Volume XXVIII, n° 8 v. 5.0 Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois Le lundi 1er avril 2019

Avril 

Photo : Pixabay  - En Beauce.com)                


Un rappel :

Le site de l'Université de Napierville est, depuis le premier janvier dernier, en reconstruction.

Il s'agit là d'un travail qui pourrait, compte tenu de son ampleur, prendre plusieurs semaines. - Hé ! Nous sommes là depuis 2001 !

Certains liens, de ce fait, pourraient s'avérer brisés ou des pages pourraient être temporairement indisponibles.

Nous rapporter tout problème à l'adresse qui suit :

(Supprimer l'espace entre le «c» et le «@»)

hperec @udenap.org

Merci.

Au programme cette semaine :

William S. Burroughs - Jorge Luis Borges - Shakespeare - Dieu - Gide et Claudel - Gide et Léautaud - Gide et Robert Mallet - Gide et Oscar Wilde - Oscar Wilde , mais eeul) - de Broglie, Bohr, Planck et Einstein, mais pas nécessairement dans cet ordre et vraiment pas ceux auxquels on pense habituellement - Robert Mallet, tout comme Wilde, seul - Pline le Jeune - La solitude et l'éducation - Un compositeur américain sans nom - Le John and Mable Ringling Museum of Art (Sarasota, Floride) et Sarah Bernhardt - La Révolution tranquille - Les Frères des Écoles Chrétiennes (mais en arrière-plan seulement) - Ce qu'on peut ou doit penser de e la correspondance entre géants littéraires - Le cardinal Paul-Émile léger (au Grand Véfour, à Paris) - De ou des religions - Boss majeurs et boss mineurs - Vincent Van Gogh - Maria Van Rysselberghe - Anatole France - Le Syndicat des Pêcheurs en Hautes Montagnes de Tracy - Zénon - Moustaki (Georges) - Gaston Couté - Richard Burton - Charles Aznavour - Marlon Brando - John Huston - James Coburn - Ringo Star - Thoralf Skolem - Adélard Godbout et Henri Richard.

Bonne lecture !

***

À noter : 

Pour un index du contenu de nos numéros de l'an 2018 : Cliquez ICI.

 

Les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.
 
      Simon Popp

Une, deux, trois

Mes chroniques, aujourd'hui, sont au nombre de trois auxquelles j'ai ajouté, dans ce qui est devenu un fourre-tout, d'autres capitalissimes réflexions que j'accumule dans un symbolique fond de tiroir. Un seul ennui : on m'a imposé pour deux de ces chroniques des thèmes à propos desquels je n'ai, à toutes fins utiles, aucune connaissance, ce qui n'a pas posé trop de problèmes à mon éblouissante imagination car, plutôt que de consulter à droite et à gauce, et être ainsi obligé de me faire une idée, j'ai décidé tout simplement de me servir de ces deux occasions pour aligner dans un délirant optimisme des questions en espérant que ceux qui connaissent ce dont j'avais à parler désireraient y répondre.

Le premier de ces énigmatiques thèmes est celui de la solitude sur lequel je dois avouer que je ne connais que ce qu'on m'en a dit ou ce que j'ai appris en écoutant quelques chansons.

Le deuxième est celui de l'éducation ou des systèmes d'éducation que je persiste, parce qu'ils me semblent si mauvais, à appeler des systèmes d'éducationnement, un mot qui rime étrangement avec le mot enrôlement.

Le toisième m'est venu spontanément à l'esprit après avoir lu un texte sur le refus ou l'acceptation d'André Gide au Québec et ce dans le cadre d'un immense plongeon que j'ai fait depuis quelques semaines dans les écrits de cet auteur dont - autant vous le dire tout de suite - j'ai toujours admiré la langue mais pas les opinions. Ni le style de vie. - J'en reparle d,ailleurs dans la section «Notes de lecture» du présent Castor™. 

Alors...

Si on ne vous l'a pas encore dit :

Bonne lecture !

Simon

*

La solitude

Mon correspondant, toujours le même, celui qui habite en face du Parc Lafontaine à Montréal, nous a demandé, à nous du Castor™, il y a un temps de cela, de lui parler de, semble-t-il, un mal qui se répand de plus en plus dans nos grandes villes, d'où cette prolifération de quartiers artificiels, d'immeubles de rapport «au caractère unique», d'«oasis au coeur de la ville» et surtout de maisons de retraite où il faut bon de se retrouver entouré de gens de sa génération... - De la solitude, quoi.

Deux chansons me sont revenues en tête quand j'ai finalement eu le temps de penser à cette affreuse période de la vie où, apparemment, l'on se retrouve, comme la grand-mère de Proust, «bien seul». La première est évidemment, le cri lancé par Léo Ferré dans les années soixante-dix, à un moment où il s'est  cru plus génial que génial et qui ne mérite pas d'être cité. La deuxième, sans être, une panacée fournit à ceux qui ne sont pas encore seuls une lueur d'espoir. Elle est de Moustaki (Georges) :

Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m'en suis fait presque une amie
Une douce habitude
Elle ne me quitte pas d'un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m'a suivi çà et là
Aux quatre coins du monde

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude...

 
Georges Moustaki

J'ai dit «lueur d'espoir» car si je me fie à ce que je vois autour de moi, il semblerait que la solitude accompagne irrémédiablement ce temps alloué à un homme ou une femme, à l'automne de leurs jours, où il leur est enfin permis de faire ce dont ils ont rêvé pendant des années sauf que, et c'est là une chose que j'ai remarqué trop souvent, notamment chez mes collègues, rares sont ceux qui, lors de leur retraite, ont donné suite aux engagements qu'ils ont pris envers eux-mêmes de voyager, lire, aller au théâtre ou même s'adonner au jardinage ou à une certaine activité pédestre dans des sentiers boisés. La plupart finissent par ne rien faire du tout sauf se plaindre que le temps passe trop vite, ce temps qu'il disperse dans une routine quotidienne qui consiste à se lever, manger, regarder la télé (chaîne météo) et s'endormir après avoir maugréer contre les taxes, la politique et le nombre croissants des catastrophes que l'on diffuse tous les soirs lors d'un ultime bulletin de nouvelles.

Remarquez que ce n'est pas mauvais comme style de vie. C'est quand même, mieux, à mon avis, que ces activités pour gens du troisième âge, activités gratuites, mais moyennant un léger supplément, qu'on affiche sur les babillards des résidences de gens qui n'ont pas encore appris qu'il n'y en a pas de quatrième âge : visite de l'Oratoire, danses en ligne, cours de macramé, conférences sur l'alimentation, gymnastique pour aînés... autrement dit - et c'est là le comble de l'horreur - à se désennuyer en compagnie de gens de son âge - dont certains avec marchettes - avec qui on n'a, faute des circonstances de la vie, rien en commun. Que dire à un bonhomme assis à ses côtés dans un autocar adapté, qui a tenu une quincaillerie toute sa vie et qui a suivi les Canadiens pendant des décennies ou à une dame qui a eu six enfants quand on en n'a eu aucun et qu'on a été comptable ?


L'Oratoire

Il me semble y avoir dans ce genre d'occupations planifiées pour des gens qui ont déjà vécu la majeure partie de leur vie, une tentative de les retourner dans un semblant de bon vieux temps où tous les gens étaient voisins, se fréquentaient en famille, ne se disputaient pas entre eux, s'entraidaient, étaient heureux... - Mais ce bon vieux temps, je l'ai connu et s'il y a une chose que je souhaite par dessus tout, c'est qu'il ne revienne jamais.

Peut-être que je me trompe, mais je crois que la vieillesse idéale est celle où, justement, l'on peut, enfin, vivre seul, lire ce qui nous plaît, regarder Bug Bunny à la télé sans avoir à rendre compte à qui que ce soit, de quoi que ce soit, surtout pas de ses habitudes alimentaires, ni des heures auxquelles il nous plaît de dormir.

D'ailleurs plus ça va, plus je m'aperçois que mes idées, mes opinion, mon vocabulaire même et la façon dont je m'exprime sont d'un autre âge et qu'ils forment autour de moi une sorte de bulle que la nature, dans sa sagesse, me fournit pour me protéger contre ces envahisseurs qui tiennent absolument à ce que je m'embête à ne pas être seul.

Ah ! Ramenez-moi le temps où l'on casait le vieillard que je suis en train de devenir  dans une chaises berçante près de la cuisinière. Ça ne peut pas être pire que ce qu'on m'on offre en ce moment.

Et attendez ! Je ne vous ai rien dit encore des veuves qui me courent après...

La solitude ? - Connais pas. Ou plutôt si : une béatitude quand on finit par l'apprivoiser.

***

Éducationement et ignoranteté 

Il est plus que certain - et vous comprendrez cette introduction dans deux minutes - que je vais me tromper en disant que l'éducationnement, aujourd'hui, n'a aucun rapport avec la réalité. - J'avance cela en me basant sur deux principes :

Un : mon père l'a affirmé avant moi et mon grand-père l'a affirmé avant lui : les générations qui nous suivent sont à la dérive.

et

Deux : ce premier principe découle du fait que les  grands-pères ont généralement mal éduqué leurs fils et futurs pères, et que ces pères ont généralement  mal éduqué leurs enfants. - Personnellement, je peux vous affirmer que mon père m'a mal éduqué et que je n'ai pas servi d'exemple à  ceux qui étaient à ma portée.

(On comprendra que pères et grands-pères, dans les phrases qui précèdent,  sous-entendent mères et grands-meres et ajoutez, si vous le voulez : professeurs, enseignants ou toutes personnes servant à éducationner la jeunesse.)

La raison pour laquelle je me permets d'avancer ces deux points se résume à un mot : l'expérience. - Mon père et son père me donneraient raison là-dessus. - Ce qui efface d'un seul trait le contenu de mon premier point, car lorsque mon grand-père regardait mon père et que mon père me regardait et qu'ils, le premier, mon père et le second, moi, ils avaient que partiellement raison car nous étions à ce moment-là des adolescents sauf que :

Je suis peut-être bouché à l'émeri, mais plus je les regarde, plus je me dis que les ados d'aujourd'hui, sans doute plus éduqués (entre guillemets, sv.p., Monsieur l'éditeur), sont convaincus d'en savoir plus que tous ceux qui les ont précédés ; une conséquence sans doute du présent système d'éducationnement qui se donne comme but de leur supprimer toute la curiosité qu'ils pouvaient avoir avant de s'asseoir sur un banc d'école (Voir la note à la fn). - Comment, dans ces conditions leur apprendre quoi que ce soit ? - Je ne sais pas, moi, tenez : les bienfaits de la discipline, de la politesse, des bonnes manière, ou même du travail...

C'est d'ailleurs - entre parenthèses - pourquoi le Professeur s'est toujours entouré de jeunes : «Ils connaissent tout, répète-t-il souvent. Cela m'évite des heures de recherches.»


Photo en provenance de la revue Belphégor

Finalement, un dernier point préambulatoire :

Avec l'âge, quand je parle de la génération qui me suit, je la confonds invariablement avec l'autre après. Ainsi quand je dis la génération qui me suit, je pense plus à la génération qui suit ma génération, n'ayant pas oublié, quand même, que lorsqu'elle avait l'âge de la génération montante, la génération qui me suivait n'était pas plus brillante.

Bon, tout ça étant dit, je dois avouer que je n'ai aucune idée ce à quoi peut servir l'éducationnement, tel ou telle qu'on le ou la pratique aujourd'hui.

Jadis, du temps de mon grand-père, l'éducation - la vraie - servait essentiellement à enseigner aux jeunes comment lire et écrire ; à compter également. Après, venait le véritable apprentissage de la vie : on mettait ces jeunes en apprentissage (c'est le cas de le dire) chez un imprimeur, un bijoutier, un forgeron ou un cuisinier où on leur enseignait un métier, c'est-à-dire  de quoi gagner leur vie.

Du temps de mon père. l'apprentissage commençait un peu plus tard car l'on avait des cours à suivre pour obtenir un permis ou du moins une certaine connaissance technique avant d'être promus boucher, plombier, chauffeur d'autobus ou arpenteur-géomètre. - Hé ! On exigeait même un diplôme de neuvième pour être accepté dans la police...

De mon temps, l'enseignement durait plus longtemps : on nous aprenait l'histoire, la géographie, la géométrie et, si l'on était privilégié, le latin, le grec ou les deux, - C'était pour le bon motif : celui de nous apprendre à vivre en groupe (lire : en société). - Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre. - Après, encore une fois, on choississait une occupation qui allait nous permettre de - j'insiste - gagner notre vie et même de faire carrière dans un domaine ou un autre : celui de l'alimentation, de l'assurance, des finances et même la bibliothéconomie.

Aujourd'hui, je ne sais pas. D'après ce que j'ai pu comprendre, l'on choisit son métier ou sa profession selon ses talents, ses goûts ou son caractère grâce à des spécialistes en «orientation» et en très bas âge d'après ce qu'on m'a dit. - Et c'est là que j'en arrive aux informations qui suivent :

Les offres d'emploi qui demeurent sans réponse et la pénurie de main-d'oeuvre dans divers domaines :

La construction

C'est un fait notoire qu'il faudrait 300 000 nouveaux travailleurs uniquement dans ce domaine, ne serait-ce qu'au Canada, pour combler les départs à la retraite d'ici 2023.

Les transports

Il manquerait 52 000 nouveaux manipulateurs, cammionneurs, préposés à la livraison d'ici quatre ans pour maintenir la situation telle qu'elle est en ce moment et qui croît de 15 à 20% annuellement depuis cinq ans.

Le secteur manufacturier

Les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) estiment dans une proposrtion de 52% que le manque de soudeurs, de machinistes, de métallurgistes et d'opérateurs de machineries diverses les empêche d'augmenter leur productivité

Les techniques informatique

6 000 postes demeureraient présentement à être comblés dans le domaine de la simple collecte et numérisation de données

L'agriculture

Le taux d'emplois agricoles vacants s'élève présentement à 7%, soit le taux le plus élevé au Canada, toutes industries confondues

Permettez que je passe par dessus des secteurs comme les soins infirmiers, la technologie, le commerce (assurance bourse, banque, etc.) où des centaines de milliers de dollars sont investis depuis plusieurs années pour attirer et former des candidats.

Et puis un paradoxe (tant qu'à y être) : alors que le Canada forme des physiciens de classe mondiale au niveau du doctorat, une pénurie de techniciens et d’ingénieurs d’application entrave la croissance de l’industrie.

Évidemment, dans tous ces secteurs, la gloire, la créativité personnelle, la réalisation de son soi ne font pas partie des critères lors de la sélection parmi ceux qui y présentent leur candidature, ni, la plupart du temps ses talents, goûts ou son caractère car, qui à vingt ans, rêve de devenir courtier en assurances, gérant d'une succursale bancaire, ou revendeur de panneaux décoratifs en aluminium pour pavillons de banlieue ?

Mais qui a dit que le travail devait être uniquement à sa mesure et... plaisant ? 

Question :

Est-il possible, à long terme, qu'on retourne aux principes de base de l'éducationnement (à moins que je me trompe) : celui de gagner sa vie d'abord et avant tout ?

Un caveat :

Il me faut quand même avouer une chose : que les jeunes d'aujourd'hui sont quand même débrouillards et ont su créer des débouchés dans des secteurs que nous ne pouvions pas nous imaginer quand nous avions leur âge. - Qui, par exemple, aurait cru qu'on pourrait ouvrir son propre salon de tatouage en 2019 ?

Et une note, pour terminer (à propos de la curiosité) :

Une récente étude effectuée en Angleterre a déterminé que, règle générale, les jeunes enfants (moins de six ans) posaient jusqu'à 300 questions par jour, se tournant la plupart du temps vers leur mère, c'est-à-dire une question à toutes les deux minutes et demi. - Cette situation diminuait presque instantanément dès qu'ils se mettaient à fréquenter l'école.

(Ce qui n'a surpris personne à l'Université de Napierville où l'on a noté que dès la fin de leurs études secondaires, la curiosité chez les élèves était complètement disparue.)

Les deux questions les plus souvent posées par ces jeunes en bas âge :

- Pourquoi l'eau est-elle humide ?

- De quoi sont faites les ombres ?

Et une dernière remarque : 

Heureusement, comme disait Lady Bracknell dans The Importance of Being Earnest d'Oscar Wilde : le système d'éducation n'a aucun effet sur la jeunesse.

***

De la religion
(Et plus particulièrement, de la religion catholique au Québec)

Je viens de terminer la lecture d'un texte de Jacques Cotman, un critique, historien et bibliographe qui a enseigné à l'université York de Toronto de 1964 à 2003, un texte publié chez Gallimard en 1972 dans le numéro 3 des Cahiers d'André GideLe Centenaire») sous le titre de : «Refus et acception d'André Gide au Québec»

Cette lecture, je l'ai faite alors que j'étais à mi-chemin de mes «corrections d'épreuves» (voir note 1 à la fin) et que je suis toujours en train de faire d'un autre texte (un livre) de Robert Mallet, connu pour ses entretiens avec Paul Léautaud, dont le titre est «Une mort ambigüe», publié en 1955 également chez Gallimard, et qui traite de la publication de la correspondance entre Paul Claudel et Gide particulièrement du point de vue de Gide. Peu s'en fallu pour que j'aille à mon ex-bureau récupérer les quatres volumes des «Cahiers» précités rédigés par celle qu'on a appelé «La petite dame» et qui, voisine de Gide, a tenu pendant plus de trente ans un journal des faits et gestes de son voisin jusqu'à sa mort en 1951. [Longue phrase : à corriger. - Note de l'éditeur.]

(Pour ceux qui ne le savent pas, cette «petite dame» fut Madame Maria Van Rysselberghe, l'épouse du peintre Théo et la mère d'Élisabeth avec qui Gide eut une fille du nom de Catherine en 1923. Cette Catherine, qu'on se le dise, est décédée en 2003 à l'âge de 90 ans.)

Dans l'ensemble, ces textes, lectures et relectures (en partie) - voir à la fin, encore - m'ont particulièrement rappelé ce qui est arrivé à l'Église catholique au Québec avant, pendant et après ce qu'on a appelé la «Révolution tranquille», au vrai début de laquelle je suis né, «Révolution» qui a eu cent points de départ et mille points d'arrivée.

Car on dit, à tort d'ailleurs, qu'elle s'est déroulée de 1959 jusqu'en 1970. Mais non : elle était là, en puissance dans les années quarante, notamment au moment du retour de ceux qui avaient combattu lors de la dernière Grande Guerre ; et quiconque a connu et entendu l'archevêque Paul-Émile Léger à son retour du Vatican où il fut élu cardinal en 1953 ou porté attention à certaines conversations en famille dans les années cinquante pourra vous le confirmer pour ce qui est des années qui ont précédé 1959. Quant à l'expression elle-même, on ne sait, au juste, qui l'a créée ni quand. Certains avancent qu'elle est apparue pour la première fois dans le Globe and Mail de Toronto, ce qui me paraît paradoxal.

Quoiqu'il en soit, LA conséquence la plus marquante de cette Révolution, fut et demeure, à mon avis, la presque totale disparition de l'influence de l'Église sur la société québécoise, disparition d'autant plus remarquable qu'elle a donné lieu à des modifications dans les prises de position politiques, économiques, éducationnelles et même sociales dans à peu près toutes les régions du Québec, prises de positions qu'on ne saurait pourquoi, de nos jours, il faudrait imposer ; l'ouverture des commerces le dimanche, l'abandon ou presque de la prière au début des réunions politiques, la disparition des enseignants religieux, transformation des hôpitaux gérés par des laïques en des établissements non seulement non-religieux, mais  non-laïques, etc..

Oh, je ne dis pas que les Québécois sont devenus anti-religieux, mais les statistiques (
note 2) démontrent que, depuis 1970, ceux qui se disent de foi catholique, se déclarent non-pratiquant à raison de dix pourcent de plus par décennie. Faites le calcul : 100% en '70,  90% en '71, 81% en '72, etc. Et cela ne tient pas compte de ceux qui le sont devenus dès 1960. - Cela se réflète sur le nombre de prêtres (8,400 en 1981, 4,285 en 2005), le nombre de paroisses (1,852 en 1995 [sic], 1,717 en 2003). - Et je lis depuis quelque temps que : le taux de fidèles allant à la messe le dimanche est présentement de 33% ; près de 6 québécois sur 10 sont en faveur d'une chartre de laïcité ; seulement 59% des nouveaux parents ont fait baptisé leur enfant en 2010 (*) ; 91% des québécois croient que l'avortement devrait être permis, minimalement dans certaines circonstances, et 54% dans toutes circonstances ; entre 70 et 80% sont favorables à l'euthanasie et au suicide assisté...

(*) La Presse rapportait dans son édition du 10 mars dernier que le nombre de baptêmes était passé de 42,213 en 2012 à 30,394 en 2017 (v. 83,900 naissance ou 36%). - Une baisse de 28%.

Et pourtant :

On voit encore - je vois ! - de véritables non-pratiquants faire encore baptiser leurs enfants, des cérémonies quasi religieuses lors de décès ; des mariages célébrés dans des églises, des funérailles dites «nationales» qui se déroulent dans des endroits [de culte] «mythiques» où, de plus en plus, les visiteurs sont des touristes... payant.

Hé : j'assiste régulièrement à des bénédicités et à des discussions où ceux qui se déclarent non-croyants se font regarder de travers...

Quousque tandem... Jusques à quand cela durera-t-il ?

Question : la religion catholique deviendra-t-elle éventuellement une manifestation folklorique ou un rappel historique (comme le crucifix à l'Assemblée Nationale ?

Une citation (elle est de Gide et est cité par Robert Mallet dans le livre mentionné ci-dessus). - Comme d'habitude : aucun rapport avec ce qui précède :

«Pour moi, le Christ est la figure la plus authentiquement admirable. Mais j'ai pris en horreur les faux pasteurs, les exégètes, les édificateurs de dogmes qui croient avoir le monopole du vrai et qui n'ont fait que l'étriquer ou le fragmenter.»

Que voulez-vous que j'ajoute de plus ? - Que l'islamisime est à nos portes ?

Une chose quand même :

Le discours - je n'ose pas écrire «dialogue» - entre les croyants et les non-croyants a beaucoup évolué depuis les années cinquante quand trois «viellards», comme les appella Mallet quand il écrivit son livre, (Gide a alors 81 ans, Claudel 82 ans et Léautaud 78 ans), discutaient, à leur époque, de la mort ou de l'existence ou la non-existence de Dieu. C'est que la science a fait d'immenses progrès depuis ou plutôt qu'elle s'est répandue dans le monde non-scientifique à une vitesse foudroyante. Avec la télévision entre autres, où l'on saisit la simultanéité d'événements qui se produisent sur notre planète et... l'Internet. - Qui persiste à croire encore, de nos jours, que le monde a été créé en six jours, il y a moins de dix mille ans ? que la «théorie» de Darwin n'est qu'une théorie au sens restreint ?- Oui, je sais : plus de 50% de la population américaine (américaine !), mais moins de dix pourcent des Suédois...

C'est Sam Harris (je crois) ou Christopher Hitchens (sans doute) qui a rappelé que la non-croyance en Dieu était une chose si dérangeante pour les croyants qu'ils ont cru nécessaire d'inventer un mot pour en décrire les adeptes : «Les athées», le mot «sceptiques» n'étant, à leurs oreilles, pas assez «provocateur». - «Pourtant, disait-il, on n'en a inventé aucun pour décrire ceux qui ne croient plus aux horoscopes ou à l'alchimie...» - «Je ne suis pas un athée : je suis de ceux qui ne sont pas déistes» dit et redit Sam Harris lors des débas auxquels il participe.

Personnellement - et cela n'engage en rien l'opinion des membres du Castor et encore moins celle des dirigeants de l'Université de Napierville - je qualifierais les «athées» d'aujourd'hui de «ceux qui n'acceptent pas les dieux (au pluriel) tels que définis par ceux qui les ont visiblement conçus par l'intermédiaire d'une religion quelconque (ou non).» Et j'ajouterais : «... et particulièrement par ceux qui se targuent de connaître leurs (encore une fois au pluriel) natures et ordonnances parce qu'ils ont lus et compris le contenu de livres anciens supposément dictés par leurs divinités, quelles qu'elles soient.»

Et Gide dans tout ça ?

Ben, comme vous le verrez un peu plus loin dans cette édition du Castor™, on n'en parle plus. - D'ailleurs, comme je vous l'expliquerez, je ne vois pas pourquoi on en parlerait.

*

Note 1 - «Correction d'épreuves» - C'est l'expression que j'utilise pour décrire le travail qu'implique la vérification et le reformatage d'un texte obtenu en digitalisant (scan) les pages de, par exemple, un livre, et en transformant les images ainsi obtenues en textes que l'on peut amender via un logiciel (j'utilise Omnipage depuis des années). - C'est une opération qui permet, une fois qu'elle est terminée ; 1) de lire ce texte sur un écran ou une tablette et, surtout : 2) d'y effectuer des recherches. - Le temps ? Du début à la fin, environ quatre à cinq fois le temps de lire au départ le texte à digitaliser. - Mais ça en vaut la peine. - C'est sûr que les textes déjà disponibles sur Internet ou qu'on peut se procurer commercialement  n'ont pas besoin des opérations précitées, mais dans  certains cas, cela s'impose. Celui mentionné ci-dessus par exemple.

Note 2 - Les chiffres mentionnés dans cette chronique peuvent facilement être obtenus sur divers site. Suffit de taper «religion», «catholicisme», «Québec» (etc.) dans n'importe quel fureteur. - Merci à Jeff pour les informations citées ci-dessus.

P.-S. : On m'informe que la ville de Montréal retirera sous peu le crucifix qui trône présentement dans sa salle de conseil et que le Gouvernement du Québec songerait à faire de même en son Salon bleu, celui de l'Assemblée nationale... (Sous peu... soit au cours des travaux de réfection qui dureront trois ans.) - Yeah, sure.

***

Fonds de tiroir

Un :

Je ne sais pas si c'est la vieillesse ou la lassitude d'avoir à écouter huit opinions sur un événement qui a fait la une du téléjournal de vingt heures la veille ou celui de huit heures du matin, mais je trouve de plus en plus singulier - j'allais écrire «curieux» sauf que rien dans tout ce qui suit me semble digne de piquer une certaine curiosité - qu'on puisse attacher une importance à ce qui dans deux jours deviendra un fait divers.

 Comme je le faisais remarquer à une amie au cours d'une rencontre il n'y a pas très logtemps, il est rare que dans une vie humaine quelque chose de vraiment capital se produise, quelque chose qui marquera l'histoire pour des siècles à venir. L'exemple que j'aime à donner, avant que ceux qui étaient là quand c'est arrivé, disparaissent complètement, est l'assassinat du Président Kennedy qui a fait l'objet de discussions sans fin pendant des mois au sein de la poupulation de ma génération et qui, pour la génération des vingt-vingt-cinq ans d'aujourd'hui est devenu un fait divers. Alors, si vous pensez que la démission d'une députée, le véto d'un président à propos d'un mur sans importance ou l'annonce qu'un maire serait atteint d'un cancer - et de la prostrate par dessus le marché - va me faire sortir de ma stupeur...

Avis est donné aux intéressés : je ne suis pas né sous le régime de Duplessis (allez faire comprendre cela bonhomme qui s'intéresse présentement au Brexit), mais bien sous celui d'Adélard Godbout.... 


Adélard Godbout

(1882-1956)

... alors que Pie XII était pape et un peu plus de trois mois après que le futur Cardinal Léger (natif de Sallaberry-de-Valleyfield au cas où vous ne le auriez pas)  soit élevé au rang de Monseigneur à 38 ans, le même qui fut un des clients les plus réguliers du Grand Véfour à Paris alors qu'il était missionnaire au Cameroun.

Et je viens d'apprendre en écrivant ce qui précède que deux roquettes auraint été lancées de la bande De Gaza vers la région de Tel -Aviv. Oyoye !

*

Deux :

On me donne souvent dix ans de moins que j'en ai. «Oui, je m'empresse souvent de préciser : dix ans de moins, mais un dix ans très fatigué alors que j'en ai en réalité dix ans de plus, quoique relativement en santé - et si ce n'était que de monter et descendre des escaliers ou me pencher, ce serait vingt ans qu'il faudrait ajouter à celui que vous voyez.»

Il y a quelque temps, j'ai dit à une jeune dame - je dis bien «une jeune dame» et non «une feune fille» (depuis qu'il s'est fait couper les cheveux) - que.. s'il elle avait dix ans de plus et moi, trente ans de moins... Mais je me suis empressé d'ajouter : «Sauf que ça ne fonctionnerait pas plus !»

Ce qui me fait penser :

Quand il m'arrive de regarder des albums-photos des années cinquante, particulièrement ceux du début des années cinquante ou même de la fin, albums qui contiennent des clichés de premières communions, de baptêmes et de mariages (c'est ce qu'on photographiait le plus à l'époque), je suis toujours étonné de constater que les vieillards qui s'y trouvent, en pères, grand-pères ou oncles (ce qui n'exclut pas les mères, grands-mères et tantes), n'ont que cinquante et rarement plus que soixante ; qu'on y retrouve rarement des gens qui ont aujourd'hui mon âge sinon, parfois, en fauteuils-roulants ou fortement supportés par d'autres plus jeunes qu'eux. C'est troublant. 

Simon

 

      Herméningilde Pérec


Circulaires, publi-sacs, 

La boutade de Simon dans ses «Fonds de tiroir» du précédent numéro du Castor™, car c'en était une, à savoir qu'il... - Laissez-moi d'abord la citer au complet :

«J'hésite beaucoup à donner de l'argent aux mendiants qu'on rencontre de plus en plus dans les rues des grandes villes. - Dieu sait ce qu'ils feront de mon aumône. Dans le lot, je suis certain qu'il y en a qui l'utiliseront pour faire imprimer leur CV et se trouver un emploi, privant ainsi un fils d'une bonne famille d'une source de revenus qui lui était destinée.»

... en a fait sourire plusieurs, mais également réfléchir autant d'autres.

Mademoiselle G*** de l'établissement B***, de même que sa collègue Y***, endroit que je fréquente pour un léger problème de santé (à mon âge...) m'ont dit qu'elle l'avait fait réfléchir, par sa «contre-vérité» (quoique ce n'est pas le mot qu'elles ont utilisé), aux ferendae sententiae societatis (idem) c'est-à-dire aux modes de pensée imposées par la société qui stipulent, dans ce cas précis, que tous les citoyens d'une grande ville doivent se sentir coupables de ne pas s'occuper de l'itinérance et des gens qui, pour une raison ou pour une autre, en ont fait un mode de vie.

«Qu'est-ce que je dois répondre, me demanda Mademoiselle G***,  à un type - vous le connaissez, il est toujours en face du [ici un endoit que je ne peux pas citer] qui est visiblement intelligent et en santé, ne cesse d'harceler tous les passants, jour après jour comme si on lui devait quelque chose ?» - Et d'Y*** de renchéchir : «Et vous avez vu comment il est habillé ? Il porte  des vêtements que je ne peux même pas me payer !»

D'autres exemples ont suivi ce cas unique, mais par la suite, j'yy ai songé et presque immédiatement je me suis souvenu d'un autre du même acabit qui, rue *** près du couvent des Ursulines où j'ai une bonne amie, lorgne régulièrement ma serviette de cuir, un cadeau de Madame Pérec, une serviette qui a plus de vingt ans et dont je suis fier de la patine... - Et j'ai pensé que si, l'on faisait un sondage auprès de nos lecteurs que plusieurs n'auraient aucune difficulté, de citer, en catimini, des exemples semblable. - Ce qui m'a amené à témérairement penser ceci :

Quelle est la logique qui nous pousse, nous, humbles citoyens qui vaquont pour la plupart à nos affligeantes occupations en toute humilité, à nous sentir coupables devant des faits qui nous sont imposés souvent par des individus à qui nous ne demandons rien et dont - dans le cas de l'itinérance - plusieurs organismes existent pour leur venir en aide et auquel - encore là, on nous a pas demandé notre avis -  nous devons financièrement participer d'une façon directe ou indirecte.

«Primo et principalita caritas» me direz-vous et vous aurez parfaitement raison. D'ailleurs, je ne saurais par où commencer pour m'occuper des itinérants de mon propre quartier, encore moins de ceux de la municipalité où j'habite. - Il s'agit là d'un problème social qui me dépasse, comme la plupart des problèmes sociaux modernes. - Je suis, on me le rappelle tous les jours, d'un temps presque ancien. mais il est un situation que j'ai beaucoup de difficultés à accrpter : c'est celle des sacs de feuillets publicitaires qu'on dépose régulièrement devant ma porte malgré l'affiche que j'y ai apposée pour les interdire. 

H. Pérec

 

       Copernique Marshall

Johnny Come Late

J'aurais voulu, pour cette édition, vous parler d'un livre d'articles paru en 2011 de Christopher Hitchens, Arguably, que j'ai lu au cours de mes récents déplacements, mais, comme d'habitude, toujours à la dernière minute, j'ai remis ma copie au moment où l'éditeur était en train de s'arracher les cheveux à la lecture des chroniques de Simon qui semble n'avoir eu rien d'autres à faire le mois dernier sauf lire et écrire.

«C'est qu, m'a dit l'éditeur, le bougre les a emboités les unes dans les autres et tenter d'en retirer une pour le mois prochain, c'est comme retirer une pieuvre d'un baril de pieuvres.»

Ayant voulu l'aider, je les ai lues, l'une après l'autre, pour réaliser qu'on pouvait, à quelques détails-près, les lire dans n'importe quel ordre et qu'on ne pouvait pas, réellement, les séparer. Alors j'ai démissioné. 

Aussi : à la prochaine !

Mais n'oubliez pas de lire le reste. Notamment le mini-conte de Borgès que nous a choisi Fawzi pour l'«extrait du mois». C'est avec son punch line un chef-d'oeuvre.

Copernique

 

       Jeff Bollinger


 Le paradoxe de Zénon

(Du livre dont je parlais le mois dernier : Riddles in Mathematics d'Eugene P. Northrop - Pelican, 1964)

Voici comment Wikipedia décrit l'un des huit paradoxes de Zénon (± 490 à ± 430 avant J.-C.), celui qu'on nomme «Achille et la tortue» :

Dans ce paradoxe, il est dit qu'un jour, le héros grec Achille disputa une course à pied avec une tortue. Comme Achille était réputé être un coureur très rapide, il avait accordé gracieusement à la tortue une avance de cent mètres. Zénon affirma alors que le rapide Achille n'a jamais pu rattraper la tortue parce qu'il ne pouvait pas. 

En effet, supposons pour simplifier le raisonnement que chaque concurrent allait courir à une vitesse constante, l'un très rapidement, et l'autre très lentement ; au bout d'un certain temps, Achille allait comblé ses cents mètres de retard et atteint le point de départ de la tortue ; mais pendant ce temps, la tortue allait avoir parcouru une certaine distance, certes beaucoup plus courte, mais non nulle, disons un mètre. Cela avait exigé alors à Achille un temps supplémentaire pour parcourir cette distance, pendant lequel la tortue aura avancé encore plus loin ; et puis une autre durée avant d'atteindre ce troisième point, alors que la tortue aurait encore progressé. Ainsi, toutes les fois où Achille allait être à l'endroit où la tortue allait se retrouver, elle allait se retrouver... encore plus loin. Par conséquent, le rapide Achille n'a jamais pu et ne pourra jamais rattraper la tortue.

En voivi un autre (paradoxe), plus terre à terre :

Par testament, un homme laissa à ses trois fils 17 chevaux qu'il demanda à être répartis comme suit : la moitié à son fils aîné, le tiers à son fils puiné et un neuvième à son fils cadet.

Les chevaux étant de race, aucun des fils ne voulut appeler un boucher pour donner, par exemples, huit chevaux et demi au premier des fils, cinq chevaux et deux tiers au deuxième et le reste au cadet.

Ils firent appel au sage de leur village qui, le lendemain arriva avec son cheval qu'il ajouta aux dix-sept à être partagés et procéda à donner à l'aîné la moitié de dix-huit chevaux ou neuf. Au suivant, il en donna six chevaux (18 divisé par deux) et au troisième, deux, soit dix-huit divisé par neuf. Neuf + six + deux égalant dix-sept, il resta sur place un cheval, le sien, avec lequel il rentra chez lui.

C'est que 1/2 + 1/3 + 1/9 = 17/18 et non 17 sur 17. - Facile quand on y pense.

Dans le cas d'Achille et la tortue, la solution fut plus difficile à trouver :

Ce paradoxe du mouvement a stimulé les réflexions de grands mathématiciens tels que Galilée, Cauchy, Cantor, Carroll et Russell ; cela fit dire à Bergson que si les philosophes l'avaient réfuté de bien des façons et que ces façons étaient toutes différentes, chacune enlevait aux autres le droit de se croire définitive.

Ce n'est qu'au XXe siècle, presque deux mille ans et demi après Zénon qu'une véritable résolution fut trouvée - mathématiquement - en utilisant le fait qu'une série infinie de nombres strictement positifs peut converger vers un résultat fini.

Pour de plus amples détails voir :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_d%27Achille_et_de_la_tortue

Reste maintenant à me pencher sur un Dieu en trois personnes.

Jeff

 


Boss et boss

Il est onze heures. C'est vendredi. Le vendredi vingt-deux mars de l'an 2019. J'avais prévu aller en ville aujourd'hui. Mais on annonce de la pluie mêlée de neige et de dieu-sait-quoi.  - Comme dit Monsieur Popp : «Quand nous est tombé du ciel de la pluie, de la neige, de la grêle et du verglas, qu'est-ce qui peut encore nous tomber dessus ?» Sauf qu' il ajoute toujours : «Oui, mais avouez que c'est plutôt rare.» Alors j'ai décidé de rester à la maison.

C'est malheureux car il est rare que j'ai une journée, comme ça, en plein milieu de la semaine où je n'ai pas à me rendre au travail et pas le petit à m'occuper de. 

J'ai congé aujourd'hui. 

On est à repeindre la section où se trouve mon bureau. Aujourd'hui, demain et après-demain. Sauf que demain, c'est samedi et après-demain, dimanche et que je n'y serais pas allé de toutes façons. 

C'est qu'on est à redécorer mon bureau, celui de mon adjointe et celui de mon boss qui, lui, est à Toronto, voir son boss dont le boss est le boss des boss et qui dit tout le temps qu'il a plusieurs boss : les propriétaires de la shop. - Some boss : un bonhomme en fauteuil roulant et qu'on voit jamais et les deux veuves de ses ex-associés, les fondateurs ou premiers boss. Ce qui fait qu'on a ben des boss : des boss, des sous-boss, des mini-boss et même des boss d'employés qu'on ne voit jamais : ceux qui s'occupent de vider les corbeilles la nuit et qui se rapportent aux propriétaires de l'immeuble, leur boss qui a délégué sa bosserie à un sous mais également un sur-boss.

Mais il ne faut pas que je m'oublie pas parce que je suis une boss, moi aussi : la boss de mon adjointe, la boss de notre secrétaire qui, elle, a une autre boss : celle qui s'occupe des employés subalternes et qui se rapporte au boss du bureau qui est également le boss des employés en charge du classement, des archives et des photocopieurs.

Ben des boss.

Il est onze heures. C'est vendredi. Le vendredi vingt-deux mars de l'an 2019.

Tiens, je vais appeler ma mère. 

George

 

        Fawzi Malhasti


Poésie choisie

Les yeux bleus

(Poème de Gaston Couté : 1880-1911)

Vous m'avez dit dans un sourire,
Que les yeux bleus (souvent songeurs),
Semblaient refléter et décrire
Les intimes penchants des coeurs.

Vous m'avez dit - lèvres sincères -
Que vous aimiez ce bleu profond,
Où vos yeux trouvaient plus sévères
Ces regards où tout se confond.

Où vos yeux trouvaient plus sévères
Ces regards où tout se confond.

Ces regards fixes qui résument
La haine ou la joie ou l'amour,
Ces regards bleus qui vous consument
Et font tout un siècle d'un jour.

Vous les adorez, chère Dame,
Aussi je les chante pour vous,
Mystique, divine est leur flamme ;
Vous les trouvez si doux.., si doux!

Mystique, divine est leur flamme ;
Vous les trouvez si doux.., si doux!

Vous m'avez dit dans un sourire,
Que les yeux bleus (souvent songeurs),
Semblaient refléter et décrire
Les intimes penchants des coeurs.

Vous m'avez dit dans un sourire
Que ces yeux dictaient les espoirs.
Pourtant... (laissez-moi vous le dire)
Pourquoi vos beaux yeux sont-ils noirs ?

Pourtant... (laissez-moi vous le dire)
Pourquoi vos beaux yeux sont-ils noirs ?

*

Notes :

Ce poème a été mis en musique par Michel Desproges qui l'a endisqué en 2005 sur un CD dcomprenant 17 autres poèmes de Gaston Couté. Son titre : Gaston Couté, Montmartre 1900 - Distribution Fortin Productions - Mélodie DK 047.

Michel Desproches, chant et guitare avec : au violoncelle, Philippe Bary et deuxième voix, Marion Maraux.

Paul qui m'a indiqué ces renseignements dit avoir trouvé sa copie à la Libraire L'insoumise (Libraire anarchiste), 2033 boul. Saint-Laurent, Montréal.

Pour en écouter un extrait, cliquez sur la note :

 

Pour de plus amples rnseignements sur Gaston Couté, consultez les sites suivants :

Dutempsdescerisesauxfeuillesmortes

gastoncoute.free.fr

Fawzi

 

         De notre disc jockey - Paul Dubé


Beau printemps...

L'hiver étant chose du passé (quoiqu'il a neigé là où je demeure au cours de la nuit du 21 au 22 dernier), j'ai pensé passer tout de suite au printemps qui, comme on le sait, ne dure que dix jours au Québec, parfois sept. - Il fait tout à coup beau le lundi et le dimanche suivant tous les arbres sont redevenus verts.

Pour ce légendaire lundi - qui sera là d'ici peu - s'il n'est pas déjà apparu au moment où vous lirez ces lignes, j'ai pensé vous faire entendre de la musique appropriée.

Je ne vous dirai pas de qui c'est car j'en connais parmi vous qui, à la seule mention du  nom de son compositeur, pourraient passer à la chronique qui suit.

C'est au piano et joué par une pianiste assez non-conventionelle, née à Singapore, mais  vous verrez : c'est comme une bouffée de printemps.

Pour écouter, cliquez sur la note :

paul

P.-S. : Pour les ultra-curieux, c'est l'oeuvre d'un compositeur américain décédé en 1992 et ça dure moins de huit minutes.

***
Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.

***

Et pour notre émission radio :

(Nouveau format, nouvelle heure)

 

L'extrait du mois


Jorge Luis Borges - Everything and Nothing (*)
(Anthologie personnelle - L'Imaginaire - Gallimard, p. 148, 2016
 Oeuvres complètes - La Pléiade, vol. II, p. 24, 2010)

(*) Le titre de ce conte écrit en espagnol était à l'origine anglais. - Il a été publié dans une suite faisaint partie de El hacedor `(L'auteur et autres textes) publiée à l'origine en 1960 et traduite en français en 1965 par Robert Caillois)

Note (Madame Fawzi Malhasti) :

Le parcours de cet écrivain né Jorge Francisco Isodoro Luis Borges Acevedo en 1899, à Buenos Aires et décédé à Genève en 1986 est assez particulier. Durant la Première Guerre mondiale, il est en Suisse avec ses parents (où il fait ses études) pour se retrouver à nouveau à Buenos Ayres en 1921 où il s'engage dans de multiples acrtivités culturelles, fondant des revues, traduisant des auteurs comme Kafka et Faulkner, mais s'intéressant surtout à l'avant-gardisme espagnol. En 1930, il commence à écrire des contes et des nouvelles, des récits policiers parodiques, des chansons (mises en musique par Astor Piazzola) et se tourne peu à peu vers le fantastique, le réalisme dit magique où il décrit des situations étranges qui lui permettent, également sous la forme d'essais, une vision tout à fait nouvelle de la réalité, de l'espace, du temps, de l'infini entremêlant des personnages historiques, des êtres sans âme, des artistes dérisoires ou imposteurs dans un style unique, souvent très concis d'où émergent des paradoxes et des figures poétiques étonnantes.

Ce n'est qu'à partir des années soixante que ses écrits commencèrent à être traduits et que sa réputation se répandit dans le monde notamment en France, grâce à l'écrivain Robert Callois, puis en Angleterre et aux États-Unis.

Voici un court conte qui donnera une idée de son génie :

*

Il n'y avait personne en lui ; derrière son visage (qui même d'après les mauvaises peintures de l'époque, ne ressemble à aucun autre) et derrière ses propos, qui furent abondants, fantastiques et agités, il n'y avait qu'un peu de froid, un rêve que personne ne rêvait. Au début, il crut que tout le monde était comme lui mais l'étonnement d'un ami avec qui il avait essayé de commenter cette vacuité l'avertit de son erreur et lui fit comprendre pour toujours qu'un individu ne doit pas s'écarter des normes de l'espèce.

Une fois, il pensa qu'il trouverait peut-être dans les livres un remède à son mal et il apprit de cette manière ce peu de latin et cet encore moins de grec que devait mentionner un de ses contemporains. Il considéra ensuite que la pratique d'un rite élémentaire de l'humanité pouvait bien être ce qu'il cherchait et il se laissa initier par A***, au cours d'une longue sieste de juin. 

Passé vingt ans, il se rendit à Londres. Instinctivement, il s'était déjà entraîné à simuler qu'il était quelqu'un, afin qu'on ne découvrît pas le fait qu'il n'était personne ; à Londres, il trouva la profession, à laquelle il était prédestiné, celle d'acteur, lequel, sur une scène, joué à être un autre, devant une assemblée de personnes qui jouent à le prendre pour cet autre. Le métier d'histrion lui apprit un bonheur singulier, peut-être le premier qu'il connût ; mais, le dernier vers acclamé et le dernier mort retiré de la scène, la détestable saveur de l'irréalité l'envahissait de nouveau. Il cessait d'être Ferrex ou Tamerlan et redevenait personne.

Aux abois, il se prit à imaginer d'autres héros et d'autres fables tragiques. Ainsi, pendant que son corps a'acuittait de son destin de corps dans les lupanars et les tavernes de Londres, l'âme qui l'habitait était César, qui fait la sourde oreille aux avertissements de l'augure, et Juliette, qui déteste l'alouette, et Macbeth, qui parle sur la lande avec les sorcières qui sont aussi les Parques. Personne ne fut autant d'hommes que cet homme qui, à la ressemblance de l'Égyptien Protée, put épuiser toutes les apparences de l'Etre. Parfois, il laissait dans le recoin d'une oeuvre quelque confession, avec l'assurance qu'on ne la déchiffrerait pas ; Richard affirme ainsi qu'en un seul personnage il joua le rôle de beaucoup d'autres et Iago dit étrangement : «
Je ne suis pas ce que je suis. » L'identité fondamentale d'exister, de rêver et de représenter lui inspira des passages fameux.

Durant vingt ans il persista dans cette hallucination dirigée, mais il fut saisi un matin par la nausée et l'horreur d'être tant de rois qui meurent par l'épée et tant de malheureux amants qui se réunissent, se séparent et agonisent mélodieusement. Ce même jour, il décida de vendre son théâtre. Il retourna dans la semaine à son village natal où il récupéra les arbres et la rivière de son enfance et il ne les rattacha pas à ces autres que sa muse avait célébrés et que rendaient illustres allusions mythologiques et des vocables latins. II fallait être quelqu'un ; il fut un imprésario en retraite qui avait fait fortune et qui était passionné par les prêts, les litiges et la petite usure. En ces dispositions, il dicta le testament aride que nous connaissons et qui écarte délibérément tout trait pathétique ou littéraire. Des amis de Londres avaient coutume de visiter sa retraite et il reprenait pour eux son rôle de poète.

L'histoire ajoute qu'avant ou après sa mort, il sut qu'il était en face de Dieu et il lui dit : «
Moi qui ai été tellement d'hommes en vain, je désire en être un qui soit moi. » Au milieu d'un tourbillon, la voix de Dieu lui répondit : 

« Moi non plus, je ne suis pas : j'ai rêvé le monde comme tu as rêvé ton oeuvre, Shakespeare, et tu fais partie de mon rêve, toi qui es multiple comme moi et, comme moi, personne.»

 

Book Review - Lectures

Pour une liste de nos lectures précédentes, cliquez ICI.


William S. Burroughs - The Cat Inside - Penguin, 1992

Bon prince, j'ai consenti, contre mes habitudes, à lire cet opuscule de moins de cent pages parce que on me dit souvent a) que je suis un écrivain (!) et b) que j'ai un chat. - Pour le point «b», je ne dis pas non. - Pour le point «a», il est vrai que j'écris beaucoup, mais strictement parce que - combien de fois je l'ai dit ! - c'est la seule façon que j'ai pu trouver pour mettre de l'ordre dans mes idées.

Ce qu'on oublie de me souligner quand on avance ce qui précède, particulièrement en rapport avec le point «a», c'est que parmi mes écrivailleries, j'émets souvent des opinions sur les écrivailleriess des autres et ce, généralement, de façon péremptoire
(*), d'une chaire presque papale, et des opinions qui exluent de facto toutes opinions qui pourraient être différentes.

(*) C'est-à-dire de façon qui est démodée, dépassé par le temps et même périmée.

Non, non et non, et... vrai en même temps : je suis confiné dans un monde relativement limité comme ceux de tous ceux qui me donnent leurs opinions sauf que les leurs sont le fruit de longues réflexions alors que les miennes...  Enfin, c'est ce qu'ils me laissent sous-entendre.  

Cela étant dit, mis à part ma connaissance - même adjectif ou qualificatif : limitée de certaines littérature - je suis zéro en ce qui a trait à la littérature post 1950 pour des raisons que j'ai déjà expliquées - et le fait que j'attache la plupart du temps beaucoup plus d'importance au style qu'au contenu de ce que je lis (voyez ce que je dis de Gide ci-dessous), j'ai quand même trois principes qui sont la plupart du temps à l'origine de, souvent, mes anathèmes concernant les écrits d'autrui :

1 - Il m'apparaît primordial d'essayer de comprendre ce qu'un auteur a voulu écrire. (Et comment il s'est pris pour ce faire.) - Sauf que : 

2 - Je constate irrémédiablement que contraitrement au principe précédent, il m'arrive plus souvent qu'autrement de penser à ce que je crois que l'auteur a voulu écrire. Et que :

3 - J'attache énormément d'importance à ce qu'un auteur a peut-être écrit sans le savoir.

Passons maintenant à William S. Burroughs, son chat ou plutôt ses chats. - Carrément ? Pourquoi pas :

Dans son opuscule, je m'attendais à trouver des réflexions sur le rapport entre les chats et ceux - j'allais écrire : qui en possèdent, mais autant corriger tout de suite : - ceux qui... vivent en osmose avec eux. Patiemment, j'ai lu, pages après pages, pour ne trouver qu'une série de phrases discontinues qui m'ont paru n'être que des descriptions de faits divers tels que l'arrivée saugrenue d'un chat sur sa table de travail ou le saut instinctif d'un félin ou tout autre animal lorsqu'on lui apporte à manger ; des faits divers qui auraient pu tout aussi bien être filmés comme ces bouts de regardez-comme-il-est-mignon mini-vidéos dont on peut en retrouver des milliers sur YouTube. - Et pour être sûr de ne pas en avoir manqué une, j'ai les ai relues, une deuxième fois et même en partie une troisième si je considère celles que j'ai re-relues au hasard.

La question qui m'est restée à l'esprit est demeurée la même : pourquoi ce livre ? 

Pas une seule phrase m'a semblé assez importante pour que je songe à la citer en exergue ou en en-tête d'un de mes toujours remarquables essais.  - Faut dire que si j'aime bien mon chat, je ne l'adore pas. - C'est après tout, ce que je me suis dit, un animal qui demande beaucoup d'attention pour ce qu'il m'en donne en retour. 

Mais revenons à The Cat Inside :

Son problème est que ce n'est pas le premier de ce genre de livres qu'il m'a été donné de lire au fil des ans. Je me souviens, entre autres, de Je ne suis pas plus con qu'un autre d'Herny Miller (le seul livre qu'il ait écrit en français - mauvais d'ailleurs), d'une lettre sans intérêt de Joyce qu'un éditeur a jugé bon de faire paraître dans une édition numéroté (mille exemplaires ?) avec des dessins de dieu-sait-qui et de nombreux passages inédits de Proust ne dépassant pas vingt pages y compris une presque thèse autour du fait que, dans À la recherche, il n'y avait aucun animal sauf le chien de Madame Sazerat, au tout début...

Il y a là, à mon avis, une sur-exploitation de la notoriété d'un écrivain, conséquence de l'adoration sans borne de certains de ses lecteurs ou peut-être même - c'est fort possible - d'écrits alimentaires de la part d'auteurs en panne, mais qui doivent quand même continuer à payer leur tailleur.

Les lecteurs de D'Ormesson en ont été victimes lors de la publication de ses deniers livres ; nous en avons parlé ici-même.

Bah, les bouts de papier qui tombent dans la corbeille d'un génie pourraient - sait-on jamais - être importants...

Et puis dans le fond, qu'est-ce qu'on le lit pas de nos jours ? - La preuve est que vous venez de lire ceci.

Ce qui me ramène à mes trois principes :

1 - Est-ce que j'ai compris ce que Burroughs a voulu dire avec ce livre ? - Non.

2 - Est-ce que j'ai compris son intention en le faisant publier ? - Peut-être.

3 - Est-ce que j'ai été assez perspicace pour lire ce que Burroughs lui-même n'a pas tout à fait compris à savoir l'importance que ce livre pourrait avoir quant à une compréhension plus grande du personnage qu'il était. - Je ne sais pas : Burroughs n'a jamais fait parti de mon monde littéraire, fort limité au demeurant (comme je l'ai mentionné ci-dessus) surtout en ce qui concerne son époque.

Mon jugement ?

Je n'en ai aucun et la seule question que je me pose est : pourquoi a-t-on voulu que je lise ce «The Cat Inside » de William
S. Burroughs, esq., mais j'ai bien peur qu'on ne me le dise jamais.

Mais tandis que je suis là, j'aimerais avant de vous quitter vous parler d'un film qui a eu un certain succès à son époque, Candy de Chritian Marquand (1968),  mais qui est aujourd'hui oublié malgré la pléiade de comédiens qui en ont fait partie : Richard Burton, Charles Aznavour, Marlon Brando, John Huston, James Coburn et même Ringo Star, tous dans des rôles inhabituels : Aznavour en acrobate bossu, Ringo en jardinier mexicain, Brando en gourou, etc., etc. - En vedette, une jeune fille naïve, jouée par Ewa Aulin qui sex-eploitée au cours d'une courte carrière a décidé que le cinéma n'était pas pour elle. - Mais le surprenant personnage interprété par Richard Burton en vaut la peine : MacPhisto, un poète gallois, alcoalique, qui dit n'importe quoi (dont les livres ont été bannis dans 27 pays et 14 autres en phase émergeante) et qu'une foule d'admirateur ne cessent d'admirer béatement, ce qui me ramène à William S. Burroughs...

(Aux dernières nouvelles, ce film était disponible sur YouTube. Suffi de taper "candy 1968 ewa aulin" dans son moteur de recherche. - Burton y apparaît au tout début.)

Fin de cet aparté.

Il m'est tout de même resté quelque chose de ce «The Cat Inside». Le souvenir que j'ai déjà eu en ce qui concerne non pas Burroughs, mais un certain Gainsbourg qui m'ont tous les deux paru faire partie du même monde. Je veux dire physiquement ou en apparence.

Vous saviez qu'il, Gainsbourg, a écrit, composé ou, à tout le moins, signé plus de 500 chansons ou mélodies ? - De ces 500, combien, vraiment, en a-t-on retenues ? - Est-il important de le savoir ? Ce qui est important c'est se rappeler qu'il en a composées d'inoubliables.

Et j'enchaîne - je suis superexcité cette semaine  - avec  ce que je pense de la correspondance des géants littéraires, à la suite cependant de commentaires sur un autre livre..

Simon

***

Robert Mallet - Une mort ambiguë - Gallimard, 1955
(Suivi de quelques remarques sur les livres de correspondance)

Pour me punir d'avoir récemment trop regardé d'insignifiantes nouvelles sur Trump et son entourage, je me suis astreins à lire ce livre sur, tel qu'on le dit sur la dernière page de sa couverture : la confrontation par personne interposée de deux hommes irrémédiablement brouillés (Gide et Claudel), Mallet ayant été celui qui a servi d'intermédiaire entre les deux et qui, lors de la publication de leur correspondance en 1949-1950, y a joint une préface et des notes.

Je dis bien «pour me punir» car, à plusieurs moments, au cours de ma lecture, je me suis demandé pourquoi je persistais à lire un livre dont la correspondance précitée n'a servi que de prétexte, pour l'admirable interviewer des Entretiens avec Léautaud qui demeure un must à écouter,  pour écrire de longues disgressions sur ce qu'il pensait de la religion, la foi, l'homosexualité et même ce qui doit arriver à la dépouille mortelle d'une personnalité publique, disgressions toutes aussi captivantes les unes que les autres, si vous vous intéressez à ce genre de choses.

(Ci-dessous je cite un passage de ces disgressions, une introduction plus préciséement, qui vous donnera une idée du style qu'il a adopté lors de sa rédaction.)


En bref, je n'ai rien appris de nouveau dans ce livre de 250+ pages sinon, peut-être, ce qui s'est passé lors de la mort et les funérailles d'André Gide, moment décrit tout aussi bien, sinon plus sobrement, dans "Les cahiers de la petite dame" (Numéro 7 des Cahiers d'André Gide - Gallimard - vols 4 à 7).

Je dois préciser qu'une bonne partie de son contenu rapporte verbatim diverses conversations entre l'auteur et Gide, l'auteur et Paul Claudel, les réflexions de Gide sur Claudel et celles de Claudel sur Gide, mais aucune ne m'a paru importante au point de les avoir notées.

À plusieurs endroits surgit Léautaud, avant et après la mort de Gide, mais rien de nouveau dans les entretiens qu'il (Léautaud) a eu par la suite avec l'auteur de cette Mort ambigüe et qu' on peut lire ou écouter ailleurs.

En d'autres mots, «Une mort ambiguë» n'est qu'une suite de - on l'apprend en cours de route - pages d'un journal dont on pourrait facilement se dispenser et desquelles on a oublié de supprimer les descriptions inutiles. Par exemple, l'extrait qui suit qui sert de préambule à la visite de l'auteur et de Léautaud à l'endroit où est enterré Gide :

«En ce jour où le printemps et l'été se confondaient, le soleil ruisselait sur toute la campagne. Les feuilles des hêtres avaient cette couleur claire et vernissée qu'elles perdent en vieillissant. Les alignements de troncs lisses autour des fermes et des pâtures s'enfouissaient dans leurs propres exubérances. Le bandeau mouvant des frondaisons supportait un ciel aussi lisse qu'une opaline. Le gris, le vert jaune et le bleu se moiraient de lumières diffuses qui dévalaient sur eux pour irriguer les champs verts-noirs où pointaient les épis de blé. Le toit d'ardoise de la petite église luisait de toutes ses écailles sous des averses de rayons qui rebondissaient à travers le cimetière dont les allées avaient la même teinte d'argile fauve que le chemin rural...» (Page 157)

Ce qui n'explique pas pourquoi j'ai persisté dans ma lecture.

 

Ah Oui, je m,en souviens : pour me punir d'avoir récemment trop regardé d'insignifiantes nouvelles sur Trump et son entourage,

De la correspondance d'auteurs célèbres

Les rares ceusses qui ont eu la patience, un jour ou l'autre, de jeter un coup d'oeil sur ma bibliothèque dont les livres ont toujours été plus ou moins classés par éditeurs (et parfois par la couleur de leur reliure - je l'ai déjà mentionné ici) ont dû, sans me le dire, se questionner sur la quantité des correspondances qui s'y trouvent ou s'y trouvaient avant les nombreux élagages que j'ai été obligé d'y faire faute d'espace, de moyen et lors de quelques déménagements. - Y sont et s'y trouvent encore, pour la plupart,  la correspondance de : Proust (21 volumes), les trois-quart de celle de Gide (avec Copeau, Ghéon, Martin du Gard, sa mère, François Mauriac, Jacques-Émile Blanche, Dorothy Bucy, Valéry Larbaud, Francis Jammes, etc.), les quatre volumes de la correspondance de Pline le Jeune, de nombreuses lettres de Joyce, d'Oscar Wilde et d'autres auteurs trop nombreux pour être nommés.

Ce qui aurait encore plus surpris ces rares ceusses qui se sont prêtés à cet examen auraient été encore plus étonnés d'apprendre que, sauf de rares exceptions (dont la correspondance de Pline le Jeune), je n'en ai, à toutes fins utiles, lues à peu près aucune. Mais alors à quoi sert-il d'avoir tout ça dans sa bibliothèque auraient-ils pu me demander et je leur aurait répondu : on ne sait jamais...  et ça aurait été mentir un peu. Beaucoup même car je ne crois pas qu'il se soit passé une semaine et qu'il ne se passe pas encore une semaine sans que je n'ouvre un de volumes dans lesquelles ces correspondances sont imprimées pour y trouver une référence quelconque, pour retrouver, par exemple, le contexte dans laquelle une lettre est citée par un auteur d'un essai que je suis en train de lire ou tout simplement pour me renseigner sur un fait, un objet, une circonstance ou une opinion  quelconque. Tenez : récemment, je me suis plu à lire la correspondance de Proust avec son banquier. Ce fut un vrai délice que lire des phrases proustiennes utilisées dans un rapport que d'aucuns pourraient dire aussi bassement matériel. Et puis, il faut lire une fois dans sa vie un auteur aussi brillant que Wilde écrivant à son cher Bosie ou encore le prodigue Joyce, toujours à court d'argent, écrivant à sa mécène ou son éditeur.

Car :

Autant je me plais à dire que le Journal de Goncourt est illisible, autant je serai d'accord pour dire que lire la correspondance intégrale d'un auteur (en particulier Proust dont on a conservé jusqu'à la moindre note) est une pure perte de temps. À moins qu'on soit en train d'écrire la thèse définitive (en son genre) sur le genre de cravate que portait Gide lors de ses sorties séductives...

Sauf que dans le cas de Pline le Jeune, ayez la patience de tout lire. - Remarquez que, dans son cas, c'est lui qui a choisi quelles lettres étaient dignes d'être publiées.

Simon

***

Et puis finalement :

L'énigmatique André Gide

(Sur une [re]lecture de : L'école des femmes, Oedipe-Roi, Les faux-monnayeurs, Les caves du Vatican, certaines pages de son Journal et divers Essais ou Commentaires sur : Rodin, Balzac, Francis Jammes, Henri Ghéon, etc.)

Ayant passé plusieurs heures en compagnie de Gide au cours du mois dernier et de l'autre avant, il m'est revenu à l'esprit une question qu'on se posait déjà il y a plus de cinquante ans :

Est-ce qu'on lit encore André Gide aujourd'hui ?

En 1963, en effet, douze ans après la mort de celui qu'André Rouveyre avait surnommé «le contemporain capital»
(1) Claude Martin (2) se demandait s'il faisait encore partie de l'actualité littéraire :

Répondant à sa question («André Gide connaît le purgatoire qui n'épargne aucune gloire...»), il en souleva une autre : «Faut-il s'étonner que, de l'enquête menée en décembre 1960 par un hebdomadaire : "Dix ans après, que reste-il de Gide ?", il soit sorti de la bouche des jeunes écrivains interrogés, non pas même des sarcasmes, mais quelques phrases condescendantes et désabusées ?»
(3)

(1) Écrivain, journaliste, dessinateur de presse et caricaturiste, André Rouveyre (1880-1962) fut, entre autres, ami de Gide, Apollinaire, Rémy de Gourmiont, Henri Matisse et Paul Léautaud.

(2) Professeur à l'Université de Lyon, Claude Martin, auteur et co-fondateur en 1968 de l'Association des Amis d'André Gide, a édité des Correspondances majeures de l'écrivain, ainsi que les célèbres Cahiers de La Petite Dame de même qu'établi l'inventaire de la correspondance générale d'André Gide (environ 25 000 lettres). (Source : Babelio et autres)

(3) André Gide par lui-même - Édition du Seuil - Collections Écrivains de toujours, 1963.

À la lecture de ce qui précède, on peut, aujourd'hui, se poser une question beaucoup plus significative : si, en fait, Gide est vraiment passé par un purgatoire quelconque ou s'il n'a pas tout simplement cessé de faire partie de l'actualité littéraire dès sa disparition en rejoignant des écrivains qui furent ses contemporains et dont, depuis des années, on ne peut lire les noms que dans des manuels scolaires sous la rubrique «Écrivains du XXe siècle» (ou dans des éditions hors-prix). Qui ? Paul Claudel, Jean Giono, André Malraux, François Mauriac, Henry de Montherlant, Jean Anouilh... auxquels on pourrait ajouter des écrivains très connus et même fort louangés au cours de la première moitié du XXe siècle : Léon Bloy, Edmond Rostand, Alain-Fournier, Pierre Loti, Romain Rolland, Georges Bernanos, Albert Samain, Georges Bataille...

Je n'ai pas fait de longues recherches pour savoir si Gide était encore disponible aussi facilement en 2019 qu'i l'était quand j'étais jeune. - J'ai consulté quand même les catalogues de quelques bibliothèques puis examiné la liste des livres de Gide toujours en vente à la FNAC, chez Amazon et Gallimard pour en conclure qu'à moins de se procurer les six volumes de la collection La Pléiade
(4) et débourser plus ou moins 500 $ (323 Euros), l'oeuvre de Gide, à l'exception de certains livres aux titres suscitant une certaine curiosité (L'immoraliste, les Faux monnayeurs ou encore Les caves du Vatican), n'est accessible que sous la forme de livres plutôt difficiles à trouver car ils n'ont jamais été republiées depuis des années.

(4) Journal, Tome I et II - Romans et récits (Oeuvres lyriques et dramatiques), Tome I et II - Souvenirs et voyages et Essais critiques.

Il m'a fallu, par exemple, chercher assez longtemps pour trouver son Théatre - et encore : j'ai dû me contenter d'une édition de 1948 où, forcément, sa pièce tirée de ses Caves du Vatican (1950) ne s'y trouvait pas, quoique encore en vente, séparément chez Gallimard, pour la modique somme de quelque 30$ et sur demande seulement dans une des quatre des bibliothèques que j'ai consultées.

Ce que j'ai appris également, c'est qu'on publie encore et régulièrement, des études sur les divers aspects de Gide, sa vie et son oeuvre dans quelques revues littéraires comparativement, par exemple, à l'inoubliable oublié Albert Samain, via, entre autres, l'«Association des amis d'André Gide» citée ci-dessus et toujours en activité tandis que,  régulièrement, paraissent dans divers magazines spécialisées un article ou deux sur celui qui aurait été une influence majeure (d'aucuns ont avancé une influence «dévastatrice») sur la jeunesse de 1900-1920.

S'il faut ajouter à l'oeuvre d'André Gide sa correspondance et les essentiels Cahiers de la petite dame, alors là, autant, comme dit l'epression, «prendre son mal en patience». Les livres de Gide sont comme des perles : rares. Et si coûteux qu'ils ne sont à portée de quelques uns.

Ce qui me fait dire, qu'à l'exception de quelques titres, Gide, ce «contemporain capital» n'est plus, aujourd'hui, lu sauf par quelques spécialistes et inconditionels comme celui qui signe ces quelques notes qui s'est procuré la majeure partie de son oeuvre au moment où manger régulièrement n'était pas important. - Il y a plusieurs raisons à cet état de choses. Pierre Lepape dans son livre André Gide, le messager (1997, rééd. Points-Seuil, 2000) en donne une, et même deux :

« [Son oeuvre] réclame pour donner son sens et sa richesse d'être lue tout entière. Elle n'est pas faite en effet d'une suite de livres, comme autant de propositions séparées, mais des aventures, entre toutes émouvantes, d'une pensée en quête de liberté et de vérité. Chaque livre répond au précédent, qui répond à tous les autres, avec des avancées, des reprises, des contradictions violentes, des aveux et des rétractations, des audaces folles. Mais aussi des ruses et des prudences, des atermoiements et des tergiversations dont un autre livre balaiera les faiblesses. Chaque volume de l'oeuvre, roman, sotie, récit, essai critique, pièce de théâtre ou témoignage, se lit à la manière dont on lit une page de son journal, comme un morceau du paysage, une heure de la journée, une part de l'humanité, un moment de la dialectique. Ne pas lire tout Gide, c'est comme vouloir comprendre une pièce de théâtre dont on aurait effacé les dialogues. 

[...]

«Diderot, qui était multiple comme Gide et qui, comme lui, cherchait sa vérité en l'incarnant dans des personnages contradictoires, avait choisi de secouer la langue elle-même pour lui donner l'allure du vivant. La dialectique faisait danser sa phrase. Gide, au contraire, a opté obstinément pour le classicisme. Né à l'écriture au moment où les langueurs éthérées du symbolisme se livraient à une guerre contre la «vulgarité» naturaliste, il a choisi de renvoyer les deux adversaires dos à dos, en soumettant son art d'écrire à une tension permanente : enfermer sa liberté, sa spontanéité et son envie de tout dire dans les règles les plus strictes (voire les plus tatillonnes) du bien-dire classique.»

Lire toute son oeuvre ? Oui d'accord, mais qui, en 2019, aura la patience de ce faire ? De consacrer plusieurs mois pour d'une certaine manière ne constater qu'elle n'est qu'une suite de contradictions. -  Quelques inconditionnels, dont je suis, mais l'idée ne m'en est jamais venue.

*

Je ne me souviens plus comment ni exactement pourquoi je me suis intéressé à Gide. Tout ce dont je me souviens c'est que c'est arrivé il y a plus de cinquante ans... déjà !

 C'était à l'époque où paraissait le livre de Claude Simon que je ne lus que longtemps après. - Je crois, mais je n'en suis pas certain, être venu à Gide (et non pas vers lui) à cause de ses Faux-Monnayeurs qu'on me disait à l'époque avoir été le premier vrai Nouveau roman alors que j'en étais déjà à Joyce et au monumental À la recherche du Temps perdu - Je me souviens quand même de ne pas l'avoir lu en entier. Je me souviens également, mais de cela précisément, avoir eu l'impression de lire un récit dont on pouvait deviner tous les fils ; l'équivalent de regarder un spectacle de marionettes dont les mouvements des personnages auraient été  trop saccadés pour paraître naturels, même en faisant abstraction du fait qu'il étaient magistralement manipulés. Surtout que j'avais déjà vu à ce moment là, et en salle, L'année dernière à Marienbad d'Alain Robe-Grillet(1961) et en avoir être resté fasciné par ce qu'on appelait alors l'avant-gardisme ou le Nouveau cinéma.

Les Caves du Vatican est venu après, mais exactement quand ? Je ne sais pas. - Même réaction ou à peu près : pas l'oeuvre d'un grand romancier.

Ma véritable rencontre avec Gide, si on peut appeler cela une rencontre, je l'ai eu via son Journal deux ou trois ans plus tard quand je me suis mis à le lire parallèlement à celui de Julien Green. Les deux furent et sont encore mes deux grands livres de chevet. Mais pas pour les mêmes raisons :

                                      

Si je lis et relis Green pour ses idées, ses opinion, son fond, ce n'est que pour le style et uniquement pour le style que je lis Gide ; pour ce qu'en disait ci-dessus, Pierre Lepape : son «clacissisme», sa magnifique langue, ses plus-que-parfaits du subjonctif et ses tournures de phrases qu'il disait qu'il fallait prendre «par le bout qu'elles venaient».

*

Après les fleurs, le pot :

Mon opinion générale et directe ? (Comme si j'en avais d' autres !) : 

Gide est un grand auteur, mais également un grand emmerdeur.

Je le trouve tout simplement ennuyant et totalement dépassé. Il me fait penser à ces auteurs qui, pour être à la page, se mêlent de tous les débats au cours de leur existence et qui, quand ces débats finissent par devenir viellots, surannés, caduques, disparaissent avec eux. - Pire encore : il m'apparaît au fur et à mesure que je continue à lire Gide qu'il fut probablement, de son vivant, un grand flagorneur faisant semblant de tout détruire sur son chemin pour mieux flatter l'intelligence de ses lecteurs et démontrer en même temps la sienne. Un thuriféraire ? (Comme aurait dit une de mes tantes pour qui ce mot était le seul dont elle était sûr que personne d'autres dans son entourage pouvait comprendre). Peut-être.  Mais peut-être aussi un arriviste dans le monde littéraire. Enfin : un bonhomme qui, pour prouver sa légendaire «sincérité» changeait d'avis d'un journée à l'autre et qui - alors là je sens que les gidistes qui liront ce qui suit vont crier au sacrilège - s'est flagellé publiquement pour avoir louper Proust qui avait soumis son premier roman à Gallimard. - (Faut lire les lettres qu'il lui écrivit par la suite pour l'intégrer dans la NRF.)

Je ne dis pas qu'il n'y a rien de bon dans son oeuvre, mais je pense de lui ce qu'on disait à propos d'Anatole France : 

Qu'il avait du génie, mais que ce génie a été mis aux services de platitudes ; ou encore, comme Roger du Gard, son grand ami - et surtout sinon plus grand défenseur - qui osa écrire - je ne me souviens plus où, ni quand, qu'il n'a jamais écrit ce chef-d'oeuvre que son génie promettait...

Hélas ! Comme il disait lui-même de Victor Hugo.

*

À lire de lui - un must quand même : j'insiste - n'importe quoi si l'on ne s'attache pas trop à ce qu'il dit sauf que son Corydon tout comme sa «plaisanterie» en un acte, Le troisième arbre (tout son théâtre en fait) et toutes les opinions qu'il a émises sur des livres que vous ne lirez jamais peuvent être exclus de votre programme sans problème.

Quant à sa vie ou sa personnalité, vous serez en meilleure compagnie avec Green et même Oscar Wilde car je ne me souviens pas avoir lu dans une des nombreuses biographies de Wilde (et Dieu sait ce qu'on a écrites des pas piquées des vers) une description aussi terrifiante que celle de Robert Mallet (voir ailleurs dans ce Castor™) d'un Gide âgé se pomponnant avant de rendre à une possible aventure galante.

u'il fit en Californie 

Le courrier


Mme Porsépine Ouellette - Ville Émard, Québec

Statistiquement ? L'Oxford University Press mentionne dans son Christian Encylopedia que 84% de la population mondiale se dit membre d'une religion quelconque ou croit en un être suprême. - De ces 5,9 milliards d'individus, 2 milliards seraient chrétiens dont la moitié se disent catholiques, 1 milliard musulmans, 500 millions hindous , 400 millions boudhistes et 700,000 déistes, anémistes au autres. Existerait environ 10 mille religions qui se subdiviseraient en diverses branches. les chrétiens, par exemple, compteraient environ 34,000 sous-divisions. - La question que se posent les sceptiques face à ces statistiques est toujours la même : quelle est la possibilité qu'une de ces religions ou subdivisions soit la vraie compte tenu que les milliards d'individus qui se disents membres des autres soient, de ce fait, dans l'erreur ?

M. Johnny Ricardou - Drake, Saskatchewan

Probablement oui. Dans un monde parallèle comme celui conçu par Max de Broglie, Louis Bohr, Albert Planck et Neils Einstein.

M. Josaphat Lavallée - St-Léonard-de-Port-Maurice, Québec

Vous dites que vous faites partie de ceux qui vivent, selon la formule consacrée, «de payes en payes» ? - Nous vous en faites pas : vous faites partie de 78% de la population des travailleurs salariés. - Faites attention quand même car, si vous ne changez rien à vitre style de vie, vous allez éventuellement faire partie des 32% des Canadiens âgés entre 45 et 64 ans qui n'ont rien, mais absolument rien de prévu pour leur retraite.

Madame Sophie Lemarchand  - 87030, Gesuiti, Italie

Vous avez raison, mais les mathématiques usuelles peuvent également être théoriquement développées entièrement dans le cadre de la théorie de Zermelo et Frankael en leur ajoutant des axiomes comme ceux des grands cardinaux, pour certains développements et ceux faisant partie de la théorie des catégories par exemple, quoique il n'est pas certain que Thoralf Skolem eut été d'accord sur ce point.

M. Télesphore Gravel - Pompano Beach, Florida

The John and Mable Ringgling Museum of Art, à quelque 200-225 kilomètres de votre résidence (que nous supposons être votre résidence secondaire) dans la municipalité de Sarasota, sur le Golfe du Mexique. - Empruntez l'autoroute I-75, en passant par Naples. C'est la route la plus rapide. - Vous y trouverez, entre autres, une grande toile dont nous ne souvenons plus du nom du peintre et qui s'intitule French Notables. Il date de 1898 et vous remarquerz que la femme, à droite, est Sarah Bernhardt (1844-1923) :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:French_Notables_(1889),_Ringling_Museum.jpg?uselang=fr

M. Harbin Galarneau - Nelson 7010, Nouvelle-Zélande

Le Syndicat des Pêcheurs en Hautes Montagnes de Tracy, à l'adressse qui suit :

Syndicat, etc.

Ms Pascaline Jobin - Kelly, PL16 5FR, UK

The Art School of Toronto  ou Le Toronto School of Art :

24 Ryerson Avenue
Toronto, Ontario
M5T 2P3

 

Cette édition du Castor est dédiée à :


Vincent van Gogh
(1853-1890)

(Et dont la photo ci-dessus est la seule connue)


c


«On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.»

- Anatole France - L'humanité - 18 juillet 1922

c

  Publicité


Burgundy Lion
2496 ouest, rue Notre-Dame
Montréal, Québec
H3J 1N5
1-514-934-0888

Patrick's Pub Irlandais
Quartier des spectacles
1707 rue Saint-Denis
Montréal, Québec
H2X 3K4
1-438-382-7206

***

                                         

                                         

***

 

***


***

Vatfair, Planter, Hencourt

Avocats

Tour Marshalluk - Quartier Universitaire Napierville

Téléphone : 88-06 - Sonner deux coups.

***

 

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro

 

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ paraît le premier lundi de chaque mois.

2 - L'édition corrigée du Castor™, destinée au marché américain, paraît le premier jeudi de chaque mois.

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois.

Autres informations :

1 - Tous droits réservés. - Copyright © UdeNap.org. - La reproduction de tout ou partie du matériel contenu dans cette édition du Castor™ est interdite sans l'autorisation écrite des auteurs.

2 - Malgré l'attention portée à la rédaction de ce journal, ses auteurs ou son éditeur ne peuvent assumer une quelconque responsabilité du fait des informations qui y sont proposées.

3 - Tel qu'indiqué au début, les erreurs de frappe, de date et autres incongruités contenues dans ce Castor™ seront ou ont déjà été corrigées dans sa version destinée au marché américain.

4 - La direction du Castor™ tient à préciser qu'aucun enfant n'est victime d'agressions sexuelles au cours de la préparation, pendant la rédaction et lors de la publication de son hebdomadaire.


Liens :

Le Castor - Fondation et équipe originelle

Le Castor - Organes affiliés

Université de Napierville - Page d'accueil

Le Castor™ - Édition précédente

Prochaine édition : 6 mai 2019

 


Le Castor
Siège social
107 rue Lippée
Les Côteaux, Québec
J7X 1A1