Université de.
Napierville
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Extraits sonores - 3



Chaque semaine, depuis plusieurs mois, Le Castor joint à son  édition, un document sonore qui date, la plupart du temps, d'avant 1956 et qui lui paraît susceptible d'intéresser ses lecteurs.

Voici une liste partielle de ces enregistrements :

(On clique sur la note pour entendre les extraits - tous en fichiers MP3)

Voir à : Copyrights.

Pour la série précédente, cliquez ICI.


160 - 8 août 2008

Voici une petite chose de Reynaldo Hahn (si on peut dire «petite chose» dans son cas), une petite chose qui demeure quand même aussi fraîche aujourd'hui qu'elle l'était lors de sa création, en 1923... il y a quatre-vingt-cinq ans.

C'est tiré de Ciboulette, une des grandes opérettes françaises qu'il est inutile de présenter mais qui est si peu entendue depuis quelques années qu'elle mérite bien un détour.

Sur des paroles (livret) de Robert de Flers et de Francis de Croiset. - Création : Paris, 7 avril 1923 au Théâtre des variétés.

Les chanteurs : André Beaugé (Antonin) et Edmée Favart (Ciboulette).

Un disque Pathé de 1923 - No. X 2608. - Nous avons fait un beau voyage...

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159 - 21 juillet 2008

Et si je vous parlais de Richard Wayne Penniman, né le 5 décembre 1932 ? - Hé oui : il aura 76 ans cette année et si vous le voyez passer à la télévision d'ici  là (car il s'y pointe encore régulièrement), vous saurez qu'il a un excellent maquilleur et probablement un perruquier de génie. Mais il ne se prend pas au sérieux et ça excuse tout.

Sa musique - car il fut et est toujours musicien (et ompositeur, et chanteur, et comédien, etanimateur - est du genre boogie-woogie, rythm and blues, gospel mais elle est surtout connue, car il en fut un des piliers, sous l'appellation générique de rock n' roll. Il faut dire générique parce que si jamais vous avez eu l'occasion d'entendre Elvis Presley, les Beatles, les Rolling Stones, les Beach Boys et les dinosaures que sont devenus Chuck Berry ou les gens de son époque de même que les petits jeunes des années soixante, quatre-vingt et quatre-vingt-dix, vous avez déjà compris que le rock n' roll, c'est à peu près n'importe quoi. en autant que ce soit interprété à 99% à la guitare et qu'il y ait un batteur. Le reste...

Richard Wayne Penniman, lui, était pianiste. - Tout comme Jerry Lee Lewis qui s'est vite tourné cependant du côté du Country Music. - À son crédit, une série de hits qui ont été repris des dizaines de fois, par les Beatles notamment, et plus particulièrement John Lennon : Tutti Frutti, Long Tall Sally, Rip It Up, Ready Teddy, Lucille, Send Me Some Lovin', Jenny Jenny, Keep A-Knockin' etc.

L'enregistrement qui suit date de mars 1956. Il a donc, cette année 52 ans. C'était le côté B d'un single (78t et 45t) publié par la firme Specialty dont le côté A était le Long Tall Sally mentionné ci-dessus. Ses auteurs : Enotris Johnson, Robert Blackwell, et... Richard Penniman. Ça s'appelle Slipin' and Slidin' et, au fur et à mesure que les années avancent, ça ressemble de plus en plus en plus à un classique.

P.-S. : J'oubliais : le nom de scène de Richard Wayne Penniman fut et est toujours Little Richard mais comme il a été pasteur un certain temps, on dit de plus en plus : Révérend Penniman.

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158 - 7 juillet 2008

«Une polka brésilienne (numéro 118), un one-step hongrois (numéro 97), une marche hawaïenne (numéro 155), un tango russe (la semaine dernière), qu'avez-vous d'autres à nous offrir ?» auriez-vous le droit de demander.

Que pensez-vous d'une samba... égyptienne ?

Vous verrez : ce n'est pas mauvais. Le mot «égyptienne» n'est là évidemment que pour faire exotique, sans doute à cause de l'interprète né au Caire d'une mère française et d'un père fonctionnaire égyptien. - Il s'appelait Joseph Gandhour mais, pour son nom d'artiste, il prit celui de Réda Caire. - En l'honneur de sa ville natale sans doute mais il aurait pu porter le titre de comte par le biais de sa mère qui appartenait à une des plus anciennes familles belges : les Berner-Renoz de Walden. - Qu'importe : il a séduit tous les coeurs de ses tous débuts, en 1928, jusqu'à son dernier récital, en 1962.

Vous le connaissez peut-être pour ses deux plus grands succès : «Si tu reviens» et «Les beaux dimanches du printemps» ; mais ne mentionnez que ceux-là fera oublier une des ses plus grandes prestations : «Le temps du tango» de Caussimon et Ferré qu'il enregistra en 1962 et qui était encore plus empreint d'émotions que la version de Ferré parce que, lui, il était  avec ses cheveux gommés, son habit, sa stature d'un «beau» des années trente, véritablement de ce temps-là.

Étiquette Pathé - 1937 - no. PA 1186 - Mon Égyptienne - Chanté par Réda Caire :

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157 - 30 juin 2008

Nous avons eu droit jusqu'à ce jour à une polka brésilienne (no. 118), un one-step hongrois (no. 97), une marche hawaïenne (no. 155)... et beaucoup d'autres choses tout aussi inavouables, alors je me suis dit qu'un tango russe ne nuirait pas à notre réputation et tant qu'à y être, pourquoi ne pas vous présenter le plus célèbre chanteurs de tangos de l'ex-URSS. -  J'ai nommé Pyotr Leshenko (1898-1954).

Triste histoire tout d'abord :

Pyotr Leshenko est né à Isaeva dans l'ex-empire tsariste (région qui fait partie aujourd'hui de l'Ukraine), mais au cours de la guerre 14-18, ses parents déménagèrent à Kishinev (Moldavie) annexé par la suite par la Roumanie. Il fut, de ce fait, considéré toute sa vie à la fois Russe, Ukrainien, Moldave et Roumain quoiqu'il n'ait parlé presque exclusivement que le russe de sa naissance jusqu'à sa mort.

Exilé à cause de sa musique (a-t-on idée de chanter du tango et des ballades romantiques sous un régime communiste ?), il a vécu longtemps à Bucarest avant, en 1951, d'être arrêté (par la milice roumaine) pour activités qui allaient à l'encontre de la culture bolchevique (on le considérait alors comme un anti-révolitionnaire) et mourir en prison trois ans plus tard.

De plus amples détails peuvent être trouvés sur le WEB mais soulignons au passage que ses disques (piratés) se vendaient pas centaines de milliers en Russie staliniste et qu'il état fort connu et fort apprécié dans toute l'URSS au cours des années trente et quarante.

Une voix de baryton inoubliable.

Ce qui nous ramène à ses tangos. - Parmi ceux qu'il a enregistré, à Bucarest, celui qui suit, intitulé tout simplement Wino Lubwi ou : Le vin de l'amour. - C'est pas tout à fait russe, pas tout à fait argentin mais fort écoutable. - Columbia 1936.

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156 - 23 juin 2008

La chanson qui suit a été tellement galvaudée au cours des derniers cinquante, soixante ans qu'elle en a presque perdu sa crédibilité. Il en existe des centaines de versions : à l'accordéon, à l'orgue, au piano, au saxophone, au violon, à la trompette, au xylophone, au mellophone, à la harpe, au ukelele, à l'harmonica, à la mandoline, au banjo, à la contrebasse... sans compter d'innombrables ensembles dont un quatuor de flutistes, un groupe d'instrumentalistes suisses et Daniel Barenbohm en a même fait une version symphonique avec la Philharmonique de Berlin.

Sa notoriété mondiale provient de son interprétation (chantée) par Carmen Miranda dans Copacabana, un film de'Afred E. Green qui mettait en vedette Groucho Marx en 1947 et qui fut suivie, l'année suivante par celle de l'incroyable Ethel Smith à l'orgue dont on pourra entendre l'inavouable version sur YouTube tandis qu'ici, au Québec, une gloire locale, Alys Robi, en a fait presque sa marque de commerce.

Elle (la chanson) date de 1917 et est brésilienne d'origine. Composée par Zequinha de Abreu, Alosyio de Oliviera lui a ajouté des paroles peu longtemps après mais en versions anglaise, française, allemande, italienne, on ne sait au juste reconnaître qui en a fait une traduction ou qui l'a tout simplement adaptée.

À l'origine, elle s'appelait Tico-Tico no Fuba ce qui veut dire à peu près «petit oiseau sans semoule de maïs» (sic)  sauf que la chose devient un peu plus claire quand on apprend que le tico-tico en question est le coucou d'une horloge : «Quand il fait coucou, c'est l'heure d'aller travailler... Quand il fait coucou, c'est l'heure de se reposer... Quand il faut coucou, c'est l'heure d'aimer... » - Enfin : vous voyez le genre.

C'est super-entraînant (quand c'est bien joué) et vous verrez que, lorsque interprété à la guitare sèche, c'est très bien fait.

La version qui suit date d'un enregistrement live par le célèbre guitariste Carlos Barbosa-Lima né à Sao Paulo au Brésil accompagné par la non moins célèbre Berta Rojas et dont on pourra écouter d'autres enregistrements à l'adresse qui suit :

http://cdbaby.com/cd/barbosalimarojas

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155 - 16 juin 2008

High Button Shoes

Pour se souvenir de cette comédie musicale, il faut être âgé de, quoi ? quatre-vingt ans ? On en a fait un film, quand même, onze ans après sa dernière représentation, ce qui nous ramène à soixante-dix ans mais comme ce film n'a été présenté qu'une seule fois, et à la télévision (dans le cadre d'un «Saturday Night Spectacular» à la NBC), y'a des bonnes chances que peu s'en souviennent. - Soyons généreux et disons soixante-quinze mais si, par hasard, vous vous trouviez à New York au moment de sa création, si une tante vous avait amené au théâtre, ce soir-là et que vous aviez dix ans ce jour-là, ben... aujourd'hui vous auriez soizante-et-onze ans.

Des airs, chansons ou mélodies rattachés à cette comédie, il n'est à peu près rien resté sauf une chose enregistrée par Louis Armstrong en 1964 et reprise il y a deux ans par Harry Connick Jr.

Faire jouer la chose en question par Louis Armstrong eut été facile (quoique que, avec les copyrights, il aurait fallu attendre jusqu'en l'an 2014) mais, tiré d'une voûte secrète, sur un 10" Columbia de 1951, voici que votre disque-jockey a retrouvé, enregistré en 1947 [*]  par Jack McCauley et Annette Fabray un mini-classique qui porte le joli titre de «I Still Get Jealous».

Musique et paroles de Jule Styne and Sammy Cahn.

(Vous verrez : c'est loin d'être mauvais et quelle nostalgie !)

[*] Dans une production de Monte Proser et Joseph Kipness au New Century Theatre, le 9 octobre.

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154 - 9 juin 2008

Décédait, le premier du mois courant, à Paris, il y a cent ans, Jean-Paul Habens dit Paulus, la plus grande de toutes les vedettes du Café-Concert de la première époque (1840-1900). - Pendant près de quarante ans, de Paris à Moscou, de Marseille à New York, de Londres à Budapest, il a chanté des refrains qui sont devenus des classiques de la chanson française : En revenant de la revue, Le père la Victoire, Derrière la musique militaire, Je me rapapillotte, Les pompiers de Nanterre...

Il n'a malheureusement pas pas été endisqué. Méliès l'aurait filmé mais on n'a jamais retrouvé la trace de ces films. Et, en 1906, lorsque Alice Guy tourna ses phonoscopes, il était, à toutes fins utiles, à la retraite.

Avec ses cachets astronomiques, ses frasques, son style de vie, ses dépenses, ses faillites même, feraient, de lui, aujourd'hui, la une de tous les journaux.

Pour plus de renseignements, voir notre autre site à : Paulus.

Enregistrement ?

Par deux fois, ici, nous avons fait tourner son célèbre En revenant de la revue, une chanson de Lucien Delormel et Léon Garnier pour les paroles et Louis-César Désormes pour la musique, une fois par Eugène Gabin, le père de l'autre, (numéro 62) et une autre fois par Georgius (numéro 109) - Nous pourrions aujourd'hui récidiver car il s'agit d'une des choses qui a été enregistrée énormément et non seulement par des vedette inconnues. Citons, parmi ces vedettes, Bourvil, Fred Gouin, Zappy Max... jusqu'à Guy Béart qui en a fait une version (une des meilleures avec celle de Bourvil).

Aujourd'hui, pour le centième anniversaire de sa disparition, nous avons pensé à vous faire jouer un de ses tout premiers succès, enregistré par le duo Bach et Laverne en 1933.

Pour plus de renseignements sur ce duo, voir également notre autre site.

Voici donc, de Philibert et Burani pour les paroles et d'Antonin Louis pour la musique, Les pompiers de Nanterre créé, selon Martin Pénet, par Jules Perrin à l'Eldorado, à Paris, en... 1868 :

Et puisque on n'en chante que deux couplets, pourquoi ne pas vous en donner un troisième :

Comme un n'héros, dans l'incendie
Risquant ses jours... même sa vie !
Pour extirper l'humanité
De la.., combustibilité
Pas besoin de leur crier
Dans la bouillante lave :
Camarade, soyez brave
Comm' César et... pompez !

Vous verrez : c'est charmant comme tout et puis ça vous reste en tête toute la journée.

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153 - 2 juin 2008

Le bonhomme dont je voudrais vous faire entendre un enregistrement cette semaine a été connu de son vivant sous le nom du «Roi du phono» mais aussi sous le nom de «Forçat du gramophone». Nul ne sait, au juste, combien de chansons il a chantées et combien de disques il a pu enregistrer  entre 1896-1897 et le début des années trente. - Huit cent quatre vingt seize recensés jusqu'à ce jour seulement chez Pathé mais il a également enregistré ailleurs : chez Zonophone, Odéon, Edison...

Attention cependant : quand on parle aujourd'hui d'une chanson d'untel ou d'une telle, on pense à un enregistrement unique reproduit plusieurs fois alors qu'au début de sa carrière, Charlus se devait d'enregistrer chaque disque séparément : c'était sur des cylindres vendus à la pièce et de ces cylindres, il pouvait en enregistrer jusqu'à quatre-vingt par jour... Un vrai «forçat», quoi !

On en apprendra plus sur lui en suivant le lien qui suit, lien à partir du quel on pourra entendre d'autres enregistrements (de lui), ses souvenirs, le voir en photo et même consulter la liste de ses enregistrements chez Pathé :

Charlus

 (Sur notre autre site)

Pour le moment, une toute petite chose datant de 1910, chez Pathé, numéro 2620 :

 Le C.A.E. DU P-L-M [*]

Auteur-compositeur : Victor Tourtal.

[*] P-L-M = Paris-Lyon-Méditerranée (ligne de chemin de fer). - Pour le C.A.E., il vous faudra écouter et, à la fin, pour un autre sigle, faudra deviner.

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152 - Le lundi 26 mai 2008

Au cours des derniers dix, vingt ans, nos oreilles ont été si souvent sollicitées par le récemment décédé Luciano Pavarotti de même que Placido Domingo et José Carreras que nous avons peut-être pris l'habitude de ne plus entendre qu'eux au détriment de Ben Heppner, Richard Margison et Dieu sait combien d'autres parce que il ne faut pas s'imaginer qu'à eux trois ils ont rempli toutes les opéras du monde entier.

Je ne m'y connais pas assez pour vous dire qu'ils étaient meilleurs que tous les autres ou qu'ils ont été les meilleurs ténors du XXe siècle. La palme reviendrait, d'après ce que j'ai pu lire, à un dénommé Enrico Caruso mais habitués comme nous sommes aux enregistrements des dernières années, il n'est pas assuré qu'un nouveau disque de Caruso dépassera en vente tout ce qui s'est fait depuis la venue de la «haute fidélité» ; surtout si l'on continue de tenter des expériences comme RCA Victor l'a fait avec son Caruso 2000 [*].

Tout ça pour vous présenter un ténor corse, né à Bastia en 1903, qui a appris à chanter en écoutant des disques sur un phono qui ne tournait pas à la bonne vitesse, qui s'est finalement retrouvé à Paris où un pédant l'a presque dégoûté d'apprendre la musique et puis qui, finalement, a suivi quelques cours pour en arriver à chanter en province avant de devenir si populaire qu'on fit appel à lui pour créer le rôle de Don José à l'Opéra Comique (le premier des 350 qui marqueront sa carrière) avant de passer pour de bon du côté du grand opéra : Monte Carle, Rome, Chicago... - Curiosité : il fut si adulé «ailleurs» que La Scala et le Met l'ont boudé.

Et ça a duré vingt ans.

Son nom : José Luccioni. - Il est mort, pour la petite histoire, à Marseille, en 1978.

Et quel est l'enregistrement que nous écouterons de lui ? - Ben, de quoi le comparer à Pavarotti :

(C'est disponible sous différentes marques : Maliban, Virgin, Arkiv...)

Le ciel luisait d'étoiles
de
La Tosca de Puccini
(1936)

[*] On a «retiré» la voix de Caruso de ses enregistrements des années dix et vingt pour les accoler à un orchestre de l'an 2000. - L'impression générale est que Caruso semble chanter dans la salle d'à côté.

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151 - Le lundi 19 mai 2008

La saison des impôts étant terminée, j'ai pensé qu'un petit Montéhus nous remonterait le moral.

Chanté par Marty (de l'Opéra de Monte Carlo), un enregistrement de 1931 (ou serait-ce 1932 ?), étiquette Perfectaphone. no. 3458 : l'Impôt sur les feignants.

Vous verrez qu'en ce temps-là, one ne faisait pas que rire des gouvernements, on les engueulait ! - Et en valse par dessus le marché !

Une petite note :

L'étiquette indique G. Krier pour la musique et Montéhus pour les paroles. Mes notes indiquent Chantegrelet pour la musique, soit celui qui a composé à peu près toutes celles des chansons de Montéhus, la plupart du temps seul mais souvent aidé d'un certain Doubis. Exception : La butte rouge composée par Krier...

Pour de plus amples informations sur Montéhus, cliquez ICI.

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150 - Le lundi 12 mai 2008

Il y a longtemps que je vous ai fait entendre Al Bowlly. C'était en octobre 2005, dans Easy to Love de Cole Porter, enregistré à New York en 1936 (voir à enregistrements - numéro 36). - Le revoici dans un autre, fait à Londres cette fois-là, avec, toujours, l'orchestre de Ray Noble, le 16 février 1934.

(Vous pourrez l'entendre dans un troisième enregistrement dans une page dédiée aux British Dance Bands - Cliquez ICI.)

Al Bowlly, né en Mozambique en 1899 mais éduqué en Afrique du Sud, il arrive à Londres, après avoir voyagé un peu partout, en 1930 et y entame une carrière phénoménale qui ne sera interrompue que pas sa mort en 1941 (il fut tué au cours d'un raid aérien). - Certains le considèrent comme le plus grand crooner des années trente ou, à tout le moins, le créateur du genre.

L'enregistrement que nous avons choisi de vous faire entendre aujourd'hui a été remis à la mode en 1980 d'une drôle de façon. - Consulter le WEB et vous verrez à quel point il fait l'objet d'un presque culte. - Il s'agit de la dernière pièce musicale qu'on entend dans le film The Shining de Stanley Kubrick lorsque la caméra, à la toute fin du film, se rapproche d'une photo d'un orchestre des années trente où... mais je ne peux pas vous en dire plus.

Voici donc, avec écho et applaudissements pour faire ballroom :

 Midnight, the Stars and You
Al Bowlly accompagné de l'orchestre de Ray Noble
Un disque HMV (RCA), numéro B-6461
3m31s

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149 - Le lundi 5 mai 2008

Je me demande souvent si Duke Ellington ne serait pas en train de traverser le même purgatoire que son prédécesseur, Scott Joplin, à qui il a fallu presque cinquante ans avant qu'on se remette à l'écouter et transférer son oeuvre de la section «musique folklorique» à celle de la «musique classique» chez les disquaires. - Non pas que sa musique soit supérieure à bien d'autres de son époque mais en tant que compositeur, il y a des choses de lui qui mériteront certainement d'être réentendues souvent et si l'on fait souvent jouer souvent du Joplin à la radio, rare y est devenue la présence d'Ellington.

On lui connaît plusieurs époques : celle du jungle music, celle du big band, celle des concerti, celle de ses dernières années...

Beaucoup de ses enregistrements sont encore disponibles mais il devient de plus en plus difficile de trouver ses grands classiques autrement que dans leurs derniers versions (sauf si on les commande), dernières versions qui ont peut-être le mérite d'avoir été mieux enregistrées mais les musiciens de ses dernières années n'étaient pas ceux de ses meilleures.

De tous ses orchestres, un se détache en particulier : celui des années 39 à 41 dans lequel figurait un certain Jimmy Blanton, contrebassiste, mais un contrebassiste qui y eut une si grande influence qu'on parle encore aujourd'hui de l'orchestre des  «années Blanton» et parfois des années «Blanton-Webster» à cause de la présence d'un autre grand, le saxo ténor Ben Webster même si trois autres musiciens inoubliables en faisaient partie : Cootie Williams et Rex Stewart à la trompette et Johnny Hodges au sax alto.

De cette période datent les meilleurs enregistrements jamais faits par Ellington de ses grands classiques :

Ko-Ko, Concerto for Cootie, Bojangles, In a Mellow Tone, Take the A Train, Raincheck, Perdido... bref : il faudrait citer les 70 titres auxquels les quatre ont participé (sauf Cootie Williams qui après dix-huit ans a quitté Ellington à la fin de 1940). - Maximum : trois minutes chacun car on était à l'époque de 78t ce qui démontre déjà la capacité d'Ellington de s'exprimer de façon très concise.

En voici un de ces légendaires 70 :

Musique et orchestration du Duke lui-même - 1940 - 6 mars - Chicago :

 Morning Glory - Soliste : Rex Stewart - Disque RCA Victor : - 2,27 mo

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148 - Le lundi 28 avril 2008

Vous savez qu'il aurait soixante-et-onze ans cette année ? - Le 11 juillet plus précisément. - Qu'il vient de fêter ses cinquante ans de vie artistique ? - Je parle de Michel Louvain, bien sûr. - Peu connu à l'extérieur du Québec (enfin...), vous n'avez qu'à mentionner son nom quelque part à Montréal, à Québec ou dans tous les coins de la province pour que tout de suite quelqu'un se mette à vous citer quelques uns, plusieurs même, de ses grands succès. - Sa Dame en bleu (1976) est archi-connue mais elle n'est pas la seule : à lui tout seul, il a dû chanter tous les prénoms de toutes les femmes du pays, à commencer par Lison (1956), Linda (1960), Sylvie (1964)... et j'en passe des dizaines.

Et qui ne se souviens pas de son «Aye ! Mourir pour toi» ? (qui, soit dit en passant ne rappelle vraiment pas la version Aznavour...)

Son premier succès ? Une chanson espagnole composée par José del Refugio Sanchez Salada dit Cuco Sanchez (1921-2000) et qui a été traduite dans une trentaine de langues. Dalida l'a popularisée en France, en 1957, dans une adaptation de Fontenoye et Giraud.

Michel en fit sa première version, il y a eu cinquante ans l'an dernier (mai). pour la firme Apex (un 45t no. 13065 publié en septembre 1957). La voici :

Buenas Noches, Mi Amor - Michel Louvain en 1957 : - 2,571 mo

Pour de plus amples renseignements, voir sa discographie, ci-jointe, où vous trouverez un lien vers sa Dame en bleu...

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147 - Le lundi 21 avril 2008

La photo de ces deux chanteuses américaines (cliquez ICI) vous apprendra plus sur elle que tout ce que vous pourrez trouver en fouillant sur le web.

Étaient-elles soeurs ? - Je n'ai pas pu trouver.

Elles seraient nées à New York entre 1900 et 1905 pour se retrouver : à Hollywood en 1924 et 1925 tournant dans deux films muets - en vedettes ! - The Mating of Marcus et We Women de W. P. Kellino,  à Paris (au Moulin Rouge) en 1926, à Londres en 1927 et en Italie en 1928. - Avant, rien. Après, rien.

À Paris, on les connaissait sous le nom de Les Dollie Billie alors que, partout ailleurs, on les annonçait tout simplement comme étant Dollie et Billie (Dollie and Billie).

Les voici dans un enregistrement de 1927, tiré de la revue Paris aux étoiles (Moulin Rouge), étiquette Odéon, no. 166058.

C'est mignon et ça mérite d'être entendu ne serait-ce que pour avoir une idée de l'époque.

 Bonjour Philippine ! - Dollie and Billie : - 1,0 mo - 2,26 m.

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146 - Le lundi 14 avril 2008

Cinquante ans. Oui, la chanson qui suit, écrite et interprété par Guy Béart aura cinquante ans cette année. - Pour ceux pour qui elle ne veut rien dire, mettons que Michael Jackson aura cinquante ans cette année, de même que Prince ; qu'en 1958 est sorti le film King Creole avec, en vedette, Elvis Presley ; que c'est cette année-là que Chuck Berry écrivit Johnny B. Goode.

Parmi les autres créations de l'année  :

Bo Diddley (Bo Diddley) - Tom Dolley (The Kingston Trio) - Volare (Domenico Modugno) - Come Prima (Dalida) - Rawhide (Frankie Laine) - Mon manège à moi (Piaf) - Si je pouvais un jour revivre ma vie (Gilbert Bécaud) - La ronde des jurons (Georges Brassens) - Le poinçonneur des Lilas (Serge Gainsbourg)...

Et j'allais oublier : le 14 février 1958, Pie XII déclarait sainte Claire sainte patronne de la télévision.

 L'eau vive - Guy Béart - Philips (33t) B76.434R - 1958 : - 2,559 mo

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145 - Le lundi 7 avril 2008

Confondre la musique américaine avec le jazz et le rock n' roll, c'est oublier non seulement Gershwin, Burl Ives ou John Cage mais de très grands compositeurs qui ont eu pour noms : Irving Berlin, Jerome Kern, Rodgers & Hart et le plus méconnu d'entre eux mais le plus écouté, Cole Porter.

On confond souvent Porter avec les nombreuses comédies musicales qu'il a écrites mais que de succès, que de standards créés lors des premières de ces comédies, que de chansons que l'on chante ou que l'on  joue encore aujourd'hui et qui resteront au même titre que les innombrables succès de Vincent Scotto :

I've Got You under my Skin, Easy to Love, In the Still of the Night, I Love Paris, Night and Day, Just One of those Things, True Love, My Heart Belongs to Daddy, I Get a Kick Out of You, Beguine the Beguine, Anything Goes, You Do Something to Me... On ne l'est compte plus et chacune mérite un détour.

Voici Cole Porter s'accompagnant lui -même au piano, le 26 octobre 1934, dans une de ses grandes mélodies : You're the Top tiré de Anything Goes (créé la même année). Un disque Victor  24766 mis en marché le 12 janvier 1935.

You're the Top - Cole Porter - 1934 : - 2,95 mo

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144 - Le lundi 31 mars 2008

Voici un extrait d'un CD qui fait partie de ma collection depuis... 26 ans et que je ne retrouve plus nulle part, ni sous la forme des oeuvres qui y ont été gravées, ni par d'autres ensembles. Il a été originellement publié par la Société Radio-Canada à partir d'un enregistrement fait deux ans auparavant par le Canadian Chamber Ensemble sous la direction de Raffi Armenian en la Timothy Eaton Memorial Church, à Toronto. - Sous étiquette CBC-Radio-Canada, numéro SMCD5010 ; peut-être republié vers 1991 mais je n'en ai, sur le WEB, retrouvé que la mention dans différent catalogues, sans plus.

Très bien fait. Très bien enregistré. Un bijou que, si par hasard, vous retrouvez, je vous suggère d'acheter.

Contenu : Petite musique de quat' sous de Kurt Weill et Symphonie de chambre pour 23 instruments solos de Franz Shreker.

Titre : Musique de Berlin des années 1920

Ce qui suit est la piste numéro 6 :

Tango-ballade (Petite musique de quat' sous) - 3m11s : - 2,9 mo

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143 - Le lundi 24 mars 2008

Comment traduit-on le mot «haunting», en français, lorsqu'il est utilisé (en anglais) pour décrire une mélodie ? On dit qu'elle est «obsédante» ? qu'elle nous rappelle quelque chose mais qu'on ne sait pas précisément quoi ? qu'elle nous reste en mémoire et qu'on s'en souviendra longtemps ? - J'ai cherché mais je n'ai pas trouvé. - La langue anglaise, par ailleurs, à d'autre mots pour décrire ce genre de mélodie : «catchy» en est un mais celui-là, je vous le laisse.

«Haunting» est la mélodie qui suit sauf que son histoire est plus prosaïque.

Ken Burns s'en est servie comme thème à son monumental documentaire sur la Guerre Civile américaine (0nze heures). Il s'en est servi si bien que, depuis sa sortie en vidéo, en 1990, on l'a associée à cette douloureuse période de l'histoire américaine. - Elle date pourtant de 1982 et n'a, à peu de choses près, aucun rapport avec cette guerre si on exclut le fait que certains habitants de la région d'Ashokan (état de New York) se sont joints à l'armée de l'Union lorsque leurs villages furent inondés lors de la construction d'un barrage au début du siècle dernier. Car, au cas où vous le sauriez pas, une partie de la vallée d'Ashokan est disparue au tout début du siècle dernier lorsque, pour répondre au besoin d'eau de la ville de New York, on a décidé que ces villages étaient sans importance.

Le barrage existe toujours et une partie de la vallée également. On y tient, chaque année, un festival de musique traditionnelle connu sous le nom de «Ashokan Fiddle and Dance Camps» et c'est lors de la clôture de la saison 1982 qu'un certain Jay Ungar (son compositeur) joua pour la première cet «Ashokan Farewell» qui, depuis, a fait le tour du monde.

Il s'agit d'une valse (en ré majeur) écrite à la manière d'un Scottish Lament dont la version la plus connue débute par un violon seul, suivi d'un accompagnement de guitare et, finalement, par un (petit) orchestre traditionnelle.

L'enregistrement de la semaine, aujourd'hui : la première partie (à cause des copyrights) de ce :

 Ashokan Farewell de Jay Ungar - Jay lui-même au violon et son épouse à la guitare: - 0,978 mo

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142 - Le lundi 17 mars 2008

Well, comme c'est la Saint-Patrick, restait qu'à faire jouer de la musique... irlandaise et, tant qu'à y être, pourquoi ne pas s'en tenir à quelque chose d'archi-connue ?

Archi-connue ? - On reconnaîtra facilement l'air mais se souviendra-t-on qu'il s'agit là d'une des plus vielles chansons du répertoire irlandais ? - D'après certains, elle daterait du XVIIe siècle, peu avant un «Beggars' Opera» publié en 1728 par un poète et dramaturge obscur du nom de John Gay qui s'en serait inspiré mais qui auraient été oubliés longtemps (l'opéra, la chanson et le poète) avant de redevenir populaires grâce à Brecht-Weill (1928) dont on ne sait plus au juste si la musique était vraiment de Weill.

Anyway, la chanson - qui n'a aucun rapport avec ni Bretch, ni Weill - s'appelle Whiskey in the Jar et raconte l'histoire d'un bandit de grand chemin qui, après avoir volé un officier militaire (ou du gouvernement), est trahi par sa petite amie pour quand même s'échapper ou encore être fait prisonnier mais les paroles (et les détails) varient tellement d'interprètes en interprètes (pensez à Peter, Paul and Marie, U2, Pulp et Metallica) que de longues études ont été publiées sur son origine et ses variantes.

La voici par, qui d'autres ? Les Dubliners.

Whiskey in the Jar - The Dubliners : - 1,38 mo

P.-S. : Pour une version des paroles, cliquez ICI.

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141 - Le lundi 10 mars 2008

Il m'arrive souvent d'être troublé quand j'entends dire qu'avant Céline il y a eu Piaf et puis avant Piaf, peut-être Damia, mais avant Damia... - Qu'on me pardonne de ne pas parler de notre Céline national ni ne pas dire grand chose sur Piaf, qui, à mon avis, n'a chanté que... Piaf et laissez-moi ne pas mentionner Yvonne George pour ne serait-ce que pour vous faire écouter une autre interprète, aujourd'hui presque oubliée, qui mériterait un site à elle tout seule ou, à tous le moins, une réédition complète de tous ses enregistrements : une centaine tout au plus, y compris ce qui a été repiqué à la radio, dans divers bouts de films et... à la télévision.

Bien sûr, elle a chanté peut-être un peu trop de chansons de marin et son Lily Marlène n'a pas été du genre dont on a voulu se rappeler en 1945 mais on a trop souvent oublié les taisez-vous-elle-va-chanter qu'on entendait le soir, dans son cabaret. Comme celui qui suit.

Décembre 1934, accompagnée par le quatuor-tango Léo Laurent.

Suzanne Roger, mieux connue sous le nom de Suzy Solidor, né en 1900, décédée en 1983, une femme qui a été peinte par tous les grands de son époque.

Quelque chose de magnifique :

Amour, désir, folie... - Odéon 166.866 - Suzy Solidor : - 2,571 mo

Pour plus de renseignements : Suzy Solidor (sur le site http://chanson.udenap.org)

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140 - Le lundi 3 mars 2008

Oui, je sais, ce genre de choses est difficile à croire mais vous avez vu, entre autres, à la télévision Bill Clinton, l'ex-président des États-Unis, jouant du saxophone. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il n'était pas unique en son genre : Richard Nixon jouait du piano, par exemple, et John Lennon, lui-même, a appris ce qu'il connaissait de la musique en jouant de l'accordéon.

Par rapport à ce qui suit, cependant, tout cela est anecdotique.

J'ai entendu cette chose pour la première fois sur les ondes de Radio-Canada anglais (CBC), il y a de ça plus de vingt ans. - Ça provenait des archives de la BBC et datait des années soixante-dix, peu avant, je suppose, que la Grande Bretagne rompe tous ses liens avec l'Ouganda mais quel bizarrerie que ce calypso joué à l'accordéon et chanté par celui qui ne passera pas à l'histoire comme étant un grand humanitaire.

Sans plus tarder, voici Idi Amin, le boucher ougandais (c'est ainsi qu'on le surnomme aujourd'hui), dans un air antillais précédé d'une de ces phrases (dit par Amin lui-même) qu'on n'oublie jamais :

«I like to play when I feel happy and free after my duties [and I have time, sometimes I take time to play accordion, just to refresh myself...»

J'aime jouer [de la musique] quand je me sens heureux, libéré de mes obligations et que j'ai un peu de temps [devant moi]. Je prends mon accordéon et ça me détend...»)

Idi Amin - Un air antillais inconnu - circa 1975 : - 0,78 mo

(Guitariste et seconde voix inconnu.)

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139 - Le lundi 25 février 2008

On connaît le danseur, celui qui flottait sur les planches. - On connaît également la boutade de George Balanchine des Ballets Russes (et de The School of American ballet) : «Le plus grand danseur  de tous les temps ? - Je ne sais pas... Fred Astaire ?» - On connaît moins le chanteur. C'est-à-dire qu'on le connaît mais, pour une raison quelconque, on a oublié que ce bonhomme-là a créé plus de standards que tous les autres chanteurs populaires des années trente et quarante.

A Fine Romance, c'est lui. Isn't this a Lovely Day, A Foggy Day, Flying Down to Rio, Night and Day, The Continental, Let's Face the Music and Dance, Let Yourself Go, Let's Call the Whole Thing Off, Shall We Dance ?, The Way You Look Tonight, They Can't Take That Away From Me, You Were Never Lovelier, No String, Pick Yoursel Up... On pourrait continuer comme ça longtemps.

Une voix très mélodique, posée, plaisante, pas prétentieuse pour deux sous et qu'on n'écoute malheureusement pas assez souvent. Y'a les films, bien sûr, mais de temps en temps, c'est très relaxant d'écouter cet homme qui appartient à un passé pas si lointain et qui ne cherchait pas à déchirer les coeurs ou nous faire part de ses malheurs.

De lui, aujourd'hui, une chanson d'Irving Berlin, tirée du film Top Hat de Mark Sandrich qui mettait également en vedette - qui d'autre ? - Ginger Rogers. - Vous reconnaîtrez immédiatement.

Fred Astaire - Cheek to Cheek  (1935) - 78t - Étiquette Brunswick  : - 1,05 mo

(Enregistrement studio - 26 juin 1935 - Orchestre de Leo Reisman)

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138 - Le lundi 18 février 2008

L'enregistrement qui suit date de 1968 mais les paroles et la musique datent de 1902. Elles sont d'un producteur-directeur-comédien-acteur-danseur-interprète légendaire du nom de George M. Cohan né en 1878 et décédé en 1942, le seul personnage du domaine du spectacle qui ait sa statue sur la Broadway Steet à New York car on lui accorde volontiers le titre de «créateur de la comédie musicale américaine». Sa biographie, ses compositions, les spectacles qu'il a montés mériteraient un site à lui tout seul. (Il en existe plusieurs, en anglais. - Commencez par celui de l'encyclopédie Wikipedia) - Suffit de mentionner «Give My Regards to Broadway» ou «Yankee Doodle Dandy», le nom du film sur sa vie qui a rendu James Cagney célèbre.

On est ici dans le domaine de la musique populaire mais de la musique populaire de génie devenue presque folklorique.

L'interprète ? - Un autre phénomène de la musique américaine. Son nom ne vous dira rien : Herbert Khaury. En précisant qu'il était plutôt costaud, qu'il jouait d'un tout petit instrument (le ukelele), vous vous rappellerez peut-être de son nom de scène : Tiny Tim.

On a tort de le considérer comme un «freak», quelqu'un qui est prêt à faire n'importe quoi pour faire parler de lui ou, pire encore, qu'il n'était pas intelligent. - C'était un bonhomme d'une grande gentillesse, qui avait une connaissance prodigieuse de la chanson populaire du début du siècle dernier et qui a passé sa vie à essayer de la faire revivre.

De George M. Cohan, donc, interprétée par Tiny Tim :

"Then I'd be Satisfied with Life" - Étiquette Reprise R 6292 : - 1,05 mo

(Un extrait seulement, à cause des copyrights mais si vous entendez, au début, «Never hit your grandma with a shovel... it makes a bad impression on her mind»[*], sachez qu'il ne s'agit pas d'une erreur...)
 


[*] Il ne faut pas frapper sa grand-mère avec une pelle : ça fait mauvaise impression...

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137 - Le lundi 11 février 2007

Rosemary Clooney (1928-2002).

Si l'on était là, dans les années cinquante, on a entendu ad nauseam son «Come-On-a My House» qu'elle détestait mais que la compagnie Capitol lui a littéralement forcé d'enregistrer (en 1951). - Tout ce qu'elle fit par la suite n'eut jamais le même succès. - Elle aurait pu être beaucoup plus connue parce que, en 1954, elle était de la distribution (et en vedette) de «White Christmas» de Michael Curtiz mais y'avait là un certain Bing Crosby qui y est allé d'une chanson qui éclipsa tout le monde. - En 1956, elle eut sa propre émission de télévision mais que faire quand les studios vous imposent comme co-vedettes, les Modernaires, les Hi-Los et... Boris Karloff ? - Et puis il y a eu sa vie personnelle. Divorce, problèmes de santé, assassinat d'un de ses meilleurs amis, un certain John Fitzgerald Kennedy...

Et puis, et puis... qui voulait entendre une chanteuse de son «genre» à partir des années soixante ?

Le reste, vous pourrez l'apprendre dans les journaux à potins mais, en attendant, pourquoi ne pas lui laisser la chance de vous démontrer ce qu'elle vraiment savait faire : chanter comme pas une...

Bon d'accord, la chose qui suit a été enregistrée par beaucoup d'autres : Ella Fitzgerald, par exemple, mais également par Miles Davis et le grand Sinatra ; sauf que si vous n'avez jamais entendu la version de Rosemary Clooney, attendez-vous à être surpris.

Ça date de 1962. - Étiquette Capitol (qui ne l'a jamais mis en circulation). - Distribué en 1965 via l'étiquette Reprise de Sinatra mais pas vraiment. - Remis en circulation depuis 1995 au sein d'un CD intitulé «Love». - Un succès ? Non mais, au moins, c'est redevenu disponible.

La version qui suit date du 33t publié chez Reprise mais récupéré d'une émission de radio il y a de ça quelque temps.

Faut être indulgent mais la qualité sonore n'est vraiment pas mauvaise.

Faut-il préciser que l'orchestre et l'arrangement musical est de Nelson Riddle ?

Une chanson de Richard Rodgers (musique) et Lorenz Hart (paroles).

Rosemary Clooney - It Never Entered My Mind (1962) :   - 1,59 mo

«Once you told me I was mistaken,
that I'd awaken with the sun
and order orange juice for one.
It never entered my mind...
»

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136 - Le lundi 4 février 2008

Étant donné que c'est aujourd'hui le 21e anniversaire de la mort de Wladziu Valentino Liberace (sa mère était d'origine polonaise, son père d'origine italienne), je me suis dit qu'il était grandement temps que l'on fasse rejouer une des innombrables pièces de piano de ce flamboyant virtuose (car c'en était un) qui se plaisait à jouer des pièces classiques «sans les passages ennuyeux» mais j'ai eu beau faire des recherches dans ma disco-filmo-bibliothèque, je n'ai rien retrouvé. - J'ai retrouvé des bouts de films - très amusants car Liberace avait un sens de l'humour extraordinaire - des extraits de concerts et même un reportage télévisé mais un disque, non.

J'ai retrouvé, par contre, de la même époque, un enregistrement de celui qu'on a voulu présenter à la télévision comme étant le «Liberace du violon» mais dont les prestations ne lui ont valu qu'une émission d'une demi-heure qui n'aura duré qu'une seule saison (en 1954) alors que l'autre était toujours invité dans les grandes émissions des années quatre-vingt. - Il a tout de même fait partie du Guinness Book of records en 1951 pour avoir, au cours d'une interprétation du Vol du bourdon (de Rimsky-Korsakov), joué 12,8 notes à la seconde.

Son nom : Florian ZaBach (oui, oui : un B majuscule). - Il est né selon la Wikipedia en 1918 et est décédé en 2006. - Sa carrière s'est déroulée dans l'ombre. Il fut invité par divers grands orchestres mais passa la majeure partie de son temps, surtout dans les dernières années de sa vie, à composer de la musique.

De ce «Liberace du violon», une pièce datant de 1951 qui donne beaucoup à réfléchir sur les goûts de l'époque car elle s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires. - Pas très édifiant mais ça rappellera peut-être des souvenirs, bons ou mauvais, à certains de nos lecteurs. - Plutôt pathétique mais historique :

The Hot Canary - Un disque Decca - 1951   - 1,98 mo

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135 - Le lundi 28 janvier 2007

Disco ? Vous avez dit disco ? - Vous parlez de quoi au juste ? De John Travolta et de Saturday Night Fever ? De cette musique de la deuxième partie des années soixante-dix ? (et qui a été remplacée par le Hip hop et Dieu sait quoi d'autre).

C'est que le disco a existé bien avant Travolta et les Bee Gees. Quinze ans avant pour être plus précis.

C'est une des caractéristiques de la musique populaire : l'invention (si on peut parler d'invention d'un genre) précède souvent la mode.

La pièce qui suit date de 1959. Mick Jagger n'avait alors que seize ans et Elvis étaient aux armées. Quant aux Beatles... - Et n'est-ce pas en 1959 que Gainsbourg a abandonné la peinture pour se lancer dans la musique ?

Pour références : les grands succès de l'époque (aux USA) étaient de Chuck Berry, de The Coasters, de Frankie Avalon (celui des Beach Movies), de Rickie Nelson et même du Kingston Trio [*].

Dans le lot, un chanteur-compositeur-arrangeur-homme-à-tout-faire qui voulut être différent.

Marv Johnson (1937-1993). - N'a pas fait une très grosse carrière mais il aura tout de même écrit et chanté ceci :

Come to me - Un disque Tamla - No. 101 - année 1959 :  - 1,59 mo

 


[*] Et qui ne se souvient pas du classique  The Village of Saint Bernadette chanté par Andy Williams...

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134 - Le lundi 21 janvier 2007

La pièce qui suit a été enregistrée si souvent depuis sa création qu'on ne sait au juste de quelle année elle date. - Il en existe même une version enregistrée par Thelonius Monk ! - Sa popularité, selon certains seraient attribuable au fait qu'elle a été reprise par Doris Day en 1950. C'est possible mais il en existait déjà alors plusieurs versions.

La musique est de Vincent Young. Les paroles d'Irving Caesar et d'Otto Harbach. - La date de sa création ? - Le 16 septembre 1926. - Pas d'hier. - Elle faisait partie d'une comédie musicale dont on a retenu également un deuxième titre : I Want to be Happy.

Le nom de cette comédie ? No, No, Nanette qui en est, depuis, à plusieurs dizaines de reprises dans le monde dont une première, à Paris, dans les mois qui ont suivi sa première newyorkaise. - Le 29 avril 1926, en effet, au Théâtre Mogador, était présenté, pour la première fois en Europe, un Non, Non, Nanette qui a marqué la comédie musicale française pour longtemps.

Avec Loulou Hegoburu dans le rôle de Nanette et Lucien Lamy dans celui de Tom Trainer.

La chanson ? Tea for Two ou, si vous préférez, Prendre le thé pour deux. Un standard.

Un 78t de marque Gramophone - Numéro K 3583 (1926) - 2,02 mo

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133 - Le lundi 14 janvier 2007

Si vous avez vu le film Le Parrain II, vous n'êtes pas sans savoir qu'il existait, au début du siècle dernier, en la ville de New York, une Little Italy (un quartier dit «Petite Italie») et que, dans ce quartier, on pouvait retrouver de petits music-halls où l'on chantait, dansait, jouait de la musique ou montait des piécettes en italien pour les récents et les moins récents immigrés qui se sentaient ainsi moins éloignés du pays qu'ils avaient quitté.

Parallèlement à cette activité, on imprimait des journaux, des livres, des revues mais également - ce qui est moins connu - des disques. En petites quantités, il va sans dite : des tirages de 50, 100 exemplaires n'étaient pas rares et la plupart de ces disques sont aujourd'hui disparus. On en ignore le nombre mais certains historiens avancent la possibilité de plusieurs milliers.

Quel que fut leur nombre, ceux qu'on pu retrouver, à l'exclusion des copies de disques enregistrés par des chanteurs comme Caruso (ou des imitateurs), ont tous des caractéristiques marqués par rapport à ce qui se publiait en Italie à la même époque :

Les sujets qu'on y traite, d'abord, - qu'il l'aient été sous la forme de chansons ou de monologues - sont différents : on n'y chante pas le beau soleil de Naples, la grandeur de l'Italie ou ces amours éternelles dont chaque pays a sa version : ce sont plutôt ceux de la difficulté de s'adapter à son nouvel environnement, de la famille éloignée, du pays perdu, de l'amour qu'on a laissé où s'entremêlent souvent les petites misères de la vie quotidienne : difficulté de se trouver un emploi, un logement... - L'humour n'y est pas totalement absent : Mariu chez le photographe, par exemple, ou Maria chez le boucher...

La langue qu'on y utilise est également étrange. Formée de mots ou d'expressions en provenance de différentes régions, adaptée aux contraintes locales, l'italien dans lequel ces chansons ou ces monologues ont été endisqués est fort différent de l'italien courant. - On y trouve notamment des mots nouveaux qui, à la première audition, semblent être dénudés de sens jusqu'à ce qu'on réalise qu'il s'agit là de néologismes pour décrire des situations qui, souvent, n'ont jamais existé dans le ou les pays qu'on a quitté(s) ou qui ont, sur place, une signification complètement différente. - C'est ainsi qu'on retrouve des mots comme :  «da jobba» (pour «le job» ou l'emploi), «streetcare» pour («streetcar» ou «tramway»), «iceboxe» (pour «boîte à glace» ou «refrigérateur»), «da parc» (pour «le parc» ou «Central Park» mais en réalité «le banc» ou «lit de fortune» parce que les sans-abris allaient y dormir), etc., etc.

De quoi occuper des linguistes et des historiens pour longtemps.

Et puis, in America, qu'on le veuille ou non, surtout au début des années vingt, comment ne pas faire du neuf avec du vieux et chanter des airs napolitains, de Calabre ou du nord de l'Italie accompagnés d'un orchestre jazzé ?

De ces enregistrements, nous en avons retrouvés une trentaine, il y a environ vingt-cinq ans de cela. Non pas dans la Little Italy mais à Cremona, en Italie (sic) ; dans une édition en trois 33t intitulée «Cartoline da little Italy» ou «Cartes postales de la petite Italie» - Trois disques de marque Fonit-Cetra, numéro FC 3641 gravés à partir de 78t des années dix et vingt, en 1978.

En voici un extrait :

Une chansons tout à fait typique de l'époque, chantée par un certain Giuseppe De Laurentiis qui, d'après les renseignements obtenus, aurait connu peu avant la crise, quelques succès.

La chanson s'intitule L'italia al polo nord (inutile de traduire). - Paroles et musique de Franco Amodio. - Circa 1922.

L'Italia al polo nord - Date, marque, numéro inconnu : - 2,14 mo

C'est l'histoire d'un type qui, à New York, tente de se convaincre que l'Amérique n'aurait jamais pu exister sans l'Italie...

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132 - Le lundi 7 janvier 2007

Ezio Pinza !. Je parie qu'il y a longtemps que vous avez entendu parler de lui. Il fut, dans les années trente et quarante l'un des barytons les plus courus du Mets de New York avant de se tourner, à la fin des années quarante, vers la comédie musicale (Broadway) où il créa, entre autres, le rôle d'Émile de Becque dans South Pacific d'Oscar Hammerstein II et de Richard Rodgers. Il fut, en quelque sorte, le créateur de la pièce qui suit et qui depuis, à été enregistrée par à peu près n'importe qui, y compris, Willie Nelson, Frank Sinatra, José Carreras Barbra Steisand et même Jon Bon Jovi.

Au cinéma, le rôle de de Becque fut confié à Rossano Brazzi dont la voix fut celle de Giorgio Tozzi mais, curieusement, Ezio et Giorgio n'enregistrèrent leurs versions qu'après que trois autres monuments de la chanson s'y soient essayés. Ces trois autres monuments furent : Perry Como, le premier mars 1949, Bing Crosby, le dix du même mois et Al Jolson (sic) en mai de la même année.

La version qui eut le plus de succès et qui dépasse toujours tout le monde au palmarès demeure celle de Perry Como, Monsieur Relax, né Pierino Ronald Como en 1912 et décédé en 2001.

La version (qui suit) ne provient pas de son 78t original mais d'un repiquage fait en 1953 (un 33t de 26 cm.) chez RCA Victor - No. LPM 3124.

Some Enchanted Evening - Perry Como - 1er mars 1949 :  - 3,21 mo

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131 - Le lundi 24 décembre 2007

Bewitched, Bothered, and Bewildered...

(Ensorcelée, perturbée, désorientée...)

Ce show tune date des années quarante et fut créé (sur le Broadway) par une chanteuse aujourd'hui inconnue (ou presque), Vivienne Segal, dans une production de Pal Joey, une comédie musicale qui mettait alors en vedette Gene Kelly dans le rôle titre : livret de John O'Hara, lyrics de Lorenz Hart et musique de Richard Rodgers.

Le premier enregistrement qu'on en connaît date de janvier 1941 : Helen Forest, accompagnée de l'orchestre de Benny Goodman, mais ce ne sera pas avant sa version de «mai 1949» (voir ci-dessous) que Bewitched, Bothered, and Bewildered put, enfin, être reconnu pour une des grandes réussites du duo Lorenz-Hart.

C'est qu'entre les deux, les paroles ont été édulcorées. Adieu références au brandy, au Bromo-Seltzer, aux fourmis dans les pantalons, à l'homme volage : n'est resté que l'envoutement d'une femme tombée amoureuse.

En 1957, un film de George Sidney (avec Frank Sinatra, Rita Hayworth et Kim Novak) et un en enregistrement l'année précédente par Ella Fitzgerald contribuèrent à son succès.

Pas un succès d'Helen Forest, ni de Rita Hayworth (qui, au demeurant, ne l'a pas chanté dans le film car la chanteuse Jo Ann Greer lui avait prêté sa voix), ni d'Ella Fitzgerald mais de sa véritable «créatrice», celle que le Castor considère, dans cette édition, la «Personnalité de la semaine» : Doris Day qui fut celle de l'enregistrement de 1949.

De 1949 ? - Pas tout à fait : c'est en septembre 1947 que Doris Day, accompagnée des Mellomen, orchestre de John Rarig, se permit, en studio, d'enregistrer :

Bewitched, Bothered, and Bewildered - Disque 78t - Columbia 38698 :   - 2,45 mo

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130 - Le lundi 17 décembre 2007

L'enregistrement qui suit date de 1910 (d'après le numéro, 60039, étiquette RCA Victor - Sous licence Berliner) mais le disque sur lequel nous l'avons retrouvé pourrait dater du milieu des années vingt quoique il serait surprenant qu'on l'ait rééditer après la Première Grande Guerre.

La raison est simple : le nom de l'orchestre qui interprète ce «chef-d'oeuvre» de Rubinstein (Anton)  indique qu'il faut le dater d'avant 1917 (Révolution russe) et surtout d'avant 1914 car il a été enregistré à New York.

Le nom de l'orchestre ? - The Imperial Russian Balalaika Court Orchestra ou Orchestre de Balalaïka de la Cour Impériale de Russie.

Son titre : Toreador et Andalouse.

Rien n'indique que le Tsar et sa famille ait un jour entendu la chose.

On excusera, naturellement, la qualité de cet enregistrement qui aura bientôt cent ans.

Toreador et Andalouse - Un disque RCA Victor  - 1,59 mo

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129 - Le lundi 10 décembre 2007

C'est à se demander, parfois, pourquoi certains enregistrements qui se vendent en millions d'exemplaires ne sont pas imprimés sur des CD biodégradables tellement leur durée de vie sera courte. - Qui se souvient, par exemple, de «All My Love», basé sur le Boléro de Ravel (sic), créé par Patti Page et qui fut numéro 1 pendant cinq semaines au Hit Parade de 1950 ?

Et puis y'a le contraire :

Imaginez une opérette dont le livret fut écrit par un commissaire de police qui, ne connaissant pas grand chose en versification, s'adjoignit un des co-signataires d'une opérette sur une actrice à la Comédie Française arrêtée en 1793 avec ses camarades pour avoir joué une pièce révolutionnaire et dont la musique fut confiée à un musicien de Café-Concert qui avait composé des pochades comme «Méfie-toi de Pharaon» ou «Paille d'avoine». - Pas prometteur, n'est-ce pas ?

À la première, un critique du temps (aujourd'hui inconnu), Edmond Stoullig n'y alla pas de main morte :

«[Le compositeur] s'imagine sans doute avoir fait de la musique. Hum !... Appliqués à des refrains de cafés-concerts qui ont traîné partout, les mots de "musiquette" et "d'opérette" nous semblent bien suffisants... Sa partition est un ramassis de polkas, de valses et de rondeaux qui sont autant de réminiscences. Quant à la pièce, c'est une Dame Blanche transportée au pays du Roi d’Yvetot, avec ressouvenirs de La fille du régiment... On prendrait volontiers sa canne et son chapeau si l'on n'était retenu par les artistes, qui font parfois preuve de talent et d'originalité...»

L'auteur : Charles Gabet. - Le co-auteur : Clairville. - Le compositeur : Robert Planquette.

Ce serait quand même surprenant que n'ayez jamais entendu parler de «Les cloches de Corneville», le titre de leur chef-d'oeuvre.

De ces «Cloches», une chanson qui, comme l'opérette tout entière a fait le tour du monde et qui continue d'être chantée, bon an, mal, depuis plus d'un siècle.

L'interprète : Placide Morency, un baryton québécois (1887-1890) qui, lui, n'a pas fait le tour du monde..

Bon d'accord : un commissaire de police, un boulevardier, un compositeur plus ou moins connu et un interprète presque tout aussi inconnu mais... écoutez quand même. C'est mieux que le «All My Love» de Patti Page cité ci-dessus.

J'ai fait trois fois le tour du monde - Un disque Starr (Gennett), no. 12129 - 1924  - 1,32 mo

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128 - Le lundi 3 décembre 2007

De Claudio Monteverdi, cette semaine, un extrait de son premier opéra (il en  composé huit mais seulement trois nous sont parvenus), d'«Orfeo, favola in musica» ou «La favola d'orfeo» c'est-à-dire la Légende d'Orphée) composé et joué pour la première fois en 1607. - Il y a donc, cette année, quatre cents ans.

Sous la direction de John Eliot Gardiner, Anthon Rolfe Johnson, l'incroyable ténor anglais (vous verrez), connu, entre autres, pour ses interprétations des oratorios de Händel, de Haydn et de Bach.

D'un coffret Archiv - numéro 419 250 2 - enregistré en 1987.

Acte III : Orphée s'adresse à Charon :

Possente sprito... - Anthon Rolfe Johnson et The English Baroque Soloists - 2,6 mo

À ne pas écouter un jour de pluie mais d'une beauté presque irréelle et n'oubliez pas : soixante-dix-huit ans avant la naissance de Bach...
 
Possente spirto e formidabil nume,
Senza cui far passagio a l'altra riva
Alma da corpo sciolta invan presume.

Non vivo io, no, che poi di vita è priva
Mia cara sposa, il cor non è piu meco,
E senza cor comm'esser può ch'io viva ?

A lei volt'ho il cammin per l'aer cieco,
A l'inferno non già, ch'ovunque stassi
Tanta bellaza il paradiso ha seco.
Puissant esprit et dieu redoutable,
Sans qui tout âme libérée de son corps,
Ne peut espérer passer sur l'autre rive.

Non je ne suis pas vivant car,mon épouse
Bien-aimée est sans vie et mon coeur s'en est allé.
Et sans coeur, comment pourrais-je être vivant ?

C'est vers elle que dans l'obscurité j'ai dirigé mes pas
Non vers l'Enfer, car là où se trouve
Une telle beauté c'est au paradis...

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127 - Le lundi 26 novembre 2007

C'est en effectuant des recherches sur Anna Held (1872-1918), la première étoile «française» [*] en Amérique, que je suis tombé sur un enregistrement d'une autre chanteuse, né en Angleterre mais qui a fait carrière, elle aussi, en Amérique : Ada Jones (1873-1922). - D'un disque Columbia de 1907 (no. 3588), une chanson qu'Anna Held a rendue populaire dans une revue de son mari, Florenz Ziegfeld, «A Parisian Model» (en 1906). - De Gus Edwards et Will Cobb. - Pour nostalgiques seulement.

I just Can't Make My Eyes Behave - Ada Jones (1907) - 2,47 mo

[*] D'origine polonaise mais française d'adoption.

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126 - Le lundi 19 novembre 2007

June Christy. - Presque oubliée aujourd'hui. - Décédée en 1990 mais à la retraite depuis le milieu des années soixante-dix et encore : après avoir pris une retraite «définitive» vers 1962, 1963. - Dans les années cinquante, particulièrement au tout début, c'était une des grandes chanteuses à la mode. - Découverte par Stan Kenton, elle se lança dans une carrière solo à partir de 1953 en enregistrant un des grands albums de l'époque. Un 25 cm (10") chez Capitol, intitulé «Something Cool» selon le titre de la chanson-thème de Billy Barnell et sur lequel on pouvait retrouver un excellent «Midnight Sun» (direction et arrangements de Peter Rugolo,)

Question : quelles sont les chanteuses, aujourd'hui, qui, en quatre minutes, peuvent vous raconter toute une vie ?

De June Christy, donc :

Something Cool [*] - enregistré le 14 août 1953 - Capitol H-516 (1954) - 3,92 mo

[*] Pour les amateurs, les membres de l'orchestre étaient : Maynard Ferguson, Conrad Gozzo, Shorty Rogers et Jimmy Zito à la trompette ; Milt Bernhart, Herbie Harper, Tommy Pedersen à la trombone ; Georges Roberts à la trombone basse ; Gus Bivona, Bud Shank, saxo alto ; Bob Cooper, Ted Nash, saxo ténor ; Chuck Gentry, sax basse ; Jeff Clarkson au piano ; Barney Kessel à la guitare ; Joe Mandragon à la contrebasse ; et Frank Carlson à la batterie.

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125 - Le lundi 12 novembre 2007

Voici un extrait d'un 33t publié en 1962 par Folkways Records (no. FG 3554) qui n'a jamais été réédité mais qu'on peut se procurer sur demande, dans une version CD en écrivant à l'adresse qui suit :

http://www.smithsonianglobalsound.org/containerdetail.aspx?itemid=419

(Il s'agit, comme on l'aura deviné, d'un des départements du Smithsonian Institute qui, de ce type d'enregistrements, en a fait des milliers au cours des années quarante et cinquante).

Dans ce cas précis on parle de pièces enregistrées en mai 1961 dans la petite ville d'Alton (Illinois) par Samuel B. Charters d'un pianiste-vocaliste dont personne n'avait plus entendu parler depuis le début des années trente et qui fut connu au cours de sa brève carrière de musicien (il fut batteur dans différents groupes de jazz) sous le nom de «Barrelhouse Buck».

Né Thomas MacFarlane en 1903, il avait 59 ans et était plus ou moins à sa retraite lorsque que Charters se pointa chez lui avec un appareil à rubans pour nous permettre, aujourd'hui, d'écouter un de ces chanteurs méconnus.

Pour les amateurs de Blues mais pas de celui de B. B. King car Barrelhouse Buck, au cours de sa vie, s'est contenté de chanter et de jouer du piano comme il le savait et rien d'autre. Sans Rolex au poignet, il va sans dire.

Le voici dans une chansons du répertoire. - Étonnant vous verrez.

Barrelhouse Buck - Mary, Ain't I been a Good Man to you ? - Mai 1961 : - 2,55 mo

P.-S. : Difficile à croire mais les notes sur la pochette indiquent que Monsieur MacFarlane était plutôt petit, assez maigre et grisonnant...

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124 - Le lundi 5 novembre 2007

Dans un ascenseur, l'autre jour, j'ai entendu ce qui suit, tiré d'un 33t de 1959, que, je me souvenu, j'ai eu énormément de difficultés à faire accepter, lors de sa sortie. Dans ma famille. - C'était au rythme cassé, ça n'avait pas de mélodie, ça ne voulait rien dire... - Mort vingt ans plus tard, en 1979, son auteur-compositeur-interprète, n'a plus à craindre ce genre de remarques mais, quand même, transformer du Charles Mingus en Musak, je ne sais pas : ça me semble bizarre.

De Charles Mingus, tiré de son album Mingus Ah Um Charles Mingus, ce Fable of Faubus enregistré entre le 5 et le 12 mai 1959 dans les studios Columbia de New York.

(Comme c'est encore sous copyrights - qu'un extrait de 3 minutes sur un enregistrement qui en dure plus que 8. - Fortement recommandé.)

Charles Mingus - Fables of Faubus - Disque CBS no. 450436-2 : - 3,29 mo

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123 - Le lundi 29 octobre 2007

Par le biais de... Enfin : vous verrez bien.

Est-ce que le nom de Richard Quine vous dit quelque chose ? - Si je vous disais qu'il est né en 1920, qu'il est décédé en 1989, qu'il a été chanteur, compositeur, producteur, comédien, réalisateur et même auteur, ça vous aiderait ? - Probablement pas. - Et vous citer tous ces films, n'ajouterait rien j'en suis certain. - À moins que vous soyez comme un de mes amis qui pourrait sans doute vous dire qui étaient les comédiens dans chacun... en ordre alphabétique. - Précisons quand même qu'entre 1948 et 1980, les amateurs de Déjà vu reconnaîtront : So this is Paris avec Tony Curtis et Gloria DeHaven (1955), Operation Mad Ball avec Jack Lemmon et Ernie Kovacs (1957), Paris When It Sizzles avec William Holden et Audrey Hepburn (1964), Hotel avec Rod Taylor et Catherine Spaak (1967), etc., etc.

En 1958, on lui a confié  la réalisation d'un film qui devait rester sans lendemain mais qui, grâce à ses interprètes, son thème, son scénario, différent de tout ce qui se faisait à l'époque, est quelque peu resté : Bell Book and Candle. Parmi les comédiens, de quoi ne plus en mesure de tout se les payer quelques années plus tard : James Stewart, Kim Novak, Jack Lemmon, Ernie Kovacs, Elsa Lanchester (et j'en passe).

Gillian Holroyd (Kim Novak) est une sorcière bien ordinaire qui demeure dans un appartement bien ordinaire à New York. - Un jour, un certain Shep Henderson (James Stewart) déménage dans son immeuble. Elle en tombe amoureux sauf qu'il est déjà fiancé à Merle Kittridge (Janice Rule), une ennemie de longue date....

Vous devinez le reste mais, pour les amateurs, ajoutons que Ma sorcière bien aimée, son presque pendant, ne fit son apparition à la télé qu'au milieu des années soixante, dix ans plus tard.

Et pourquoi je vous parle de ce film ? C'est qu'à un moment donné, tout le monde se retrouve dans un cabaret, le Zodiac, où un chanteur particulier interprète une chanson particulière et en français, ma chère. - Couleur locale, vue à l'américaine dans une production hollywoodienne. - Ce chanteur ? Philippe Clay dont les biographes oublient souvent ce passage outre-atlantique dans sa filmographie. Sa chanson ? Le noyé assassiné, naturellement.

Voici l'enregistrement qu'il en avait fait, quatre ans auparavant, publié dans un super 45 tours chez Phillips.

Il y a de ça... cinquante-trois ans... ce qui ne rajeunit personne.

Philippe Clay - Le noyé assassiné - 1954 - Super 45 Tours Philips 432.002 NE : - 1,85 mo


P.-S. : Musique de Florence Véran - Paroles de... Charles Aznavour - Éditions Si Do Music (1952)

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122 - Le lundi 10 septembre 2007


 

Mary Garden. Sa photo orne un des corridors souterrains reliant les différents édifices du campus de l'Université de Napierville. Le «Soleil» lui a déjà dédié un de ses numéros, le 7 mars 2005. Pourquoi ne pas la faire entendre.

Voici, d'elle, un enregistrement datant de 1926, sur étiquette RCA Victor dans un extrait de Louise de Gustave Charpentier créée le 2 février 1900 avec Mlle Rioton dans le rôle de Louise, deux ans avant la création de Pelléas et Mélisande avec Mlle Garden dans le rôle titre. - À l'époque, des créations du genre étaient courantes...

Depuis le jour -  Mary Garden - RCA Victor 6623 A (1926) 78t 30cm. : - 4,3 mo

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121 - Le lundi 3 septembre 2007

En effectuant des recherches sur Reynaldo Hahn, la semaine dernière, je suis tombé sur ce qui suit, enregistré en août 1927, il y a donc quatre-vingts ans. C'est de Georges Bizet pour la musique et de Louis Bouilhet pour les paroles, Louis Bouilhet à qui Flaubert dédicaça «Madame Bovary». Mais assez de détails histori