Université de Napierville

Phèdre

 

 


(Canevas d'une pièce de Louis Marshall dit le bègue)

Phèdre de Racine fut présentée pour la première fois le 1er janvier 1677. Imprimée la même année, cette tragédie se trouve également dans les éditions (de Racine), de 1687 et 1697. - Deux jours après cette présentation, une pièce de Pradon ayant le même sujet était jouée. Des ennemis de Racine avaient organisé cette concurrence. - La petite histoire raconte que les auteurs de cette cabale étaient nuls autres que la duchesse de Bouillon, nièce de Mazarin, et son frère, Philippe Mancini, duc de Nevers, auteur du sonnet suivant :

Dans un fauteuil doré, Phèdre tremblante et blême

Dit des vers où d'abord personne n'entend rien.

Sa nourrice lui fait un sermon fort chrétien

Contre l'affreux destin d'attenter sur soi-même.

 

Hippolyte la hait autant qu'elle l'aime :

Rien ne change son coeur, ni son chaste maintien.

La nourrice l'accuse : elle s'en punit bien.

Thésée a pour son fils une rigueur extrême.

 

Une grosse Aricie, au teint rouge, aux crins blonds,

N'est là que pour montrer deux énormes tétons,

Que, malgré sa froideur, Hippolyte idolâtre.

 

Il meurt enfin, traîné par des coursiers ingrats ;

Et Phèdre, après avoir pris de la mort aux rats,

Vient, en se confessant, mourir sur le théâtre.

Ce à quoi les amis de Racine répondirent sur les mêmes rimes :

Dans un palais doré, Damon, jaloux et blême,

Fait des vers où jamais personne n'entend rien.

Il n'est ni courtisan, ni guerrier, ni chrétien ;

Et souvent pour rimer, il s'enferme lui-même.

 

La Muse, par malheur, le hait autant qu'il l'aime.

Il a d'un franc poète et l'air et le maintien.

Il veut juger de tout et ne juge pas bien.

Il a pour le Phébus, une tendresse extrême.

 

Une soeur vagabonde, aux crins plus noirs que blonds,

Va par tout l'univers promener deux tétons

Dont malgré son pays, Damon est idolâtre.

 

Il se tue à rimer pour des lecteurs ingrats.

L'Énéide, à son goût, est de la mort aux rats.

Et, selon lui, Pradon est le roi du théâtre.

On n'y allait pas de main morte à l'époque. - C'est ainsi qu'un jour, Pradon ayant laissé sous-entendre qu'il allait faire un ouvrage où personne n'eût jamais travaillé et ne travaillait point, un partisan de Racine lui cria : «Faite votre éloge !»

 

On sait ce que l'histoire littéraire a réservé à Pradon (et à Racine).

 

Ce que l'on sait moins, c'est que Louis Marshall dit Le Bègue, avait songé à écrire un Phèdre quelques années auparavant mais qu'il a abandonné ce projet devant la complexité de l'intrigue.

 

Suit le canevas qu'on a retrouvé dans ses notes après sa mort :

 

Phèdre, tragédie en cinq actes

(résumé de Louis Marshall)



Acte I

La pièce s'ouvre sur une scène entre Hippolyte, le fils de Thésée et d'une amazone, et son gouverneur Théramène où il (Hippolyte) annonce à l'autre (Théramène) son intention de quitter Trézène (la ville où se déroule l'action de cette pièce) pour aller à la recherche de son père, Thésée, le fils d'Égée, roi d'Athènes, absent depuis quelque temps et dont il est sans nouvelles. Il lui apprend par la même occasion qu'il est tombé amoureux d'Aricie, une princesse de sang royal d'Athènes, mais aussi la soeur des ennemis de son père, Thésée.

Phèdre, fille de Minos et de Pasiphaé, la belle-mère d'Hippolyte (car Thésée s'est remarié), apparaît, accompagnée de sa nourrice et confidente, Oenone. - Elle est lasse et triste. - Après quelques vers sans conséquence elle (Phèdre) lui avoue (avoue à Oenone) qu'elle aime Hippolyte, son beau-fils, le fils de son mari, Thésée.

Un page passe et annonce la mort du fils d'Égée, Thésée, le père d'Hippolyte, le mari de Phèdre et l'ennemi des frères d'Aricie.

Acte II

Aricie, la soeur des ennemis de Thésée, avoue à sa confidente, Ismène, qu'elle aime Hippolyte, le fils de l'ennemi de ses frères. Vient Hippolyte qui lui avoue sa flamme. Surprise par l'élan du fils de Thésée et le beau-fils de Phèdre, elle lui avoue qu'il (Hippolyte) ne lui est pas (à elle, Aricie) indifférent.

Phèdre, la femme de Thésée, vient à Hippolyte, son beau-fils, le fils de son mari. Emportée par sa passion elle lui avoue son amour mais voilà que le page qu'on aura vu à l'acte précédent vient annoncer que le fils d'Égée, son mari (Thésée), serait peut-être vivant.

Acte III

Le drame éclate : Thésée est vivant. Il revient. Il est là. Quelques vers sont récités. Thésée soupçonne tout de suite son fils, Hippolyte, d'aimer sa belle-mère et son épouse, Phèdre (c'est-à-dire la belle-mère d'Hippolyte et son épouse à lui, Thésée).

Acte IV

Oenone - voir acte II -, la nourrice et confidente de Phèdre (l'épouse de Thésée et la belle-mère d'Hippolyte), sur l'avis de sa maîtresse, rend visite à Thésée, le père d'Hippolyte, et lui confirme que son fils est amoureux de son épouse (c'est-à-dire amoureux de sa belle-mère, Phèdre, l'épouse de Thésée).

Thésée convoque son fils, Hippolyte (qu'il a eu d'une précédente union avec une amazone - voir acte I). Face aux accusations de son père, Hippolyte nie tout mais lui avoue qu'il est amoureux d'Aricie, la soeur de ses ennemis (c'est-à-dire les ennemis de Thésée, son père).

Thésée bannit son fils, etc., etc.

Phèdre, la belle-mère d'Hippolyte, se rend auprès de son époux, Thésée, pour tenter de lui faire changer d'opinion mais apprend que son beau-fils est amoureux d'Aricie, sa rivale. Laissée seule, elle laisse éclater sa fureur et chasse Oenone, sa nourrice et confidente, venue la réconforter.

Acte V

Hippolyte, le fils de Thésée et le beau-fils de Phèdre, court vers Aricie, la soeur des ennemis de son père, et lui offre de l'épouser et de fuir avec lui.

Aricie demande un entretien avec le père de son amant, Hippolyte, l'époux de Phèdre, la belle-mère d'Hippolyte, (c'est à dire qu'elle demande un entretien avec Thésée)  et lui confirme que son fils (le beau-fils de Phèdre) est la victime d'une odieuse calomnie.

Resté seul, Thésée, demande à voir Oenone, la nourrice et confidente de Phèdre son épouse et la belle-mère de son fils, Hippolyte.

Oenone se suicide.

Thésée, le fils d'Égée,  redemande à voir son fils, Hippolyte.

Hippolyte n'est plus : c'est Théramène, son gouverneur, qui vient en informer son père, Thésée (récit de Théramène).

Aricie, la soeur des ennemis de Thésée (le père d'Hippolyte, son amant), est au désespoir.

Finalement, Phèdre, la belle-mère d'Hippolyte et l'épouse de Thésée avoue tout, se pâme après avoir avalé du poison (facultatif) et meurt.

 

 

Voir également à : Crasibule et Pharice,

 

Titonius Andronicus

 

et à :

 

Louis Marshall dit «le bègue»

 


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