British Dance Bands

Orchestre de Ray Noble

Les noms de Benny Goodman, de Glenn Miller, de Les Brown, des frères Jimmy et Tommy Dorsey, de Cab Calloway, de Gene Krupa, de Roy Eldridge, de Billy Eckstine, d'Harry James, de Lionel Hampton, de Chick Webb et même de Count Basie et de Duke Ellington (quoique un peu moins dans son cas) ainsi que de trop nombreux autres chefs d'orchestre américains nous reviennent toujours en tête lorsqu'on parle de musique de danse en dépit du fait que les grands orchestres exclusivement réservés à la danse du style de ces ensembles ont presque tous été des orchestres britanniques.

Bien sûr : on a dansé sur les grands succès des orchestres américains, même en Angleterre (on n'a qu'à songer aux thèmes et mélodies de ces ensembles qui demeurent, malgré le temps, encore très populaires des deux côtés de l'Atlantique), mais tôt ou tard, dans l'histoire de ces grands orchestres la formule «concert» a été adoptée, les musiciens se retrouvant sur une scène dans une salle où des spectateurs, assis comme au théâtre, écoutaient les inventions de l'un, les arrangements de l'autre (au demeurant copiés de ceux de Fletcher Henderson, de Jimmy Lunceford et d'autres orchestres des années vingt) ou venaient entendre leurs solistes favoris. Ces grandes machines, rivalisant entre elles, poussaient souvent leurs improvisations dans une direction fort opposée à la danse : on n'a qu'à penser aux big bands montés vers la fin des années quarante par Dizzie Gillespie ou Stan Keaton (en particulier) qui ne se produisaient qu'en spectacle.

Du côté britannique, la question ne se posa même pas : les arrangeurs étaient plutôt conservateurs, les solistes, malgré qu'il y eut de forts intéressants musiciens en Angleterre tout au long des années trente, quarante et cinquante, étaient, quant à eux, presque inexistants : l'ensemble primait sur tout ; et les orchestres n'étaient là que pour faire danser, soit les jeunes qui s'entassaient dans d'immenses ballrooms, soit les dîneurs dans les restaurants chics.

On venait y écouter des chanteurs tels que Al Bowlly, Dick James, Alan Kane, Sam Brown, Brian Lawrence (qui fut populaire au point de monter son propre orchestre) penchés au-dessus d'un micro et qui poussaient la romance sur un air de fox-trot ou up-tempo slows dont les steps appris dans de très sérieuses écoles ne risquaient pas de défaire les plis d'une robe longue ou d'un smoking. C'est ainsi que tout au long des années trente et quarante - et plus particulièrement au cours de la guerre 39-45 -, toute une série d'orchestres dont la musicalité n'avait rien à envier à leurs homonymes américains sont apparus en Angleterre, en Écosse et même en Irlande pour se répandre partout dans les îles britanniques et - avant et pendant la période 39-45 -, sur le continent et même aux USA jusqu'à ce que, comme tous les grandes formations, ces groupes musicaux finirent par disparaître, concurrencées par les petits ensembles - plus économiques - des années cinquante.

Al Bowlly

Jack Hylton et son orchestre

 

Parmi ces orchestres :

Ray Noble - notre photo - (dont le chanteur attitré fut presque exclusivement le sud-africain Al Bowlly - photo ci-dessus), Jack Jackson, Lew Stone (très connu en France), Jack Hylton (idem), Geraldo, Brian Lawrence, etc., etc.

L'exotisme se mêlant à ce phénomène, on eut droit également à l'étonnant Edmundo Ros dont la carrière ne s'est terminée qu'à la toute fin des années quatre-vingt et qui sur un air de rhumba, de conga et de mambo (quand cette danse vint à la mode), fit danser plus de trois générations de Britanniques.

Nous reviendrons sur chacun de ces orchestres lorsque le temps le permettra (une page a déjà été préparée en rapport avec Edmundo Ros - cliquez sur le lien ci-dessus) mais en attendant, pour nous donner une idée de leur qualité et diversité, nous écouterons quelques-unes de leurs interprétations, interprétations qu'on pourra facilement comparer à celles déjà trop connues de leurs pendants américains :

(Cliquez sur la note - tous les enregistrements sont en format MP3)

Ray Noble tout d'abord, avec l'incomparable Al Bowlly dans un de leurs grands succès (Ray Noble est le compositeur et Al Bowlly le créateur de The Very Thought of You) :

Goodnight Sweetheart : ( HMV C-2872 - 1936)

(Cette version à comparer à celle de Rudy Vallée des années vingt)

Vient ensuite le très ambitieux Jack Jackson avec encore Al Bowlly (vraiment pas à sa place dans cette pièce) dont la section rythmique - mis à part les fioritures du batteur - pouvait facilement se comparer à celle de Chick Webb et dont l'entraînement qu'elle suscitait fait facilement penser à Jimmy Lunceford. - Malheureusement, après les premières mesures, les choses se gâtent :

Come on Be Happy : ( HMV B-6330 - 1933)

Lew Stone, Monsieur Big Band lui-même, dont les précieux arrangements, avec breaks savants, rythmes repris après silences, faisaient école :

Continental : ( Regal Zonophone MR 1503 - 1934)

L'australien Brian Lawrance (et son Lansdowne Orchestra) nous chante maintenant son fameux One in a Million dans un repiquage (chez Vocallion - en l'an 2000) où l'effet de réverbération ajoute un certain charme à ce chanteur qui fut presque aussi en vogue que Al Bowlly :

One in a Million (1937) : (Decca TB2179 - 1936)

Et comment passer sous silence le seul et unique Geraldo et son orchestre dont les enregistrements font, hélas, trop souvent penser à Paul Whiteman mais qui, à l'occasion, savait mener à bien des pièces rythmées. - On écoutera de lui :

It's Lovely : (Vocalion - No. inc. - Date inconnue)


= Texte : Paul Dubé


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Sinon, voir à : Jean Cocteau

 

Ou encore à : Bob Lortie


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