Volume XXVII, n° 10a Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois Le lundi 5 juin 2017
   (Et dont l'édition corrigée, destinée au marché américain, paraît vers le milieu du mois.)  

Proust ? - Pourquoi Proust ?


Parce que...

Après des mois de tergiversations, nos deux incontestables, indéniables et irréfragables proustiens, Paul Dubé et Copernique Marshall, se sont enfin décidés à nous livrer, à vous livrer, à livrer à vous, chers membres de la masse si fine et si ntelligente de nos lecteurs, le contenu de leurs colossales, parfois démesurées, mais toujours amicales discussions qu'ils ont eues et continuent d'avoir lors de nos souvent hebdomadaires rencontres à propos de ce monument de la littérature qu'est l'auteur d'À la recherche du Temps perdu. Comme il s'agit là d'une nouvelle des plus intéressantes, nous avons jugé bon d'en faire notre une avec cette photo tirée de l'unique film où l'on peut apercevoir Proust (lors du mariage d'Armand de Guiche et d'Élaine Greffulhe en 1904).

Vous en apprendrez plus dans la section Lectures du présent Castor™ où vous pourrez également lire - mais pas nécessairement dans l'ordre - divers commentaires, avis ou opinions de, sur ou en rapport avec : Donald Trump, Julien Green, Alan Turing, le libre arbitre, l'hypocrisie de certains membres du Parti Républicain américain, le baptême, Philippe Bouvard, un Chapelain magistral de l'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, le troisième âge, Alec Guinness, Johnny Monfarleau et... un fils-père.

Bonne Lecture !

     

BLANC

 

Les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.

 
      Simon Popp

Troisième ou dernier (?) âge

Je m'en suis déjà aperçu, il y a longtemps même, mais dire que j'y ai vraiment pensé... Or, jeudi, il y a trois semaines, la réalité, la nouvelle réalité dans laquelle je m'enfonce de plus en plus, m'a frappé de plein fouet avec sa tristesse, son Bingo et ses sorties en groupe. Et depuis ce temps-là, j'essaie de ne plus y penser.

J'avais, la semaine précédente, reçu un message d'un bonhomme dont je n'avais pas entendu parler depuis des mois me disant tout simplement allô et me demandant comment j'allais. - J'allais bien sauf que je me suis demandé pourquoi cet ex-collègue avec qui j'ai voyagé pendant des années, avec qui j'ai partagé des chambres d'hôtel, mangé de gargantuesques repas et bu (parfois) un peu trop, à qui j'ai souvent menti, mais jamais sciemment, de qui j'ai connu la femme, les enfants, les frères, soeurs, beaux-frères et belles-soeurs et dont un lointain cousin avait été, un temps, l'amant d'une de mes encore plus lointaine cousine.... pourquoi, tout à coup, il se sentait obligé de renouer notre amitié de travail, lui avec qui j'avais perdu tout contact quand nous avons, chacun de notre côté, pris notre retraite.

J'ai répondu "Tout va très bien, Monsieur le Marquis..." d'une chanson à laquelle nous pensions souvent dans le temps, puis, de patati à patata, j'en suis venu à accepter d'aller le voir, chez lui. - «Oh, tu sais, m'avait-il écrit, j'ai un peu de difficultés à me déplacer depuis quelque temps...»

Ça aurait dû me rende méfiant.

À l'adresse qu'il m'avait donnée, je me suis arrêté devant une de ces tours qu'on retrouve de plus en plus, boulevard Gouin, à l'est de Pie IX. À Montréal-Nord qui, à la vitesse où on les construit, deviendra sous peu Montréal-Mort.

«Mais, que je me suis dit, en descendant de mon auto. Il habite une maison de p'tits vieux !»

Hé oui ! Cet ex-collègue, mien, de quatre ans mon cadet, habitait dans un de ces immeubles pour retraités, une de ces résidence pour aînés, un des ces appartements pour gens du troisième âge, un de ces foyers pour personnes encore... autonomes, mais - et c'est là que les euphémismes pour ces immeubles spéciaux fusent - pour les gens qui sont semi-autonomes, en perte de mobilité, ayant besoin de soins spéciaux, très spéciaux, très, très spéciaux, c'est-à-dire de soins palliatifs. Vous savez ce que ça veut dire palliatifs ? - Je vais vous le dire :

Ce sont des gestes, des actes médicaux, des comprimés, des injections, des drogues qui "qui ne soignent qu'en apparence, qui ne sont que temporaires, qui agissent sur les symptômes et non sur les causes" autrement dit "des soins qu'on donne aux mourants pour que leur passage vers "une vie meilleure" soit calme et serein".

Je vous en reparlerai un de ces jours (de mon ex-collègue) car, aujourd'hui, je ne veux tout simplement mentionner que si, depuis longtemps, je refuse d'aller dans des églises, des salons dits funéraires et des hôpitaux (pour diverses raisons, la principale étant la senteur d'hypocrisie qui se dégage de ces endroits), je commence à en avoir jusque là des habitations où l'on dirige les gens du troisième âge (sans leur dire qu'il n'y en pas de quatrième) et dont, hélas, malgré que je sois encore parfaitement autonome (sauf certains soirs, à la sortie d'un bar), je fais partie.

***

Le bon (?) vieux temps

Je n'aime pas parler du «bon vieux temps». Dès qu'on y fait allusion, je répète la boutade de W. C. Fields : «Oui, c'était le bon vieux temps. J'espère qu'il ne reviendra jamais.» - Il y a une certaine futilité à se remémorer ses bons coups, ses réussites, ses exploits d'un temps révolu, comme s'il ne pouvait plus en avoir d'autres. - Le problème est que, avec le temps, c'est à peu près tout ce qui nous reste.

Et puis, y'a la solitude. Faut s'y habituer. Surtout dans mon cas :

Qui consentirait à vivre avec un Simon qui dort le soir, mais de moins en moins la nuit, qui met en marche son lave-vaisselle à quatre heures du matin, qui ne veut plus aller au cinéma, ni au théâtre, ni voyager pour voir, pour la nième fois l'île de Manhattan et le Commons de Boston et qui préfère les petits musées ignorés où personne ne va, les livres obscurs et la musique ancienne ET moderne.

Sénilité ? - J'en serai là quand toutes mes journées seront des répétitions des journées qui les auront précédé.

En attendant, tough luck. - Tiens ! C'est déjà l'heure de l'apéro...

À+

***

Le libre (?) arbitre

Je ne sais pas où, ni quand, ni si j'ai véritablement  lu ou entendu que le plus grand truc que Satan ait réussi à faire avait été celui de devenir invisible, d'implanter dans l'esprit humain qu'il n'existait pas. Il a dû car, justement, je ne me souviens plus ni où ni quand j'aurais pu lire ou entendre une chose pareille.

Ce que je sais, par contre, c'est que la religion catholique a passé les deux derniers millénaires à faire accroire à ses fidèles, sous peine d'excommunication ou de tortures légendaires, que chacun de nous était responsable de ses actes. Non seulement de ses actes, mais de ses pensées car, pour elle, il existe des fautes graves de pensées. Je n'ai pas assez étudié la théologie suffisamment pour savoir si les pensées qui nous viennent en rêve font partie de ces fautes graves pour lesquelles nous pourrions tous être condamnés à subir éternellement les affres de l'enfer. Ce que j'ai fini par comprendre et qui a mis un doute dans mon esprit, c'est que l'Église dans laquelle j'ai été élevé s'est toujours particulièrement intéressé aux fautes que je commettais quand j''étais nu. Or...

Devenant de moins en moins concupiscent avec l'âge (une bénédiction, croyez-moi !), j'ajouterais aujourd'hui à mes doutes sur les biens-fondés de ces enseignement, la capacité que j'ai eue au cours de ma vie à dealer avec ce que personnellement j'ai fait - et même eu à faire - quand, justement, j'ai été, souventes et maintes fois, nu et, en conséquence si les décisions que j'ai prises ont toujours fait partie d'un, justement. curieux libre-arbitre.

Je n'ai pas choisi d'être baptisé. Cela dépendait de la pseudo-religion à laquelle appartenait mes parents qui, sans mon baptême, auraient été socialement ostracisés. Je n'ai pas choisi l'école dans laquelle j'ai fait mes études primaires. Ni dans quelle langue, mon père ayant jugé que ça ne ferait pas de tort si, dans sa famille, un de ses fils fut bilingue. Mes études secondaires, collégiales et universitaires ont été choisies en fonction de l'argent qu'on pouvait leur consacrer.

Je n'ai pas choisi mon métier qui fut le résultat d'une confusion  à l'endroit où un certain bonze du Bureau de Placement (ça existait à l'époque où y'avait des jobs) a décidé que je serais peut-être utile.

J'y ai rencontré, par hasard, ma femme, quelques-uns de mes futurs amis et divers autres connaissances dont je me serais facilement dispensé.

La destination de mon premier voyage en Europe fut une question de coût. J'ai eu à choisir entre une semaine à Londres et une semaine en Angleterre et un aller-retour Montréal-Dublin. - Des années plus tard, j'ai réalisé que je n'étais jamais été à Dublin.

Je n'ajouterai rien à propos du choix de mes lectures, des concerts ou spectacles auxquels j'ai assisté, des vêtements que j'ai portés, des lunettes qu'on a mises sur mon nez en bas-âge, comment ou pourquoi j'habite à l'endroit où je demeure depuis bientôt vingt ans. Quant à mes autos, aux femmes que j'ai tenues dans mes bras, aux amis que je n'ai pas encore insultés...

Me reste mon testament et c'est là où précisément je veux en venir :

Avec tout ce qui précède, je n'arrive pas à me décider.

Quoi ? Le seul acte de vraie conscience qu'il m'aura été laissé sur cette planète, c'est ce qui adviendra de mes restes (et de mes biens) après ma mort ?

Satan c'est vrai : tu n'existes pas

Simon

P.-S. : Je n'ai jamais été un existentialiste à la Sartre dont j'ai à peine effleuré quelques uns de ses écrits, mais je crois qu'il fut un des premiers (?) à dire que l'homme n'était libre que lorsqu'il jouait ; parce qu'il avait, au préalable, défini les règles du jeu auquel il voulait participer et ensuite décidé de les suivre. - Une chose en laquelle je ne crois plus aujourd'hui.

***

Sagesse

Je crois en avoir déjà parlé, ici, mais pas de la façon dont j'aurais dû. Enfin : peut-être que oui ou peut-être que non. Et comme je me relis peu...

Ça avait comme sujet l'âge auquel on apprend la véritable signification des mots comme "insolent" ou "futile". J'y ai repensé ce midi quand, assis, au restaurant - celui où je vais déjeuner (luncher) régulièrement -, un couple qui  le fréquente assez souvent est entré et s'est assis à leur endroit habituel avec un paquet de notes concernant un procès (?) relatif à une affaire d'échanges d'actions d'une compagnie à une autre et dont ils n'ont cessé de parler pendant une heure :

J'ai compris tout de suite que je n'avais pas à les interrompre, malgré que lui - lui surtout, mais elle également - m'a ou m'ont souvent posé des questions sur je que je faisais dans la vie, ce que je lisais, si j'habitais dans les environs, etc. - J'aurais voulu leur dire ce que ce dont ils discutaient étaient du pure domaine de la "futilité", mais je suis parti. Sans dire un mot sauf bonjour. En me disant que ça leur aurait peut-être été inutile.

*

Chose que j'aimerais qu'on enseigne à l'école : l'astronomie.

Il me semble tout à fait absurde qu'une seule personne sur terre ne sache pas encore que notre planète est une virgule dans un roman de cent mille milliards de pages...

Mais pour cela, il faut avoir la sagesse d'avoir lu Socrate, Montaigne, Omar Khayyam, Confucius... surtout pas la Bible et le Coran.

Et Dieu sait combien il faut de temps pour apprendre à regarder, quand il fait beau, sur le banc d'un parc, les nuages.... "les nuages, qui passent... là-bas... les merveilleux nuages !" (Baudelaire)

Je me répète souvent - c'est-à-dire que je le cite souvent - ce bout de phrase d'Anaxagore :

"La vie est un voyage."

Attendez de... ne pas vous faire dire que vous êtes cancéreux, mais tout simple votre prochain gros rhume. - Vous saurez alors ce que je pense de l'affaire dont à laquelle je voulais, justement, vous parler de, aujourd'hui, mais depuis ma rencontre avec mon ex-collègue - je répète : de quatre ans mon cadet - que j'ai revu en vieillard....

Simon

 

      Herméningilde Pérec


Proustiana

Quand j'ai demandé à Paul et à Copernique s'ils seraient intéressés à mettre sur papier (façon de parler) leur savoir sur Proust - voir ci-dessus et ci-dessous - je ne m'attendais pas à ce qu'ils éclatent de rire en me soulignant que des études sur Proust, il en existe des centaines, voire même des milliers et que la simple mention de ces ouvrages pourrait remplir une douzaines de Castor™. Et Paul de me citer celle qui l'a toujours fait rire : «Le verre et les objets de verre dans l'univers imaginaire de Marcel Proust» de David Mendelson (252 pages - Librairie Jose Corti - 1968). (1)

(1) Avec une préface de Pierre-Georges Castex qui, avec Paul Surer, fut l'auteur d'un Manuel des études littéraires françaises, paru en six volumes (un par siècle) chez hachette en 1954.

Usant de ma renommée courtoisie, je n'ai pas osé mentionner que, de cet indéniable fait, j'étais au courant, mais que la masse si fine et si intelligente des gens qui nous lisent serait assurément et sans aucun doute véritablement intéressée, j'en étais convaincu,  à lire non pas une autre étude mais une série de faits non mentionnés dans celles existantes. "Tenez, ai-je ajouté subtilement. Vous êtes tous les deux bilingues et ce qui a été écrit sur À la recherche en anglais n'a pas nécessairement été communiqué dans la langue de Molière et vice-versa. Personnellement, je serais curieux de savoir si, par exemple, Proust a bien été traduit ; si l'opinion que se sont faite les anglophones, de qui vous me dites être l'auteur le plus important du XIXe siècle est la même que celle que se sont faite les francophones..."

À cette réplique, j'ai su que j'avais touché un point sensible.

Par la suite, nous avons discuté du pourquoi certains lecteurs étaient si rébarbatifs à son style, à ses longues phrases, à ses continuels apartés, au manque apparent de structure dans ses narrations ; à l'édition dans laquelle il fallait le lire, i.e. : les avantages des unes par rapport aux autres, parmi celles imprimées au fil des rééditions, etc.

Le résultat ? - Vous en lirez un peu plus loin dans cette numéro.

Il n'a pas encore été décidé si leurs commentaires seraient publiés dans des tirés à part.

Soyez assurés, chers amis, que j'apporterai à leur travail toute l'aide dont ils pourraient avoir de besoin.

Herméningilde Pérec

 

       Copernique Marshall

What a Load of Crap !

Being one of the meekest who will not inherit the earth, I have been reading the Bible lately not especially for its content but for the diferences existing between its various English translations starting with Tyndale's, the so-called Bishop's Bible, the King James and so on, including more modern versions.

For one thing, after having read, practicall all of the Old and the New testaments, I tend to agree with Richard Dawkins and Lewis Black :

Dawkins :

The God of the Old Testament is arguably the most unpleasant character in all fiction : jealous and proud of it ; a petty, unjust, unforgiving control-freak ; a vindictive, bloodthirsty ethnic cleanser ; a misogynistic, homophobic, racist, infanticidal, genocidal, filicidal, pestilential, megalomaniacal, sadomasochistic, capriciously malevolent bully.

Black :

I don't know what happened to the God of MY book, the Old Testament [Black is Jewish], but I have to agree that the God of YOUR book, the New Testament, is much better. HE's a kind of a great guy. - Maybe HE matured, mellowed down with time or went to an anger management group. Maybe just the birth of a son calmed HIM down... because before HE had the kid, Holy F***, HE was out of control !-

Both are right : the God of the New Testament is definitely better.

But the thing that really floored me is not that Jesus said to Peter that it was on him he counted to form his church. T'is that he actually that he counted on him to form his congregation in the sense that he wanted people to get together not create a church. 

This you find out by looking into the history of the King James Bible where you read that the translators were orderd by the King himself to make sure that the word «church» be inserted instead of «congregation» whenever the word ἐκκλησία (in the original Greek) appeared.

King James :

«And I say also unto thee, That thou art Peter and upon this rock I will build my church and the gates of hell shall not prevail against it.» (Matthew, chap. 16,18)

New International version :

«And I tell you that you are Peter,  and on this rock I will build my church, and the gates of Hades [That is, the realm of the dea] - will not overcome it.» 

Compared to Tyndale's condemned version :

«And I saye also vnto the yt thou arte Peter: and apon this rocke I wyll bylde my congregacion. And the gates of hell shall not prevayle ageynst it

The word ἐκκλησία can be use to mean only the following: 1) “assembly” such as a regularly summoned political body ; 2) “assemblage, gathering, meeting” 3) the congregation of the Israelites, especially when gathered for religious purposes 4) of the Christian church or community but is best understood as “the universal church to which all believers belong and of of which the owner of the is Jesus himself", which imnplies that Peter may be the “rock” (on which the «church» might be emanete)  but that church would not belong to Peter, his successors, or to any other eader but to it belongs to Jesus himself.

It's the old question : «Who died and made you king ?»

Let it be said :

The word «Church» is NOT in the Bible. Churches were created two, three centuries AFTER Christ was crucified if he ever existed, something which is seriously questioned nowadays. If he did, welle he never founded any chuch. I even believe that with his ideas, he would be rejected by the Catholic Chuch and most Christian-based communities.

*

You can read more about this on the Agressive Christianity site (sic), on a page entitled «The Correct Meaning of "Church" and "Ecclesia" : http://www.aggressivechristianity.net/articles/ecclesia.htm.

Copernique

 

       Jeff Bollinger


Baptême !

J'ai une bonne amie à moi - «J'ai une bonne amie, mienne» m'a-t-on dit d'écrire - qui a fait baptêmé son petit il n'y a pas très longtemps. Pourquoi «baptêmé», je ne sais pas. - M'a dit, off-the-record, qu'elle avait peur d'être ostracisée par sa famille qui, de générations en générations, ont toujours fait baptêmer leurs enfants, question d'être sûr d'éventuellement faire partie de leur future communauté, d'être parmi les siens, d'être un membre de la société de leur époque.

Cette amie-là, je sais qu'elle est anti-religion, apostate même, et si j'ai compris la baptèmisation de son fils a été plus ou moins un rituel qui doit se perpétuer comme celui du mariage, de l'échange de joncs symboliques et de tout ce qui s'ensuit, je me suis dit que voilà ce qui reste de l'omniprésente religion catholique qui a perduré pendant presque trois siècles,  jusqu'au début des années soixante, au Québec.

Si j'ai fait baptêmer mes enfants. But of course.

Reste à savoir dans quelle religion ou non-religion  nous allons diriger leur éducation.

Twéka, ils ne se feront jamais dire, s'ils désobéissent à leur mère, qu'ils iront brûler en enfer jusqu'à la fin des temps. - Ça, se serait trop cruel. Presque de l'abus psychologique.

Je sais : je suis passé par là.

Jeff

1l#


Le réchauffement de la planète et autres calamités

Je serai brève :

Vous avez quoi ? - Je suis content d'être une femme, une femme qui, selon tous mes amis (au masculin, vous avez noté ?), n'a aucune conscience de ce qui se passe dans la vraie vie.

Je préfère vivre dans mon petit coin où les Bush, Trump et compagnie ne me touchent pas, ne peuvent pas me toucher. Dans ce petit coin où ce qu'on prédit pour mon p'tit (réchauffement de la planète, guerre sino-russo-américaine à propos de la Corée du Nord, etc.) me fait quand même peur.

Georges

 

        Fawzi Malhasti


Texte choisi

Il était beau, il s'appelait Jules
Il n'avait pas encore fauté
Quand certain soir, au crépuscule
Par le désir il fut hanté.
Juste à ce moment une brunette
Qui descendait de l'autobus
Lui dit :
"Viens-tu dans ma chambrette ?
J'habite au quartier Picpus..."

Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies
Amour ! Amour ! Tu nous fait bien du mal !
Il soupira.
"Si je faute ma mie
M'épouseras-tu ?" "Oui" - C'était fatal !

Mais quand il s'eut donné bêtement
Elle lui dit :
"Maintenant va-t-en !"
Et le jeta dehors de sa maison
Sans lui rendre son pantalon.
C'est alors qu'il comprit
Sa honte et sa misère.
Un malaise le prit : 
Jules était fils père !


A fin d'dissimuler sa faute
Il prit d'affreuses précautions
Il serra ses entrecôtes
Et fit élargir ses caleçons
Mais un jour il perdit sa place
Le patron l'ayant fait appeler

"T'as fauté, je te chasse :
Faut pas d'fils-père à l'atelie.r"

Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies
Amour ! Amour ! Tu nous fait bien du mal !
Pour oublier, il sombra dans l'orgie
Il but du cidre et de l'Urodonal


Alors à Montmartre là-haut
On l'vit rouler dans le ruisseau…
Tandis que d'joyeux noctambules
Venaient tirer l'oreille à Jules.
Et de son pauvre corps
Les filles abusèrent :
On n'est pas respecté
Quand on est fils-père.


Un soir dans une louche officine
Il entra, décidé à tout
Et vit une femme, une gourgandine,
Qui s'appelait madame Guette-au-trou.
Pour faire disparaître les traces
De la faute du pauvre gueux
Elle lui charcuta la carcasse
En se servant d'une pelle à feu.

Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies
Amour ! Amour ! Tu nous fait bien du mal !
Le pauvre gars faillit perdre la vie
Hier il est sorti de l'hôpital.


Et maintenant pâle et flétri
Le ventre et les seins pleins de plis
Sur le Sébasto on peut le voir
Il est devenu fils du trottoir !
Mariez-vous jeunes gens
Avant d'vous laisser faire
Ne faites pas comme Jules 
Le malheureux fils-père...

Georges Guibourg, dit Georgius (1891-1971)

Fawzi

P.-S. : La même chose, chantée par Michèle Bernard en 1983 : https://www.youtube.com/watch?v=qsb2uucyC3Qr 

 

         De notre disc jockey - Paul Dubé


La première des surréalistes québécoises

On entend parfois, mais de moins en moins souvent, parler d'elle. Chose certaine : on ne l'entend plus. Ni à la radio, ni dans les maisons des discomanes ou discophiles et surtout pas dans les restaurants, bars, cafés où on lui préfère la cacophonie de la musique rap ou les hits nostalgiques des cinq, parfois dix dernières années. - Nos aînés même n'en parlent plus. - Et pourtant, moi qui n'ai pas encore atteint la centaine se souvient très bien que dans toutes les maisons du Québec où existait un pickup, on pouvait jusque dans les années cinquante et soixante trouver parfois plusieurs de ses disques dont les enregistrements étaient souvent repris à la télévision par une certaine Jeanne-D'Arc Charlebois (1920-2001).

J'entends souvent dire que l'homonyme de cette Jeanne-D'Arc, Robert Charlebois (aucun lien de parenté entre les deux), fut celui qui a introduit le surréalisme dans la chanson québécoise avec des choses comme «Québec Love» (dont les paroles ont été écrites, soit dit en passant, par Daniel Gadouas), «Lindberg» ou «Dolores». C'est faux !

Elle était là bien avant lui, - En '29. - En mil neuf cent vingt-neuf.

Son nom ? Mary Travers, mieux connue sous le pseudonyme de La Bolduc, née hier, le 4 juin 1894, à l'embouchure de la Baie des Chaleurs, en Gaspésie.

Pour plus d'informations, d'autres enregistrements, photos, etc., voir notre «autre» site : 

La Bolduc

Surréalisme ? - Voici une chanson, par elle-même composée, paroles et musique, dans un enregistrement datant du six décembre 1929 - Étiquette Starr, no. 15965-B. - Son titre ? Johnny Monfarleau.

Suffit d'écouter - mais attentivement - les paroles.

Et non, elle n'est de Tri Yann (en breton, «Les trois Jean» en français), ce groupe dont les membres l'ont mis à leur répertoire.

Cliquez sur la note : Second

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.

paul

 

Il y a soixante-quinze ans...


Le 6 juin 1942

«Dans mes moments de très grande tristesse, j'ouvre mes tiroirs et j'y cherche je ne sais quoi, un souvenir de Paris, quelque chose que j'aurais oublié et qui sera là pour me consoler un peu. Comme cette invitation que j'ai redécouverte dans un livre où elle servait de signet. Elle datait de 1931. Mais il faut désormais que nous regardions vers l'avant.

Des batailles de géants se livrent un peu partout à la surface du globe, en Russie, dans le Pacifique. Cologne a terriblement souffert, aux dires de l'Allemagne elle-même. On ne sait encore d'où partira la grande offensive nazie contre les Alliés. Cette heure, entre toutes les heures de l'histoire du monde, semble la plus chargée d'angoisse, la plus lourde, et chacun de nous en sent le poids sur ses épaules.

Heydrich, le bourreau nazi, a été tué à Prague par des patriotes tchèques. Un long cortège d'otages innocents l'accompagne dans l'autre monde, in locum suum.

Aux catholiques antisémites : trop heureux si nous pouvons, à l'heure de notre mort, obtenir les prières d'une juive appelée Marie...

Julien Green
(Devant la porte sombre - Journal 1940-1942)

 

L'extrait du mois


Republican Hypocrisy :

Extreme carelessness with classified material … is still totally disqualifying.
Donald Trump, July 11, 2016

It’s simple: Individuals who are ‘extremely careless’ with classified info should be denied further access to it.
— House Speaker Paul Ryan, tweet, July 7, 2016

The security clearance of any officer or employee of the federal government who has exercised extreme carelessness in the handling of classified information shall be revoked.
— Senate Bill 3135, co­sponsored last year (to shame Hillary Clinton) by 16 Republican senators: Cory Gardner, John Cornyn, Shelley Moore Capito, Tim Scott, James Risch, Pat Roberts, Dean Heller, Kelly Ayotte, John
Barrasso, David Perdue, Johnny Isakson, Thom Tillis, John Thune, David Vitter, Mike Rounds and James Inhofe

Those who mishandled classified info have had their sec clearances revoked, lost their jobs, faced fines, & even been sent to prison.
— Reince Priebus, tweet, July 6, 2016

What do I say to the tens of thousands of people that live and work in my district who work for the federal government, including more than 47,000 Marines ? What do I say [to them] when saying something that isn’t true and handling classified information in an extremely careless way has no criminal ramifications?
— Representative Darrell Issa, July 12, 2016

In my opinion, quite frankly, it’s treason.
— Representative Michael McCaul, Nov. 3, 2016, on Hillary Clinton’s use of a private email server

Presidents are not ordinary citizens. They are extraordinary, in that they are vested with so much more authority and power than the rest of us. We have a right; indeed, we have an obligation, to hold them strictly accountable to the rule of law. … It is self­evident to us all, I hope, that we cannot overlook, dismiss or diminish the obstruction of justice by the very person we charge with taking care that the laws are faithfully executed.
Senator John McCain, Feb. 12, 1999, in voting to convict President Clinton in his impeachment trial

By his words and deeds, he had done great harm to the notions of honesty and integrity that form the underpinnings of this great republic. … If we do not sustain the moral and legal foundation on which our system of government and our prosperity is based, both will surely and steadily diminish.
— Gov. Sam Brownback of Kansas, Feb. 12, 1999, as a senator

The true tragedy in this case is the collapse of the president’s moral authority. … There was no better reason than that for the resignation of this president.
— Senator Charles Grassley, Feb. 12, 1999

Our freedom is assured by the rule of law. … Even the most powerful among us must be subject to those laws. Tampering with the truth­seeking functions of the law undermines our justice system and the foundations on which our freedoms lie.
— Senator Mike Crapo, Feb. 12, 1999

The chief law officer of the land, whose oath of office calls on him to preserve, protect and defend the Constitution, crossed the line and failed to defend and protect the law and, in fact, attacked the law. … Under our Constitution, such acts are high crimes, and equal justice requires that he forfeit his office. … It is crucial to our system of justice that we demand the truth.
— Attorney General Jeff Sessions as a senator during the 1999 Clinton trial

(Source : The New York Times - May 23, 2017)

 

Book Review - Lectures


Proust

De bonnes ou de mauvaises nouvelles...

Dans le cadre d'une série d'articles et d'essais que nous rédigeons en ce moment sur Marcel Proust et que nous publierons probablement dans des numéros hors-série à compter du mois prochain, Copernique et le soussigné (je reviendrai là-dessus), je suis tombé sur un livre très intéressant, non seulement sur les difficultés que Proust a eues à faire publier son À la recherche du Temps perdu, mais sur les rapports qu'il a eus avec les éditeurs qui : a) ont d'abord refusé son premier manuscrit (ils sont plusieurs) et b) sur les deux (un est revenu sur sa décision) qui ont consenti à l'accepter.

Marcel Proust à la recherche d'un éditeur
de
Franck Lhomeau et Alain Coelho
(Olivier Orban, 1988)

Les titres de ses chapitres en disent long sur son contenu :

I     - 1909, premier projet, premier refus
...
V    - Les refus de Noël 1912
...
VII  - Du côté de chez Grasset
VIII - Proust "éditeur"
...
X    - Parution de Du côté de chez Swann, la stratégie Proust/grasset
...
XII - Le repentir des éditeurs
...
etc.

Suivent un annexe :

Un premier rapport de lecture dévastateur (que nous ajouterons à nos annexes)

Des extraits de la presse à la parution de Du côté de chez Swann

et

Des publicités rédigées par Proust (sic).

Tout à fait fascinant. - Je le mentionne aujourd'hui car si j'oublie Proust par lui-même de Claude Mauriac, publié dans la collection "Les écrivains par eux-mêmes", chez Seuil, en 1953 (que je considère comme le meilleur livre à lire avant d'entreprendre la lecture d'À la recherche du Temps perdu - après vous pourrez lire ce que vous voudrez !), ce livre est un de ceux que je recommanderais. - Je m'expliquerai plus longuement là-dessus dans une de mes futures chroniques, mais s'il y a une chose qu'il faut oublier quand on "s'attaque" à Proust, c'est bien sa vie. Il en parle d'ailleurs dans un livre inachevé intitulé "Contre Sainte-Beuve" qu'on a découvert trente ans après sa mort dans ses manuscrits (de même que l'ébauche d'un insipide roman du nom de "Jean Santeuil")  et qu'on s'est permis de publier sans un bandeau qui aurait dû se lire :

"Avertissement - Uniquement pour snobs, Académiciens et maniaques ! "

Comme dirait Madame Verdurin : "Ça promet !"

*

De son côté, Copernique a déniché, Dieu sait où, la biographie du premier traducteur en anglais d'À la recherche, C. K. Moncrieff - Une biographie rédigée par son arrière-petite-nièce, Jean Findlay :

Chasing Lost Time
(The Life of C. K. Moncrieff, Soldier, Spy, and Translator)
by
Jean Findlay
(Farrar, Straus and Giroux [Chatto and Windus], 2014)

On y apprend que, pour traduire Proust, Moncrieff lisait une phrase, en rédigeait un premier jet qu'il lisait à haute voix à une (il en a eu deux) auditrice de ses amies pour être certain d'en reproduire non seulement le sens, mais également le rythme. Par la suite, une fois qu'il croyait avoir bien saisi l'esprit de Proust, il faisait lire la version finale par cette même auditrice pour s'assurer de la justesse de sa traduction.

Est-ce qu'il est nécessaire d'ajouter que le travail de Moncrieff a été considéré, pendant près de soixante ans, comme intouchable et un chef-d'oeuvre à part entière ?

Dans ses chroniques, Copernique nous parlera d'une traduction plus récente...

Ça promet, en effet.

paul

***

My Name Escapes Me, The Diary of a Retiring Actor 
Alec Guinness - Preface by John Le carré - Viking-Penguin, 1997

I like diaries. I must have read hundreds of them. My favourites are, in no particular ordre, André Gide's, Julien Green's, Sanuel Pepys', Léautaud's... - Biographies, I don't like that much, particularly autobiographies although some are very entertaining. I also like correspondence, short essays and souvenirs.

We all know Alec Guinness. This book is the result of a contract he signed with Penguin who said they would publish whatever he wrote in a diary which he would keep for about a year.

Nothing dramatic, no big surprise, day to day stuff, but following an intelligent man walking about, buying kitchen ustensils, having lunch at the Connaught, traveling, taking care of cats, looking at flowers... is a delight.

What else can I had ?

4.5 on 5, easy.

Copernique.

***

Indécence manifeste
David Lagercrantz - Traduit du suédois par Rémi Cassaigne - Actes Sud, 2016

Voici ce que dit Actes Sud de ce roman :

Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de lui, sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure. L'homme a été condamné à la castration chimique pour son homosexualité quelques années plus tôt, et l'explication d'un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l'inspecteur Léonard Corell, en charge de l'enquête, s'intéresse de plus près au passé du mathématicien. Pourquoi Turing avait-il été surveillé durant des semaines avant sa mort ? Et pourquoi les services secrets cherchent-ils à cacher à tout prix le rôle mystérieux qu'il a joué durant la Seconde Guerre mondiale ?

Thriller hybride entêtant, enquête vertigineuse où la police cherche à décrypter la vie d'un homme passé maître dans l'art du codage, Indécence manifeste brasse déjà des thèmes chers à David Lagercrantz, tels que la marginalité, les mathématiques comme possible grille de lecture et de cryptage du monde, et les divers visages de l'espionnage, sur lesquels l'auteur de Millenium 4 vient récemment d'offrir une nouvelle et passionnante variation.

Thriller hybride entêtant (1), enquête vertigineuse ?

(1) Entêtant : obsédant, lancinant [En parlant d'une sensation, d'une impression]

Comme on m'avait vanté les mérites exaltants de ce thriller de près de 400 pages, je l'ai emprunté à la bibliothèque de mon quartier (Moi, payer 40$ [23 euros] pour un thriller ? Jamais !) et, après en avoir lu plus du tiers sans avoir subi le moindre entêtement, je suis allé vers les critiques pour apprendre qu'en général on en disait beaucoup de bien. - Des cotes variant entre 3.5 et 4.5 sur 5 (babelio.com, lecteurs.com, ledevoir.com, etc.) - Alos j'ai poursuivi ma lecture, jusqu'à la fin, avec parfois beaucoup de difficultés.

Shelby Foote qui s'est toujours défini comme étant d'abord et avant tout un romancier, mais également auteur de The Civil War : A Narrative (3 volumes : 1958, 1963 et 1974), disait que les historiens auraient intérêt à apprendre à écrire car ils avaient à leur portée l'essentiel de livre qui pôurraient s'avérer très intéressants : des intrigues. «Un étudiant du secondaire est capable de décrire adéquatement un paysage, disait-il lors d'un interview en XXXX, et même, s'il fait des efforts, de créer des personnages susceptibles de captiver l'attention d'un lecteur, mais ce qui sépare les bons des mauvais écrivains, ce sont les intrigues, les histoires qu'ils racontent, les faits qu'ils décrivent.» Or, des faits, des anecdotes, des conversations, il en existe des centaines dans l'Indécence manifeste de David Lagercrantz. Ce qui, en principe, aurait dû rendre ce roman très... intéressant.

L'est-il ?

Deux réponses :

1 - Si l'on connaît pas, ou à peine, la vie et les travaux d'Alan Turing, les lois concernant l'homosexualité dans les années cinquante en Angleterre, les procès auxquels Oscar Wilde fut mêlé, sa condamnation à deux ans de travaux forcés, etc, je peux comprendre qu'on puisse trouver Indécence manifeste non seulement intéressant, mais fascinant car c'est une époque complète de l'après-guerre en Angleterre qu'on peut retrouver dans ce thriller... qui est hybride, en effet.

2 - Si, par contre, on est tant soit peu renseigné sur Oscar Wilde et sur Alan Turing d'après, dans ce dernier cas, ce qu'on a pu en apprendrer en regardant le très romancé Imitation Game de Morton Tyldum, le film mettant en vedette Benedict Cumberbatch ( 2014), alors là, vaut mieux s'en tenir à ce que l'on sait car certaines passages seront, non seulement, peu intéressants, mais tout simplement fastidieux. Je pense, entre autres, au chapitre où l'enquêteur, Leonard Corell, discute d'homosexualité avec sa tante (qui est sans doute le personnage le plus réel du roman) ou encore celui ou les deux représentants du Ministère X - aujourd'hui, on dirait le MI5 - lui explique l'intérêt qu'il porte à son enquête.

Bon ou mauvais roman ? L'un et l'autre, mais définitivement pas en même temps.

Quant au style, comme c'est traduit du suédois, je ne peux commenter l'écriture elle-même qui m'a semblé, en français, quand même être en adéquation avec la nature du récit quoique, pour certaines expressions ayant probablement servi pour dénoncer les préjugés de l'époque, certaines m'ont parues vulgaires.

Ma cote : 2 (ou 4) sur 5.

Mais l'épilogue ou dernier chapitre, sous-titré Séance d'ouverture de la conférence sur Alan Turing à l'université d'Édinbourg. 7 juin 1986, mérite un 5, mais, il faut avoir lu tout le reste...

Ne manquez pas, quand même la tante de l'enquêteur : tout un personnage !

Simon

P.-S. : Sous le titre de Syndafall i Wilmslow (Automne à Wilmslow), Indécence manifeste est paru en anglais sous celui de Fall of a Man in Winslow (La chute d'un homme à Winslow).

***

Bouvard, Philippe - C'est quoi le problème ?

Je n'ai aucune idée qui lit Le Figaro Magazine. Probablement n'importe qui. Pas qu'on y publie n'importe quoi, on y trouve en effet des articles pour tous les goût : des opinions  à la Nouvel Observateur, des reportages photographiques à la Paris Match, des critiques à la Lire, des reportages à la Elle, quelques pages de châteaux et d'appartements haut-standing à vendre ou à louer et même une chronique de Philippe Bouvard. Or c'est justement de ce Bouvard dont je voudrais vous parler quelque peu aujourd'hui. Oh, pas grand chose, juste une remarque, mais elle de taille :

Est-ce que Philippe Bouvard, celui qui nous a donné des portraits-minutes de célébrités, des bons mots, des aphorismes inoubliables, est, depuis qu'il écrit dans le Figaro, payé aux mots ?

Personnellement j'ai cessé de le lire quand, pour une raison quelconque, il a commencé à n'utiliser que parcimonieusement certains signes de ponctuation et, semble-t-il, oublié ce que sont les alinéas et les paragraphes. Sur deux colonnes.

Dans son dernier bloc-notes (27 mai 2017) intitulé «Bienvenue aux amateurs, aux combinards, aux gros malins et aux petits futés !», 876 mots répartis sur deux colonnes. Trois phrases : 381 mots pour la première, 250 pour la deuxième et 183 pour la troisième. - Bon d'accord : un court dialogue de 6 lignes, 62 mots. - Quand même 909 mots si l'on compte le titre et le sous-titre. Tout ça dans un espace mesurant 22 par 19 centimètres, y compris la photo de Monsieur et le sous-titre (3,5 par 11 centimètres).

Cent dix sept mots de plus de trois syllabes. - 12,5 à l'index Gunning fog. Vingt-six lignes au 10 centimètres.

Le Bouvard que j'ai connu aurait pu résumer ce bloc-notes en une vingtaine de mots. Et percutants par-dessus le marché.

paul

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Le courrier


Ms Suzanne Whistle

No. We wouldn't exactly refer to Donald Trump as a mental titan.

M. Adhéaume Latulippe de Rochemenier-Lesage - Manchester, New Hampshire, USA  

Oh, vous savez, la plupart des gens ont appris ce qu'était la poésie, soit à l'école, soit à l'église. C'est sans doute pourquoi ils n'y comprennent rien.

Mrs. Helena Longstreet - Washington, D. C.

As Gabriel Rosseti once said about Wuthering Heights : «The action does take place in Hell, but the locations, I don't know why, all have English names.»

M. Georges Durocher-Laplante - Montréal, Québec

Lasiciata ogni speranza voi ch'entrate. 

Mr. George Kalder-Marshall - Kitchener, Ontario

If you think you're drinking too much, go to Ireland. You'll find out that you're not even close. 

Ms Philomena Douglas - Bournemouth, UK 

In his halcyon days, yes.

 

Cette édition du Castor est publié pour qu'on se rappelle de :



(Photo Robert Nadon - Archives de La Presse)

Marcel Brisebois
Chapelain magistral de
l'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte
Ex-directeur du
Musée d'Art Contemporain de Montréal
Ex-interviewer à la
Télévision nationale québécoise
(Émissions Rencontres)
Ex-professeur de philosophie au
Collège de Valleyfield (Québec)
Membre de l'
Ordre du Canada
Officier de l'
Ordre de la Pléiade
Chevalier de l'
Ordre Nationale du Québec
Chevalier de l'
Ordre de la Légion d'honneur
Président de la
Commission canadienne des exportations de biens culturels

arrêté

et

accusé,

le 23 juin 2015,

d'agressions exuelles sur un mineur commis dans les années 1960 et 1980
(*)

(1933 - )

(*) Deux chefs de grossière indécence et deux chefs d'agression sexuelle.


c


Fake news :

 

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro

 

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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