Extraits sonores - 8

À chacune de ses éditions, Le Castor™, l'organe officiel de l'Université de Napierville, joint un document sonore susceptible d'intéresser ses lecteurs. - Pour en faciliter l'accès, ces documents ont été regroupés par tranches de cinquante (ou à peu près), classés en ordre de diffusion, du plus récent au moins récent.

Les enregistrements contenus dans la présente page correspondent à ceux qui ont été diffusés depuis le 6 avril 2020.

Pour la série précédente, cliquez ICI.

Voir également à : Copyrights.

Merci pour vos commentaires et suggestions.

- Responsable : Paul Dubé


2020-08-03

Tuba Skinny

J'ai l'impression qu'on considère trop souvent le jazz dit de «Nouvelle-Orléans» comme étant dépassé, vieux jeu, trop simpliste et même naïf par rapport au jazz dit «moderne».

D'un autre côté, des types comme Hugues Panassié, n'ont jamais cessé de dire que, depuis la venue du Bop, le jazz (sous entendu : tout ce qui est issu de la Nouvelle-Orléans ou de l'époque Swing) est disparu, allant (Panassié) jusqu'à dire, dans son dernier livre (*), que Miles Davis était (est) «un modèle de l'anti-jazz», qu'il avait «délibérément tourné le dos à la tradition musicale de sa race (sic), etc., etc.»

(*) Dictionnaire du jazz, Albin Michel - 1971.

Sans vouloir souligner que certains styles qu'on qualifie de jazz, aujourd'hui, me semblent suspects (quand on invite des danseurs de flamenco ou des groupes de musiciens antillais à se manifester dans divers Festival [dit] de Jazz - celui de Montréal, par exemple), je ne tiens vouloir insinuer que le véritable jazz est né avec Charlie Parker et qu'il est mort depuis la disparition de Coltrane. Non.

Mon idée est qu'il existe des styles de jazz et que chacun d,entre eux droit à être entendu pour ce qu'il est et non pour ce qu'il a été ; qu'on ne doit pas juger démodés des musiciens qui volontairement tiennent à utiliser des formes qui sont loin d'être désuètes. - Qui oserait dire que la Valse numéro 2 de Chostakovitch ou celle de Ravel sont des aberrations parce que la valse est une forme qui date de la fin du XVIIIe ?

Et les quatuors à cordes, il faut les bannir ?

Oui, c'est vrai : il existe dans le cocktail bars du monde entier trop de pianistes qui se prennent pour Nat King Cole. Ce n'est pas parce qu'ils essaient d'imiter Nat King Cole que je leur en veux, c'est qu'ils l'imitent mal. - On ne peut, hélas, demander à tous, d'être des Keith Jarret, des Ahmad Jamal, des Chick Corea ou, tant qu'à y être, des Art Tatum ou même des - et là je remonte loin - des Jelly Roll Morton. Mais entre tous ces musiciens, il existe un trait commun et c'est celui d'improviser sur certaines formes qui, elles, demeurent inchangées depuis des décennies, que ce soit le rag, le boogie, le blues ou la ballade.

Aussi, quand j'entends du jazz joué par des groupes qui utilisent la forme et le style des premiers orchestres de Nouvelle-Orléans, je ne ferme jamais les oreilles.

Tuba Skinny ? C'est un groupe dont les membres ne proviennent pas de la Nouvelle-Orléans, mais qui ont décidé d'en adopter lee style. (Leur directrice, Shaye Cohn [cornet et piano], est la petite fille du saxophoniste Al Cohn et elle est née à Boston. Sa formation ? Classique.)

On peut les voir et entendre à profusion sur YouTube.

Fortement recommandé.

paul

*

2020-07-06

Note de l'éditeur ?
(Pas tout à fait dans mes cordes, mais...)

Pas de lien, cette semaine, du moins de ceux qui vous mèneraient vers un obscur site contenant une version inédite de la sonate K197 (en si mineur)  de Domenico Scarlatti enregistré au cours d'un bombardement par Wilhem «Verrückt» Das Taube Grab, en mai 1944 (le vendredi 12) dans la chapelle du Divin Créateur (Göttlicher Schöpfer) de la municipalité de Königs Werkterhausen, en Allemagne (banlieue sud-est de Berlin, près de Wildau)..., mais une réponse ... une réponse à une question qu'on me pose souvent - on me la posait hier encore,et puis dans un courriel que je viens de recevoir - à savoir : si je suis celui qui est responsable de ces «notes de l'éditeur» qu'on retrouve ici et là dans le Castor™ lorsqu'un chroniqueur mentionne un passage d'un article paru quelques semaines, parfois plusieurs mois auparavant. - La réponse est : «La plupart du temps... OUI».

Mais attendez : je n'ai pas fini !

J'ai reçu au cours des dernières semaines (la pandémie aidant) un tas de courriels en provenance d'un peu partout vantant les mérites de mon site sur la chanson française, dont deux, en particulier. - L'un d'Australie (sic), d'une dame me remerciant de lui avoir permis d'entendre une chanson que sa grand-mère chantait quand elle n'avait que six ans (et qui datait d'avant sa grand-mère) et un autre, d'Allemagne (re-sic) disant que ce même site était monumental.

Merci.

Comme je disais récemment à ma voisine qui m'a demandé ce sur quoi je travaillais depuis quelques semaines : «Une discographie d'un chanteur du début du siècle dernier. - Une discographie qui m'aura pris quatre semaines.. et quarante ans.»

Tout est une question d'organisation.

Oui, j'ai beau dire, comme Simon, que je ne ne suis pas intelligent et désorganisé, je suis extrêmement organisé. Depuis toujours d'ailleurs. Il a bien fallu car, jeune, je me suis aperçu que j'avais une mémoire désorganisée qui se rappelait de tout mais jamais au bon moment. Surtout quand je parlais. Je cherchais continuellement les mots pour décrire certaines choses, mais surtout les noms d'auteurs, de comédiens, de musiciens que, si on me les avais pas demandés, j'aurais pu vous les énumérer sur le champ. - Parfois (certains vous le confirmeront), il me fallait faire une pause pour me souvenir du nom de mon assistante avec qui j'ai travaillé pendant des années afin de l'appeler pour qu'elle me rappelle le prénom nom de mon meilleur client avec qui j'avais déjeuné le matin même... - Alors je me suis mis à TOUT noter. 

Et la Providence a voulu que je naisse dans un temps où les ordinateurs personnels sont devenus disponibles.

*

À la demande générale, voici comment, d'une mémoire-passoire, je suis devenu le chef incontesté des Notes de l'éditeur du Castor™ grâce à divers logiciels qui, aujourd'hui sont au nombre de deux et  quelques trucs dont je vous dévoile à l'instant les secrets.

Un - Les types de mes fiches informatiques

Mes fiches informatiques se divisent en cinq catégories :

- Les fichiers textes
- Les fichiers photos ou images
- les fichiers de musique (ou de paroles ou de sons)
- les fichiers films
- les fichiers chiffres

Chacun se termine par les nomenclature standards que je n'ai pas besoin d'expliquer :

- .txt, .doc, etc. pour les textes
- .jpg, .gif, etc. pour les photos ou images
- mp3, .wav etc. pour les fichiers de musique (ou de paroles ou de sons)
- .mp4, .mov, etc. pour les fichiers films
- .xls, etc. pour les fichiers chiffres

(Passez-moi les fichiers .exe, .htm, .pdf, .zip et autres dont il faudrait que je reparler un autre tantôt.)

Ces fichiers peuvent être classé n'importe comment ; par dates, par auteurs, compositeurs, numéros de dossiers, cela n'a aucune importance car c'est dans dans leurs noms que j'ai appris à insérer certaines informations pour les retrouver.

Deux - Les noms donnés à mes fichiers.

Avant de passer au classement de mes fichiers dans différents répertoires (archives,  travaux en cours, sites WEB, enregistrements [jazz, classique, pop français, pop anglais, etc.], textes imprimés [en provenance de magazines, livres, catalogues...]. correspondance, etc.), il a fallu leur donner des noms particuliers.

Un nom comme «Les feuilles mortes», classé dans un sous-sous- répertoire dont le nom était : 

   Enregistrements/Disques empruntés/BN/CD1438/Chansons françaises

Était introuvable si je le cherchais par son interprète, son auteur, son compositeur ou à partir d'un film dont le nom était «Les portes de la nuit».

Mais si je lui donnais  comme nom «Montand - Les feuilles mortes - Prévert et Kosma - 1946 - Carné - Les portes de la nuit», il est devenu plus que facile de le retrouver, ainsi que tous les autres que Montand a pu enregistrer par la suite en cherchant «Montand, Feuilles mortes» dans mon engin de recherches.

Et si je tapais...  si je tape aujourd'hui -  tout simplement «Prévert», mon engin de recherches me le désignera immédiatement, de même que d'autres enrgistrements faits par Cora Vaucaire, Jacques Douai, Lucille Dumont... et d'autres chansons dont les paroles sont de Prévert... dont je possède également sa bio en provenance de Wikipedia, des photos de lui, et même celle d'un ami nommé «Michel Prévert»...

Ainsi, second exemple  :

Si j'ai donné des informations descriptives dans les noms de mes fichiers, je pourrai de mon engin de recherches constater presque instantanément, en tapant «Beethoven, Quatuor 16 mp3» - quel que soit où dans mon ordi - que j'en possède des enregistrements (en fichiers mp3) des Quatuors Amadeus, Borodin, Budapest (deux versions), Guarneri... etc.

Le logiciel qui me permet de me retrouver dans les millions de  fichiers qui se trouvent dans mes disques externes et internes (certains sont des copies de sauvegarde) ?

Il est gratuit et se nomme EVERYHING. Vous le trouverez sur le site de VOIDTOOLS à l'adresse qui suit :

https://www.voidtools.com

Ce que fait ce logiciel ? Il lit en quelques minutes (au début) de tous les noms que vous avez donnés à vos fichiers et les retrouve où qu'ils soient sur n'importe quel de vos disques à condition qu'ils soient en ligne et que vous les avez nommés adéquatement.

Dans son engin de recherches, il vous suffira de retrouver, par exemples :

jpg moi 1992
mp3 trump covid-19
txt proust ruskin
mp4 blade runner
ou même
jeannette recette tarte pommes

Attention :

Dans mon ordi, avec tous mes disques branchés, ne taper pas «mp3»... vous risquerez de vous retrouver avec 97,828 fichiers...

*

Oui, mais si je cherche, me demanderez-vous, dans quelle pièce Shakespeare a écrit «To be or not to be» ou quand Simon Popp a écrit une critique d'un livre de Jean-Paul Dubois (voir sa chronique d'aujourd'hui), alors là, il vous faudra un deuxième logiciel. Un qui lit dans les fichiers et là, il vous faudra avoir pensé à mettre ensemble tous les textes à un seul endroit (les pièces de théâtre, les fichiers du Castor™ que vous aurez conservés ou tous les livres que vous avez récupérés ici et là) et chercher, parmi ces textes, les mots «To be or not to be» ou «Jean-Paul Dubois».

Celui dont je me sers est AstroGrep. Il est également gratuit et disponible à l'adresse ci-dessous. Il vous suffira d'indiquer où se trouve vos fichiers «Textes» (n'importe où, si vous le voulez), son type (htm, doc, txt, etc. ou les trois ou quatre que vous utilisez) et le texte que vous cherchez.

(Comment pensez-vous que je retrouve quand Simon a pu parler dans ses chroniques sur le prix Goncourt ?)

AstroGrep chez Softpedia

(Ne vous inquiétez pas : ce logiciel ne laisse aucune trace dans votre Windows registry, ni ailleurs. Vous pouvez même l'installer sur une clé USB)

Cela étant dit, je vous mets au défi de me demander qui a chanté pour la première fois «Mon coeur est un violon», quelle âge elle avait, où et quand... ou même qui a créé Les feuilles mortes avant Montand...)

paul

*

2020-06-01 

Mozart, Bach, Beethov, Brel et Julio Iglesias
(Étant un simonesque plagiat)

« […], pendant 30 ans, sous les Borgias, les Italiens ont connu la guerre, la terreur, le meurtre et des massacres, mais ils ont fini par découvrir Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. Après 500 ans d'amour fraternel, de démocratie et de paix, qu'est-ce les Suisses ont eu à s'offrir ? L'horloge à coucou ! » dit Harry Lime à Holly Martin dans Le Troisième Homme, un film réalisé en 1949 par Carol Reed, sur un scénario de Graham Greene.- Harry lime : Orson Welles. Holly Martins : Joseph Cotten.

Vous savez... 

Ce que j'écrivais le mois dernier à propos des fans des Beatles peut facilement s'appliquer aux inconditionnels de Bach qui sont prêts à écouter ses trois mille huit cent vingt sept variations pour, au choix : flûtes (en tous genres), hautbois, bassons, trompettes, trombones, violons, violoncelles, viols de gambe, contrebasses, claviers (surtout celles écrites pour son clavier  bien tempéré), etc. ... et les trouver toutes géniales ; je pourrais, dans la même veine mentionner ceux pour qui il est impensable de parler de Mozart sans lui ajouter le mot «divin» ; quant aux membres frénétiques munis de torches qui se présentent régulièrement devant ma porte pour clamer haut et fort que Brel était le plus grand de tous...

Parallèlement, j'ai connu des gens pour qui Proust était d'un prodigieux ennui, qui lisait Léautaud que pour les bouts «cochons» ou qui insistait pour dire que certaines pièces de Shakespeare n'étaient pas historiquement correctes. - Ou qui ne lisait que les livres ayant été vendus à plus de 50 000 copies.

Et si vous êtes de mon milieu, vous avez dû, comme moi, connaître des mères et des grands-mères qui pleuraient en lisant des cartes de souhaits «Hallmark».

Puis, comme tout le monde, j'ai appris l'expression passe-partout qui sert d'excuse à tous ceux qui sont incapables d'expliquer leur penchant pour les romans d'Harlequin, les vêtements en lycra, Céline Dion et la poutine de chez «Margot, la reine du pain "à'" viandes» (*). Cette expression est :

Tous les goûts sont dans la nature.

 (*) Voilà une marque de commerce dont j'utilise rarement le nom depuis que, il y a des années de cela, à l'Exposition Provinciale (du Québec), j'ai vu, en face du «Bingo des Zouaves» (sic) un comptoir dont l'affiche se lisait, justement, «X, la reine» de ce fameux pain.» Qui sait ? Peut-être a-t-elle (ou a-t-il) des droits commerciaux sur cette appellation, tout comme, dans le coin, ici, on ne peut pas dire «Le spot à Ben» sans faire une génuflexion...

Toutes les excuses finissent par être bonnes pour dire n'importe quoi.

Je crois que c'est Copernique qui disait l'autre jour, en citant je-ne-sais-plus-qui, que tout ça, c'était bien beau, mais que quels que soient ses penchants, il y avait un fait incontestable pour tous et chacun de nous : «Il y a des oeuvres, des plats, des paysages... des affaires que l'on trouve plus belles ou moins belles que d'autres.»

   
      

Tenez :

Je ne suis pas un fan d'Elvis, mais je peux vous dire qu'écouter un de ses premiers enregistrements, «That's All Right, Mama» est une chose qu'il faut avoir entendu dans sa vie. En voici un extrait (j'ai coupé le solo de guitare qui est affreux) :

Extrait de That's All Right, Mama chanté par Elvis Presley :

Sauf que je n'aurais aucune difficulté à trouver chez lui, tout comme chez Bach ou le chez le divin Mozart des guirlandos emmerlandos (comme disait Mayol dans sa «Fifille à sa mère» lorsqu'elle exécutait des sonates tout entières)...

Jadis, je demandais aux fans de Bach qui n'en connaissaient que deux morceaux (Je parle de «Jean-Sébastien Bach» qu'il ne faut pas confondre avec «Offen») s'ils préféraient ses suites françaises à ses suites anglaises et si, dans le lot, y'en avait un qui disait «les françaises», je lui demandais par qui. - Aux amateurs du divin Mozart, c'était plus facile : je n'avais qu'à mentionner les quatuors prussiens ou une de ses inconnues opéras, en particulier Mitridate, re di Ponto (Mithridate, roi du Pont) pour qu'ils se taisent

 Finalement , j'ai opté pour dire qu'à ce moment-là j'étais plutôt du côté des symphonies de Mahler et, quand il s'est mis à devenir populaire, je suis passé à Scriabine.

Tout ça pour dire que Wittgenstein (le snobisme passe par toutes les formes) avait raison : que la communication entre les êtres humains est impossible.

Elle l'est toujours ; quand on ne sait rien, on a tout à apprendre et que c'est généralement à deux ou trois qu'on découvre, comme ce fut le cas de plusieurs dans les années soixante, le «dernier» des Beatles, leur pseudo-révolutionnaire musique qui l'était, quand même, par rapport à Patti Page, Perry Como et Guy Lombardo (and His Royal Canadians) Sauf qu'il ne fallait pas s'arrêter là.

Ben quoi ? Vous n'êtes pas me reprocher d'avoir cessé de pleurnicher avec Tchaikovski pour passer au découragement total avec Mahler et ses lieder sur la mort des petits enfants, non ?

(Hé : je viens d'apprendre que les Ice Capades (*), une calamité si jamais on m'a amené à en voir une, ont cessé d'exister en 1995, plus de cinquante ans après leur création. - Faut croire qu'il y a une certaine justice dans le monde....)

(*)Voir à la fin - Note de l'éditeur.

*

Ce qui me fascine en ce moment, car, pour une raison quelconque je ne l'avais jusqu'à présent jamais noté, c'est l'étonnement des quadragénaires devant la découverte qu'ils sont bien obligés de faire devant l'impossibilité de communiquer avec la génération qui les suit.

Oh, c'est une chose à laquelle ils finiront par s'habituer sauf qu'il leur restera une étape encore plus difficile à franchir - et peu seront en mesure de le faire - c'est celle de constater que ceux qui les ont précédés dans l'océan des âges, ceux qui sont venus avant eux, ont oublié ce qui leur reste à découvrir.

Leur reste une solution temporaire : s'impatienter devant les deux. Trouver les jeunes trop bêtes et le vieux trop lents ou trop radoteux.

J'ai appris en même temps pourquoi les vieux se répètent : parce que ceux à qui ils parlent ont toujours l'air de ne jamais les écouter.

Et en terminant ?

Ceci :

Au début, ce genre de réflexions me fascinaient. Puis elles ont fini par me lasser. Et finalement, plutôt que de me lever et m'en aller quand elles se mettent en branle dans les conversations - une preuve irréfutable de mon ignoranteté (ou pire encore : de mes jugements à l'emporte-pièce) - j'ai appris à changer les sujets des conversations sans qu'on s'en aperçoive. - Quoi ? Vous vous en êtes jamais aperçu ? - Ben voilà.

Oui mais... Julio dans tout ça ? - Oh, tout simplement un des meilleurs crooners qu'il m'a été donné d'entendre. - Dans la lignée de Carlos Gardel.

Oui, je sais : c'est pas connu.

Carlos Gardel - El dia que me quieras (1935)

Carlos Gardel est né Charles Romuald Gardès, à Toulouse, en France et est décédé le 24 juin 1935 dans un accident d'avion près de Medellin, en Colombie, à l'âge de 44 ans.

Son oeuvre et sa voix font partie des Mémoires du Monde de l'UNESCO depuis 2003.

paul

P.-S. : 

(Une note à propos des Ice Capades, en réponse à Madame*** qui relit parfois mes textes avant que je les envoie à l'éditeur du Castor™.)

Oui, Madame, les Ice Capades, une véritable calamité. Sur glace par dessus le marché, moi qui n'ai jamais appris à patiner. - Pire qu'un sermon sur la concupiscence ou Lemelin qui avait de la difficulté à lire ses propres textes parce qu'ils étaient trop mal écrits. - J'ai toujours cru qu'on m'y avait amené de force (per vim) pour me punir, sauf que je n'ai jamais su précisément de quel crime on me soupçonnait. Sans doute grave au point où passer deux mois enfermé dans ma chambre aurait été un doux châtiment. - En existe deux ou trois extraits filmés sur YouTube. Sait-on jamais ? Si l'un de vos petits enfants devient un pédophile ou un assassin... - Vérifiez d'abord si les Benoit Sisters y paraissent.

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In memoriam

Richard Penniman mieux connu sous le nom de
«Little Richard» 
1932-2020

*

2020-05-04 - Bob Dylan, hier et aujourd'hui

Vous ai-je déjà dit que je n'étais pas un fan des Beatles ? Que je ne l'ai jamais été ? Pas que je n'ai pas essayé. À leur tout début, je me procuré tous leurs disques que j'ai écoutés de nombreuses fois et avec beaucoup d'attention (ce qui me permet de les citer avec plus de précision que bien de leurs admirateurs). 

Et je ne me suis pas arrêté là :

J'ai continué tout au long de leur carrière à les écouter et je les ai même suivis individuellement après leur séparation. Y compris Ringo et George. Peut-être plus McCartney par rapport à ces deux-là mais définitivement moins que Lennon que j'ai suivi jusqu'à son tout dernier CD.

Je tiens à le dire pour démontrer que, comme tous les enregistrements qu'on m'a suggèrés ou qui ont attiré mon attention, je me suis fait envers eux un point d'honneur de ne jamais les rejeter du revers de la main et qu'en particulier, j'ai bien cherché à savoir ce qui avait déclenché chez les inconditionnels admirateurs des Fabs Four, une ferveur sans bornes, ces inconditionnels qui ne cessent de me répéter encore aujourd'hui : «qu'ils ont révolutionné la musique populaire....», «qu'ils ont été des années en avance sur tout le monde...» ou «qu'ils ont collectivement géniaux...»

Je n'ai toujours pas trouvé et, aussi sérieusement que je les ai écoutés, je me permets d'ajouter que s'ils n'avaient pas existé, je ne crois pas que la musique POP ait été différente de celle qu'on entend aujourd'hui.


The Fab(ricated) Four

Je peux, par ailleurs, vous dire qu'à leur époque, j'écoutais les Rolling Stones, les Beach Boys, Crosby, Stills Nash and Young... qui, à mon avis, ont créé, des petits chefs-d'oeuvre qui ont presque passé inaperçus, mais qui demeurent encore aujourd'hui tout à fait remarquables et que, je crois, passeront la barrière du temps.

Je vous en cite quelques unes ?

«Sympathy for the Devil» de Mick Jagger et Keith Richard (The Rolling Stones)

«Teach Your Children Well» De Graham Nash (Crosby, Stills and Nash)

«Music is Playing Inside My Head»  (Carole King)

«God Only Knows» (Beach Boys)

«Slipin' and Slidin'» (Little Richard)

et - Dieu me le pardonnera !

La plupart des riffs de Chuck Berry

(Remarquez que je me limite ainsi à la musique POP d'une certaine période.)

Non, non et non ! Vous me ferez jamais admettre que «Yesterday» est comparable aux compositions de Cole Porter, Jerome Kern, Johnny Mercer, Rodgers and Hart... que tous les admirateur de McCartney que j'ai connus ne se sont jamais donné la peine d'écouter.

          

Cole Porter       Jerome Kern      Johnny Mercer 
Rodgers and Hart

*

Et puis, en arrière plan, y'avait Dylan. - Robert Zimmerman, dit Bob Dylan, né en mai 1941. -  Au départ, un Folk Singer issu du Minnesota qui aura 79 ans dans quelques jours. - Et qui est toujours actif. - Prix Nobel, Oscar, Grammies, Légion d'honneur... -  Qui a, selon l'expression populaire, a «reviré sa veste» plusieurs fois. «I Contain Multitudes» disait-il récemment...

***

Il aura, comme je viens de le mentionner, 79 ans dans quelques jours. Difficile de ne pas le classer parmi certains monuments. Il a dû, chose que je n'ai pas pu encore confirmer, annuler le concert qu'il devait donner non loin d'ici, à Saratoga Springs, si je me souviens bien, dans la continuité d'une série qu'il devait donner au Japon du premier au vingt-quatre avril (annulés, eux aussi) et d'autres prévus dans l'Oregon, l'état de Washington, le Nevada, la Californie, le Tennessee, Georgia, etc. en juin, juillet... Pour des raisons de santé ? Non. À cause du COVID-19.

Note : Saratoga Springs (Saratogo Performing Arts Center) - 9 juillet - Les prix ? Entre $35 et $330...

C'est qu'il est drôlement en forme ce bonhomme, connu bien avant Mick Jagger et Les Rolling Stones, qui chantait Talkin' New York pendant que les Beatles enregistraient Love me Do.

Hélas, il a appris à chanter, comme tout le monde, quand sa voix s'est mis à disparaître.

Finis les «Ah !» qu'il lançaient dans ses premiers enregistrements, quoique, parfois au cours de ses concerts de ces dernières années, on peut entendre des émotions émaner de ses incompréhensibles paroles (sa diction est affreuse) et qui n'ont jamais été présentes au cours des premiers dix, quinze, vingt ans de sa carrière.

Il continue encore d'attirer des foules partout où il passe. De gens dans la soixantaine, septantaine et même octantaine, venus se rappeler leur... jeunesse (?). - Pas nécessairement. Personnellement, je ne le suis pas pour ré-entendre son Blowin' in the Wind, mais ce qu'il chante aujourd'hui.

Les photos, les films qu'on peut voir sur YouTube et qui proviennent de ses derniers concerts, nous montrent dans l'assistance des centaines de jeunes dans la vingtaine qui trouvent sa façon de rocker intéressante. Des curieux, j'imagine. mais des foules tout de même après bientôt soixante ans de carrière.

J'écoutais un de ses fans dire, il n'y a pas si longtemps, qu'on n'allait pas entendre Dylan, on allait vivre un mouvement de créativité...

«À chaque fois que j'assiste à un de ses concerts, disait-il, j'ai le goût de me mettre à écrire, à peindre, à créer quelque chose...»

Oui, peut-être. - C'est un de mes rares artistes qui m'intéressent ou qui m'ont intéressés du temps où ils étaient encore vivant (ou qui le sont toujours) et que je n'ai pas vus en personne... - Je n'ai jamais su pourquoi d'ailleurs.

Quoiqu'il en soit, je fus un amateur, un inconditionnel de Bob Dylan, dès que j'ai entendu ses premiers enregistrements : peu avant avant le milieu dans les années soixante ; et je l'ai suivi, de ses premiers albums (1962 à 1967) jusqu'à, je crois, Desire (1976) ou Slow Train Coming (1979) avant de, quelque peu, passer à autres choses (tout en le suivant plus ou moins, mais de loin) jusqu'à ce que mon attention fut retenue en 2001, je crois, quand ont commencer à paraître, sous différents formats, souvent non-officiels, ses enregistrements «live» - surtout parmi ses derniers (années '80, '90...) - et qui, depuis la venue de YouTube (2005) n'ont cessé d'être diffusés, et en nombre, et en qualité.

J'en ai, récemment écouté une dizaine, sinon plus. - Pas visionnés mais bien écoutés, car la plupart du temps ses prestations sont très mal filmés (par des amateurs), mais les bandes sonores sont très respectables. Mon dernier ? Il datait de 2019...

C'est une expérience que je ne recommande à personne.... M'enfin, pas un enregistrement l'un après l'autre. Laissez passer une ou deux journées entre chacun car vous en aurez jusque là d'entendre sa voix nasillarde (?), rauque (?), éraillée (?) chanter souvent Dieu-sait-quoi dont on ne peut saisir qu'avec beaucoup d'attention, d'une chanson un mot sur dix, mais qu'on finit à la longue par reconnaître la mélodie.

Et pourtant, malgré tous les défauts de ces enregistrements (et je n'ai fait qu'en mentionner que quelques uns), si vous vous donnez la peine d'écouter, vous allez peut-être comprendre que «The Bob Dylan Experience IS Something Else»,  i.e. : Un concert avec Bob Dylan n'est ni un Récital des Meilleurs Succès de Votre Artiste Favori(e), ni une Pseudo-Messe à la  feu Johnny Halliday, c'est tout un véritable Apprentissage de ce que peut être un artiste qui se découvre en scène.

Peut-être que ça finira par vous expliquer pourquoi ces messieurs ultra-conservateurs qui distribuent les Prix Nobel et les Oscariseux d'Hollywood ont dû se rendre à l'évidence : qu'il ne fallait pas le louper celui-là (*)

(*) Vous saviez que Dylan partage avec George Bernard Shaw l'honneur d'avoir été l'un de deux récipiendaires à la fois du prix Nobel et d'un Oscar ?

En terminant, je ne saurais vous dire lequel des concerts Dylan présentement disponibles sur YouTube, j'ai préféré. Tout est une question de goût, d'atmosphère, de l'état d'âme dans lequel vous vous trouvererez au moment où vous les écouterez. Mais si vous voulez un aperçu de ce à quoi ça peut ressembler, regardez l'extrait d'un hommage rendu à Martin Scorcese en 2012 où Bob Dylan chanta Blind Willie McTell :

Bob Dylan Martin Scorsese tribute 2012

«Seen the arrow on the doorpost
Saying,
"This land is condemned
All the way from New Orleans
To Jerusalem."
I traveled through East Texas
Where many martyrs fell
And I know no one can sing the blues
Like Blind Willie McTell...
»

Quoique sa présence à la 73e version des Academy Awards mérite d'être soulignée :

Bob Dylan : Things Have Changed 2001

«People are crazy and times are strange
 I’m locked in tight, I’m out of range    
     I used to care, but things have changed...
»

Une chose à noter : il est excellent à la guitare.

Et la voix ?

Oui, elle est rocailleuse, éraillée, mais on finit par s'y habituer. À vrai dire, elle a des effets qui sont impossibles à rendre avec une voix «normale».

Dernier exemple (vidéo de mauvaise qualité, mais la piste «son» est o.k.) :

It's All Over Now, Baby Blue

Bonne écoute !

paul

P.-S. : Si possible, quand vous l'écouterez, ayez les paroles en main !

(Voir à :https://www.azlyrics.com/d/dylan.html)

2020-04-06

Bruit de fond
(Bruit ambiant, bruit environnant, son ambiant...)

J'ai parlé, il y a quelque temps, de l'expression anglophone  «white noise» (*) en mentionnant que je n'avais pas trouvé d'équivalent en français. L'expression «bruit de fond» m'a été suggéré  pour son incontestable similarité, au théâtre, de notre «toile de fond» qu'on appelle, en anglais, le «background scenery». Or là où on utilise, toujours en anglais, le mot «noise», on ne peut pas toujours se servir, en français, des mots tels que «bruit» ou «son» car l'expression, en anglais, de «white noise» peut se rapporter à des émanations sonores - lire : des vibrations perçues par nos oreille - qui ne sont pas nécessairement des «bruits» ou des «sons» plus ou moins désordonnés, - Nous en avons d'ailleurs mentionné deux exemples dans notre texte : le verbiage (dans un discours) ou ces suites de notes musicales n'ayant aucune signification.

Or, depuis le confinement auquel nous sommes présentement assujettis une troisième forme de «white noise» m'est venue à l'esprit : celle des bruits, sons, vibrations, bribes de conversations, souvent accompagnés de musique en «arrière-plan» (sic) qui font partie de notre environnement physique lorsque nous sommes seul ou avec d'autres... au café, sur une terrasse, dans une salle à manger ou même une salle de réception lors d'une noce, un congrès ou, je-ne-sais-pas-moi.. tenez : une conférence de presse.

Et puis :

À l'extérieur, touts ces sons qui nous parviennent : en ville, le bruits des autos, ceux des pas et des conversations des gens que l'on croise, les portes et fenêtres qui s'ouvrent, se referment, les signaux de circulation, les sirènes des ambulances ; tandis que dans la nature, c'est le bruit du vent, le cri des oiseaux, la pluie, le bruit de pas dans la neige, sur le gravier, le va-et-vient de la mer...

 Pourquoi ce troisième type de «white noise» m'est-il venu à l'esprit ? - Par, justement, son absence !

J'habite seul, dans un endroit assez... je ne dirai pas «éloigné», mais «plutôt insonorisé» ; dans un tout petit village où une automobile passe devant ma porte à toutes les vingt minutes... à l'heure de pointe. L'été, j'y enregistre mes émissions de radio... les fenêtres grandes ouvertes. - Mes «bruits de fond» ? quelques horloges dont j'ai recommencé à entendre les tic-tacs oubliés depuis des années, un réfrigérateur dont le moteur ronronne silencieusement de temps à autres et puis, alors là, j'ai été récemment surpris, un plus-que-silencieux purificateur d'air qui me signale sa présence que si je m'approche et que je me mets à me demander ce qui peut bien m'envoyer de l'air frais sur le visage.

*

Un aparté :

Ayant eu à me rendre à Wichita , dans le Kansas, il y a plusieurs années de cela, je me suis dit que je pourrais peut-être en profiter pour prendre une semaine de congé au lieu de me taper deux jours de déplacements en avion - un à l'aller, l'autre au retour - pour... une journée de rencontre sans importance. Non pas pour visiter Wichita que je connaissais, hélas, déjà trop bien, mais pour m'y rendre doucement en passant par le nord de l'état de New York (voir un musée et la reproduction du système solaire à l'échelle dans la ville de X), par Pittsburgh, visiter un ami, et voir en même, plus loin, l'Arche de Saint-Louis, la croisée Nord-Sud de Y, la ville natale de Bierdebecke, etc.) ... tout en faisant un tour à Chicago, au retour.

Pour musique, dans l'auto, j'avais, parce que je venais tout juste d'en recevoir un exemplaire : les enregistrements, toutes les symphonies de Haydn.

Je ne sais plus au juste, ni à quel moment, j'en ai eu jusque là de ce Haydn, . J'en étais, je crois à la soixantième ou la soixante-et-deuxième de ses symphonies lorsque je suis immédiatement sorti de l'autoroute où je circulais, rentré au premier centre commercial que j'ai pu apercevoir pour aller me procurer n'importe quoi sauf d'autres Haydn et, de peur d'avoir la même réaction avec n'importe quel autre compositeur, je crois avoir déboursé quelques dollars pour des Rolling Stones, du Miles Davis ou peut-être même du Frank Zappa.

(Note : cette expérience ne m'ayant rien appris, la même chose m'est arrivée un peu plus tard avec quatre ou cinq opéras de Mozart, mais je m'en suis tiré très bien en ce moment-là, ayant eu la présence d'esprit de déposer d'autres types d'enregistrements dans mon coffre-à-gants.)

Cet aparté était pour vous dire, qu'aux prises avec l'absence de «white noise», dans des circonstances comme celles auxquelles nous sommes confrontés ces temps-ci, et seuls, il peut arriver à certains d'entre nous (du moins, je l'espère car je ne veux pas me sentir unique dans mon cas) de vouloir le combler avec du «noise» approprié.

Et voici qu'en chrechant très peu, j'ai trouver sur YouTube (qui ou quoi d'autres ?) des sons ambiants en tous genres :

- Café ou terrasse (Paris, Hollywood, Tokyo... - si, si : Tokyo)

- Bars avec cocktail pianist

- Bords de mer (avec ou sans enfants)

- Bibliothèque

- Bibliothèque avec orage et pluie en «arrière-arrière plan»

- Et ainsi de suite

Tapez «Background noise» ou «Bruits de fond»... vous verrez... 

En ce moment ? Je suis au Five Spot, entre deux sets.

Note : certains de ces enregistrements peuvent durer jusqu'à dix heures !

paul

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