Andrew Hamilton

(né Halbert MacDonald-Leduc)

"Jeune, j'ai compris que je ne serais jamais personne."
(Ron Frazer - L'or de Monsieur Dupont)

 

Né le 5 novembre 1949 à Flatbed dans l'état de New York (USA), Halbert MacDonald-Leduc fut le fils unique de Redford MacDonald, propriétaire de la quincaillerie locale, ex-lieutenant dans le 54th Army Corps, et de Marie-Paule Leduc, une québécoise dont le père était représentant en tuyauterie en Nouvelle-Angleterre.

Son enfance se déroula sans histoire jusqu'à la mort de son père, survenue dans sa onzième année, qui fut suivie presque aussitôt de la vente du commerce familial et du retour de sa mère chez les siens à Montmorency dans la banlieue de Québec. - De là, il termina ses études secondaires puis se pencha du côté de la comptabilité, obtenant un diplôme de "comptable agrée" avec spécialité en "entreprises" en 1958.

Pour subvenir aux besoins de sa mère invalide, il débuta en 1959 chez Moisan, Chapeau et Redoute, une étude de comptable plus ou moins florissante dont les bureaux étaient situés dans le quartier Saint-Roch, un des quartiers les plus pauvres de la ville de Québec.

D'une personnalité plutôt fade, il y fit son apprentissage qui dura "plus ou moins dix ans[1] pendant lesquels il se paya une séance de cinéma par semaine, un verre de bière à tous les quinze jours et trois semaines de vacances à Boston ou à New York où, vers 1975, il découvrit l'univers du roman policier dans un livre de poche que quelqu'un avait oublié dans le bus qui le ramenait à Montréal. - Ce roman, The Dead Man's Knock de John Dickson Carr [2] allait changer sa vie.

Il se mit, dès son retour, à fréquenter tous les libraires d'occasion de la ville de Québec, puis de Montréal et de Toronto (où son travail l'amenait deux fois par année) et finalement ceux de New York, commandant par la poste les "grands ignorés" qu'il ne pouvait trouver nulle part, lisant et relisant tout le classiques américains de l'époque : Blockman, McLoy, Clemens, Harrison, Anderson, Baynard, Haycraft, Coxe, Osborn, Edgar, Gaymont... jusqu'à devenir une véritable encyclopédie  du Who's Who du crime.

En 1982, il demanda à être admis au prestigieux Mystery Writers' Club de New York mais totalement inconnu, non parrainé, sa candidature fut refusée.

C'est alors qu'il décida - peu après la mort de sa mère - de fonder son propre club, The Quebec Fantom Writers où, ayant changé son nom en Andrew Hamilton, il s'élut, étant le seul membre de cette association, président, vice-président et secrétaire. Obtenant, par ses multiples contacts au Gouvernement, une subvention qui lui permis de donner sa démission de Moisan, Redoute et Associés (le Chapeau du Moisan, Chapeau et Redoute ayant à ce moment-là déjà pris sa retraite).

De là, avec le peu d'argent qu'il avait reçu en héritage, il quitta la banlieue de Montmorency pour s'installer en la Haute-Ville, dans une maison de chambre, rue Saint-Jean où, de sa pièce-double en façade, il se mit à écrire un roman autour d'un être sans personnalité, sans traits caractéristiques, silencieux et renfermé sur lui-même qui allait devenir ce comptable aujourd'hui mondialement connu sous le nom de Denis J. (Jay) Roy.- Ce roman, The Naughty Landlady - traduit la même année, en français sous le titre de L'héritière était trop pauvre - fut, à sa propre surprise, immédiatement accepté par les éditeurs new-yorkais, Moore, Boncoop & Bonprit, qui en firent un best-seller dans l'espace de quelques semaines.

Devenu du jour au lendemain - ou à peu près - riche et célèbre, sa première réaction fut de refuser d'être interviewé, d'être photographié ou de paraître dans les nombreux talk-shows  de la télé américaine. - Ses éditeurs insistèrent et, le six décembre 1984 - date qui allait passer à l'histoire dans le milieu littéraire policier américain - où, à l'occasion d'un cocktail organisé en sa faveur, il consentit à se rendre à l'hôtel Pierre où toute la haute gomme des journalistes new-yorkais l'attendaient. "C'était, comme il le fit dire à un de ses personnages dans Yes, Dear, ou Survivre, ou mourir." - Vêtu d'un complet gris, il se présenta à la réception, dit son nom et fut promptement escorté vers la sortie. Comme il insista quelque peu, on fit appel à la police et, une demi-heure plus tard, c'est du poste de la cinquième avenue qu'il appela la maison Moore, Boncoop & Bonprit où, naturellement, on le prit pour un autre de ses êtres étrangers qu'on retrouve à toutes les intersections du Big Apple. - Il fut libéré le lendemain non sans s'être promis de ne plus jamais paraître en public. - La publicité autour de cette histoire, savamment orchestrée par ses éditeurs, lui valut une renommée encore plus grande.

De retour à Québec, il acheta la maison où il logeait depuis déjà deux ans, fit condamner toutes les pièces et se réfugia dans son deux-pièces où, à partir de 1985, il écrivit onze romans, à raison d'un par an, se contentant, comme seule sortie, d'aller prendre ses repas dans un restaurant tout près de sa demeure où, naturellement, personne ne lui porta attention jusqu'à ce qu'on sache, lorsqu'il eut son premier infarctus, en 1993, et qu'il dû être hospitalisé pendant plusieurs semaines, qui il était.

A sa sortie de l`hôpital, pour éviter tout contact avec ceux qui pourraient le reconnaître, il décida de faire livrer ses repas chez lui ou, convalescent mal soigné, il fini par ne plus manger et mourir presque de faim, multimillionnaire, à l'été de 1994.

Une nièce, lointaine, s'occupa de sa succession, jetant, selon ses dernières volontés, ses cendres dans un endroit connu que d'elle seule, laissant sa fortune à diverses sociétés de charité à condition que cette fortune soit distribuée à ceux qui n'en feraient pas la demande.

Une plaque du Mystery Writers' Club de  New York a été apposée à l'endroit où il vécut les dernières années de sa vie le 3 avril 1995.

Pour de plus amples renseignements, voir au :

Fonds Andrew Hamilton


Les romans d'Andrew Hamilton :

    (Les titres français sont suivis de leurs titres orignaux, anglais)

  • L'héritière était trop pauvre  - The Naughty Landlady (1984)  
  • Un caïd de trop - I Say She Was (1985)  
  • Valise diplomatique - A Whole Pack of Camel's (1985)  
  • Rendez-vous à Munich - The Godmother Was a Landlady (1986)  
  • L'or de Monsieur Dupont - She Wore What She Was Supposed to (1987) [3] 
  • Les côtes ne sont plus ce qu'elles étaient - Black Island (1987)  
  • Les vitraux de saint Pierre - Her Legs Started up there and went all the Way to the Ground (1988)  
  • Un soleil n'attend pas l'autre - Open Heart, Open Legs (1988)  
  • Les oiseaux se cachent pour ne pas payer d'impôt - Yes, Dear (1990)  
  • Le récipissé de la veuve - Call Me a Taxi, Angel (1992)  
  • Le quatrième homme - Take My Wife... Please (1992)  
  • La veuve n'avait pas déclaré ses revenus - The Blonde Wore Black Boots (1993)  
  • Fibonacci avait raison - So She Did Have a Knife (1995) [4]

Note :

Tous les romans d'Andrew Hamilton ont été publiés chez Moore, Boncoop & Bonprit - New York, Monte-Carlo, Paris.

***

[1] Correspondante inédite avec son éditeur.
[2]  Paru chez Fell, en 1958
[3]  My Tailor Is Rich (titre australien)
[4]  Roman posthume, inachevé : titre provisoire

 

- Jerimadeth Lashni - 09-06


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