Université de Napierville

Cours du Palais Royal

Poème de Paul-Marie Lapointe

Photo à suivre


silence dans la pierre 
poussière et jardin 
ici règne un passé faste 

silence entre les murs 
dans la cour sans Cour 
où momentanément se pose 
le calme ciel de mai 

un siècle retombe dans l’autre 
loin des agitations verbeuses 
et consommations sublimes 
dorures falbalas cuisses hautes 

silence pause rectangulaire 
dans la fureur marchande 
silence où l’on repose 
repus de bruits et discours 
loin des musiques mitraillées 

silence où quatre allées 
sont disposées 
d’arbres ombrées 
de tilleuls 
quatre cent soixante arbres 
sur huit rangées 

au cordeau tirées 
longuement s’allongent 
formant allées en allées 

feuillages de tilleuls 
feuillages taillés 
dociles domestiqués 
bougeant à peine 
au souffle de mai 
ce matin 

quatre allées 
voûtes vertes 
sont ainsi faites d’ombre 
ou de soleil 
selon le mouvement d’une feuille 
et d’autres 
constamment 

quatre allées 
d’arbres encloses 
au pied de chaque tronc 
coiffé de verts divers 
près du sol émerge 
une feuille 
une tige parfois de tendre vert 
chacune ayant foré 
minuscule sous l’écorce 
le bois printanier 
poussant vers le ciel 
une sève impatiente 

au pied de chaque tronc 
dans la poussière moulées 
cent pattes en étoiles 
de pigeons envolés 

papiers souillés mégots 
quelques brindilles 

des bancs épars sous les arbres 
où rêvent lisent 
s’abandonnent 
des hommes des femmes 
de tous âges 

vieillards sortis un moment du noir 
de l’oubli l’anonyme vie 
savourant les premiers ébats des corps 
les derniers éclats du parc 
avant la fin de tout 
des palais royaux 
de l’Histoire 

vieilles dames solitaires 
abandonnées de tous 
jeunes gens oisifs 
dans la ville inutile 
jeunes filles du printemps 
paradant douces proies 
dévorées de regards de soifs 
enfants poussés dans des carrosses 
par des mères trop jeunes 
trop fraîches toujours 
prisonnières déjà d’écoliers absents 
qui s’échappent là-bas 
derrière les ballons 
vers les nuages infestés 
les miasmes de l’être 
bureaux commerces ateliers 
prisons où se tue le temps 

cour du Palais-Royal 
crissement des pas 
dans la poussière sablée des allées 
la rumeur diffuse de la ville 
tout autour s’étouffant 
promenade sans bruit 
glissement momentané des passants 
soulevant quelque peu cette poussière 
qui retombe aussitôt 
dans l’ordre des choses 

au centre de tout cela 
qui n’est agité d’aucune guerre 
apparente 
loin des massacres et de la faim 
loin de la vie courante 
une vasque 
généreuse et fraîche 
où des fontaines 
richesse de cristal orgueilleusement 
déploient leurs eaux 
eaux d’artifices 
plus que parfaites se pavanant 
perruques et poudres 
jetées là pour la mort des rois 
jetées là 
dans le silence hurlé de mai

 

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