a commodius vicus of recirculation back to Howth Castle and Environs."

Fin :

"A way a lone a lost a last a loved a long the..."

Sauf qu'il faut faire attention en lisant cette phrase - ainsi réunie - car si elle paraît simple, facile à en comprendre le sens ("Un chemin, un seul, [un] perdu,  un dernier, un aimé... le long de la rivière, au delà d'Ève et d'Adam...", on peut également y lire :

A way = Un chemin ------> Away = Éloigné
A lone = Unique ------> A lone = Seul
A last = Un dernier -----> Alast =  Enfin
A loved = Aimé -----> Aloved = Sans amour (A privatif)
A long = Un long  ------> A long = Le long de...

"Eve and Adam" qui nous rappelle les deux premiers êtres humains sur terre, mais également que la rivière (riverrun) sur le courant de laquelle on se trouve est celle de la Liffey, en Irlande, car existe sur le Merchant Quay, à Dublin, une église du nom de Adam and Eve (Franciscain) à quelques kilomètres du Howth Castle :

Adam and Eve Chuch

Howth Castle

"Howth Castle and Environs"...  - Notez les initiales HCE. Ce sont celles de H. C. Earwicker, un des quatre personnages que l'on rencontre en poursuivant sa lecture. - Parfois sous d'autres formes : Here Comes Everybody, par exemple. - Il en sera de même pour sa femme : Anna Livia Plurabella.

Qu'est-ce qu'un Earwicker ? Une déformation de Earwig, un insecte connu sous le nom de perce-oreille en français. C'est pour avertir de ne pas être surpris lorsque vous verrez une chanson (avec partition) apparaître dans Finnegans Wake sous le nom de la ballade de Perse O'Reilly...

D'autres surprises ? - Définitivement.

Lorsque vous serez dans votre lecture près d'un chantier, lisez à haute voix : les mots vous feront entendre les bruit d'un édifice en construction.

...

Dix-sept ou dix-neuf ans d'écriture. Fascinant. Drôle ? - Immensément. - Paraît quand écrivant, tard le soir, Jocye réveillait souvent sa femme en riant aux éclats en rédigeant Finnegans Wake (la veillée au corps de Finnegans). Pourquoi ne pas y jeter un coup d'oeil ? Ne serait-ce que dix-sept ou dix-neuf heures..., jours, semaines ?

Mieux qu'un Sodoku, je vous promet.

Bonne lecture !

Copernique.

P.-S. :

On trouvera dans la semaine qui suivra cette première édition du Castor™ (ou l'autre après - je suis encore à le peaufiner) le premier volet (sic)... le premier épisode (?)... la première chronique (?)...  le premier chapitre (?) - je n'ai pas encore décidé - de ce qui pourra éventuellement remplacer mes listes de Ten Best que j'ai rédigées, en anglais, il y a une dizaine d'années. - Ces listes concernaient ce que j'appelais alors mes dix meilleurs romans, mes dix meilleurs films, mes dix meilleures pièces de théâtre, etc. 

Ce premier volet (sic)... ce premier épisode (?)... cette première chronique (?)...  ce premier chapitre (?)... aura pour titre "Les listes".

Revenez nous lire dans une dizaine de jours. On vous en donnera l'adresse ici-même.

Ce qui me permet de vous redire que si vous nous lisez que dans notre première édition, l'édition finale paraît généralement le jeudi qui suit, avec ses corrections et ajouts.

Il y a dix ans dans le Castor


Good books, bad books

Who's my favorite author ? I'll tell you in a moment but, if you were standing in front of me, right now, I would probably answer James Joyce, John le Carré, or Oscar Wilde, or someone else as famous and as well admired. Why ? To avoid having to explain myself because I have what-you-would-call an attitude when it comes to books, particularly novels or what passes for «good books». - I mentioned this two weeks ago or said words to that effect. - Matter of facts, I have the same attitude when it comes to my favorite actors or actresses, my favorite films, music, paintings, etc.

I know : I shouldn't even think about it. «Tous les goûts sont dans la nature», I heard again, lately («All tastes are in nature») and one shouldn't be allowed to criticize other people's choices. - My argument against that is simple : if one's sexual taste consist in seducing five year old kids, one should be allowed to do so. See what I mean ?

I'm sorry, Mary, but there are good books and bad books. A poorly written novel with a lousy theme, inconsistent characters, full of grammatical errors, anachronisms and improperly used words is a bad novel and I don't care if someone found it interesting or it became a best seller, it was when published and remains a bad book. - I can understand that you might prefer Faulkner to Hemingway : that is a matter of taste, 'cyz both are generally acknowledged as excellent authors. But to come back to my favorite writer, I'll explain why I like him and then you can either read him or not. Just let me say that he - whomever or whoever he is - is a top-notch prose writer albeit a bit (considerably, I should say) dépassé in today's modern way of saying things.

First of all, he wrote very well ; «wrote» because you might as well know he died several decades ago. Matter of facts, over a century ago. - He also thought «out of the box» when thinking «out of any box» wasn't everyone's cup of tea. And he has continously challenged my intelligence or my understanding of the shoes and ships, and cabbages and kings, teaching me, along the way, things I couldn't have fanthomed in my albeit limited imagination.

Let me tell you something he did one day :

Invited to give his opinion on a building that was about to be built in Bradford (England), he started his conference by saying he didn't give a damn about it, that he didn't like it and that most likely all who were in attendance probably didn't like it either. Then he went on talking about architecture as a whole stressing, amongst various facts, that he couldn't understand why, at the end of the nineteeth century, people were building churches and public building in a Gothic style while their houses and factories were not. - Sort of a James Burke («The Day the Universe Changed», «Connections», etc.) before James Burke.

Trotsky said that he had become a communist because he had found in him the reason why. Proust translated two of his books. Some of his writings were published in over a hundred thousand copies... In the nineteenth century !

That said, I wouldn't even dare suggesting that you go out and buy anything that he wrote : some of the stuff, particularly on art and architecture are difficult to digest but you might find what he wrote on work, labour, economy, the ruling class and common workers. - And, oh !, you know what he said about war ? That, instead of killing people, one should invade a country to build bridges, houses and roads, just like the Romans did...

His name ? John Ruskin. His entire work can be found on the WEB (28 volumes and a bit more) - 99 cents - that's 0,99 US $ in Kindle - and free in various other formats : pdf, e-PUB, even .txt.

Can't say that's expensive.

His biography can be found at : http://en.wikipedia.org/wiki/John_Ruskin.

Warning : whilst difficult to read, he becomes rapidly addictive,

Copernique

P.-S. : I should add that he is one of my favorite authors. I have many.

Le courrier


Mme Klaudia Wechsker - Ullerslev, Danmark

  Un non compos mentis ou une personne As bright as two short planks. (Barking mad et, quoique moins souvent, Mad as a Mad Hatter en Angleterre.)

M. Larry Cravat - Los Angeles, U.S.A.

  - Le whack-a-mole, mais pas dans sa version électronique.

Mme Amitée Beaudry Izabella - Tas Vezér, Magyarország

  On dit : "The issue du jour."

Mme Yseult Lafond, née Lahaut - Paris, 7e

  Une diatribe.

M. Armand tessier - Haute-Rive, Québec

  - Don Leo Jonathan, 1,98m, 144kg - Buddy Rogers, 1,93 m, 107kg - Gorilla Monsoon, 2,01m, 182kg et Jonny Valentine, 1,93m, 116kg.

Mme Ornella di Caprio - San Kirenzo In Banale, Italia

  - Sofia Costanza Brigida Villani Scicolone.

Dédicace


Cette édition du Castor est dédiée à :


Carl Theodor Dreyer
(La passion de Jeanne d'Arc, Vampyr, etc.)
(1889-1968)

Supplément


Parmi les établissements suggérés dans nos éditions du Castor ™ (aucun ne subventionne l'UdeNap ou ses by-products... quoique, récemment, l'un d'entre-eux a offert un verre à un de nos chroniqueurs dont c'était l'anniversaire), il y a une petite librairie du nom de "À gauche". - Voir la section ci-dessous.) - Elle est située  non loin de notre siège social : dix minutes en auto sauf les jours de grands vents,  pluies fortes, neige abondante, brume ou brouillard (lire : régulièrement).

C'est là où notre disc jockey anime ses soirées.

On y rencontre de grands lecteurs, des écrivains, des musiciens, des amateurs de romans policiers, des collectionneurs... bref :  des personnes de tous les milieux. Voici quelques vers que l'un d'entre eux a rédigés sur l'endroit :

Copernique

Libraire Côté Gauche                       

                                       

Lorsque j'ouvre la porte de la librairie
s'illuminent les livres des vitrines 
et raisonne l'écho d'un bémol en si
de la libraire au rire mandoline.

C'est au cœur de la ville. Sur la rue du marché 
un lieu rare qu'il faut voir pour le croire
c'est une intersection, un symbole, une croix
c'est au coin de la rue Saint-Thomas

C'est un lieu où l'histoire se conte en séries
où les livres usagers comptent plusieurs vies
Un miracle de la vie d'un insoumis athée 
porté par le partage des idées

On y voit des amis parler de littérature 
et de philosophie ou bien de poésie
et voilà tout à coup, que notre librairie 
se transforme en haut lieu de culture

Lorsque j'ouvre la porte de la librairie
s'illuminent les vitrines et ses livres 
et s'ouvrent les fenêtres sur des mondes inédits 
aux lecteurs assoiffés, qui s'enivrent

On y retrouvé son compte sur la rue du marché
à deux pas du café de la Factrie
C'est dans le centre-ville tout en vie et fébrile 
où s'inspire toutes les poésie. 

Vigneault à Moustaki, Verlaine à Charlebois, 
Nelligan à Côté, Baudelaire à Dubois
Jacques Brel, Georges Dor et Louis Aragon 
à l'infini, j'explore les chantiers des chansons. 

Remontant St-Thomas, c'est sur le côté gauche
sur le fond rouge d'une révolution 
D'un côté pour le corps, de l'autre, pour l'esprit,
tout juste en face de l'épicerie.

Lorsque j'ouvre la porte de la librairie
s'illumine les livres des vitrines 
et résonne l'écho d'un bémol en si
de la librairie au rire mandoline.

Luc Saucisse, 2022.

Prochaine rencontre :

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Le mot de la fin


«Ce à quoi on ne pense jamais quand l'hiver arrive,
 c'est que le printemps n'est pas loin...
»

- Vieil adage breton

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Note : Le Castor™, entièrement subventionné par les Éditions Vatfair-Fair de St-Romuald d'Etchemin, ne perçoit aucun paiement de la part des établissements ci-dessous mentionnés, ni faveurs, ni considérations spéciales.


Toujours se renseigner (heures d'ouverture, etc.) avant de se rendre sur place

Burgundy Lion
2496 ouest, rue Notre-Dame
Montréal, Québec
(https://www.burgundylion.com/fr/bienvenue


McBroue
329 rue Victoria
Salaberry-de-Valleyfield, Québec

http://mcbroue.com/


Librairie Côté gauche
33 rue du Marché, 
Salaberry-de-Valleyfield, Québec

https://fr-ca.facebook.com/librairiecotegauche/

 
4115-A rue St-Denis
Montréal, Québec
http://www.dieseonze.com/

***

Et sur rendez-vous seulement :

Vatfair, Planter, Hencourt

Avocats

Tour Marshalluk - Quartier Universitaire - Napierville

Téléphone : 88-06 - Sonner deux coups.

 

  
F. Charles Rein
Aurist & Acoustic

Instrument Maker

223 Baker Street
London, NW1 6XE

Notes et autres avis :


Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ paraît le 1er lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le 1er jeudi de chaque mois.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le 2e ou 3 lundi de chaque mois.

Autres informations :

1 - Tous droits réservés. - Copyright © UdeNap.org. - La reproduction de tout ou partie du matériel contenu dans cette édition du Castor™ est interdite sans l'autorisation écrite des auteurs.

2 - Malgré l'attention portée à la rédaction de ce journal, ses auteurs ou son éditeur ne peuvent assumer une quelconque responsabilité du fait des informations qui y sont proposées.

3 - Tel qu'indiqué au début, les erreurs de frappe, de date et autres incongruités contenues dans ce Castor™ seront ou ont déjà été corrigées dans sa version destinée au marché américain.

4 - La direction du Castor™ tient à préciser qu'aucun enfant n'est victime d'agressions sexuelles au cours de la préparation, pendant la rédaction et lors de la publication de son hebdomadaire.

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