Extraits sonores - 7

À chacune de ses éditions, Le Castor™, l'organe officiel de l'Université de Napierville, joint un document sonore susceptible d'intéresser ses lecteurs. - Pour en faciliter l'accès, ces documents ont été regroupés par tranches de cinquante (ou à peu près), classés en ordre de diffusion, du plus récent au moins récent.

Les enregistrements contenus dans la présente page correspondent à ceux qui ont été diffusés depuis le 1er décembre 2014 ou à partir du numéro 301.

Pour la série précédente, cliquez ICI.

Voir également à : Copyrights.

Merci pour vos commentaires et suggestions.

- Responsable : Paul Dubé


332 - 5 juin 2017

La première des surréalistes québécoises

On entend parfois, mais de moins en moins souvent, parler d'elle. Chose certaine : on ne l'entend plus. Ni à la radio, ni dans les maisons des discomanes ou discophiles et surtout pas dans les restaurants, bars, cafés où on lui préfère la cacophonie de la musique rap ou les hits nostalgiques des cinq, parfois dix dernières années. - Nos aînés même n'en parlent plus. - Et pourtant, moi qui n'ai pas encore atteint la centaine se souvient très bien que dans toutes les maisons du Québec où existait un pickup, on pouvait jusque dans les années cinquante et soixante trouver parfois plusieurs de ses disques dont les enregistrements étaient souvent repris à la télévision par une certaine Jeanne-D'Arc Charlebois (1920-2001).

J'entends souvent dire que l'homonyme de cette Jeanne-D'Arc, Robert Charlebois (aucun lien de parenté entre les deux), fut celui qui a introduit le surréalisme dans la chanson québécoise avec des choses comme «Québec Love» (dont les paroles ont été écrites, soit dit en passant, par Daniel Gadouas), «Lindberg» ou «Dolores». C'est faux !

Elle était là bien avant lui, - En '29. - En mil neuf cent vingt-neuf.

Son nom ? Mary Travers, mieux connue sous le pseudonyme de La Bolduc, née hier, le 4 juin 1894, à l'embouchure de la Baie des Chaleurs, en Gaspésie.

Pour plus d'informations, d'autres enregistrements, photos, etc., voir notre «autre» site : 

La Bolduc

Surréalisme ? - Voici une chanson, par elle-même composée, paroles et musique, dans un enregistrement datant du six décembre 1929 - Étiquette Starr, no. 15965-B. - Son titre ? Johnny Monfarleau.

Suffit d'écouter - mais attentivement - les paroles.

Et non, elle n'est de Tri Yann (en breton, «Les trois Jean» en français), ce groupe dont les membres l'ont mis à leur répertoire.

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paul

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331 - 1er mai 2017

Katsaris, Mozart, Prokofiev, Beethoven, Brahms, Chopin... Albert (et un tango)

Hé oui ! C'était, le mois dernier, l'anniversaire d'Albert. - D'Albert Marshall, le fils de Copernique, le petit-fils du Professeur, l'arrière-petit-fils d'Alphétus et arrière-arrière-petit-fils du Grand Marshall. - 26 ans cette année. Pas de quoi rajeunir personne, surtout moi qui ai connu son arrière-grand-père et même son arrière-grand-oncle, Georges, mais le temps passe et, à l'aube de mon septuagénat, je fus surpris qu'on me demandât de m'occuper «de la musique» pour la petite fête organisé en son honneur. - Qu'est-ce je pouvais bien connaître du soul, du funk, du jazz-fusion et du hip hop de l'époque de cet encore jeune homme ?

Mais j'ai trouvé ceci :

Une pièce jouée par le virtuose pianiste Cyprien Katsaris lors du soixante-dixième anniversaire de Yehudi Menuhin; une pièce basée sur une chanson qui, d'après le livre de records Guinness, est la chanson la plus connue au monde et qui a coûté plus de quatorze millions de dollars à Warner Chappel qui s'en croyait les propriétaires, le tout  à la suite d'un procès intenté par la succession de leurs créatrices, les soeurs Patty et Mildred Hill. (Une des clauses du règlement stipulait que, dorénavant, elle serait du domaine public.)

Son titre ? Happy Birthday.

Happy Birthday par Cyprien Katsaris ? - Voici :

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paul

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330 - 3 avril 2027

Louis Moreau Gottschalk

Peu connu aujourd'hui, ce pianiste virtuose  et compositeur, né à la Nouvelle-Orléans en 1829, fut un des musiciens les plus admirés de son vivant. Berlioz le considérait comme un des ses plus brillants élèves et Chopin, lui-même, assista à son premier concert, à Paris, en 1844. 

The International Cyclopedia of Music and Musicians lui a consacré plus qu'une cinquantaine de lignes dans lesquelles on peut apprendre qu'au cours de la saison 1855-56, il donna pas moins de 80 concerts dans la seule ville de New York et que, de 1856 à 1861, il fit une tournée dans les Antilles pour ensuite se produire aux États-Unis, en Europe, et en Amérique du Sud où il mourut dans des circonstances qui n'ont jamais été éclaircies, à Rio de Janeiro, en 1869.

Peu connu ? - Étonnamment, sur YouTube, on peut retrouver pas moins de 200 vidéos de ses compositions interprétées par des dizaines de pianistes, petits ensembles ou orchestres et dans Wikipedia, un long article où sont listées les 298 pièces qu'il a composées au cours de sa carrière.

Parmi ces pièces, on retrouve une bonne centaine de compositions aux rythmes en provenance des îles des Caraïbes ou de la Louisiane et que nous connaissons aujourd'hui, surtout depuis les années soixante-dix, sous les noms de reggaes, calypsos, compas, salsas, bachatas, etc.

À remarquer, entre autres, une surprenante pour l'époque, mais toujours aussi fraîche aujourd'hui, fantaisie datant de 1844 ou 1845, dédiée à Isabelle II, reine d'Espagne, intitulée Bamboula et sous-titrée «danse des nègres".

En voici une interprétation retrouvée sur YouTube par le pianiste W. A. DeWitt :

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Au même endroit, une gallope tirée d'une étude de concert - souvenir de Porto Rico - (1855 ou 1856) dont The American Ballet Theatre a tiré un court ballet tout à fait ravissant :

https://www.youtube.com/watch?v=rCoztD2Igvg

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.

paul

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329 - 6 mars 2017

1959

(Avec la collaboration de Copernique Marshall)

Mil neuf cent cinquante neuf, c'est l'année où les États-Unis ont reconnu que le Gouvernement de Fidel Castro était légitime (il faudra attendre un autre 57 ans avant qu'on y délègue un ambassadeur, mais cela est une autre histoire.) - 1959, c'est aussi l'année où fut présenté en salle le Ben-Hur de William Wyler, mais également Some Like it Hot de Billy Wilder et North by Northwest d'Alfred Hitchcock tandis qu'avait lieu, au Lunn-Fontana Theatre (Broadway)  la première des 1.443 représentations de The Sound of Music. - 1959, c'est l'année où fut lancée  la poupée Barbie et que le musée Gugenheim de New York ouvrit ses portes. Et tandis que le monde entier chantait «Nel Blu Dipinto di Blu» (Volare), que le disque de l'année fut «Music de Peter Gunn» (d'Henry Mancini) et qu'était publié le premier album d'Astérix, six musiciens, sans préparation aucune, n'ayant que quelques accords écrits sur des bouts de papier, même pas un seul titre des pièces qu'ils allaient jouer, entrèrent en studio et endisquèrent cinq  pistes qui sont aujourd'hui, légendaires. Ce n'était qu'un début.

1959, c'est l'année où, selon tous les critiques de jazz, furent publiés trois disques qui ont changé l'idée que les non-amateurs se faisaient de cette musique et que le jazz n'est pas venu à eux, mais qu'ils sont venus au jazz. Ces trois disques furent :

  • Kind of Blues de Miles Davis

  • Time Out de Dave Brubeck

  • Mingus Ah Hum de Charles Mingus

           

À ces trois disques, les critiques ont ajouté longtemps un quatrième qui, à mon avis, devrait aujourd'hui être remplacé par un autre qui a eu, à long terme une influence plus profonde :

  • The Shape of Jazz to Come d'Ornette Coleman

Auquel je substituerais :
  • The European Concert - The Modern Jazz Quartet  (*) 

   (*) Ce disque a été repris, depuis, sous le titre de «Great Concerts - The Modern Jazz Quartet - Scandinavia»

            

Quelques extraits et commentaires :

Miles Davis - Début de So What.

Sur le bout de papier sur lequel Miles Davis avait griffonné deux, trois  accords, sans indication de rythme ni de vitesse, le pianiste de son sextet essaya d'en tirer quelque chose...

Après quelques notes, le contrebassiste lui répondit et, sur un rythme plus ou moins défini le percussionniste ajouta quelques frottements de balai et puis, quand le riff ou thème général fut plus ou moins fixé, répété à l'unisson par les trois autres musiciens,  un coup de cymbale retentissant mis la pièce en branle. Et c'est ainsi qu'on a créé un des chefs-d'oeuvre de la musique du XXe siècle.

«Des choses comme celle-là, ça ne se planifie pas» dit le critique Ashley Khan, auteur de The making of Miles Davis Masterpiece.

Et comment donc !

En voici le début : 

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Dave Brubeck - Début de Take Five

Dave Brubeck ne fut pas le premier à écrire des pièces autres qu'en 4/4 à être interprétées en jazz. Quelques valses avaient déjà été introduites dans le répertoire des standards des années trente et quarante et Charlie Parker de même que Coleman Hawkins s'étaient souvent permis de jouer en 6/4, mais composer tout un album en des mesures aussi inattendues que 5/4 et même 9/8, fallait le faire. Ce que fit, avec un succès phénoménal, Dave Brubeck avec ce Take Five qui, publié en 45 tours, fracassa tous les records de vente.

On l'entend encore régulièrement aujourd'hui, presque soixante ans après sa création et, contre toute attente, il n'est pas rare de voir des couples se rendre sur une piste de danse pour en revenir quelque peu étonnés. - Un jour, peut-être, enseignera-t-on à ces Monsieurs-Dames qu'on n'a pas encore inventé une danse sociale à cinq temps !

En voici le début : 

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Avouez que c'est quand même très entraînant.

Charles Mingus - Portrait in Three Colors

Connu pour sa maîtrise absolue de son instrument (la contrebasse), Charles Mingus le fut  moins de son vivant pour ses compositions qui sont parmi les plus originales de tout le répertoire de jazz. On dit même que, dans ses meilleurs moments, son génie dépassait -  et de loin - celui de Duke Ellington.

Contre toute attente, dans son album Mingus A Hum, Charles Mingus incorpora cette pièce contenant peu de blue notes et sans improvisation.

Les musicologues se penchent encore sur ses accords, sa contrapuntique et son extraordinaire musicalité.

En entier, car c'est relativement très court (3 minutes), voici le très tendre et très émouvant  Portrait in Three Colors.

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Ornette Coleman - Extrait de Lonely Woman

Free Jazz anyone ? - Yes : The Shape of Things to Come. N'oubliez pas : c'était il y a 58 ans.

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Modern Jazz QuartetDjango (version intégrale)

Voici, dans leur pièce-fétiche, le quatuor qui a le plus contribué à rendre le jazz «respectable» aux yeux des amateurs de musique «sérieuse».

Habits de soirée (les hipsters disaient qu'ils avaient l'air de croque-morts sur scène) et - attention, hein ! - uniquement dans des salles de concert où, la veille, l'Amadeus Quartet ou Arthur Rubinstein  avait peut-être joué...

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Mais on ne serait passer sous silence l'enregistrement qui suit, ne serait-ce que pour démontrer que oui, Brubeck savait jouer du piano. Comme s'il était nécessaire de demander à tous les peintres versés dans l'art abstrait s'ils savent dessiner.

Dave Brubeck - Un passage de Southern Scene de l'album du même nom.

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Les musiciens :

Kind of Blues : Miles Davis, trompette - Julian «Cannonball» Aderley, sax alto - John Coltrane, sax ténor - Bill Evans, piano - Paul Chambers, contrebasse - James Cobb, batterie.

Mingus Ah Hum Charles Mingus : Charles Mingus, contrebasse - John Handy III, Booker T. Ervin et Shafi Hadi, saxophones - Horace L. Parlan Jr., piano et Charles (Dannie) Richmond, batterie.

Take Five : Dave Brubeck, piano - Paul Desmond, sax alto - Gene Wright, contrebasse et Joe Morello, batterie.

The Shape of Jazz to Come - Ornette Coleman, sax tenor (plastique) - Don Cherry, trompette, Charlie Haden, contrebasse et Billie Higgins, batterie.

The Modern Jazz Quartet - European Concert (Great Concerts - Scandinavia, April 1960) : John Lewis, piano - Milt Jackson, vibraphone - Percy Heath, contrebasse et Connie Kay, batterie.

Paul (en collaboration avec Copernique Marshall)

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328 - 6 février 2017

Bob Dylan, prix Nobel de littérature ?

Pourquoi pas ? Ne rejoignerait-il pas ainsi une série d'auteurs dont on ne saurait questionner la renommée ? Malheureusement, ce prix n'est pas garant d'une longue pérennité. - Qui, en effet, aujourd'hui s'intéresse encore, du côté français (mais vérifier dans n'importe quelle langue) à :

Sully Prud'homme (récipiendaire de ce prix en 1901)
Frédéric Mistral (1904)
Maurice Maeterlinck (1911)
Romain Rolland (1915)
Anatole France (1921)
Henri Bergson (1927)
Roger Martin du Gard (1937)
François Mauriac (1952)
Saint-John Perse (1960)
Jean-Paul Sartre (1964)... qui, a sa décharge, l'a refusé
Claude Simon (1985)
Gao Xingjian (2000)

Et le tout dernier :

J. M. G. Le Clézio (2008) - sur lequel je n'ai rien à dire n'en ayant jamais lu une seule ligne.

Deux exceptions, tout de même :

André Gide (1947) qui ne fait plus, depuis, longtemps partie des auteurs qui se revendent le mieux, mais qui a le mérite de...

et

Albert Camus (1957) dont je me demande ce qui lui serait arrivé s'il n'était pas mort en pleine gloire et s'il n'avait pas écrit L'étranger.

Je suis comme Simon quand on me parle de prix, qu'ils soients de littérature de musique ou de cinéma, qui cite régulièrement Paul Léautaud qui se serait senti déshonoré de recevoir un prix littéraire quelconque.

Quand à Bob Dylan personnellement, je n'ai rien à dire, sauf que, comme Copernique l'a fait pour Miles Davis et son Bitches' Brew, j'ai cessé d'acheter ses disques après son John Wesley Harding. Il n'aura, ainsi, fait partie de mon univers musical que cinq ans - de : Bob Dylan (1962) à ce Wesley Harding (1967) - quoique je l'écoute encore plus ou moins régulièrement.

De ses chansons à changer le monde (Blowin' in the Wind, The Times They Are a-Changing, A Hard Rain's a-Gonna Fall, y compris Only a Pawn in Their Game), je ne me suis jamais préoccupé. Ce genre de protest songs m'a toujours fait penser aux ineptes chants patriotiques ou hymnes nationaux qui contiennent tous, sans exception, des absurdités comme : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" (La Marseillaise), "Ton histoire est une épopée..." - qu'on aurait intérêt à changer pour "une des pas pires" (Ô Canada) ou "Scatter his enemies and make them fall" (God Save the King) ; quand cet hymne n'est pas basé sur une chanson à boire, "To Anacreon in Heaven" (The Star-Spangled Banner).

Par contre, sa production «littéraire» (Motorpsycho Nitemare, Subterranean Homesick Blues, Desolation Row, Vision's of Johanna, Sad Eyed Lady of the Lowlands, sans oublier Like a Rolling Stone et All Along the Watchtower) m'a toujours fasciné et leurs paroles continuent d'être parmi ma liste de chansons qui méritent d'être écoutées plusieurs fois (au même titre que Sympathy for the Devil de Mick Jagger et Keith Richards) et auxquelles j'ajouterai facilement La butte rouge de Montéhus.

De là à dire qu'il est un des auteurs les plus importants du XXe siècle, disons que j'ai retenu, parmi ses crtiques, la suivante de Nick Cohen du Guardian, republiée en français dans un numéro hors-série du Monde (Bob Dylan à la poursuite d'une légende) :

Il m'ennuie à mourir

"C'était un drôle de type. Question technique, il était nul : il jouait mal de la guitare, mal de l'harmonica, ne chantait presque jamais juste et possédait une voix moche, nasillarde, geignarde. Mais bizarrement, elle hypnotisait, elle s'insinuait dans votre tête. Même si elle ne vous plaisait pas, elle vous touchait.

Quant à ses chansons, au départ, elles débordaient de bonnes intentions - contre la guerre, contre la société, contre le Dieu fric, bourrées de réponses faciles - et, pour le style, elles brassaient d'innombrables influences : le folkblues et le Beat et Dada, Woody Guthrie, Robert Johnson et Allen Ginsberg, Big Joe Williams et Rimbaud. « Ouvrez vos oreilles, disait Dylan, et vous êtes influencés.

Si on met de côté sa propagande de cinquième catégorie, il était impressionnant. Il avait de l'imagination, de l'énergie et de la verve, il maniait très bien les mots, possédait un sens aigu du langage imagé et, surgi de nulle part, il apparaissait, à 20 ans, comme quelqu'un de spécial. Du reste, dans le Village, il est devenu culte, il donnait le ton et, à l'époque déjà, certains voyaient en lui un génie, un prophète primitif.

Physiquement, il était plutôt mignon : chevelure bouclée, peau lisse. II paraissait timide, ses pieds ne tenaient pas en place, il se montrait agréable. Parfois, c'était tout le contraire, il devenait vraiment méchant, mais la plupart du temps il avait un charme pas possible. Allen Ginsberg le trouvait adorable et Joan Baez était d'avis qu'il possédait une vraie beauté intérieure.

Avec ce style, il a mis New York à ses pieds il enregistra des disques, écrivit Blowin' in the Wind, qui. allait, donner un tube à Peter, Paul and Mary, et vendit beaucoup d'albums. Fin 1963, après avoir retourné le festival de Newport, il émergea comme le nouveau leader du folk américain.

Mais ensuite, il dépassa de loin le statut de chanteur folk, il devint plus important que Woody Guthrie, Pete Seeger ou Joan Baez ne l'avaient jamais été, tout simplement parce que ses disques ont trouvé des acheteurs au-delà du public folk habituel. Dylan touchait un vaste public d'adolescents, des jeunes qui n'avaient probablement jamais écouté de folk avant, mais en étaient arrivés à mépriser les titres classés dans le top 40 qu'ils considéraient comme de la soupe, de la guimauve, et voulaient une musique honnête, sinon intelligente.

Dix ans plus tôt, ils auraient pu être des fans du Modern Jazz, porter des lunettes noires et couvrir les murs de leurs chambres de photos de Bird (*), mais dans les années soixante, le jazz avait viré chiant ou incompréhensible, ou les deux. Dylan a comblé ce vide. [...]

(*) Le saxophoniste Charlie Parker.

Ce que je pense de lui ? Pas grand-chose en fait : il m'ennuie à mourir. Contraint et forcé, je distingue bien son originalité, je reconnais qu'il compose de bonnes mélodies, qu'il a le sens de l'humour et une jolie gueule, qu'il a immensément influencé la pop, mais je n'y prends aucun plaisir, il me débecte. Rien que le son de sa voix geignarde, je ne peux pas.Comme poète, il a été vraiment inspiré par moments - Gates of Eden, Vision of Johanna mais le plus souvent je le trouvais mou, sentimental et très surfait.

Franchement, je crois que c'est plus la faute de ses fans que la sienne : si on s'en était tenu à le présenter comme un jeune compositeur de talent, un parolier intelligent, une image forte, il aurait eu toute ma sympathie. Bon, je n'aurais probablement pas acheté ses disques pour autant, mais peut-être n'en aurais-je pas dit de mal non plus. Ce que je ne supporte pas, c'est l'idée d'un Dylan prophète, messie pour adolescents, et toutes ces autres images qui lui ont valu d'être vénéré.

Personnellement, je le vois comme un talent mineur mais supérieurement doué pour l'autopromotion et la légende bricolée, ce qu'on retrouve exactement chez Elvis, Mick Jagger ou Jim Morrison, ou tous ceux qui ont marqué la pop de leur empreinte. Le hic est que Dylan a été encore plus surévalué.

En tout cas, voilà pourquoi je n'ai pas essayé de juger sa musique dans le détail ni tenté de l'expliquer, lui, je n'ai rien d'utile à en dire. Dans ma vie, une seule ligne de Book of Love des Monotones compte plus que la totalité de l'album Blonde on Blonde de Dylan - je suis irrécupérable, non?

Son influence sur la pop n'en reste pas moins énorme : il a bousculé presque tout le monde - les Beatles et les Stones, Jimi Hendrix et Cream et les Doors, Donovan et les Byrds - et presque tout ce qui sort de nouveau maintenant puise à sa source. Avec lui, la pop est devenue adulte, il lui a donné un cerveau.

Au bout du compte, ce n'est pas tant qu'il ait changé le rock : il en a tué une sorte et l'a remplacée par une autre. Et si la sorte qu'il a tuée était aussi celle que j'aimais, eh bien ce n'est pas vraiment de sa faute.

(Awopbopaloobop alopbamboom, l'âge d'or du rock.
  Préface de Greil Marcus,
  Traduction Julia Dorner © Allia, 1999)

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The Monotones ? Book of Love ? qu'il dit, le Monsieur ? - Pourquoi pas, tandis qu'on en est là.

Ça a été publié à l'origine sous l'étiquette disque Argo. (*) en 78 tours, naturellement. Numéro 5290. En 1958.

(*) À l'origine, un disque de la compagnie Masco, mais compte tenu de la demande, il a été repris par la firme Argo, une filiale de Chess

Et puis live, par dessus le marché. Vous n'avez qu'à cliquer sous le lien qui suit :


The Monotones

https://www.youtube.com/watch?v=qIfuNPbBaaA

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Ce qui prouve que le bonhomme pouvait se tromper. Oui, The Book of Love par les Monotones était bien, mais rien de comparable à Be My Baby interprété par les Ronettes dont j'ai déjà parlé, ici, en octobre 2010, au numéro 214 de cette série.

Allez voir. En live, sur YouTube, vous les trouverez à l'adresse suivante :


The Ronettes

https://www.youtube.com/watch?v=jrVbawRPO7I

Avouez que la mise en scène était... intéressante.

Venez-nous dire après ça que nous ne connaissons pas nos classiques.

Et puis comptez-vous chanceux : j'aurais pu parler de Jacques Michel et de son Nouveau jour va se lever...

paul

P.S. Vous avez quel âge auront les pionniers de l'époque cette année ? Jerry Lee Lewis, 80 ans, Chuck Berry, 90 et Little Richard, 84. Et s'ils avaient vécu jusqu'à aujourd'hui, Buddy Holly, 91 et Elvis, 82.

Mais j'allais oublier :

En faisant des recherches sur ce qui précède, je suis tombé par hasard sur un bout de film plus ou moins basé sur la chanson Don't Think Twice It's All Right de Dylan et qui m'a plaisamment surpris. Il provient du site http://www.vintage.tv/ mais que vous pourrez retrouver sur YouTube à l'adresse qui suit :

Frais et rafraichissant.


Don't Think Twice It's All Right

https://www.youtube.com/watch?v=u-Y3KfJs6T0

Sur le site précité, vous trouverez également un étonnant enregistrement - relativement récent (2013) -  de Downtown chanté par sa créatrice, Petula Clark, qui a eu, en 2016, 84 ans. Vous pourrez aussi la voir dans un enregistrement semblable sur YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=RAXA_JaC2EE

Hé ! La carrière de la Madame en est à sa septième décennie...

Et puis c'est quand la dernière fois que vous avez entendu Donavan chanter Sunshine Superman ? En studio ? À soixante-dix ans ? - Et vous vous rappelez de Ian Gillan de Deep Purple ? Il est là, lui aussi. À soixante-et-onze...

Pas tout le monde qui finit en se brigittebardorisant.

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327 - 3 janvier 2017

La curieuse et triste histoire de José Lucioni

José Lucioni est né à Bastia (Corse) en 1903. Sa passion, c'est l'automobile et il abandonne très vite ses études pour s'y consacrer. Mais il aime également le chant et fréquente régulièrement l'opéra. Et il chante. - Partout. - Au travail, dans ses temps libres, chez lui, devant ses amis, lors des soirées d'amateurs, au café, à la garnison où il fait son service militaire... Libre, il monte à Paris en 1929 avec, comme seul bagage les airs qu'il a appris en écoutant des disques sur un phono qui tournait un peu trop vite.

Sa voix est si impressionnante qu'on l'accepte au Conservatoire, mais il lui faut réapprendre à chanter... à la bonne vitesse, à contrôler sa voix trop puissante, à jouer la comédie ;  le solfège également. Son talent est si extraordinaire qu'il est, même étudiant, engagé pour divers rôles à l'Opéra Garnier. Ses véritables débuts, il les fait, en 1931 à Rouen puis, après avoir fait la tournée de toutes les provinces françaises et obtenu un succès inégalé à Marseille, il remonte à Paris où, cette fois-là, l'Opéra Garnier lui ouvre toutes ses portes.

Viennent ensuite Monte-Carlo, le Covent Garden, Barcelone, Bruxelles, Madrid, Berlin... et deux erreurs de parcours : il chante pour la première fois en Italie à Rome plutôt qu'à La Scala et, en Amérique à Chicago, plutôt qu'au Met : ni Milan, ni New York ne lui pardonneront. - Qu'importe puisque tous les «autres» opéras du monde veulent l'entendre dans : Des Grieux, Samson, Mathô, Roméo, Calaf, les Faust de Gounod et de Berlioz, Chénier, Radamès, Werther, Mylio, Otello...

Des enregistrements, il en fait des centaines qu'il est difficile, de nos jours à trouver, même dans ses «compilations» que toutes les marques publient à raison de cent par année. - Une exception : Otello avec Régine Crispin et René Bianco enregistré à Paris en 1955 - La voix de son maître, FALP 531.

(Et vous pourrez le trouver dans deux bouts de film sur YouTube.)

Voici un extrait d'un de ses aujourd'hui-difficiles-à-trouver enregistrements qui date de 1936 où il chante, en français, sous le titre de «Le ciel luisait d'étoiles» que vous connaissez sans doute sous le nom de «E lucevant le stelle» de La Tosca de Puccini et que vous pourrez, ainsi, comparer à Pavoratti ou à Domingo.

José Luccioni est décédé à Marseille le 5 octobre 1978.

Cliquez sur la note : Second

paul

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326 - 5 décembre 2016

De notre disk-jockey

Au prix où sont rendus les disques fixes ou externes (ordinateurs), je me sentirais bien coupable d'effacer ne serait-ce qu'un enregistrement, un film ou un texte qui, souvent par hasard, sont passés par mon ordinateur. Le problème, c'est de les classer pour les retrouver un jour ou l'autre et puis se souvenir dans quels répertories, sous-répertoires ou sous-sous-répertoire ils ont été déposés. Et de ces répertoires, sous-répertoires, sous-sous-répertoires, j'en ai toujours quelques-uns qui portent de jolis noms comme «WIP» (Work In Progress), «À classer», «Temp», «À refaire» et ainsi de suite au point où, quand j'ose les ouvrir, il m'arrive d'avoir peur.


Un disque de 4 megaoctets
IBM - 1956

C'est ce qui m'est arrivé il n'y a pas très longtemps lorsque j'ai découvert une conversation que j'avais enregistrée il y des années. J'étais à la recherche d'un enregistrement pour une émission de radio (longue histoire que je vous raconterai un de ces jours) quand j'ai tout à coup entendu la voix d'un ami décédé depuis quelques années...

Étrange découverte, mais pour cette chronique, j'ai découvert dans le même répertoire la marche originelle du Royal 22e Régiment jouée non pas par les membres de leur fanfare, mais par l'Ohio University Marching Band qui en ont fait, à l'origine également, leur marche emblématique. La voici :

Cliquez sur la note :

Vous avez bien entendu : le Régiment de Sambre et Meuse, composé en 1870 par Robert Planquette, le même qui nous adonné l'opérette Les cloches de Corneville...

paul

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325 - 7 novembre 2016

Théodore !

Oui, je sais, ce n'est pas, compte tenu du thème de ce Castor™, le moment de le mentionner, mais comme le prénom de celui que je vais citer à l'instant me fait penser au poète si cordialement chanté par Georgius (Théodore Crapulet), je n'ai pas pu résister.

M'enfin ! Puisque, depuis quelque temps, tous les chroniqueurs du Castor™ semblent s'être donné la main pour parler de poésie, je me suis dit : «Pourquoi pas moi ?» (Surtout qu'aujourd'hui le numéro de ce Castor™ s'intitule lugubrement «Le mois des morts».) - Alors voici :

Sur ses larges bras étendus,
La forêt où s’éveille Flore,
A des chapelets de pendus
Que le matin caresse et dore.
Ce bois sombre, où le chêne arbore
Des grappes de fruits inouïs
Même chez le Turc et le Maure,
C’est le verger du roi Louis.

Tous ces pauvres gens morfondus,
Roulant des pensées qu’on ignore,
Dans des tourbillons éperdus
Voltigent, palpitants encore.
Le soleil levant les dévore.
Regardez-les, cieux éblouis.
Danser dans les feux de l’aurore.
C’est le verger du roi Louis.

Ces pendus, du diable entendus,
Appellent des pendus encore.
Tandis qu’aux cieux, d’azurs tendus,
Où semble luire un météore,
La rosée en l’air s’évapore,
Un essaim d’oiseaux réjouis
Par-dessus leur tête picore.
C’est le verger du roi Louis.

Envoi

Prince, il est un bois que décore
Un tas de pendus enfouis
Dans le doux feuillage sonore.
C’est le verger du roi Louis !

Vous aurez reconnu, bien sûr (1), le célèbre poème de Théodore de Banville (2) que Brassens a mis en musique en 1960 - il y a, mon Dieu ! 56 ans !

(1) Un acte de pur optimisme de ma part.

(2) Tiré de Gringoire, une comédie en un acte en prose - chez Levy Frères, 1866.

Bien sûr, j'aurais pu choisir «Les funérailles d'antan» et même sa «Supplique pour être enterré sur la plage de Sète», mais j'ai pensé que ce poème serait plus approprié.

Cliquez sur la note :

paul

P.-S. : Pour ceux qui croient que le Prix Nobel de littérature qui vient d'être décerné à Bob Dylan est une aberration, songez que le premier de ces prix a été décerné à... Sully Prud'homme.

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324 - 3 octobre 2016

Bad moon

Sortant à peine de Schubert - "à peine" ? ... une façon de parler : depuis trois semaines je travaille sur sa discographie... -, je suis tombé sur un enregistrement de 1969 dont un parti politique américain (ça devait être celui des Républicains, qui d'autres ?) faisait jouer lors de leurs réunions jusqu'à ce que quelqu'un - un journaliste, sans doute - a fait comprendre à ses organisateurs que ce n'était peut-être pas tout à fait l'image qu'ils voulaient projeter. Et c'est alors qu'on a lu ses paroles :

I see the bad moon arising.
I see trouble on the way.
I see earthquakes and lightning.
I see bad times today.

Refrain :

Don't go around tonight,
Well, it's bound to take your life,
There's a bad moon on the rise.
I hear hurricanes ablowing.
I know the end is coming soon.
I fear rivers over flowing.
I hear the voice of rage and ruin.

All right!
Hope you got your things together.
Hope you are quite prepared to die.
Looks like we're in for nasty weather.
One eye is taken for an eye.

Écrite par John Fogerty du groupe Credence Clearwater Revival (*), cette chanson fait aujourd'hui quasiment partie du folklore américain. Il ne se passe pas une ou deux semaines sans qu'aux USA l'on ne l'entende tourner à la radio, dans un établissement de fast-food ou un bar. Apprendre qu'elle date de 1969 et qu'elle aura donc, cette année, 47 ans, en surprendra plusieurs. La voici, récupérée sur YouTube où il en existe des dizaines de versions.

(*) Creedence Clearwater Revival (souvent appelé simplement Creedence ou désigné par ses initialesCCR) est un groupe de rock aux influences blues etcountry, originaire de Berkeley dans la région de San Francisco. Formé en 1958 à l'initiative de l'auteur, compositeur, chanteur et guitariste, John Fogerty, dubatteur Doug Clifford, du bassiste Stu Cook — et rapidement rejoint par le frère aîné de John, Tom Fogerty — il prendra d'abord le nom des Blue Velvetspuis des Golliwogs, avant de se révéler en 1967 avec l'album Creedence Clearwater Revival. (Wikipédia)

À écouter, en particulier, celle de Rasputina :

https://www.youtube.com/watch?v=W9KchCouIjI

Ou encore, pour les nostalgiques ou masochistes, celle de Sony and Cher :

https://www.youtube.com/watch?v=tECtsovJm-s

Voici la version originale :

Cliquez sur la note :

paul

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323 - 5 septembre 2016

La rentrée

     Enfin !

La première version de mon essai sur SCHUBERT est maintenant disponible. Trois heures et demi d'extraits sonores. Quoi ! Vous ne vous entendiez pas à ce que je parle de Schubert qu'avec des portées, non ?

CLIQUEZ ICI

     Pour le moment :

Je serais prêt à parier que vous n'avez jamais entendu parler de Charles-Valentin Alkan, né Charles-Valentin Morhange le 30 novembre 1813 et mort le 29 mars 1882 à Paris (1), un pianiste et compositeur, mais un pianiste d'un genre assez particulier : il jouait et composait de la musique pour un piano à pédales. - Oui, oui, je sais, vous savez, nous savons tous qu'un piano possède généralement deux ou trois pédales qui servent à atténuer, augmenter, soutenir ou arrêter le son de cordes qui vibrent, mais quand avez-vous vu, pour la dernière fois, un piano avec autant de pédales qu'un orgue ? - Il en existe pourtant : ce sont des pianos-pédaliers.

(1) La légende veut qu'il soit mort écrasé par sa bibliothèque alors qu'il saisissait le Talmud. - Non, vraiment ? Le Talmud ?


Une édition (presque) intégrale du Talmud de Babylone.
(Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Talmud)
Auteur : Reuvenk

Des pianos-pédaliers ? Hé oui. Il en existe deux «modèles» :

            
(Sources : Gérard Janot, Paris, Musée de la Musique à gauche - inconnu, à droite)

Le premier, à gauche, date de l'époque de Charles-Valentin. Son mécanisme est assez simple : les pédales actionnent les mêmes cordes que la moitié (ou à peu près) de celles frappées à partir du clavier, soit les notes les plus basses.

Le deuxième, à droite, en un instrument plus ou moins récent, conçu par le facteur de piano Luigi Borgato. Il consiste à un "deuxième" piano dont les cordes sont frappées indépendamment du clavier.

Du premier, en voici un exemplaire qui démontre comment ce genre d'instrument peut fonctionner :

(Source : https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1895775)

***

Charles-Valentin Alkan ne fut pas le seul à composer de la musique pour ce genre d'instruments. Charles Gounod, Schumann, Camille Saint-Saens et, comme ça pourrait être une surprise, Liszt ont tous écrits des partitions pour cet instrument. Exemple : le deuxième concerto pour piano de Saint-Saens. - Plus de détails ci-dessous. - Or, Alkan a en presque fait une spécialité. Exemple : son prélude no. 4 (opus 66) dont j'ai retrouvé un bout de film sur YouTube :


Cliquez [à droite] sur la photo

Il en existe plusieurs autres :

Roberto Prosseda interprétant la Passacaglia en do mineur de Bach (BWV582) :

https://www.youtube.com/watch?v=DF864Fev0ws

Ou encore, d'Alkan, le Benedictus, op. 54.

https://www.youtube.com/watch?v=aiV8g3KbVkc

Luc Beauséjour jouant la Toccate en ré mineur de Bach (BWV565) :

https://www.youtube.com/watch?v=cobaQ4PFsZg

Et, en concert, Doppio Borgato et l'orchestre Toscanini sous la direction de Jan Lathan Koenig interprétant le concerto pour piano-pédalier de Gounod :

https://www.youtube.com/watch?v=vW9mhB5qm70

***

Pour en apprendre un peu plus sur Alkan, voir la page :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Valentin_Alkan

Voici sa photo :

(Source : Wikipedia)

paul

 

322 - 1er août 2016

Entre deux grandes oeuvres

Je suis dans Schubert depuis deux mois, ce qui ne m'empêche pas de penser au comique légendaire que fut Groucho Marx et à sa chanson fétiche qu'il créa dans le film At the Circus en 1939.

La chanson ? Lydia, the Tattooed Lady.

Musique de Harold Arlen, paroles de E.Y. Harburg.

Oh Lydia, oh Lydia, say, have you met Lydia?
Lydia The Tattooed Lady.
She has eyes that folks adore so,
   and a torso even more so.
Lydia, oh Lydia, that encyclopidia.
Oh Lydia The Queen of Tattoo.
On her back is The Battle of Waterloo.
Beside it, The Wreck of the Hesperus too.
And proudly above waves the red, white, and blue.
You can learn a lot from Lydia!

La-la-la...la-la-la.
La-la-la...la-la-la.

When her robe is unfurled she will show you the world,
   if you step up and tell her where.
For a dime you can see Kankakee or Paree,
   or Washington crossing The Delaware.

La-la-la...la-la-la.
La-la-la...la-la-la.

Oh Lydia, oh Lydia, say, have you met Lydia ?
Lydia The Tattooed Lady.
When her muscles start relaxin',
   up the hill comes Andrew Jackson.
Lydia, oh Lydia, that encyclopidia.
Oh Lydia The Queen of them all.
For two bits she will do a mazurka in jazz,
   with a view of Niagara that nobody has.
And on a clear day you can see Alcatraz.
You can learn a lot from Lydia!

La-la-la...la-la-la.
La-la-la...la-la-la.


Groucho Marx
(source : www.pinterest.com)

Come along and see Buffalo Bill with his lasso.
Just a little classic by Mendel Picasso.
Here is Captain Spaulding exploring the Amazon.
Here's Godiva, but with her pajamas on.

La-la-la...la-la-la.
La-la-la...la-la-la.

Here is Grover Whelan unveilin' The Trilon.
Over on the west coast we have Treasure Isle-on.
Here's Nijinsky a-doin' the rhumba.
Here's her social security numba.

La-la-la...la-la-la.
La-la-la...la-la-la.

Lydia, oh Lydia, that encyclo-pidia.
Oh Lydia The Champ of them all.
She once swept an Admiral clear off his feet.
The ships on her hips made his heart skip a beat.
And now the old boy's in command of the fleet,
    for he went and married Lydia!

I said Lydia...
(He said Lydia...)
They said Lydia...
We said Lydia, la, la!

Pour l'entendre, cliquez sur la note : 

Pour l'extrait du film d'où elle est tiré : https://www.youtube.com/watch?v=n4zRe_wvJw8

Philosophy ?

Voici un courte chanson chantée en choeur par un groupe de philosophes dont tous les noms étaient "Bruce"... dans un sketch de, forcément, Monty Python's Flying Circus :

Immanuel Kant was a real pissant
Who was very rarely stable.
Heidegger, Heidegger was a boozy beggar
Who could think you under the table.
David Hume could out-consume
Schopenhauer and Hegel,
And Wittgenstein was a beery swine
Who was just as sloshed as Schlegel.

There's nothing Nietzsche couldn't teach ya'
'Bout the raising of the wrist.

Socrates, himself, was permanently pissed...

John Stuart Mill, of his own free will,
On half a pint of shandy was particularly ill.
Plato, they say, could stick it away;
Half a crate of whiskey every day.
Aristotle, Aristotle was a bugger for the bottle,
Hobbes was fond of his dram,
And Rene Descartes was a drunken fart:
"I drink, therefore I am"

Yes, Socrates, himself, is particularly missed;
A lovely little thinker but a bugger when he's pissed!


The Bruces
(Source : america.pink)

Cliquez sur la note :

paul

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321 - 4 juillet 2016

Valley Girl

«Fer sure, fer sure...
  Like, oh my God ! ...
  Like totally...
  Like so bitchen...
  Like super-super nice...
  Like totally blitzed...
  Like bag your face...
  Like so gross...
  Like barf me out...
  Like so grody...
  Like a total space cadet...
  Like, I don't know : it's going to be cool...
  Gag me with a spoon !»

Je ne sais pas l'âge de ceux qui nous lisent ; je ne sais même pas qui écoutent les bouts de chansons, les curiosités, les grands moments de la musique et même les insignifiants enregistrements auxquels j'attache une certaine importance et que je vous propose, ici, depuis, plusieurs années - J'en suis, si ma mémoire est exacte, au numéro 320 -, mais je soupçonne que, quel que soit votre âge, ou vos connaissances musicales, il est peu probable que les paroles de la chanson que je viens de citer vous soient connues. Et pourtant...

À l'époque où elle a été mise en marché, en 1982, cette chanson a fait fureur, au point d'être nominée au Grammy-Award. On disait qu'il s'agissait là d'un exemple parfait du Valleyspeak ou Valspeak , une sorte de dialecte américain issu de la vallée de San Fernando, dans la partie sud de la Californie, dialecte utilisé par les adolescentes de la région qui tenaient à se distinguer des autres adolescentes américaines. - On parlait le Valspeak, on était cool. - L'influence de ce sociolecte fut, avec celui des surfers et des skateboarders, immense, au point où, encore aujourd'hui, le mot "like" est toujours utilisé en tant «qu'élément syntaxique dont la fonction est de séparer les éléments d'une phrase sans signification précise» (Comme disent certains linguistes.) - L'équivalent, au Québec, si je peux me permettre, de notre «T'sais veut dire» ou d'autres mots reliés aux services religieux..

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est pour attirer votre attention sur un côté presque inconnu du plus iconoclaste des compositeurs américains (les paroles ayant été mises bout à bout par sa fille qui avait alors 14 ans), un certain Frank Zappa qui, en trente ans a été le maître-d'oeuvre de plus de 50 longs-jeux ou CDs et dont la musique a touché tous les genres : du Blues au classique en passant par le Rock n' Roll, le jazz et même l'abstraction la plus totale.

Vous trouverez, sur YouTube, des dizaines de ses compositions, des extraits et même des concerts complets enregistrés aux USA, à Prague, en Angleterre dont le célèbre Valley Girl cité ci-dessus :

https://www.youtube.com/watch?v=p-LArv-sEQU

On en même fait un film avec Nicolas Cage et Deborah Foreman (Martha Coolidge, 1983) :

Mais avant de quitter cette chronique, allez faire un tour du côté de sa suite orchestrale, "200 motels", enregistrée en 2013 par la BBC Concert Orchestra à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=DZoaI-mbo5k

Ses sous-titres ? - Overture, Went On The Road, Centerville, Tuna Sandwich Suite, The Restaurant Suite, Touring Can Make You Crazy, etc.

Interprètes : London Voices, Southbank Sinfonia, BBC Concert Orchestra, Jurjen Hempel, conductor, avec :

Claron McFadden, soprano
Tony Guilfoyle (Frank)
Richard Strange (Le narrateur et Rance)
Ian Shaw (Mark)
Brendan Reilly (Howard, Cowboy Burt)
Sophia Brous (Groupie 1, Larry the Dwarf)
Diva Zappa (Groupie 2, Lucy)
Jessica Hynes (Good Conscience)
Jay Rayner (Bad Conscience, Ginger)
Scott Thunes (Jeff)

***

Le Festival de Jazz de Montréal

Si je vous disais que, depuis sa fondation, en 1980, je n'ai assisté qu'à un seul concert de tous ceux qui ont été présentés au Festival de Jazz de Montréal, je vous surprendrais ? - Et pourtant, c'est la vérité. - Et encore : on m'y a presque entraîné de force. - Et c'était il y a plusieurs années. - C'est que, bien avant ce Festival, il y en a un autre, fin des années cinquante, début des années soixante où l'on pouvoir et entendre l'orchestre de Duke Ellington, Miles Davis, le Modern Jazz Quartet, Coleman Hawkins et beaucoup d'autres musiciens de ce calibre tandis qu'aujourd'hui, on mêle tout : danseurs de flamenco, mariachi, danseurs africains et Dieu sait quoi d'autres.

Or cette année, j'ai loué une place pour voir et entendre non pas quelqu'un, mais un instrument ; un instrument légendaire ayant appartenu à un musicien également légendaire : une contrebasse fabriquée en 1825 par le luthier Abraham Prescott qui fut endommagée dans l'accident de voiture qui, en 1961, coûta la vie à son propriétaire d'alors, Scott Lafaro, restaurée dans les années quatre-vingt par le père de Barrie Kolstein, luthier américain très connu.

Vous pourrez tout savoir de cette contrebasse en regardant la vidéo suivante :

Barrie Kolstein Talks About Scott LaFaro's Prescott Bass

Quant à Scott Lafaro, l'enregistrement qui suit vous dira tout sur son style de jeu :

Bill Evans - Sunday at the Village Vanguard

(Il s'agit du dernier enregistrement de Scott avec : Bill Evans au piano et Paul Motian à la batterie. - Live au Village Vanguard de New York, dix jours avant sa disparition, il y a... 55 ans. - Il avait alors 25 ans.)

La contrebasse en question appartient aujourd'hui à une fondation qui la prête à des musiciens à condition qu'il s'en serve pour perpétuer le souvenir de Scott Lafaro, ce que, demain, en la Maison Astral, fera Frédéric Alarie. À 18 heures...


Scott Lafaro
(Source : http://www.notreble.com/)

***

Et puis un fantôme :

Pas un enregistrement, mais un bout de film d'à peine une minute. Il s'agit d'un extrait tiré d'un documentaire d'Angelo Bozzolini et de Roberto Prosseda intitulé tout simplement Fryderyk Chopin. - Source : le réseau de télévision italien RAI (RAI Educational).

Vous pourrez le retrouver, au complet, sur YouTube à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=9w_i3Zm-t3c

Ce documentaire est, forcément, en italien, mais la plupart des interviews (Barenboim, Askenazy, Lonquich, Argerich, etc.) sont sous-titrées en anglais.

Avant de passer à l'extrait ci-dessous, un mot sur les deux photos que l'on possède de Chopin :

La première daterait de 1846 ou 1847 (selon le pianiste et compositeur Jack Gibbons). À sa qualité, autant se fier à la peinture de Delacroix.


Chopin - Photo no. 1

La deuxième fait partie des clichés pris par les frères Bisson, Louis-Auguste (1814-1876) et Auguste-Rosalie (1826-1900), qui, de 1841 à 1860 (?) avaient un studio près de La Madeleine, à Paris, sauf que les circonstances entourant leur portait de Chopin (en 1849) n'ont jamais été éclaircies. - On ne sait au juste ni quand, ni où cette photo fut prise.


Chopin - Photo no. 2

(Source de ces deux photos : https://commons.wikimedia.org)

C'est cette deuxième photo qui fut utilisée dans le documentaire précité, mais attention, hein : on ne parle plus d'une photo statique, mais bel et bien de sept montages (de Matteo Parisini) où l'arrière-plan a été modifié et des paroles ajoutées à un Chopin qui surgit du passé comme si on l'avait filmé en train de nous raconter quelques souvenirs de sa vie. Vous verrez, c'est tout à fait hallucinant.

L'extrait se trouve à l'adresse ci-dessous (sur YouTube).

Lien (YouTube)

Chopin, parlant l'italien ? - Hé oui. - Sa voix est celle de Fabrizio Bentivoglio.

Mon italien n'est pas ce qu'il y a de mieux, mais voici ce que j'ai pu comprendre :

Impossible. On a raison de dire que ma musique est impossible... Personne, à ce jour, a réussi à me faire parler de moi. Je n'aime pas, non plus, vraiment parler de ma musique ni de ce que je pense.... Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis... Je n'ai pu exprimer mes sentiments que par des notes de musique.

Dans un autre extrait (il y en sept en tout), il exprime sa douleur de ne plus être en mesure de retourner en Pologne et son incapacité relative de se comparer à d'autres musiciens comme ceci :

À l'été de 1831, je décidai de me rendre à Paris où je suis arrivé en septembre et c'est là [lors de l'insurrection de novembre] que j'ai eu le coeur brisé quand j'appris ce qui arrivait à mon pays. Mais ma plus grande peine fut de ne pas savoir ce qui arrivait à mes proches. --- J'étais dans la ville où se trouvait les plus grands compositeurs du monde et je compris très vite les déficiences qu'il me faudrait surmonter [au niveau musical]. J'étais parmi des artistes très doués : Listz, Rossini, Cherubini, Bellini... Tous étaient montés vers Paris et je compris aussi les déficiences qu'eux également avaient à surmonter....

paul

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320 - 6 juin 2016

L'énigmatique Bartók

Bartók m'a toujours fait penser à Wassily Kandinsky, né quinze ans avant lui, mais l'on sait que le cheminement des peintres est toujours en avance sur celui des compositeurs et que le cheminement de ces derniers est toujours en avance sur celui des écrivains. Les deux furent parmi les premiers à utiliser, dans leur domaine respectif, ce que, éventuellement, on appela l'abstrait, mais tous les deux s'intéressèrent également, plus jeunes, au folklore de leurs pays, le premier aux chants et danses de la Hongrie et de la Roumanie, le deuxième aux couleurs vives qui décoraient les intérieurs des maisons et des églises de Moscou et de ses environs. - Les deux, en fait, furent d'abord et avant tout, dans le cas de Bartók, ethnomusicologue, tandis que Kandinsky, avant de devenir peintre, fit partie de divers groupes ethnographiques. Plus tard, ils devinrent de véritables théoriciens, le premier en peinture, le deuxième en musique.

À ce propos, je n'ai jamais pu penser à un tableau de Kandinsky :


Composition no. VIII de Kandinsky (en 1923)
(Photo en provenance du site https://www.ibiblio.org)

...sans l'associer immédiatement au début de certaines compositions de Bartók, telle que, par exemple, le début de son deuxième concerto pour piano :

Cliquez sur la note :

(Interprété, ici, en 1960, par Géza Anda et la Radio-Symphonie-Orchester de Berlin
sous la direction de Frenc Fricsay -  Disque Deutsche Gramophon, no. 447 392-2)

Oui, je sais, tout cela est bien subjectif, mais j'ai toujours été frappé par les associations inévitables que l'on peut faire, par exemples, entre Manet et Debussy, Jackson Pollock et John Cage, F. Scott Fitzgerald et le jazz, et, forcément Toulouse-Lautrec et Offenbach. Mais, pour en revenir à Bartók et Kandinsky, il m'a toujours paru que les deux, dans leurs premières créations, furent fortement influencées par Listz ou Brahms dans le cas de Bartók et Cézanne, et même Van Gogh dans le cas de Kandinsky.


"Vieille ville" de Kandinsky (en 1902)
(Photo en provenance du site http://www.wassilykandinsky.net/)

Les théories artistiques de Kandinsky - deuxième partie de son oeuvre - sont assez connues : rapport des points et des lignes, répartition et orientation des volumes, combinaisons et distributions des couleurs, partie haute de la toile par rapport à sa partie basse et ainsi de suite. On en lira une description un peu plus détaillée dans la page qui lui est dédiée sur Wikipédia (section point-ligne-plan) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassily_Kandinsky#Point_Ligne_Plan

Celles de Bartók le sont moins ou elles sont si complexes qu'il est difficile d'en saisir complètement l'étendue et, surtout, les conséquences ou répercussions. On en trouvera une explication fort détaillée dans l'encyclopédie précitée :

https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9la_Bart%C3%B3k#Techniques_de_composition

Son aproche, peu évidente à ses débuts, fut - on l'apprit par la suite - basée, entre autres, sur le nombre d'or ou la célèbre propostion dite "divine", associée dans l'antiquité et jusqu'à la Renaissance, à un idéal envoyé du ciel (sic). - Nous n'irons pas plus loin dans cette définition en soulignant tout simplement (enfin...) qu'il s'agit du rapport entre deux longueurs, a et b, qui soit égal : et à la somme des deux divisée par la plus grande   ( a + b divisé par a), et au résultat de la division de la plus grande par la plus petite (a divisé par b.) - À cela s'ajoutent diverses autres combinaisons basées sur les répétions, les inversions, la juxtaposition, les combinaisons d'accords à l'intérieur desquelles les notes sont réparties selon divers critères, etc.

Pour Bartók, il ne s'agit pas de simples combinaisons mathématiques, mais d'une recherche objective de formes musicales idéales qu'on pourrait appeler néo-classiques contrairement à des compositeurs comme Varèse ou Schoenberg qui cherchaient à se défaire des formes anciennes ou de l'harmonie et surtout de la tonalité. - Bartók serait né vers le milieu du siècle dernier qu'il se serait joint à l'Oulipo, ce groupe d'écrivains et de mathématiciens (Le Lionnais, Queneau, etc.), qui, de leur côté cherchait à faire exactement la même chose, mais en littérature...

Le résultat, d'abord jugé trop contringnant, donna des résultats assez particuliers, mais en même temps surprenants comme si les compositions qui en résultaient provenanient d'une source autre que l'inspiration normale d'un compositeur qui, tout en ayant le plus parfait contrôle sur ses mélodies ou thèmes, voyaient ses mélodies et termes évoluer selon des formes imprévues mais toujours selon un plan initial bien défini.

(Se renseigner, parallèlement à ce qui précède, au jeu de "Life" du mathématicien John Horton Conway. Voir, par exemple à : http://www.ibiblio.org/lifepatterns/october1970.html.)

Tout cela étant dit, de quelle façon doit-on écouter Bartók ? Avec une calculatrice en main ? Après avoir étudié à fond ses partitions ? - Pas du tout. Il suffit de savoir qu'aussi chaotique que puisse sembler certaines de ses oeuvres, il y a, sous-jacente à une certaine apparence de désordre, une organisation non pas basée sur le développement de thèmes et de sous-thèmes, mais sur une évolution mélodique et rythmique aussi naturelle que, comme le fit remarquer, dès 1930, le critique Erno Kovacs, «la croisance d'une plante».

On aime ou on n'aime pas sans, si l'on ne porte pas attention, savoir pourquoi. Tout comme un objet hors foyer, quand on ajuste sa lentille, finit par devenir familier, il suffit de se pencher sur une partie inconnue de son cerveau pour finir par comprendre (sic) la musique de Bartók.

Pour le reste, à moins de tenir absolument à saisir ce qui se passe en nous à l'écoute d'une de ses compositions, il suffit tout simplement d'écouter une musique venue d'un monde qui n'est pas plus étrange que celui de ses propres pensées.

Des suggestions ? Oui. - Sur YouTube :

Vous y trouverez de multiples exemples de la musique folklorique (chants et danses) du pays d'origine de Bartók. Personnellement, je leur préfère les rhapsodies hongroises de Listz, mais libre à vous d'écouter ses danses roumaines ou autres pièces de jeunesse où vous noterez sans problème l'influence de Brahms (et de Liszt) mentionnée ci-dessus. - Par contre, si vous vous intéressez au Bartók en tant que compositeur original, je vous recommande les trois enregistrements suivants :

Son concerto pour orchestre (1943) par l'orchestre Frank Liszt de Weimar sous la direction de Nicolàs Pasquet :

https://www.youtube.com/watch?v=C68SkzGb6Ww

Sa célèbre musique pour cordes, percussion et celesta par l'orchestre de Philadelphie sous la direction d'Eugene Normandy :

https://www.youtube.com/watch?v=ZFTGdFuUdAU

Et surtout son troisième concerto pour piano et orcheste avec Andràs Schiff au piano avec l'orchestre Hallé sous la direction de Sir Mark Elder :

https://www.youtube.com/watch?v=l7J7L53b8U0

Pas encore convaincu ? Alors cliquez sur la note qui suit où,vous entendrez quelque chose qui semble n'avoir aucun rapport avec la méthode «Bartók», mais qui en contient l'essentiel :

Cliquez sur la note :

Vous aurez, dans le cadre de ce qui précède, sans doute de la difficulté à reconnaître, à moins d'être familier avec un saxophoniste très connu dans le milieu du Jazz : Sonny Rollins. Cette pièce est tirée d'un enregistrement d'un de ses quatuors, celui composé par Sonny Rollins lui-même, Jim Hall à la guitare, Bob Cranshaw à la contrebasse et Ben Roley à la batterie. Elle est tirée d'un disque (33t) de 1962 (54 ans déjà !) intitulé The Bridge et ça a pour titre, tout simplement John S.

Direz-vous, après, que les recherches de Bartók n'ont rien donné ?

Ajout de dernière minute :

Évidemment, ce qui précède n'est qu'un résumé, très incomplet, de ce que fut Bartók. Pour de plus amples renseignements, lire «The Life and Music of Bela Bartok» d'Halsey Stevens. Je crois que c'est encore disponible. Chez Clarendon Press Oxford. - Si, cependant, ce qui précède vous aura fait comprendre un peu ce qu'il fut et l'influence qu'il a eu sur la musique dite contemporaine, alors je n'aurai pas perdu mon temps.

Ce qui m'amène à vous parler des...

Mazurkas !

Note :

Les commentaires qui suivent sont le résultat d'une discussion que j'ai eue récemment avec une jeune fille qui me disait qu'il n'y avait pas beaucoup de genres musicaux, qu'une fois qu'on avait appris à danser le swing, la valse et le tango, le reste n'était qu'un affaire d'adaptation. Elle m'a fait penser aux gens de mon âge qui se levaient pour danser sur Take Five de Dave Brubeck au début des années soixante et qui finissaient par piétiner sur place faute de ne pas avoir compris qu'il s'agissait d'une musique à cinq temps.

*

Voici ce qu'on dit de la mazurka dans l'encylopédie de Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Mazurka),

"La mazurka est une danse de salon originaire de Pologne, très rythmée, à trois temps, de tempo vif et dont les accents se déplacent sur les temps faibles."


(Photo en provenance du site : https://commons.wikimedia.org)

Ses trois temps la font souvent confondre avec la valse, ce avec quoi elle n'a que cela, ou à peu près, de commun car, entre autres, on ne lève pas le pied quand on danse la valse !

Son nom est associé le plus souvent à celui de Chopin (qui en a composé 69), mais il ne fut pas le seul. Cette forme musicale a été utilisée par divers compositeurs : en France (Debussy, Ravel, Offenbach), en République Tchèque (Smetana, Dvorak), en Roumanie, en Irlande, au Portugal et, en tant que musique de danse, presque partout dans le monde, y compris dans les Antilles, aux États-Unis (Nouvelle-Orléans), jusqu'aux Philippines où, quelque modifiée, elle est devenue une danse traditionelle. - En Russie, de grands compositeurs ont écrit des mazurkas : Tchaikovsky, Borodin, Glinka et, surtout, Alexander Scriabin (1871-1915), qui en a composé 25 au cours de sa première période, dite romantique (1880-1903), période évidemment influencée par Chopin : quatre, sans numéros d'opus, entre 1884 et 1889 ; dix, Op. 3, en 1889 ; neuf, Op. 25, en 1899 et deux, Op. 40, en 1903.

(On sait qu'à partir de 1903, Scribain commença à s'intéresser de plus en plus au chromatisme et aux dissonances avant de passer à la musique atonale vers 1907.)


Alexandre Scriabin
(Photo en provenance du site : http://russiapedia.rt.com/)

C'est de la première période, naturellement, dont nous voudrions vous parler aujourd'hui puisque ce sont les mazurkas qui font l'objet de ces notes.

Nous avons pensé pour cette livraison vous en faire entendre deux : l'une de Chopin, interprétée tour-à-tour par Arthur Rubunstein et Wladimir Ashkenazy qui se sont échangé pendant des années la couronne du meilleur interprète de ses oeuvres et une deuxième, par Scriabin, jouée par la pianiste d'origine bulgare, Marta Deyanova, qui partage souvent les programmes de ses concerts entre Rachmaninov, Chopin, Scriabin et Shostakovitch.

D'abord, à tout seigneur, tout honneur :

Arthur Rubinstein - Mazurka en la mineur, opus 7, no. 2 - dans une interprétation datant de 1965 ou 1966, originellement publiée sous étiquette RCA Victor (33t. 5614-2). mais qui a depuis été reprise par Naxos.

Cliquez sur la note :

Wladimir Ashkenazy ensuite, celui de qui Madame Verdurin aurait dit qu'il enfonçait l'autre. Même mazurka, enregistré sous étiquette Decca (33t également), reprise chez London dans un coffret de cinq disques intitulé The Chopin Experience (volume no. 4). - Même période.

Cliquez sur la note :

Ma préféré ? Ashkenazy, of course. Elle est... dansante ! - L'autre est une mazurka de concert.

             
Arthur Rubinstein                          Wladimir Askenazy
(Photos en provenence de : http://old.filharmonia.lodz.pl/ et de http://www.camasb.org/)

Et puis finalement, voici la mazurka, une des plus belles que nous connaissons de Scriabin. L'opus 3, numéro 1 jouée par Marta Deyanova en 1998 (?), enregistrée sous l'étiquette Nimbus, mais distribuée également par ArchivMusic.

Cliquez sur la note :


Marta Deyanova
(Photo en provenance du site : http://ring.cdandlp.com/)

Ces enregistrements, sous une forme ou sous une autre, peuvent également être entendus via YouTube (*).

paul

(*) Existe, sur YouTube un délicieux petit film où Martha Delanova répète la première ballade de Chopin à l'adresse qui suit : https://www.youtube.com/watch?v=CdYX0MNx6qM.

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319 - 2 mai 2016

On A Day Like Today...

J'en ai déjà parlé, mais brièvement, le 18 août 2006, au numéro 161 de cette série. - Voir à : Extraits sonores, série numéro quatre. Mais j'ai pensé y revenir aujourd'hui pour diverses raisons.

Demandez à quiconque âgé de cinquante ans ou plus qui a créé "Love Letters in the Sand" et l'on vous répondra, 99% du temps, Pat Boone. En 1955. - Mais si vous dites non, que cette chanson a également été endisqué par Slim Whitman, Patsy Cline, Bill Haley (sic), Jerry Lee Lewis, Bobby Solo et, un de mes chanteurs favoris, Leon Redbone, l'on vous ajoutera invariablement que, c'est fort possible, mais seulement après que Pat Boone l'ait enregistré, y compris la section sifflée.

La vérité est que cette chanson date de 1931, qu'elle a été créée par l'orchestre de Ted Black, puis reprise par un foule d'autres interprètes y compris - là où ce fut un grand succès - par Ambrose et son orchestre en 1934 ; Benjamin Baruch Ambrose (1896-1971), violoniste et chef d'orchestre, qui fut, dans les années trente, à la tête d'un ensemble parmi le plus représentatifs des British Dance Bands (avec Geraldo et son orchestre, Jack Hylton, Jack Jackson, Joe Loss, Ray Noble, Lew Stone, etc.). - Nous avons déjà parlé de lui dans Le Castor™ du 15 novembre 2010.

Voici donc, de Nick et Charles Kenny pour les paroles et J. Fred Coots, "Love Letters in the Sands" par Bert Ambrose and His Orchestra, un disque Gramophone dont j'ai perdu le numéro, mais qui fut publié en 1934. Le crooner ? Sam Browne (1898-1972).

Cliquez sur la note :

Note : Voici la photo du 33t duquel est tiré cet enregistrement dont je n'ai, avant de m'en départir, digitalisé, malheureusement, que la partie avant de la pochette.

paul

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Et quand est-il de Bartok et et de Lutoslawski ?

Lutoslawski d'abord.

Il est né le 25 janvier 1913 en Pologne. Ses études, sa formation, etc., vous pourrez en lire les détails dans l'encyclopédie Wikipedia à l'adresse qui suit :

Witold Lutoslawski : https://fr.wikipedia.org/wiki/Witold_Lutos%C5%82awski

Ce qui est fascinant dans son cas, c'est qu'au cours de la Deuxième grande Guerre, il fut fait prisonnier, qu'il réussit à s'évader et, pour survivre, joua du piano dans divers cabarets où lui et son ami Andrzej Panufnik, composèrent des mélodies basées sur le folklore polonais, diverses airs et mélodies de leur cru tout en répondant aux demandes des clients.

De cette époque, rien n'a subsisté sauf des variations pour deux pianos sur un thème de Paganini dans la continuité de la Rhapsodie de Rachaninoff sur le même thème.

Nous avons pensé aujourd'hui vous en faire entendre les débuts de chacune de ces pièces à commencer, naturellement, par les variations de Paganini tirées de son Caprice numéro 24, jouées par Hilary Hahn sur le violon qu'elle dit ne jamais laisser hors de sa vue, une copie du Cannone de Paganini fabriqué par Jean-Baptiste Vuillaume, l'un des meilleurs luthiers du XIXe siècle :

Hilary Hahn - Début du Caprice numéro 20 de Paganini :

En deuxième partie, les variations de Rachmaninov sur le même thème (1934), interprétées au piano par Vladimir Ashkenazy et l'orchestre Symphonique de Londres :

Vladimir Ashkenazy - Début de la Rhapsodie sur un thème de Paganini (1934) :

Et finalement, les mêmes variations, mais cette fois-ci par Lutoslawski pour deux pianos, interprétées par Martha Argerich et Evgeny Kissin :

Argerich et Kissin - Début des variations sur un thème de Paganini de Lutoslawski (1943) :

(Les années indiquées entre parenthèses sont celles approximatives des compositions. Tous les extraits précédents ayant été repiqués sur YouTube.)

Concernant Lutoslawski, décédé en 1994, si ce qui précède ne vous a pas trop choqué (il faut s'habituer à la musique de notre temps), nous serions négligent en ne vous suggérant pas d'écouter son concerto pour piano, son surprenant, mais admirable, quatuor à cordes et, surtout, sa symphonie numéro deux dont la deuxième partie est un véritable cri du coeur.

Et à la prochaine pour Bartok !

paul

P.-S. : Pour ce qui est d'Andzej Panufnik, un autre des compositeurs polonais du XIXe siècle à connaître, nous vous recommandons fortement l'écoute de sa troisième symphonie dite "sacrée" interprétée par l'Orchestre Symphonique de l'UNAM dirigée par Zhouang Chen que vous trouverez sur YouTube.


Witold Lutoslawski

Ajout au 9 mai, 2016 :

À noter que Rachmaninov et Lutslawski ne furent pas les seuls à composer des variations sur le Caprice No. 24 de Paganini. Ce caprice a également intéressé Franz Liszt, Robert Schumann, Johannes Brahms, Boris Blacher, Andrew Lloyd Webber et George Rochberg. Paganini, lui-même, en fit une transcription pour guitare dont on pourra retrouver un enregistrement par le Cubain Marco Tamayo sur YouTube à l'adresse qui suit : https://www.youtube.com/watch?v=-iWbgX03Ahs. Malheureusement, la prise de son laisse à désirer, mais on pourra constater la technique. Autant, dans ce cas, se procurer le CD Naxos 8.557598 intitulé tout simplement Guitar Music et sur lequel on retrouver également deux autres Caprices (le numéro 5 et le numéro 11), cinq sonates  et cinq autres pièces intitulées Guiribizzi ou fantaisies.

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318 - 4 avril 2016

De bonne humeur

Oui, Monsieur Pérec, je vous avais promis une chronique sur Bartok et Lutoswlaski, mais entre-temps, j'en ai écrit deux autres, l'une sur un compositeur du nom d'Alkan, grand partisan des pianos à pédales (je vous expliquerai plus tard), et celle qui suit, parce que, à un moment donné, faut cesser d'être sérieux.

Donc :

"Vous écoutez vraiment les lieder de Hugo Wolf ?" m'a-t-on déjà demandé. - Oui. mais pas tous. Ceux qu'il a composés sur les poèmes d'Eduard Mörike, oui ; interprétés par Dietrich Fischer-Dieskau ou Olaf Baer (qui ont des voix presque identiques au point où je les confonds souvent). - Car il y en a d'une infinie tristesse... - Et puis j'aime bien son quatuor à cordes ; sa sérénade italienne également, mais moins. - À ces compositions, j'ajouterais volontiers le "Kennst du das Land" ("Connaissez-vous l'endroit où les citronniers fleurissent ?") de Goethe, chanté par Elizabeth Schwarzkopf, avec Gerald Moore au piano, bien entendu ; ou encore Arleen Auger accompagné par Irwin Cage quoique ses aigües m'énervent.- Vous trouverez tout cela sur YouTube.

(En écrivant ce qui précède, j'espère ne pas donner l'impression que je suis un grand connaisseur. - Je ne suis qu'un mélomane. Un peu maniaque, peut-être ; mais qu'un simple mélomane. La preuve est que si vous me demandiez de vous répéter les noms et titres que je viens de citer, j'en serais incapable. - Comme on m'avait parler de Wolf quelques jours auparavant, j'ai écouté à nouveau les enregistrements que j'avais de lui pour me rappelez ceux que j'avais aimés et je les ai notés pour cette chronique. - Ça va ?)

Un bémol quand même : je n'écouterais pas quoi que ce soit d'Hugo Wolf les jours de pluie. Ce n'est pas un compositeur dans la lignée d'Offenbach ou des Strauss (ceux de la valse). Je me rabats plutôt, ces jours-là, et en particulier au cours de certains dimanches de l'automne, sur les sonates de Scarletti enregistrées par Wanda Landowska.

La vie est déjà assez triste. C'est ce que je disais à une amie, l'autre jour : quand on est en peine d'amour, ce n'est pas le temps d'écouter le "Lush Life" de Coltrane et Hartman.

Alors qu'est-ce que j'écoute quand je suis de bonne humeur ? - Du jazz de Nouvelle-Orléans, du Scott Joplin, Gaité parisienne (Offenbach/Rosenthal), de la musique populaire surtout : les Stones, Frank Sinatra, Trenet, les British Dance Bands, Chuck Berry, Dire Straits... De ce côté-là, le choix est immense.

J'écoutais récemment, par exemples :

1 - Bob Dylan dans une pièce tirée d'un de ses premiers albums ("Bringin It All Back Home" - 1965 - 51 ans déjà !) intitulée "Subterranean Homesick Blues" :

Cliquez sur la note :

Il en avait d'ailleurs tiré un vidéo assez réussi : https://www.youtube.com/watch?v=67u2fmYz7S4.

2 - De Robert Charlebois, un petit "chef-d'oeuvre" dont les paroles ont été écrites par Daniel Gadouas, aujourd'hui âgé de 68 ans (hé : personne ne rajeunit ! - Il était du film "L'initiation" de Denis Héroux, en 1970...) et dont j'ai brièvement connu le père, Robert, dans les années cinquante (ce qui ne me rajeunit pas non plus). C'est une chanson tirée de son cinquième album (Charlebois - 1969 - il y a 47 ans !), réédité depuis, une première fois en 1991 et une deuxième, en 2006. - Le titre de cette chanson et le titre de cet album : Québec Love.

Cliquez sur la note :

Mais si vous tenez vraiment à rire, reste toujours Georgius.

Allez voir du côté de notre autre site :

http://www.www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/georgius/georgius.htm

paul

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317 - 7 mars 2016

De la Floride à Vieuxtemps
(en passant par... Amazon, le Cannon, Lady Blunt et Guarneri)

Note : le "à Vieuxtemps" n'est pas une erreur de frappe, comme vous pourrez le constater à la lecture de ce qui suit.

Je me flatte d'avoir été un des signataires de l'éditorial du mois dernier où, conjointement, cinq des chroniqueurs du Castor™ ont expliqué pourquoi ils ne tenaient pas précisément à s'occuper de "faits divers". Or, justement, cette semaine, je voulais justement vous parler de "faits divers" et les effets qu'ils avaient sur les "vraies nouvelles". En commençant par la Floride.

Ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas la Floride et, en particulier l'odeur insupportable de son atmosphère (celle de bois pourissant dans les marécages qui constituent 90% de sa superficie).

Note : le vert dans la photo qui suit n'est pas factice.


"Florida, the Sunshine State"

Mais ce que je déteste par dessus tout, c'est son côté "pseudo-paradis" qui attire, chaque année, des vieillards en puissance, convaincus de retrouver, entre deux ou trois ouragans et des hivers nuageux, l'été qui est disparu des pays nordiques ou, pire encore, l'univers merveilleux de leurs petits enfants. - Quiconque est passé par les aéroports de Miami ou de Fort Lauderdale me donnera raison : le nombre de fauteuils roulants et de poussettes qu'on y voit ne laissent qu'un seul souvenir : celui d'une anti-chambre de la mort. - Et si vous ne me croyez pas, allez-y faire un tour après le passage d'une "tempête tropicale"...

Par dessus tout ? NON ! Il y a aussi ce que j'appelle "un désert culturel". - On vend le "Journal de Montréal" à Hollywood et, le soir, les yeux sont rivés sur CNN dont les nouvelles biaisées ont fait l'objet de documentaires sans nombre. - Faut faire des "miles" (sur de géantes autoroutes) pour trouver dans un "mega-shopping-center" un libraire dont le grand comptoir est consacré aux "best-sellers" du moment. et les deuxièmes et troisièmes contiennent de vrais documentaires sur la Bible, et des seconds et troisièmes livres des grands auteurs américains...

Sauf qu'il y a maintenant Amazon !

Amazon, chez qui on peut commander les enregistrements légendaires d'Arthur Grumiaux (ceux de 1953 à 1962) réédités en 5 CDs chez Philips (No. 0289 1042) et les Méditations de Thaïs de Massenet avec Fritz Kreisler au violon, enregistré en 1928 dans les studios RCA de la ville de Camdem, au New Jersey, avec Carl Lamson au piano (RCA - CVE-8944, repris, aujourd'hui chez Sony), le tout livré par Purolator en moins de trois jours.

Le problème sera de trouver un voisin avec qui partager ces bonheurs. Mais puisque nous en sommes à deux grands violonistes, aucune raison, n'est-ce pas, de ne pas s'en procurer un. Surtout que la dernière fois que j'ai vérifié, ils étaient en solde. Toujours chez Amazon. On pouvait, par exemples, se procurer, entre autres :

Un Stardivarius Antonius pour 12.239 $ (au lieu de : 18.000 $)

Un Stradivarius Hochstein à 16.519 $ (au lieu de 24,300 $)

Un Guarnerius del Gesu à 20,399 $ (qu lieu de : 30.000 $)

Livraison comprise, il va sans dire.

À noter qu'en commandant les trois, on peut faire une économie de 32 % (23.143 $) ; trois pour le prix de deux !

Oui, je sais, ce sont des copies, mais qui a les moyens, aujourd'hui de se payer :

Le Cannon évalué à 10.000.000 $

Le Lady Blunt évalué à 15.900.000 $

Ou le Guarnini del Gesu dit "de Vieuxtemps" : 16.000.000 $

Dont le dernier propriétaire l'a prêté "à vie" à la violoniste américaine Anne Akiko Meyers, mais qui a failli disparaître au XIXe siècle quand son propriétaire du temps manifesta le désir d'être enterré avec lui. Excentrique, ce propriétire ? Pas du tout. Un des plus grands violonistes de son époque. Son nom ? Henri Vieutemps.

Non seulement un grand violoniste, mais également un grand compositeur. De l'opinion même d'Hector Berlioz : « S’il n’était pas un si grand virtuose, on l’acclamerait comme un grand compositeur. »

Né à Verviers (Belgique) en 1820, il fit d'innombrables tournées en Europe, aux États-Unis, en Russie où, de 1846 à 1952, il fut soliste à la cour de St-Petersburgh, puis finalement professeur au Conservatoire de Bruxelles avant d''être partiellement paralysé, ce qui mit fin à sa carrière au cours de laquelle il composa de nombreuses pièces dites "de bravoure" pour son instrument, un exceptionel Guarnini de 1741, mais également cinq concerti, plusieurs ballades, caprices, polonaises, etc.

Son oeuvre est aujourd'hui oubliée à l'exception de quelques compositions quoique ses concertis font régulièrement partie de programmes un peu partout dans le monde.

Son quatrième et son cinquième sont parmi les premiers à s'être éloignés de la forme classique (quatre mouvements au lieu de trois ou en un seul, mais avec le choix entre deux cadences, etc.)

J'ai choisi, pour illustrer son côté disons "romantique" le premier mouvement d'une "Fantasia appasionata" - opus 35, avec Misha Keylin au violon et l'orchestre symphonique de la Slovakie sous la direction d'Andrew Mogrelia. (Disque NAXOS, no. 8.570974).

Cliquez sur la note :

Quant à son célèbre violon, voici le thème "L'hiver" des Quatre Saisons de Vivaldi joué par la violoniste précité à qui il a été confié. Je n'en garanti pas la qualité ou si l'enregistrement qui suit est fidèle à ce qu'on pourrait entendre en concert, mais on saura noter au passage la tessiture presqu'un violoncelle sur la corde sol, vers la fin.

Cliquez sur la note :

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316 - 1er février 2016

   In Your Dreams

Bizarre, mais j'étais convaincu de vous avoir déjà parlé de ce qui suit.

Qu'ont en commun les personnes ou groupes suivants :

- Rossano Sportiello, Stephanie Trick et Nick Parrot
- The 1010 Strings Orchestra
- Red Nichols (and the Arkansas Travelers)
- Bucky Pizzarelli et Peral Dragon
- Chet Atkins et Merle Travis
- Chet Atkins et Mark Knopfler
- Dick Hyman et Howard Allen
- Emmet Ray
- Guy Lombardo (and His Royal Canadians)
- Joe Brown
- Tommy Dorsey
- Teddy Wilson
- Vaughn Monroe
- Cliff Edwards
- Ella Fitzgerald
- Tommy Emmanuel et Joe Robinson
- Le Johnny Hepbir Quintet
- Jimmy Durante
- John Standefer
- Al Jolson
- Julie London
- Leon Redbone

- Marion Harris
- Doris Day
- Merle Travis
- The Mills Brothers
- Pat Boone
- Paul Robi (et les Platters)
- Les Platters
- The Banjo Weavers
- Tuesday Weld
- Django Reinhardt
- ...

(J'ai mis en italiques les noms que les moins jeunes auront tout de suite reconnus.)

En commun ? Tous ont enregistré une chanson datant de 1924, composée, pour la musique par Isham Jones et écrite par Gus Khan, pour les paroles. Moins, aujourd'hui, des noms courants, mais dans les années vingt l'orchestre du premier fut l'un des plus réputés et, comme on le mentionne souvent, s'il fallait nommer dix pièces musicales les plus représentatives de l'époque, trois ou quatre seraient d'Isham Jones, créateur, entre autres, de It had to Be You, There is No Greater Love, Wabash Blues, Spain, etc. tandis que son interprétation de Star Dust (de Victor Young à qui il avait demandé une "ballade à mi-temps") devint le classique que l'on sait.

Parmi les musiciens qui ont fait partie de l'Isham Jones Orchestra ? Benny Goodman, Woody Herman, Ray Bargy, Al Gallodoro... et un certain Bing Crosby y fit quasiment ses débuts.


Photo en provenance du site
http://redmp3.cc

Quant à Gus Khan, suffit de mentionner : Ain't We Got Fun, Toot, Toot, Tootsie (Goo' Bye), Yes Sir, That's My Baby, Love Me or Leave Me, Makin' Whoopie, Side by Side... Dois-je continuer ?

Passons à Joe Brown maintenant :

Né en 1941, Joe Brown est l'un des chanteurs, comédiens, présentateurs, producteurs, auteurs, compositeurs parmi les plus connus en Angleterre. Son côté cockney l'a peut-être empêché de devenir une vedette mondiale, mais la quantité de 33t et de CDs qu'il a vendus au cours de ses 50 ans (et+) de carrière, ses nombreuses présences à la télévision, ses multiples concerts et son amitié avec George Harrison ont fait de lui l'un des personnages inoubliables de la scène musicale britannique.

En novembre 2002, lors d'une soirée donnée en l'honneur de George Harrison au Royal Albert Hall (*) - et c'est là que nous passons à I'll SeeYou In My Dreams -, à qui a-t-on demandé de chanter une pièce en souvenir de ce membre des Beatles ? À Joe Brown.

(*) Firent partie des artistes invités lors de cette soireé organisée autour du premier anniversaire du décès de George Harrison : Ravi Shankar, Eric Idle, Terry Jones, Terry Gilliam, Tom Hanks, Paul McCartney, Ringo Starr, Eric Clapton, Jeff Lynne, Tom Petty, Billy Preston, Jools Holland, Albert Lee, Sam Brown, Gary Brooker, Ray Cooper, Andy Fairweather-Low, Marc Mann..,

Et qu'a-t-il chanté ? - Vous pourrez le voir et l'entendre à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=tGivnGv-HXs

Et pour finir, la même chansons par LE Django :

(Django Reinhardt et Pierre Ferret à la guitare et Emmanuel Soudieux à la contrebasse. Enregistré à Paris le 30 juin 1939. Étiquette HMV, No. OPG 1721-1.)

Cliquez sur la note :

Second

paul

P.-S. : Pour Marion Harris, ne manquez pas son interprétation de "A Good Man is Hard to Find" crée, à l'origine par Bessie Smith : https://www.youtube.com/watch?v=CVTfiITxbH0... quoique, personnellement, je lui préfère son délicieux "Tea for Two", au même endroit : https://www.youtube.com/watch?v=upuCJOIJ_zU. - Ah ! Avoir eu une grand-mère comme elle !

Marion Harris
(1897-1961)
(Photo en provenance du site http://www.scratchygrooves.com/)

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315 - 4 janvier 2016

Vous êtes gymnopédiste ou non ?

Quel est mon compositeur/musicien/interprète favori ? - C'est un de mes neveux qui m'a posé cette question il y a peu de temps, lors d'une de ces soirées à laquelle j'ai été obligé d'assister parce que c'était "le temps des fêtes". Je n'ai pas su quoi lui répondre. Ce n'était pas la première fois qu'on me posait cette question et si, dans ma vingtaine, ma trentaine ou ma quarantaine, j'aurais peut-être pu lui répondre, avec l'âge je suis devenu de plus en plus incapable de citer un seul nom, encore moins deux ou dix. "Tu n'auras qu'à jeter un coup d'oeil sur ma discothèque... quand je ne serai plus là..." aurais-je pu lui répondre, mais comme je viens de m'en débarrasser... - Je suis, hélas me direz-vous, passé du côté des numériques. J'ai, en effet, depuis plusieurs mois, tout emmepétroisrisé ce que je possédais de pans de mur de 78t, 45t, 33t, rubans, cassettes, films et disques numériques en confiant le tout à quelques disques externes et réparti une partie de leurs contenus dans divers appareils dont un téléphone dit intelligent, une tablette et quelques lecteurs. - Dubé s'est modernisé !

Il (mon neveu) n'aura, s'il veut vraiment savoir, qu'à consulter ces appareils sauf que... il n'aura pas le loisir, en examinant mes enregistrements, au nombre de dizaines de milliers, de deviner ceux que j'écoutais le plus souvent, n'ayant pas à sa disposition l'usure des sillons, les marques laissées par le temps sur les pochettes que je retirais des rayons où chacun de mes disques vivaient l'un à côté de l'autre. Et puis, comment aurait-il pu, de toutes façons, deviner que j'aurais acheté un 33t, particulièrement usé, dans l'état où il se trouvait ? - Sans compter les inévitables Barry Manilow, Ray Connif ou The Best of qu'on m'avait "légués" parce qu'on ne savait plus quoi en faire.

Certains coffrets auraient pu le surprendre : mes Tino Rossi, par exemple, l'édition polonaise (Erato) de Chopin, mes six versions de Pelléas et Mélisande ou la quantité de mes Thelonius Monk ; mais comment aurai-il pu deviner qu'à un moment donné, j'ai été particulièrement, intéressé par Scriabin (deux disques), Vasily Kallinnikov (un seul) ou Giovanni Perluigi Palestrina que j'avais découvert en me procurant un CD où figuraient quelques oeuvres de Gregorio Allegri ? (Sans compter quelques suites pour trompette, orgue et tympan de Jeremiah Clarke...)

Et puis comment lui expliquer que, parmi mes enregistrements, se trouvait la Gymnopédie numéro 3 d'Erik Satie, jouée à la trompette par Alison Balsom, tiré de son dernier (?) CD, Paris, paru chez Warner Classics en 2014 :

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La réponse est que cette Alison est plutôt jolie :

"Alison Balsom"
Kowa at the German language Wikipedia.
Licensed under CC BY-SA 3.0 via Commons

paul

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314 - 7 décembre 2015

Vieux souvenirs

Voici une pièce qui passe inaperçue dans un film très célèbre des années quarante, un film dans lequel on entend, entre autres  :

 - Knock on Wood

- The Very Thought of you

- Baby Face

- It Had to Be You

- La Marseillaise

et surtout :

- As Time Goes By...

Vous savez à quel film je fais allusion. - Sinon, laissez-moi ajouter les noms de Humphrey Bogart et d' Ingrid Bergman ; qu'il se déroule à Casablanca ; la plupart du temps ans un café du nom de Rick's...

La pièce en question, jouée, mais non chantée, sert de musique de fond au moment ou Rick (Bogart) discute avec le capitaine Louis Renault (Claude Rains), presque au début du film. Elle est de Cecil Mark et Lew Brown pour les paroles et Ford Dabney pour la musique et date de 1910. Son titre : Shine (à l'origine That's Why They Call Me Shine).

Selon la légende, elle aurait pour thème un noir du nom de Shine qui aurait été sauvagement battu lors des émeutes raciales de 1900, à New York.

Voilà pour la petite histoire.

Ce qui la rend curieuse, c'est qu'elle a été enregistrée à deux vitesses bien différentes. En slow, notamment par Ella Fiztgerald et plusieurs autres, et en ragtime par Louis Arnstrong, Benny Goodman et divers autres orchestres ou ensembles de jazz.

En slow d'abord (extrait) par Ella Fitzgerald :
Chick Webb et son orchestre - 1936 - Repiquage Forlane 1988)

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En ragtime ensuite (extrait également) par Louis Armstrong :
(Disque Okeh 41486 - Los Angeles 1931 - repiquages divers)

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L'interprétation que nous vous proposons aujourd'hui est celle d'un ensemble de jazz dit "de Nouvelles-Orléans" connue sous le nom de The Eddy Davis New Orleans Jazz Band, du nom de son joueur de banjo, Eddy Davis, qui, sans être un ensemble exceptionnelle, est devenu mondialement connu grâce à un clarinettiste amateur qui, régulièrement, les lundi soirs, s'y joint  au Café Carlyle, de l'Hôtel du même nom, au 35 est de la 76ième rue, en la ville de New York.

Le nom de ce clarinettiste ? Woody Allen que j'ai eu l'occasion d'entendre, live, le 30 juin 2008 à la Place des Arts, à Montréal. Prix du billet : 172 $ ! - Ben... les légendes ne courent pas les rues. - Et c'était avec Gino, un bon ami à moi.

Tiré d'un enregistrement effectué au Carlyle Café le 18 novembre 2012, voici donc Woody et l'orchestre d'Eddy Davis dans Shine :

Cliquez sur la note : Second

Pour ceux qui voudraient voir le film duquel est tiré cet enregistrement, voir sur YouTube à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=QENBt_8NV4k

Vous aurez droit, en prime, après Shine, à I Ain't Gonna Give Nobody None of My Jelly Roll (de Clawrence et Spencer Williams)... chanté (sic) par Woody accompagné par Eddy Davis (*).

 Et pour ceux qui en ont les moyens :

Dans sept jours, le quatorze décembre prochain, Woody Allen accompagné de The Eddy Davis New Orleans Jazz Band donneront un concert au Café Carlyle à 8h45 p.m.

Prix d'entrées :

Admission générale : 165 $ US.
Bar : 120 $ US
Sièges réservés : 215 $ US.

Plus : un minimum de 75$ US par personne (boisson ou alimentation) et pour tous, sauf ceux au bar où l'on n'exige que 25 $ US.

(Photo en provenance du site de l'Hôtel Carlyle)

paul

(*) Une autre interprétation de ce "I Ain't..." peut être vue et entendue, chantée et jouée par une autre légende, Sweet Emma Barrett que j'ai vue et entendue, en 1962, cette fois-là, au Preservation Hall de New Orleans. À cette adresse :

https://www.youtube.com/watch?v=xhtG5YrQ-lY.


Sweet Emma Barrett

(Photo en provenance du site http://musicians.allaboutjazz.com/)

P.-S. : N'allez surtout pas croire que la pièce de Woody Allen ci-dessus citée est celle que je préfère et je vais vous dire pourquoi :

En juin 2005 (ce qui ne me rajeunit pas),  je vous ai parlé d'un trompettiste du nom de Ricard Alexis qui, en 1927, s'est fait fracasser la machoire par un groupe de délinquants de Nouvelles-Orléans (c'était avant les attentats islamiques) et qui c'est, par la suite, converti en contrebassiste. - C'était à propos d'un enregistrement d'Oscar "Papa" Célestin qui s'intitulait "As You Like It" et au sujte duquel j'avais attiré votre attention sur le solo de ce Richard Alexis qui, encore aujourd'hui, demeure un passage qui me tire les larmes des yeux.

Pour entendre à nouveau, voir à : Enregistrements 1a - numéro 22.

Et ben, pour Woody Allen, je me dis que s'il n'avait enregistré que le titre qui suit, il serait passé à la postérité, sans ses monologues, sans ses livres, sans ses films et sans ses autres enregistrements.

La pièce s'intitule tout simplement "Martha" mais elle est aussi connue sous le nome de "Mazie". Un "blues" - seize mesures : trois par Woody Allen, quatre par Eddy Davis (banjo) et quatre (finaux) par Woody Allen dont le dernier est à vous briser le coeur. (Mais je vous préviens, je ne sais pas compter.)

Cliquez sur la note : Second

Un grand moment, vous allez voir.

À la contrebasse, Greg Cohen (à écouter séparément - magnifique.)

(CD : Woody Allen & His New Orleans Jazz Band ‎– Wild Man Blues - RCA Victor‎, No. : 09026-63353-2 - 1998)

***

313 - 2 novembre 2015

Amateur d'intégrales

Il y a quelques années de cela, j'ai eu à me rendre dans la ville qui est au coeur des États-Unis, à ± 2.500 kilomètres de Montréal - pardon : de Napierville. Un voyage qui, en avion, à cause des transferts peut prendre jusqu'à 6 et même 7 heures. Et c'était pour une rencontre qui allait durer pas plus qu'une journée et demi. Or, il me restait plus d'une semaine de vacances et je me suis, tant qu'à me rendre là, autant joindre l'utile à l'agréable et j'ai donc décidé de m'y rendre en auto. Le nom de cette ville ? Wichita. C'est dans l'état du Kansas et si, sur un plan des États-Unis, vous tracez une ligne qui va de Boston à Los Angeles et une autre qui va de Seattle à Miami, vous trouverez la ville de Wichita à l'endroit où elles se croisent. - Vingt-quatre heures de route.

"Quoi ? Vous allez me dire, 24 heures !" - Pas tout à fait. Ajoutez les arrêts, les embouteillages, les détours... songez plutôt à 30 et même 32 heures sauf que, chemin faisant, avec un peu de planification (ne passez surtout pas par Détroit, vous serez pris aux douanes un minimum de deux heures), vous pourrez, au choix, vous arrêter à Syracuse, Buffalo, Erie, Pittsburgh, Columbus, Indianapolis, Terre Haute, St-Louis, et Kansas City... à l'aller ; et à Davenport, Chicago, Kalamazoo, Flint, Sarnia, Hamilton, Toronto et Kingston... au retour.

De toutes ces villes, je tenais absolument passer à St-Louis (Missouri) - pour voir son arche -, Davenport (Iowa) - lieu de naissance de Bix Bierdebecke - et, naturellement Chicago (Illinois) que, depuis des années, je considère comme une ville plus intéressante que New York.


Maison où est né Bix Bierdebecke
Davenport, Iowa

Enfin, je ne vous en dirai pas plus sur le voyage en tant que tel (qui m'a pris huit jours) sauf pour vous dire que, de toutes ces villes, je tenais absolument à passer par Davenport où se déroulait, à ce moment-là, leur festival annuel de jazz sauf que, au moment où j'y suis arrivé, une panne électrique majeure y interdisait toute circulation... Et les hôtels étaient tous bookés... car je voulais vous parler de musique.

Voilà la calamité des voyages aux États-Unis : la musique. Il n'y a qu'une chaîne radio supportable dans tous les états : la PBS (Public Broadcasting Service), une sorte de radio "culturelle" qui diffuse des émissions sur l'art, de la musique "classique", des documentaires, des entrevues... - Supportable ? Disons qu'un jour, ayant eu à traverser un des cinq ou six fuseaux horaires de l'Amérique, j'ai dû me taper deux fois une longue conversation entre un interviewer et une dame dont le métier était de pratiquer des autopsies... - Bref : beaucoup de placotage. Sauf que ce n'est rien par rapport aux autres chaînes qui, elles se spécialisent dans la musique "Rock", les sports ou, ce qu'il y a de pire : les interminables discours d'évangélistes. - Question : qu'est-ce qu'on diffusait à la radio avant l'invention de la batterie ou de la musique baroque ?

Mais voilà que je m'éloigne encore de mon sujet. Pas trop, quand même, car je voulais vous parler de la musique qu'il faut, lors de ces interminables voyages, amener avec soi.

Elle doit être variée et permettre en même temps de découvrir des enregistrements qu'on n'a pas le temps ni souvent le goût d'écouter chez soi. N'allez surtout pas, comme je l'ai déjà fait (au cours du voyage précité), transférer les cent et quelque symphonies de Haydn sur votre lecteur MP3. Le Ring de Wagner ? Nenni. Tous les Stones, tous les Beatles ? De quoi détester la musique dite populaire pour plusieurs années. Vingt heures de chansons françaises ? Une expérience que je ne recommencerai pas. - Quant à Pelléas et Mélisande (deux ou trois versions)... vérifiez au départ vos assurances-vie.

Non, non et non ! - Mélangez tout : jazz, Trenet, rock, musique baroque, John Cage, Verdi, Tino Rossi, folklore, documentaire, stand-up comics et... [ajoutez ici vos favoris]. Et servez-vous, de grâce de l'option aléatoire de votre lecteur. - Vous voyagerez mieux et vous n'arriverez pas frustré ou déçu.

Autre chose ; passez tous vos enregistrements à un égalisateur de sons. Ainsi, vous n'aurez pas à ajuster le volume de votre appareil à chaque nouvelle pièce.

Et un dernier conseil : pas de Malher ! Les variations dans l'intensité de ses symphonies (musical dynamics) se prêtent très mal à l'égalisateur précité.

Tout ça pour vous vous présenter un enregistrement qui de date de 1972 et qui n'a aucun rapport avec ce qui précède.

Il s'agit d'une chanson composée et enregistrée en 1971 (il y a 44 ans !) par Carole King, auteure-compositrice-interprète d'origine canadienne dont la réputation n'est plus à faire, et qui parut pour la première fois à l'intérieur d'un album (CD) intitulé tous simplement "Music", album qui fit fureur à l'époque notamment à cause des Carpenters (un duo fort appréciée à ce moment-là) qui y piqua "It's Going to Take Some Time".

Cet album suivait, de près celui de "Tapestry" ("It's too late", "You've Got a Friend", etc.) qui s'était vendu à des millions d'exemplaires.

De ce "Music", quelque chose dont je me souviens très - mais très - régulièrement et qui s'intitule "Music Is Playing Inside My Head".Peut-être à cause du "My Favorite Things " de John Coltrane (Voir Copernique, On Jazz, Part 3, au numéro 6).

Au saxo : Curtis Amy.

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paul

P.-S. : Et pour Haydn ? Je me suis rendu jusqu'à la cinquante-huitième.

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312 - 5 septembre 2015

Parmi les compositeurs ou les pièces de musique que je n'écoute pas ou... que je n'écoute plus :

   George Gershwin

Je n'ai aucune idée pourquoi les Américains sont si attachés à ce compositeur qui, je le concède volontiers, fut excellent dans la chanson populaire de son époque. (Il est né en 1898 et est décédé en 1937). Ses titres de gloire dans ce domaine sont aujourd'hui des standards, surtout ceux écrits en collaboration avec son frère, Ira  :  "Fascinating Rhythm", "Oh, Lady Be Good", "Embraceable You", "I Got Rythm", "I've Got a Crush on You", "Let's Call the Whole Thing off"... Évidemment pas de la trempe de Rodgers and Hart ni de Cole Porter, mais tout de même impressionant. Sauf qu'on persiste à le considérer comme le plus grand compositeur "classique" que les USA nous ont donné. Pourquoi ? À cause deux oeuvres qui ne vont pas à la cheville des créations d'Aaron Copland ou de Charles Ives.

Bon, je vous concéderai également "Porgy and Bess", mais pour une seule raison : pour la version qu'en a fait Miles Davis et Gil Evans.

Faites-vous plaisir, allez sur YouTube et écoutez :

D'Aaron Copeland, son Concerto pour clarinette (et orchestre à cordes) :

https://www.youtube.com/watch?v=9GnJBLwOjFo

Et de Charles Ives, The Unanswered Question :

https://www.youtube.com/watch?v=kkaOz48cq2g

   Le Boléro de Ravel

Bien d'accord avec Madame Gauvin (voir le Castor™ du 2 novembre 2015) pour ce qui est de cette intéressante composition qui, hélas, finit par ennuyer tout le monde. sauf que j'aimerais lui suggérer une dernière écoute via le ballet qu'en a tiré la Compagnie d'Antonio Marquez. (Orchestre sous la direction de Juano Mena.) - Après un temps, on oublie la musique et on n'a d'yeux (et oreilles !) que pour les danseurs.

https://www.youtube.com/watch?v=BmOFAtg9twM

Et puis, si elle se lasse de cette interprétation, elle pourra toujours se taper cclle de George Raft et Carole Lombard (si, si: le George Raft et la Carole Lombard) tirée d'un film de Wesley Ruggles, en 1934).

https://www.youtube.com/watch?v=tNWoRotdZw8

paul

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311 - 7 septembre 2015

   Handel (George Frederick)

Avec la venue de l'Internet, je consulte de moins en moins l'"International Cyclopedia of Music and Musicians" (sic) de Dodd, Mead & Company (New York) qui, avec ses 2.500 pages me semble de plus en plus difficile à déplacer d'années en années (1). La semaine dernière, pourtant, au risque de me donner un tour de reins, je l'ai pourtant sorti de sa niche pour y lire ce que Hugo Leichtentritt (2) avait eu à dire, dans les années quarante, sur George Frederick Handel (1685-1759). Pourquoi Handel (ou Händel) ? Parce que j'ai toujours trouvé curieux qu'on ne fasse tourner, de lui, à la radio, soit sa "Water Music" ou sa "Fireworks Music" ou encore, mais plus rarement, son "Arrivée de la Reine de Sabah", la plupart du temps à l'orgue et. encore plus rarement, dans sa version orchestrale ;

Voici, au cas où vous ne vous en souviendriez pas, cette arrivée, à l'orgue, par leur jeune prodige Gert van Hoef :

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(Son site : http://www.gertvanhoef.nl/ned/biografie/biografie_frans.html)

(Voir également sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=XLroOctZks4)

Or, pour en revenir à Handel, vous saviez qu'il avait composé :

46 opéras
32 oratorios
71 cantates
20 duos (pour la voix)

et

d'innombrables sonates pour diverses instruments, plusieurs psaumes, messes, chants religieux, de même que de la musique de chambre, des concerti, des ouvertures...

Impressionnant, n'est-ce pas ?

Voici, de lui, le premier de ses six "Concerti Grossi" (op. 3) (HMV 312) par l'English Baroque Soloists [Orchestra] dirigé par Sir John Eliot Gardner. Tout à fait charmant.

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(Source : https://www.youtube.com/watch?v=JANv56hWblI.)

Handel : un musicien à redécouvrir. Au delà des pièces mentionnées ci-dessus et de son Messiah.

paul

(1) Publié pour la première fois en 1939, cette "Cyclopédie" (sic) , sous la direction d'Oscar Thompson, en est, aujourd'hui, à sa douzième édition.

(2) Hugo Leichtentritt (1874-1951), musicologue, compositeur, critique musical et professeur dont le nom, après sa mort, fut incorporé dans la "Cyclopedia".

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310 - 3 août 2015

   Pas un enregistrement, mais un lien

Vite, avant que ça disparaisse des ondes :

Pierre Foglia et Pierre Falardeau en tête-à-tête à l'émission "L'autre midi à la table d'à côté" :

http://ici.radio-canada.ca/emissions/lib_radio/v3.2/incpages/pop_indexeur.asp?idMedia=7305803&app
Code=medianet&time=0&json={%22idEmission%22:%2234714091025%22,%22Date%22:%
222015/06/22%22,%22numeroEmission%22:%221635%22,%22urllabase%22:%22/
emissions/lautre_midi_a_la_table_da_cote/2014-2015%22}

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309 - 13 juillet 2015

   Chansons bleues

Ceux qui me suivent depuis le début savent à quel point je suis naïf, fleur bleue et totalement dépourvu de jugement lorsque j'écoute une petite chanson romantale et sentimentique.

Alors ceci que, depuis plusieurs semaines, je veux ajouter à ma longue liste de favoris :

D'abord une date et un numéro ; 10 septembre 1935, Pathé PA 690, face deux.

Mais avant de vous parler de cet enregistrement, puis-je souligner qu'il fait partie d'une liste de 488 faces du même interprète, une des plus impressionnantes discographies d'entre les deux guerres. (Merci, feu Monsieur Gérard Roig - Phonoscopies, Avril 1993.) - Je vous dirai le nom de cet interprète dans quelques instants.

Pour le moment, parlons de son auteur, René Sarvil, celui qui, malheureusement, a mis des années avant qu'on publie sa biographie, avec, comme sous-titre de "L'oublié de la Canebière". - Vous trouverez une page que nous lui avons consacrée dans notre "autre" site :

http://www.www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/sarvil_rene/sarvil_rene.htm

Pour un bonhomme oublié, ce qu'on peut dire que ses chansons continuent d'être chantées, écoutées, diffusées quarante ans après sa mort, mais surtout 65 et même 70 ans après leur composition grâce, entre autres, à deux autres "Marseillais" dont l'un fut Vincent Scotto et le deuxième, notre interprète. - Vous ne me croyez pas ? Alors jurez-moi que vous n'avez jamais entendu de :

"Le petit cabanon", "La valse marseillaise", "Tout autour de la corniche", "Le petit bal de la Belle de Mai", "Adieu Venise provençale","À Toulon", "Sur le plancher des vaches" et surtout :

"Le plus beau tango du monde".

Non ? Même pas, pour ce tango ?

Alors autant vous dire son nom tout de suite : Henri Allibert dit Alibert.

Vous trouverez sa biographie et d'autres enregistrements à cette adresse - même site que celui précité :

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/alibert/alibert.htm

Précisons qu'il a écrit une dizaine d'opérettes, a joué dans autant de films et, avec Sarvil et Scotto, a dû composer une bonne centaine de chansons dont celle-ci, qui s'intitule tout simplement :

Vous avez l'éclat de la rose

Paroles et musique de René Sarvil et Vincent Scotto.

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308 - 1er juin 2015

   Da Blues

J'ai un ami, Jacques, qui est à 95% aveugle et avec lequel je ne m'entends presque jamais, sauf sur la musique, mais pas sur la façon que divers systèmes de son la reproduisent. Faut dire que le sien lui a coûté plus de 20.000$ alors que le mien consiste en un vieil ordinateur auquel j'ai branché des haut-parleurs valant moins de 100$. Mon idée est que si je reproduisais, chez moi, le son d'un orchestre symphonique, tous les habitants du quartier que j'habite porteraient plainte. Quant à aux groupes rock avec leurs milliers de watt et leur 110-115 décibels, autant ne pas y penser.

J'appelle tout système qui tente de reproduire le son d'instruments de musique et surtout la voix humaine, des aide-mémoire.

Mais ce n'est pas de ça dont nous parlions la dernière fois que nous nous sommes rencontrés. Nous discutions de la mort récente de B. B. King que nous avons toujours abhorré, lui et moi. Pourquoi ? Pour diverses raisons dont sa façon de faire vibrer les cordes de sa guitare et son interprétation de "Nobody Knows the Troubles I've Seen", une montre Rolex autour du poignet. Son insistance, aussi, de se faire transporter en Rolls de son hôtel aux salles de concert où son numéro dépassait rarement une heure.

En réalité, ce n'est pas à B. B. King personnellement que nous en avons toujours voulu, mais aux types de Blues que la plupart des musiciens ont adoptés à partir des années cinquante. Ayant connu et admiré cette forme musicale telle qu'interprétée par Bessie Smith, Blind Lemon Jefferson, Holin' Wolf, Huddie Ledbetter et même John Lee Hooker, mais surtout Lightnin' Hopkins, il nous est difficile de faire rentrer dans leur rang des Stevie Ray Vaughan, Eric Clapton, Freddy King, ou John Mayall, pour n'en nommer que quelques uns.

Une pîèce, une seule, quand même, que j'ai toujours adorée de B. B. King. Elle se trouvait, je crois sur un long-jeu que j'ai couru acheter quand je l'ai entendue pour la première fois. Malheureusement, je n'ai plus ce long-jeu, mais si ma mémoire est exacte, elle faisait partie d'enregistrements effectués en 1990 et publiés sous le nom de Live at San Quentin, le célèbre pénitencier californien. - Je ne sais pas si elle faisait partie des prestations de B. B. King le jour où son concert a été enregistré, mais elle semble avoir été gravée, soit au cours de la répétion qui l'a précédé, soit après, avec B. B. King non pas à la guitare, mais au piano.

La pièce s'intitule Nobody Loves Me but My Mother. Elle est très courte - une minute et demi - sauf qu'elle donne une bonne idée de ce que B. B. King aurait pu être s'il s'en était donné la peine. La voici :

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Je ne saurais cependant vous laisser sans vous faire jouer une autre pièce, d'un très méconnu chanteur, enregistrée, chez lui, dans le petite ville d'Alton (Illinois), quelques mois avant sa mort, survenue en 1962, par le Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage. Son nom ? Thomas McFarland, mieux connu sous le nom de Barrelhouse Buck.

Vous trouverez tous les détails du disque dont l'extrait qui suit est tiré à cette adresse :

http://www.folkways.si.edu/thomas-mcfarland/barrelhouse-buck-backcountry/blues/music/album/smithsonian

La pièce s'intitule tout simplement Mary, Ain't I Been One Good Man to you.

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paul

P.-S. : Ayant gagné, selon diverses sources, plus de 100,000,000$ au cours de sa carrière, B. B. King laisserait derrrière lui quelque dix à vingt millions en guise d'héritage.

P.-S. 2 ; Faites-moi une faveur, allez sur YouTube, tapez "See That My Grave Is Kept Clean" et faites jouer l'une, près l'autre, la version originelle de Blind Lemon Jefferson, puis celle de B.B. King et ensuite passer à Lou Reed. Et puis, tandis que vous êtes là, écoutez ceci, de Bessie Smith :

https://www.youtube.com/watch?v=6MzU8xM99Uo

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307 - 4 mai 2015

   Marc-André Hamelin

Sa réputation n'est plus à faire. Wikipedia :

"Il est mondialement reconnu pour sa virtuosité phénoménale et son immense répertoire qui va des classiques (Haydn, Mozart) et romantiques (Liszt, Chopin, Schumann, Brahms) aux impressionnistes (Debussy, Albéniz). Mais il porte aussi un intérêt particulier aux compositeurs moins connus, souvent réputés injouables, comme Leo Ornstein, Nikolaï Roslavets, Gueorgui Catoire, Leopold Godowsky, Ferruccio Busoni, Charles-Valentin Alkan, Sorabji, Nikolaï Kapoustine, Nikolaï Medtner, Charles Ives, Heitor Villa-Lobos, William Bolcom et Frederic Rzewski."

Il est moins connu pour ses dons d'improvisation et de composition et très peu connu pour son humour sauf par ceux qui ont assisté à un de ses récitals. Qui, parmi les grandes vedettes du piano oserait, par exemple, faire un signe de croix avant de jouer une pièce particulièrement difficile, après avoir annoncé qu'il allait probablement, avec elle, tuer sa carrière et commettre un suicide ?

Cet humour, se retrouve en filigrane dans certaines de ses compositions dont ses 12 Études en tonalités mineures composées entre 1986 et 2009 :

1 - en do "Triple Étude, d'après Chopin" (1992)
2 - en mi "Coma Berenices" (2008)
3 - en la "d'après Paganini-Liszt" (1993)
4 - en si "Étude à mouvement perpétuellement semblable, d'après Alkan" (2005)
5 - en sol "Toccata grottesca" (2008)
6 - en ré "Esercizio per pianoforte, Omaggio a Domenico Scarlatti" (1992)
7 - en mi bémol "d'après Tchaikovsky, uniquement pour la main gauche" (2006)
8 - en si bémol "Erlkönig, d'après Goethe" (2007)
9 - en fa "d'après Rossini" (1987)
10 - en fa dièse "d'après Chopin" (1990)
11 - en do dièse "Minuetto" (2009)
12 - en la bémol "Prelude et Fugue" (1986)

Ces études ont été enregistrées et distribuées (sur CD) par la firme Hypérion (no. CDA67789).

Des douze, voici celle que je préfère entre toutes, parce que je suis un inconditionnel de Scarlatti (voir le numéro 21 de ma série d'enregistrements). Elle est la sixième dont vous pourrez trouver plusieurs enregistrements sur You Tube, notamment par Milu Yu (?), Sandro Russo et, en récital, par Marc-André Hamelin lui-même, aux adresses suivantes :

Milu Yu :

https://www.youtube.com/watch?v=NGNrwMFmaTs

Sandro Russso :

https://www.youtube.com/watch?v=1P1ASCZvpdc

Marc-André Hamelin :

https://www.youtube.com/watch?v=JA-0dMs1wbs

De cette dernière, voici la trame sonore :

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P.-S. 1 : Ses variations sur un thème de Paganini (Étude no. 3) ne sont pas piqués des vers non plus :

https://www.youtube.com/watch?v=3N1przkk5tA

P.-S. 2 : Et, étant donné que vous en serez là, ne manquez pas l'interprétation de Marc-André Hamelin des Études sur les Études de Chopin de Leopold Godowsky (1870-1938) :

https://www.youtube.com/watch?v=7QBzdRPVxIc&list=RDJA-0dMs1wbs&index=6

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306 - 13 avril 2015

Nostalgie [306-365]

"Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
  Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux...
"
      (Victor Hugo - A Villequiers)

Je ne sais pas pourquoi, un matin, il y a deux semaines, j'ai pensé à ce vieil Hugo, mais, me réveillant, j'ai eu la bêtise, contrairement à mes habitudes, de penser à mon passé plutôt qu'à mon avenir. J'ai regretté tout à coup l'absence d'un journal que j'aurais pu tenir et dans lequel je me serais plongé pour savoit où j'étais, ce que je faisais un certain jour d'avril de, mettons, 1977. Remarquez que n'importe quelle date aurait pu suffire. Et c'est ainsi que les "tempus fugit", "beaux jours", "c'était le bon temps"... me sont revenus jusqu'à ce que je comprenne, que je réalise que, quoique nous fassions, au cours de nos vies, nous laissons tous des traces, invisibles peut-être, mais indélibiles et inéffaçables.

Mes traces ? Je les ai laissées dans ma discothèque (33t) que j'ai scindée et donnée il n'y a pas très longtemps, en trois morceaux : 1) la musique dite "populaire", 2) la musique dite "classique" et 3) mon fonds jazz. Ne me reste plus que des CD au nombre de mille, mille deux cent cinquante qui ont tous été empétroirisés et sont, depuis plusieurs jours-semaines-mois-années dans quatre ou cinq disques externes et donc, à deux ou trois touches des deux ou trois claviers de mes ordinateurs... avec la plupart des ces 33t qui se trouvent maintenant chez d'autres qui, je l'espère, en prendront soin.

Voilà pour la nostalgie.

Journal, j'ai dit ? C'est que, sans le savoir, j'en ai tenu un. Sous la forme d'enregistrements datés (vive l'informatique !) de la journée (et de l'heure !) où je les ai choisis pour faire partie de cette chronique et d'autres pages rédigées pour ce site ou celui sur la chanson française dont l'adresse se trouve au bas des présentes.

D'où ce nombre de 306-565 auquel j'aurais pu ajouter 1.345 car :

Dans cette chronique, j'en suis maintenant à 306 enregistrements sur les 565 qui font partie de ce site, comparativement au 1.345 qui font partie du site "Du temps des cerises aux feuilles mortes", site dont la lecture et l'écoute doivent s'étirer sur des milliers d'heures. C'est beaucoup, non ?

Pas tellement. une quinzaine de jours, à huit heures par jour. Rien de comparable aux onze mois qu'il faudrait pour écouter tous les enregistrements contenus dans mes fichiers mp3 que j'ai écoutés au moins une fois. Chacun. Certains des centaines de fois : mes quatuors de Beethoven, par exemple, ou mes Fred Gouin ; car oui, j'ai un faible pour ce chanteur des années vingt et trente dont vous pourrez lire la biographie à l'adresse suivante :

http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/gouin_fred/gouin_fred.htm

De lui, un disque Odéon, numéro 165189, enregistré en juin (?) 1927.

L'âme des roses

Paroles et mujsique de René de Buxeuil.

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305 - 6 avril 2015

Eleni Karaindrou

Eleni Karaindrou est un nom méconnu en Amérique et peu connu, même en Europe, sauf en Grèce, quoiqu'elle ait à son crédit les thèmes et trames sonores de plus de trente films et ses compositions ont fait l'objet d'une vingtaine de CDs.

Elle a eu et a toujours ce qu'on pourrait appeler un succès d'estime, admirée par tous les professionnels du cinéma et les compositeurs contemporains, mais sa réputation est surtout redevable au fait qu'elle a été la compositrice favorite du cinéaste Theodoros "Theo" Angelopoulos.

Vous pourrez en lire plus sur Wikipedia à l'adresse qui suit : http://en.wikipedia.org/wiki/Eleni_Karaindrou.


Eleni Karaindrou
(Photo en provenance de http://www.klassikakzente.de/)

J'ai pensé à elle suite à un courriel que j'ai reçu de Madame Hélène G. de St-Hyacinthe qui s'est dite surprise que j'aie cité, il y a un mois, le 10e quatuor de Schubert plutôt que son 13e ou 14e, considérés comme étant ses chefs-d'oeuvre et probablement, disait-elle, "parmi les meilleurs quatuors de tous les temps, égaux en tous points, aux quatre derniers de Beethoven qui avait à l'époque dépassé la cinquantaine alors que Schubert n'en avait pas trente..."

Tout à fait d'accord, Hélène - permettez que je vous appelle Hélène - : de ces quatuors, celui que je préfère est le "Rosamunde" (13e), surtout pour son premier mouvement dont voici le début, par le quatuor Guarneri (Newton Classic, numéro 8802089 - Distribué par Naxos - 2011).

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Le rapport entre cet extrait et le suivant ?

Je n'en ai aucune idée. Tout ce que je sais, c'est que l'un me fait penser à l'autre et vice versa.

D'Eleni Karaindrou, voici l'envoûtant thème du très grand film de Theodoros "Theo" Angelopoulos, Le regard d'Ulysse ("To vlemma tou Odyssea"), sorti en salle en 1996, qui, malgré tous les prix qu'il a pu récolter, notamment au Festival de Cannes, est passé presque inaperçu en Amérique. - À l'alto, Kim Kashkashian.

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(Photo en provenance du site http://fanpix.famousfix.com/)

Note : Le regard d'Ulysse dure trois heures, mais ne contient qu'une soixantaine de prises de vue.

...

Mais puisqu'on en est aux quatuors, si vous voulez entendre les deux quatuors à cordes les plus inusités, pensez à ceux qui suivent :

1) Le quatuor de John Cage

Un quatuor ayant pour thème le silence.

Sur YouTube par le Quatuor Lasalle : https://www.youtube.com/watch?v=QiUvHzNoSKU

2) L'Helikopter-Streichquartett de Karlheinz Stockhausen

Une œuvre qui nécessite un quatuor à cordes, quatre hélicoptères et leur pilote, ainsi qu'un équipement assez complexe d'audio et de vidéo et une vingtaine de techniciens.

Je ne vous en dis pas plus : faut voir pour le croire. (Attendez que l'écran se divise en quatre, vers la quatrième minute.)

Sur YouTube, par le Elysian Quartet : https://www.youtube.com/watch?v=7ykQFrL0X74

paul

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304 - 2 mars 2015

John Thaw - Inspector Morse (Morse) - Schubert

Après, nous avoir fait cadeau de la série Danger Man (39 épisodes de 30 minutes en 1961-1962 et 47 épisodes d'une heure en 1964-1965), The Prisoner (17 épisodes d'une heure en 1967-1968), The Avengers (51 épisodes de la série John Steed et Emma Peel, en 1965-1968) - sans compter la série du Doctor Who qui en est à sa cinquantième année [1] -, la télévision britannique a su renouveler de fonds en combles ses émissions police-spy-action-comedy-programmes dans les années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix avec ce qui sont devenus des classiques tout à fait remarquables dont la meilleure, à mon avis (sans exclure le Sherlock Holmes de Jeremy Brett), fut Morse du nom de son personnage principal, Inspector Morse dont le prénom est si étrange qu'il n'est jamais mentionné, même si on lui demande souvent, au cours des 30 premièrs épisodes (sur 33), chacun ayant duré une heure et demie (de 1987 à l'an 2000).

(À peu près tout ce qui est mentionné ci-dessus est disponible dans un format ou un autre sur YouTube.)

John Thaw est le comédien qui interprète Morse, en compagnie de son assistant, Kevin Whateley (le Seargent-detective Lewis) sous les ordres du "Chief Superintendant David Strange" [sic] joué par James Grout.

Son thème est assez particulier car, joué à la flute, au piano ou un quatuor à cordes, il implique, d'épisodes en épisodes, soit au début, soit à la fin, une sorte de leitmotiv en code Morse : le nom de Morse, justement.

-- --- .-. ... .

...et parfois le nom du criminel ou un autre personnage de l'épisode en question.

Très curieux comme approche, mais le dit inspecteur Morse est également un fervent amateur de musique classique et, de semaines en semaines, c'est une pure joie que d'entendre, en arrière-plan, des extraits de musique de chambre de Beethoven, Schubert, Schumann, Debussy et même des arias de grands opéras.

En voici un, tiré du quatuor numéro 8 de Franz Schubert (le D-112, en si bémol), deuxième mouvement, andate allegro, qui m'a fait sourire car juste comme Morse commence à l'écouter, dans l'épisode où ce mouvement est cité, son téléphone sonne pour lui signaler qu'un nouveau crime vient d'être commis. Son expression en dit long.

Ses interprètes sont ceux du Quatuor Auryn : Matthias Lingenfelder, premier violon, Jean Oppermann, deuxième violon, Stewart Eaton, alto et Andréas Arndt, violoncelle. - Enregistrement de 1995 - Disque CPO (2 coffrets de 3 CDs) numéro 999 410-2. - 8m39s.

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Comme d'habitude, fortement recommandé.

Addendum

Reçu, récemment, d'un lecteur qui nous suit régulièrement, Monsieur Vincent M. non seulement un gentil message, mais une adresse que je vous donne à l'instant :

"Ça m'a fait plaisir de retrouver Core n'grato sur [votre site]. Pourquoi ne pas nous l'offrir dans la version de Roberto Murolo, ce chanteur qui a su rendre à la chanson napolitaine la simplicité dont le bel canto l'avait parfois dépouillée ?"

Roberto Murolo ? - Né le 19 janvier 1912 à Naples - mort dans la même ville le 13 mars 2003 -, un chanteur italien, qui, avec Renato Carosone, Sergio Bruni et Aurelio Fierro, fut l'un des interprètes majeurs de la chanson napolitaine.

Bonne fin de journée !

paul

[1] Rien à comparer à Coronation Street : 8.543 épisodes au 31 décembre 2014. - 356 jours d'antenne 24/24.

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P.-S. : Tous les épisodes de Morse, découpés en 5 ou six fichiers par épisodes - mais il s'agit de cliquer sur le premier pour qu'ils s'emboîtent automatiquement - se trouvent, chez YouTube, à partir de l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=tGuXsioTbKE&list=PL540A45E2565DB73C

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303 - 2 février 2015

Chansons qui font pleurer les mères

Enrico Caruso fut le premier à enregistrer la chanson qui suit. - L'ont suivi : Tino Rossi, Mario Lanza, Luciano Pavarotti, Placido Domingo, Andrea Bocelli, enfin : touts ceux qui ont  eu une certaine velléité à monayer leurs voix, y compris naturellement, celui qui a brisé les coeurs de bien des femmes de 1930 à 1956, le chanteur qu'on a surnommé le Bing Crosby ou le Frank Sinatra d'Italie et à qui on attribue plus de 1.500 enregistrements (dont on peut en retrouver plus de 200 sur YouTube), le plus populaire des chanteurs italiens de sa génération, Carlo Buti, né à Florence en 1902 et décédé à Montelupo Fiorentino en 1963.

Célèbre pour son interprétation de La Paloma (et d'Amapola), il ne pouvait pas se permettre d'oublier Core 'ngrato (cœur ingrat en dialecte napolitain) une chanson écrite par le poète Riccardo Cordiferro et mise en musique par Salvatore Cardillo en 1911.

La voici, sous étiquette Columbia, en date de 1945.

Catari, Catari, pecche me dice sti parole amare,
pecche me parle e 'o core me turmiente, Catari?
Nun te scurda ca t'aggio date 'o core, Catari,
nun te scurda...

Core, core, 'ngrato,
t'aie pigliato 'a vita mia,
tutt'e passato...

Caterina, Caterina, pourquoi me dis-tu ces mots si cruels ?
Pourquoi me tortures-tu ainsi, Catari ?
N'oublie pas : je t'ai donné mon coeur...

Coeur ingrat ,
Tu m'as tout pris, tout volé
Tout est fini...

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Core 'ngrato - Carlo Buti

Cliquez sur la note : version MP3 :

(Photo en provenance du site http://www.laut.de/)

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302 - 5 janvier 2015

De Sherlock Holmes à George Bernard Shaw

Jeremy Brett ; le nom vous dit quelque chose ? - Son dernier projet était d'être le premier comédien à incarner Sherlock Holmes dans chacun des cinquante-six contes et quatre nouvelles d'Arthur Conan Doyle. Il y est presque parvenu en ayant été la vedette de diverses séries télévisées où il fut le célèbre détective dans cinquante-deux émissions mémorables dont les six dernières enregistrées quelques mois avant sa mort survenue en 1995, à l'âge de 62 ans.

Ce que l'on sait moins de lui, c'est qu'il futégalement le Nicholas Rostov de War and Peace de King Vidor en 1956, et le Freddie Eynsford-Hill de My Fair Lady de George Cukor en 1964, deux rôles qu'il joua au côté d'Audrey Hepburn ; ce qui m'amène à vous parler de Rex Harrison et de George Bernard Shaw.

Je reviens à Shaw dans deux secondes le temps de vous dire que c'est en faisant des recherches sur ces deux sujets, Sherlock Holmes et My Fair Lady que j'ai découvert le lien qu'il y avait entre les deux : le Jeremy Brett dont je viens de parler. - J'ai pensé que ça pourrait vous intéresser parce que ce sont des coïncidences que l'on note peu souvent.

My Fair Lady :

On sait que ce film a, pour origine, Pygmalion de George Bernard Shaw, une pièce de théâtre dans laquelle une jeune vendeuse de fleurs est transformée en duchesse par un certain professeur (Henry Higgins) qui lui enseigne à parler correctement. Fallait, forcément, qu'on en fasse une comédie musicale et... un film..

De comédies-musicales, je n'en connais que deux ou plutôt je me limite, parce que je n'aime pas le genre, à deux : Singin' in the Rain, de Stanley Dolan et Gene Kelly, et le My Fair Lady précité. - Pourquoi ? Parce que, pour la première, elle est infiniment drôle et extrêmement bien construite et, pour la deuxième, le plus-que-parfait Henry Higgins en la personne de Rex Harrison.

Rex Harrison qui - j'y arrive - dans ce film, chante cette chanson que j'ai récemment entendue le jour de ma fête sur les ondes de la CBC :

Why Can't the English Teach Their Children How to Speak ?

Cliquez sur la note : version MP3 :

301 - 1er décembre 2014

J'ai toujours été un fan inconditionnel d'Anton Bruckner (1814-1896), celui qui, entre Beethoven (1770-1827) et Mahler (1860-1911), a fortement influencé ce dernier par ses thèmes hors du commun et ses transitions démesurées.

De lui, je me souviens avoir lu quelque part que son originalité provenait, entre autres, des "rideaux sonores" qu'il pouvait ouvrir ou refermer de façons surprenantes sans jamais dérouter ses auditeurs.

Pour me faire plaisir cette semaine, j'ai décidé d'ajouter à ma série d'enregistrements le premier mouvement de sa quatrième symphonie, celle qu'on a surnommée "La romantique" et que j'ai retrouvée sur YouTube interprétée par l'Orchestre Philharmonique de Münich (1981) sous la direction de Sergiu Celibidache (1912-1986), un chef d'orchestre qui mérite d'être remis à la mode.

Attention, quand même : c'est assez long (vingt-et-une minutes), mais je parie que si vous l'écoutez ne serait-ce qu'une seule fois, vous vous souviendrez de sa puissance évocatrice

Anti-wagnérien ? Prière de vous abstenir.

Notes :

Pour une version plus "courte" (18 minutes), mais malheureusement enregsitrée avec les moyens de du bord (1951), vous pouvez toujours passer du côté de Furtwangler qui, sans doute le plus grand Brucknérien de son époque, l'a mise pas moins de 66 fois à ses programmes. Voir à l'adresse qui suit :

https://www.youtube.com/watch?v=wHvO75YIiwA

(Celibidache disait que, depuis la mort de Furtwangler, plus personne ne savait ce qu'était un "adagio"...)

La version filmée (en concert) de Celibidache et de laquelle l'extrait qui suit a été tirée, se trouve, quant à elle, à cette adresse :

https://www.youtube.com/watch?v=LY7m119eOys

Cliquez sur la note : version MP3 :


Pour la série précédente, cliquez : ICI.

Mais : Si vous êtes venu par là, retour à : Aceto

Sinon, voir à : la S.B.E.C.M.A.N.

Ou encore à : "Snake and Ladders"


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