Les chroniques de Simon Popp

_______________________________________________________________________________________________________

No. 061 à 070

(Du 25 février au 8 juillet 2013)

Série précédente

Série suivante

_______________________________________________________________________________________________________

070 - 2013-07-08 - Riche au-delà de toutes espérances

Je pensais à mon père il y a quelques jours, cet homme admirable entre tous qui, né en 1913, dans une région éloignée de la Province et orphelin très tôt dans sa vie, n'a pas eu le loisir de faire des études prolongées, mais qui était d'une profonde sagesse, sagesse que j'ai découvert, chez lui, beaucoup trop tard. Je pensais à lui parce que, plus ça va, plus j'ai de la difficulté avec le bavardage insignifiant de mes contemporains, surtout de mes contemporains à la retraite. Z'ont trois sujets de conversations : la température, les taxes et la politique. Certains en rajoutent deux autres : les sports et la dégradation des infrastructures de grandes villes (lire : Montréal). Si, au moins, dans le lot, y'en avaient qui se servaient de ces cinq grandes préoccupations pour promouvoir de nouvelles idées, mais non : ce ne sont - et encore, pas stoujours dans un ordre cohérent -  qu'une suite interminable de lieux communs, généralement en provenance de journaux spécialisés dans les meurtres, attaques à main armée, vols, viols... et Dieu-sait-quoi-d'autres.

Mon père ? Surtout vers la fin de sa vie, avait compris comment éviter tous ces assommants personnages : en leur compagnie, il faisait semblant de radoter, leur demandait de répéter plusieurs fois ce qu'il venait de dire ou, mieux encore, il racontait le même anecdote trois fois dans une seule demi-heure. C'était crevant de le voir aller.

Je suis sur le point de l'imiter.

Tenez : hier, on m'a demandé quelle sorte de voiture je m'achèterais si j'étais multi-millionnaire. Ma réponse a toujours été la même : aucune. Je louerais les services d'une entreprise de limousines avec chauffeurs. Qu'est-ce j'aurais à m'embêter à circuler au volant d'une Bently Mulsam (326,000 US$), d'une Rolls Royce Phantom (450,000 US$), d'une Mercedes-Benz SLR McLaren Roadster (495,000 USS) ou, pour faire plus jeune, d'une Aston Martin One-77 (1,7 million US$), quoique, avec une Koenigsegg CCXR (2,173,950 US$), je suis certain que je ferais fureur...

Et puis, je resterais à l'hôtel. - Service aux chambres, femmes de ménage, concierge. - Quatres pièces. dont une servant de bureau. - Avec des horaires comme je suis seul à pouvoir inventer,

Le paradis, quoi.

Surtout au bar où à cinq heures précises, chaque après-midi, j'irais m'asseoir, toujours au même endroit pour y déguster des cocktails rarrissimes.

Qui dit mieux ?

Simon

***

069 - 2013-06-25 - Puisqu'on ne peut pas les ignorer...

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière , et on se dit: - J'ai souffert souvent , je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé.C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgeueil et mon ennui."

Alfred de Musset (à 24 ans).

De quoi je vous parlais il y a deux, trois chroniques ? - Vous ne vous en souvenez plus déjà... Mais du grand amour de ma vie, voyons ! De la femme qui aura été, pour moi, la plus belle chose et la plus grande invention depuis le pain tranché. Celle que j'ai tant aimée que je me suis permis de lui dire !

Elle a eu 39 ans il y a quatre jours.... 39 ans et quelque... - C'était si je me souviens bien, son troisième 39ième anniversaire ; peut-être même son quatrième. Je ne sais plus. - Qu'importe ! Toutes les femmes ont le droit d'avoir une douzaine, au strict minimum, de trente-neuvième anniversaires dans leur vie, ou devraient. Dans son cas, c'est bien mérié, mais, pour d'autres, en avoir un, c'est déjà trop.

Il y en a qui se sont essayées avec des 29ièmes et même des 19ièmes (excusez l'orthographe) mais ces anniversaires n'ont jamais réussi. Les pires se sont les femmes qui se sont essayées avec des 49ièmes. J'en voyais une, l'autre jour, qui vient de dépasser la soixantaine, avec beaucoup de kilométrage derrière elle, et qui avait beau jouer de ce qui lui restait comme appats, elle en faisait pitié. - C'était dans le genre face-lift, botox et des heures de gym. Vous savez ce à quoi ressemble une femme de soixante ans, mère de torois enfants (mais divorcée, etc.) qui s'est fait faire un lifting, s'est fait injecter du botox et qui fréquente des gyms cinq fois par semaines ? À une femme de soixante ans, mère de trois enfants (mais divorcée, etc.) qui s'est fait faire un lifting, s'est fait injecter du botox et qui fréquente des gyms cinq fois par semaines. Si, encore, elles portaient des vêtements à leur taille mais non, avec leur petites jupes serrées qui sont là pour retenir leurs bourrelets qu'on ne saurait voir, elles font peur.

C'est l'histoire du fameux fond de teint dont on peut facilement constater la parfaite invisibilité.

Ce que je pense vraiment des femmes ? - Facile :

Je les trouve magnifiques. À partir de la trentaine et puis, selon leur souriee, de la mi-trentaine. Parce que, avant, malheureusement, j'ai remarqué qu'elles étaient vaines et stupides, surtout si elles étaient, selon les critères des magazines dispendieux... belles, euh... belles à la Angelina Jolie, ou de certains modèles, genre Crawford ou l'autre dont je ne me souviens plus du nom... par exemples.

Dans les cas de ces admirables modèles (attention au pluriel), je ne sais pas, mais dans le cas de ma bien-aimée, je crois que, présentement, elle mérite tous mes hommages... contrairement à une cousine éloignée que j'ai rencontrée, après plusieurs années - elle devait avoir son âge à l'époque - et qui était devenue énorme. - À ma stupéfaction, elle a répondue : "Vous savez, Simon, mon avenir est fait..." - Je lui en aurais fait, moi, un bel avenir.

M'enfin.

Je dois avouerr que j'ai également un certain penchant pour certaines femmes qui, à partir de leur cinquantième (rare), de leur soixantième (plus rare) et soixante-dixième (très rare) deviennent des créatures de rêve, ni femme, ni rêve dans cette vallée de larmes- Marguerite Moreno (1871-1948), par exemple, née Lucie Marie Marguerite Monceau, et dont tout le monde qui s'est vraiment intéressé au cinéma, se souvient dans le rôle de tante Jeanne (d'"Un revenant" de Christian-Jaque) ou encore dans celui de la comtesse ("Les mémoires d'un tricheur" de Sacha Guitry).


Marguerite Moreno
dans "Un revenant"
(à 75 ans)

Remarquez que j'ai connu des chameaux (enfin : pas loin) de... 19, 29, 39 et même de 79 ans ; des chameaux qui, curieusement, avaient toujours soif. - En ce moment, j'en ai quatre ou cinq que, à cause de ma profession, je ne peux éviter. 'Sont dans dans toutes les nièmes (vingtième, trentième, quarantième, etc.) et déjà, j'en vois certaines, encore dans la vingtaine, qui n'atteindront jamais la trentaine : elles passeront de la vingtaine à la quarantaine sans s'en apercevoir et tout ce qui aura fait leur charme temporaire (z'ont toutes de belles fesses et deux d'entre elles ont des seins qui n'ont pas encore été trop affectés par la gravité) sera disparu. Ça m'a l'air être la mode ces temps-ci : à vingt ans, il faut faire semblant d'avoir la maturité d'une femme de quarante et, à quarante, avoir des idées de vingt ans, genre : repartir à neuf, avoir un enfant, se "reprendre en main", etc.

Quant aux adolescents-hommes de 20-25 ans, autant ne pas en parler.

Oui, je sais : la génération qui nous suit est toujours pire que la nôtre, mais j'en suis à ma troisième ou serait-ce la quatrième ? J'ai connu la mienne, celle d'après, celle qui a suivi celle-là et je commence à percevoir le début de celle qui sera là demain. Peut-être que je me trompe, mais les problèmes de l'humanité sont loin d'être réglés. Et pourtant :

Je connais un jeune étudiant qui vit présentement à Genève qui ne cesse de m'étonner par la profondeur de son discours et sa perspicacité, mais une sotte également, qui étudie, étudie et qui veut devenir (oh ! Please !) chef du personnel dans une compagnie pharmaceutique internationale (*)  ; l'équivalent, je crois, de vouloir devenir mécanicien spécialisé dans les freins de roues avant-gauches des voitures de Grand Prix.. - Ben quoi ? Y'en faut, non ?

(*) Risque, la pauvre, d'être très décue quand la réalité va la frapper en plein front  : je viens d'apprendre que sa petite soeur vient de décrocher un contrat dans un bar de danseuses...

***

Et le maire ?

Lequel ? L'amnésique-aveugle-sourd-et-muet moron qui a démissioné il y a quelque temps ? Celui accusé de gangstérisme ? Ou celui qui a remplacé le premier et qu'on a arrêté la semaine dernière ?

Et voilà que certains journalistes nous accusent de cynisme !

Ô tempora ! Ô mores !

Simon

***

068 - 2013-06-10 - La complainte du jour

De quoi voulez-vous que je me plaigne aujourd'hui ?

Par les temps qui courent, ce ne sont pas les sujets qui manquent. Surtout si on habite l'île de Montréal ou celle de Laval qui, soit dit en passant, s'appelait autrefois [île] "Jésus" :

Y'a plus de Jésus à Laval. Ni à Montréal d'ailleurs (je parle de la ville, non de l'île). La première et la troisième ville en importance au Québec n'ont, en effet, plus de maires ; deux substituts, oui, mais tous les deux aux passés qui n'ont pas l'air être sans taches. M'enfin, chose certaine : ce n'est pas avec ces maires-substituts qui n'ont pas été élus à leur poste respectif qu'on va corriger les problèmes de ces deux municipalités...

À cause des jeunes filles qui nous lisent, permettez que je ne mentionne pas les scandaleuses ristournes d'ingénieurs et des gens mêlés au domaine de la construction, ni les changements tout-à-fait miraculeux de zonages après que le beau-frère d'un des deux maires précités eut fait l'acquisition d'une ferme, ni, non plus, un asphalte digne d'un pays en voie de développement et encore moins les matériaux qu'il fallait absolument acheter chez tels ou tels fournisseurs. J'y reviendrai, peut-être.

Et permettez également que je passe sous silence certaines petits problèmes qui ont affecté la région au cours des deux - pardon : trois - dernières semaines : deux pannes majeures de métro en plein heure de pointe (j'ai mis, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, "heure de pointe" au singulier pour ne pas effrayer les touristes) et puis presque deux jours sans eau pour la moitié de la population. Il s'agissait là de "simple erreurs de manoeuvre". - Tout ce que je peux rajouter, c'est que dans ma profession - draconnienne, je l'avoue -, je serais passé devant un comité de discipline. Heureusement, au Québec, tout comme au Canada, il fut convenu,il y a longtemps, qu'on ne poursuivrait pas en justice les fonctionnaires ou élus responsables de ces bévues, sinon où en serait-on ?

Je me souviens quand même qu'un certain Maurice Bergeron qui, maire de Ville St-Michel (qui fait aujourd'hui partie de la ville de Montréal), accusé de corruption et condamné à je-ne-souviens-plus combien d'années d'emprisonnement, est mort au volant de sa voiture sur l'autoroute du Nord, quelques semaines plus tard.

M'enfin.

Je commence à m'ennuyer sérieusement du maire Tremblay. - Idem, avec le défunt Parti Créditiste. - Avec eux, au moins, on pouvait rire. J'espère que, lors des prochaines élections, on élira un maire tout aussi amusant (pourquoi pas sourd, muet et aveugle ?), mais qu'on prendra également bien soin de réélire le maire du Plateau qui semble avoir eu, au cours de son mandat, des idées assez farfelues sur les sens des rues.

Et puis y'a Harper à Ottawa, Ford à Toronto et la Marois à Québec. Je ne sais pas: de quoi rêver aux retours de Chrétien, Miller et pourquoi pas Charest ou, en France, Sarkozy ? Remarquez qu'on peut toujours déterrer Duplessis et Trudeau dont le fils, d'ailleurs, Justin (sic), vient d'être élu à la tête du Parti Libéral avec autant d'idées que son père en avait et à propos de qui on se demande toujours ce qu'il a vraiment réalisé au cours de ces quoi, quinze ans (?) de règne. Ah oui : le rapatriement de la Constitution et puis la charte des droits et libertés. - M'a fait penser un temps à Napoléon, celui qui a "écrit" (lire : "a fait promulguer") les articles du premier Code Civil, vous savez : ce code basé sur la protection de la propriété. J'imagine qu'il devait parler de sa propriété parce que, avec ses campagnes militaires en pays étrangers...

Faudrait que je me penche sur les taxes, un de ces jours. - Pour qu'on m'explique, enfin, pourquoi on taxe les taxes car, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, la TVQ québécoise se calcule sur le prix de base ansi que sur la TPS fédérale.

Peut-être que je réussirais à comprendre comment faire pour rejoindre les deux bouts qui, depuis que je suis jeune, semblent semblent s'éloigner de plus en plus, l'un de l'autre. Sans conpter les fins de mois qui débutent souvent vers le quatre ou cinq.

Ensuite, je me poserais des questions sur notre système bancaire où les revenus des PDG oscillent entre 4 et 11 millions (de dollars)... par année. - Bizarre, mais je connais des couples de professionnels qui ne gagneront jamais, à deux, 4 millions au cours de leurs vies.

Quoiqu'il en soit, ce que je peux vous affirmer, c'est que la liste des choses à propos desquelles j'ai des questions à poser est longue comme le bras. Comme le bras d'un atèle, il va sans dire. Vous les connaissez, ces singes aux bras plus longs que les jambes et qui font partie des singes-araignées ?

Et puis y'a ces banlieusards qui vont bientôt faire leur apparition dans le centre-ville avec leurs épouses en shorts et en chandails en lycra. - Ben quoi ? Les festivals s'en viennent, non ?

Et sniff, ça m'a tout l'air qu'on n'aura pas de tramway.

Simon

***

067 - 2013-05-20 - God, people are stupid !
     
(Bout de bon dieu, que les gens sont stupides !)
      (George Carlin)

Et il en rajoutait, comme je le disais l'autre jour : "Quand ils ne sont pas stupides, ils sont pleins de m***". "Et s'ils ne sont ni stupides, ni pleins de m***, ils sont fous à lier." - Et il y en a qui cumulent : 'sont fous à lier, stupides et pleins de m***.

Paraît, toujours selon Carlin, que si, le matin, nous quittions notre foyer avec un calepin et que nous notions les noms des gens fous à lier, stupides et pleins de m*** que nous rencontrerons durant la journée, nous nous retrouverons tous avec une liste d'au moins trente noms avant de rentrer chez soi.

Je ne vous donnerai pas d'exemples. Je suis certain qu'à bien y penser, vous avez déjà des noms qui vous trottent dans la tête. - Vendredi dernier, j'en parlais avec un de mes amis et à l'expression qu'il avait sur son visage, j'en ai vu passer une dizaine derrière ses pupilles.

La preuve en est pourtant simple : la moitié des gens que vous rencontrez au jour le jour ont une intelligence inférieure à la moyenne. - Une statistique indéniable. - Et vous savez comme moi que ce n'est pas des gens d'intelligence moyenne qui ont inventé les boutons à quatre trous. Alors pensez aux pompes électriques, aux carburateurs, à la simple bouilloire...

Mon père, quant à lui, avait une toute autre idée :

Me disait : "Simon, le monde est petit, mesquin et égoïste. Mets-toi ça bien dans la tête avant d'aller au travail le matin et tu ne seras jamais déçu. Et si, au cours de tes journées, tu rencontres quelqu'un qui n'est ni petit, ni mesquin, ni égoïste, tu seras agréablement surpris."

Ça, c'est ce que j'appelle de la sagesse.

Je suis peut-être cynique., mais je ne suis jamais malheureux et, effectivement, au cours de mon existence, j'ai rencontré des gens fort agréables.

Mais pas jeudi passé. Que des trous-de-c...

Simon

***

066 - 2013-05-06 - L'Amour (avec un grand "A"), enfin !

Selon de sources sûres, il serait arrivé, dans ce qui commence à être mon long passé, quelquefois - je tiens à le préciser : quelquefois -, de dépasser certains niveaux de conscience à cause d'inattentifs barmen dans des endroits où l'on sert des boissons distillées ou fermentées et, au cours de ces rares occasions, que je fasse la conversation à des dames dont la beauté et l'élégance auraient pu faire l'objet d'une plus grande attention. Que les jeunes filles qui me lisent sachent que ces inadvertances de ma part et dont ma mémoire pourrait questionner la véracité n'ont jamais influencé l'admiration que j'ai toujours eue envers la gente féminine.

Cela étant dit :

J'ai un ami qui disait sans cesse que si les femmes n'avaient pas de seins ni de jambes, on les descendrait à vue. - J'avoue, pour certaines, y avoir pensé.

J'avoue également avoir pensé autant de fois à Serge Gainsbourg qui disait qu'en amour, il y a toujours une personne qui s'ennuie tandis que l'autre souffre.

Et puis, je ne sais pas si vous serez de mon avis mais il semblerait que les couples restent unis ou se séparent pour des raisons identiques.

Voilà pour les truismes.

N'empêche que je n'ai pas connu une seule personne, sauf quelques donzelles, qui n'aient jamais adoré quelqu'un d'autre ; et pas encore connu un couple pour qui l'amour a été une affaire de toute une vie. Je parle, naturellement d'une vie passionnée. - Oui, des gens qui ont vécu ensemble des années et des années sans jamais se tromper, il y en a dans toutes les familles, mais Dieu ce qu'ils ont vécu des vies de routine.

Cela m'a conduit à croire que les grandes amours ne durent pas. Elles sont vitent dévorées par, justement, cette routine ou, pire, encore, la jalousie. Voilà bien une chose qui scrappe une vie : la jalousie. - Heureusement, je n'en ai jamais été la victime. Le récipiendaire, oui, mais la victime, non. - Enfin, je crois. - Le rejet, oui. Plusieurs fois, même. De femmmes qui, peut-être, ne pouvaient pas être aimées. Il y en a, vous savez, (j'en ai connues) : elle se jetaient, généralement dans les bras d'hommes qui ne les aimaient pas. - Une, en particulier qui a tenté de séduire son chum pendant dix ans, et puis une autre, marié à un chaud lapin qui la trompait avec tout ce qui avait deux pattes. - Une affaire de conquête ? De dédain de soi ? Je laisse à d'autres la responsabilité d'élucider ce mystère.

Mais moi, qui ai-je aimé ?

Je vous l'ai dit la dernière fois : mon grand amour aura été la femme à qui j'ai dit qu'elle était la plus grande invention depuis le pain tranché. - Mais l'âge, comme je l'ai mentionné, les circonstances, les vicissitudes de la vie nous ont séparés. Je la revois encore, régulièrement, mais je suis devenu, en mon for intérieur, le vieux Monsieur qui, dans Proust, n'a plus besoin d'être aimé pour être en amour. - Elle demeure un flambeau dans mon existence et je me dis que si je n'avais pas eu le sale caractère que j'ai, elle serait peut-être encore là.

Pas une semaine - que dis-je ? - pas un jour ! - sans que je pense à elle, et souvent cinq ou six fois dans la même journée. Je la vois partout : une serveuse dans un café a ses jambes, la préposée à la bibliothèque a son sourire, une autre, dans le métro a ses cheveux...

Je me contentais, parfois, de la regarder. Tout simplement. J'étais ravi de la connaître. Et je trouvais merveilleux tout ce qu'elle faisait.

Étions-nous différents ? But of course. Elle était plus - comment dirais-je ? - plus physique, plus terre-à-terre que moi qui a les sports et la nature en aversion la plus totale.

Si elle était belle elle ? - C'est une véritable question que vous me posez là ?

Finalement, en dernier ressort, tout compte fait, et en dernier lieu, il n'y a qu'une question que nous pouvons nous poser, hommes ou femmes : avec qui pouvons-nous être ou avons-nous été heureux ? Ma réponse demeure la même : cette femme qui aura été la plus belle invention depuis le pain...  - Le pire, c'est que, dans mon cas, c'est vrai, mais le plus pire, c'est que je ne sais pas si elle m'a cru.

Simon

***

065 - 2013-04-22 - Amour ! Amour ! Tu fais faire des folies (*)

Suis allé, tout à fait par hasard, à mon premier salon en près de cinquante ans la semaine dernière. - Je ne sais pas dans quelle ville vous vivez mais, à Montréal (au Québec), nous en avons de tous les genres, cinquante-deux semaines par année et cinq, six à la fois, du Salon du fromage en grain à celui de l'automobile en passant par ceux ayant pour thèmes l'artisanat, les vacances, le prêt-à-porter, la mariée, la retraite, la décoration, les meubles et, j'imagine (je ne les suis pas tous) les objets liturgiques et vêtements sacerdotaux ou encore le bien-être social et les bijoux.

Celui où je suis allé fut le Salon « International » du Livre de la ville de] Québec (**). Un vrai zoo. Me serais cru chez IKEA ; vous savez : là où l'on rentre facilement mais où l'on ne trouve plus la porte de sortie. - C'était pour aller voir une amie que j'ai retrouvée le soir au bar de l'hôtel. - Des milliers de livres, des centaines d'auteurs, des douzaines d'éditeurs. - J'y suis resté dix minutes. - J'ai pensé à Bernard Pivot qui disait : " Aujourd'hui tout le monde publie sauf certains auteurs." et à " A senseless waste of human lives." (John Cleese) et à ces forêts qu'on abat pour publier les idioties de tous et chacun...

J'ai vu, en dix minutes, ce que je soupçonnais depuis de années : des auteurs qui se prennent pour quelqu'un d'important, des revendeuses qui connaissent, des livres, que la façon de se pencher pour attirer la clientèle, des gens blasés et puis, surtout, un grand nombre de couples avec leurs enfants dans des poussettes. - Que se passe-t-il, à Québec ? Une pénurie de gardiens ou de gardiennes ?

Entendu :

"Vous savez, quand j'écris un livre, je ne tiens pas particulièrement à me mettre en valeur, mais à faire réfléchir mes lecteurs sur la condition humaine et son avenir..."

J'espère que le gratte-papier qui disait cela ne le répète pas dans les bars...

Vous savez que de tous les collaborateurs qui oeuvrent au sein du Castor™, il n'y a que Madame Fawzi Malhasti, Mlle Ignacia Aphérèse, le Professeur (forcément) et Paul Dubé qui ont publié sur papier ? - Et pas beaucoup. - Tous les autres, y compris votre serviteur, ont confié leurs élucubrations à des médias électroniques. Bon, nous avons tous commis des erreurs de parcours - nous avons, par exemple, tous commis nos écrits sur Cds, l'équivalent de livres en papier - , mais ce fut plutôt rare. Et des Cds, ça peut toujours servir de sous-verres ou encore de Frisbee alors que les livres, mis à part la possibilité de leur faire stabiliser des meubles ou encore de retenir une fenêtre à guillotine...

Non, je ne repartirai pas ce débat stérile qui dit que les livres sont là pour toujours et que les lecteurs électroniques ne serontque des substituts. Après tout, depuis qu'on a inventé l'écriture, il y a quelque 4,500 ans, le livre imprimé a fait partie du paysage depuis au moins le dixième de ce temps. Pourquoi cesserait-il d'exister ? - C'est un excellent support, d'ailleurs pour parler de films, de télévision et de musique, n'est-ce pas ? Et quoi de mieux pour faire comprendre les batailles de la Guerre Civile Américaine sans ces stupides reconstitutions sur films digitalisés ?

 [Soit dit en passant : quand Copernique joindra-t-il des liens vers des illustrations musicales qu'on pourra écouter ?]

Mais ce n'est pas ce dont je voulais vous parler aujourd'hui, mais de l'Amour (avec un grand " A ") parce que, ayant, la dernière fois, parlé de tiroirs et de celui ou de celle qui allait fermer mes yeux et ouvrir les miens (mes tiroirs, si vous avez de la suite dans les idées), c'est à dire lorsque j'aurai définitivement passer "de l'autre côté", j'ai reçu plusieurs courriels, tous charmants, certains touchants et même un, assez troublant ; d'amis et amies inquiets et inquiètes pour, je suppose, ma santé.

Que tous soient rassurés : je me porte très bien. Mon médecin me l'a confirmé récemment. " Simon, m'a-t-il dit, avec la santé que tu as, tu vivras jusqu'à [ici un nombre que je ne répéterai pas] années." - " Mais docteur, lui ai-je répondu, j'ai [le même nombre] années !" - " C'est vrai, mais, quand même,, j'avais raison, non ?" m'a-t-il rétorqué.

D'ailleurs, pourquoi la mort, à n'importe quel âge, est-elle un sujet tabou ? S'il y a quelque chose naturelle... Personnellement, je crois que ce qu'elle a d'effrayant, c'est l'idée de ne pas avoir terminé ce que l'on a commencé. - J'ai retenu, entre autres, la semaine dernière, dans le courrier, la réponse suivante à M. Serge Lavallée de Raleigh (B.C.) : "Ce n'est pas la mort qui effraie, mais découvrir tout à coup qu'on a oublié de vivre."

Mais de l'Amour (avec un grand « A »), objet de cette chronique ?

Trop tard. Avec toutes les conneries que je viens d'écrire, voilà que j'ai pris toute la place qu'on me réserve bi-hebdomadairement dans ce canard. Ce sera pour la prochaine fois. En attendant, permettez que je salue, au passage, le grand amour de ma vie. Elle se reconnaîtra tout de suite quand elle aura lu ceci :

"Ma chérie, tu resteras, toujours, pour moi, la plus belle chose depuis l'invention du pain tranché."

La vie, hélas, avec ses contingences, ses tribulations et ces vicissitudes (***), nous a séparés.

Dois-je vous dire qu'il ne se passe pas une demi-journée sans que je pense à elle ?

Simon

(*) "Le fils-père" (Georgius) - Voir à : http://dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/paroles/fils_pere.htm

(**) Le seul et unique salon du livre " international" en Amérique du Nord ou même, mon amie me l'a dit, probablement au monde.

(***) Avouez, quand même, que j'ai du vocabulaire...

***

064 - 2013-04-08 - L'art de s'encourager

Comme ce qui suit est quelque peu sombre, laissez-moi débuter par quelque chose de plus léger :

Je suis présentement une diète basée sur la vodka. En un mois, j'ai perdu trois jours.

(Bon, d'accord : elle ne passe partout mais elle est drôle.)

Et maintenant :

Je cherchais un livre dans ma bibliothèque récemment - mal classé, il va sans dire - et je suis tombé sur une pile de photos prises il y a des années dans le sud de la France où j'avais loué, pour mes vacances, une bergerie (sic) pour trois semaines ; des photos d'une importance relative et dans lesquelles j'ai retrouvé de vieilles connaissances, plus jeunes à l'époque, forcément, et, puis tout à coup, j'ai pensé à Sacha Guitry et à sa cinquième et dernière épouse, Lana Marconi (en gras, s.v.p., Monsieur l'éditeur), qu'il présentait à ses amis comme étant la femme "qui allait fermer ses yeux et ouvrir ses tiroirs". J'ai pensé à lui car je me suis demandé, justement, qui allait ouvrir mes tiroirs...

Je n'en ai pas beaucoup. Je veux dire par là que la plupart de mes tiroirs contiennent peu de documents du genre de ces photos. Je ne conserve pas les lettres que je reçois, je détruis tous mes carnets dès que leur contenu est devenu désuet, je ne tiens pas de journal. Toute ma comptabilité a été confiée à une "teneuse de livres" qui se rapporte à un comptable. Ainsi, la personne qui entrera chez moi quand je ne serai plus là ne trouvera pas grand chose sauf mon ordinateur et mes disques externes dans lesquels tout sera là. - Je fais partie de cette génération... - Ces disques externes, par testament, je les laisse à un ami proche à qui j'ai dit qu'il allait y lire des choses qu'il n'aimerait pas, parce qu'il y a des côtés de ma vie sur lesquels je ne lui ai pas toujours dit la vérité, mais qui n'a pas des placards dans lesquels se trouvent des squelettes ? Qui n'a pas embelli quelque peu les aspects moins glorieux de sa vie ?

Et puis qu'est-ce que nous avons tous à accumuler des bouts de rubans, des mèches de cheveux, des bibelots-souvenirs ? (J'exagère à peine.) - Quand j'examine le contenu de mon appartement, je vois des livres que je n'ai pas ouverts depuis des années, des disques qui n'ont pas vu un platine (tourne-disque en Amérique du Nord) depuis la venue des CDs, des films (VHS) qui doivent s'être détériorés avec le temps, jusqu'à des plumes et des stylos qui n'ont pas servi depuis que j'ai terminé mes études. - Des statuettes, des instruments de musique miniatures, des boîtes remplies de pièces de monnaie...

Je n'ai jamais "vidé" l'appartement d'un autre. Pour mes parents, j'ai laissé cette opération à mes frères et soeurs et je me demande aujourd'hui ce qui est arrivé à leurs biens, ce qui est arrivé à toutes ces bricoles qu'ils avaient accumulées, à leurs vêtements, à leurs meubles, ces choses qui les caractérisaient, qui les définissaient en quelque sorte. Une boite, en particulier, dans laquelle mon père avait entassé des centaines de cartes postales du début du siècle dernier.

Je pense depuis un certain temps à cette pensée de Proust : "Nous disons bien que l’heure de la mort est incertaine, mais quand nous disons cela, nous nous représentons cette heure comme située dans un espace vague et lointain, nous ne pensons pas qu’elle ait un rapport quelconque avec la journée déjà commencée..." Non pas que j'ai l'intention de mourir demain, mais je vois très bien que mes forces ne sont plus les mêmes ; je sens que j'ai de plus en plus le pied dans une sorte d'espace où l'on cesse de rire. - Mon médecin me disait récemment que son expérience lui avait appris que les êtres humains, en général, prenaient un véritable "coup de vieux" à partir de, selon les cas, de soixante ans, soixante-dix et, exceptionnellement, quatre-vingt. - Ben, vous savez quoi ? J'en suis là. Ce "coup de vieux", qui n'est quand même pas instantané, je le vois régulièrement dans ma salle de bain, le matin, quand je sors de la douche et que je me rase. Pas tous les matins, mais de plus en plus souvent. Il apparaît ça et là. - "Tiens, voilà une tache qui n'était pas là hier..." ou encore "D'où vient cette douleur dans l'épaule  ?" et "Ces poils dans les oreilles et le nez, ce qu'ils peuvent être embêtants...!"

J'ai eu un ami qui est décédé après une ni courte, ni longue maladie et qui a eu le temps de mettre de l'ordre dans "ses affaires" avant de disparaître. Je pensais à lui ce matin et je me disais que si j'avais débuté ce travail il y a six mois, il serait déjà fait. Ne me reste plus qu'à décider quand je vais m'y mettre...

Gai, n'est-ce pas ?

Simon

***

063 - 2013-03-25 - Lieux communs

Oui, cette semaine, je vais vous entretenir de lieux communs. À commencer par :

J 'écoutais, la semaine dernière, un monologue de George Carlin sur la stupidité. C'est vrai que les gens sont stupides. Vous ne vous en êtes jamais rendu compte ? Faites comme Carlin le suggère : quittez la maison un de ces matins avec un petit calepin et notez les noms des personnes stupides que vous allez rencontrer au cours de la journée. À midi, vous y aurez inscrit déjà une bonne trentaine de noms. Ce qui est inquiétant là-dedans, c'est que, qui que vous allez rencontrer, il y en aura l'un dans le lot qui sera d'une intelligence moyenne. Moyenne ? Réalisez-vous que la moitié de l'humanité sera moins intelligente que lui ? Avouez que ce n'est pas rassurant.

C'est comme chez le médecin. Pour devenir médecin, il faut réussir des examens et avoir obtenu une note d'au moins 60%. Est-ce que ça veut dire que la plupart des médecins ne savent pas trop, trop ce qu'ils font 40% du temps ? Et qui c'est qui a préparé leurs examens ? D'autres médecins...

Pensez aux chauffeurs de voiture que vous côtoyez, sur la route, au jour le jour.... au cuisinier qui prépare vos repas, par une chaleur de 50 degrés C, dans une cuisine mal aérée. Mais qui a l'idée de devenir cuisinier ?

Y'a pire : les gynécologues ou les proctologues (pour en revenir aux médecins).

Personnellement, je m'accommode assez bien de la stupidité du monde : je mange très rarement assis à une table, sauf quand j'y suis obligé (rendez-vous d'affaires, anniversaire d'un copain ou avec une dame avec laquelle je voudrais entretenir une relation plus intime) : je m'assieds généralement sur un tabouret dans un bar, avec un livre, sérieux (le livre), et de préférence près d'un mur où j'aurai le moins de voisins possibles. - Oui, je sais, un bar, ça porte à boire. Et puis quoi ? Après trois ou quatre verres, je me suis rabaissé au niveau de quiconque viendra s'asseoir à mes côtés. Et puis, dans un bar, on peut toujours se lever et s'en aller. Chose difficile quand on est à table.

Y'a aussi mon humeur. Toujours à la limite du bougonnage. Elle chasse les ennuyeux, les fâcheux et les raseurs de première classe (car il y a des classes).

En ce moment, je travaille pour un groupe de personnes dont l'une a un intérêt financier minime dans une affaire disons "importante", sauf qu'elle est compliquée cette affaire ; et si ceux qui sont au premier rang comprennent ce que je leur explique, l'individu dont je parle - et qui s'occupe généralement de choses "moins importantes" ne fait que poser des questions de plus en plus stupides. - Un nom à rajouter à ma liste quotidienne.

"Some people are stupid. Others are full of sh*t. An then you have those who are not stupid, not full of sh*t : they're f*cking nuts." (George Carlin. )

Sans compter que dans la partie "supérieure", dans cette partie de la population qui est au-dessus de la moyenne, y'a des emmerdeurs de tout premier ordre.

Décidément, la vie n'est pas facile.

Simon

***

062 - 2013-03-11 - P'tite vie

J'ai un de mes amis qui vient d'avoir soixante-dix ans. Il a encore des cheveux (en fait : il en a beaucoup, ils sont à peu près noirs et il ne les teint pas). Il mesure quelque chose comme 1 mètre 80, ne fait pas trop d'embonpoint, est, comme on disait à l'époque, "propre de sa personne". Il est, de surcroît, célibataire. Son problème, c'est qu'il a un appartement, une auto, visiblement des sous, et il est encore non seulement présentable mais très intelligent, cultivé et fort intéressant.

Vous voyez le genre d'ici ?

Incapable d'aller nulle part sans se faire accrocher par une veuve qui s'ennuie, une jeune - et même très jeune -  dame qui en a jusque-là des "aventures" avec des va-nu-pieds, sans emploi fixe, qui en veulent à leurs beaux corps et qui ne possèdent que ce qui peut rentrer dans un sac de toile.

À ceux qui le connaissent, pouvez-vous, s'il-vous-plait, lui laisser la paix.

*** Fin de la petite annonce ***

Je ne sais pas comment ça se passe chez vous avec les quarts provisionnels, les déclarations de revenus, les "signez ici", mais j'ai l'impression, à chaque année, vers à peu près cette date, de me faire avoir et ce, depuis longtemps.

Le 28 février dernier, mon comptable m'a fait signer un chèque énorme, me promettant un "retour d'impôt" équivalant à 70% de ce chèque et une augmentation de mon fonds de retraite de 100% qui, lui, sera taxable quand je l'encaisserai. À combien de pourcentage ? Probablement, d'après les dernières projections (il y a de moins en moins de jeunes et les baby-boomers sont sur le point d'encaisser les leurs), quelque chose comme dans les 60-70%. - Faites le calcul.

J'y pense à chaque année. - Et si, au lieu de signer ce chèque, je n'avais rien fait, il me serait tout même rester 40 à 50% de son montant. Et tout de suite.

On me dit que c'est pour mes vieux jours. - J'ai connu ces vieux jours, ceux de mon père et de ma mère qui, à quatre-vingts ans, mettaient encore de côté de l'argent pour leurs vieux jours. (Faudra m'expliquer, un jour, pourquoi on met de l'argent de côté pour en avoir devant soi, mais il s'agit là d'une autre histoire.) - C'est un peu le principe de mettre de l'argent de côté (excusez la répétition) pour les mauvais jours et ne pas s'en servir quand des mauvais jours surviennent parce qu'il y en aura des pires.

Je connais au moins un principe, sauf que je ne l'applique pas : c'est celui de "Tu payes toute de suite ou tu paieras plus tard". Ça m'a l'air être une vérité de Lapalice.

Ce que je sais, c'est qu'on a beau essayer de me convaincre que je n'aurai jamais assez d'argent pour mes vieux jours, j'en aurai encore quand je mourrai (quand je me cadavrerai, comme j'ai récemment entendu) car mes parents en avaient et que quelqu'un, même si c'est le Gouvernement, héritera de ce qui me restera et ça me fait joliment scier.

*** Fin de la complainte du mois de mars ***

Au bar-restaurant où je vais déjeuner à presque tous les jours, y'a six ou sept serveuses aux corps ravissants. Elles ont entre vingt et trente ans et j'ai beau me pencher sur le livre que je suis en train de lire, je ne peux faire autrement que de lever régulièrement les yeux et admirer cette jeunesse insouciante qui croit que leur peau vaut son pesant d'or et qui joue des seins et des fesses.

Curieusement, elles se ressemblent toutes. Conséquence inévitable du goût de leur patron. Sauf qu'il a du goût, le bougre.

M'enfin, ce que je me demande, c'est ce qui leur arrivera dans vingt, trente ans. Seront-elles ces dames que je vois avec leur rouge à lèvre, leur mascara et leurs fonds de teint invisibles ?

Et quand je pense à elles, je me souviens d'un ami libraire, aujourd'hui à la retraite qui, au début de sa carrière se faisait dire non continuellement parce qu'il n'était pas ce qu'on pourrait appeler un Adonis et qui, trente ans plus tard se faisait harceler par ses clientes devenues moins jeunes...

Quand elles seront vieilles, assises auprès du feu, dévidant et filant, pour paraphraser Ronsard, se souviendront-elles que nous les regardions du temps qu'elles étaient belles ?

J'espère, pour ceux qui font partie de notre fuseau horaire, qu'ils n'ont pas oublié de changer l'heure samedi, il y a deux jours.

Simon

***

061 - 2013-02-25 - Intoxication aux nouvelles

Passé six jours (nuits) dans un hôtel récemment, assez éloigné de la civilisation, avec, pour seuls compagnons, le soir, un barman peu bavard, quoique efficace, et une télé dont l'écran avait la grandeur d'un court de tennis, branchée en permanence sur CNN. - CNN ! - Je regrette pour les news junkies à l'écoute, mais quand je pense à CNN, j'ai en tête ce que Philippe Bouvard disait (dans deux ou trois de ses blocs-notes) des nouvelles et de la télé :

  • Que c'était des faits divers analysés à la loupe.

  • Qu'on avait beau multiplier les chaînes de télévision, il y avait de moins en moins de choses à regarder.

À la rigueur, je peux comprendre que, pour boucher les trous d'une semaine sans nouvelles, l'on se penche sur les aventures des vacanciers à bord d'un paquebot à la dérive mais, à toutes les minutes, on interrompait ce qui passait pour un reportage afin d'annoncer que, par exemple, deux personnes étaient mortes dans un incendie en Pennsylvanie, en ajoutant toutefois qu'on n'avait aucun autre détail, mais qu'on allait y revenir (ce qu'on ne faisait jamais). - Et parlez-moi maintenant de la stupidité des commentaires émis par des animateurs qui n'ont en commun que la faculté de parler en souriant. - J'ai essayé le soir, devant un miroir et j'ai tenu à peine trente secondes.

Et puis j'avais raison : les femmes sont non pas folle mais totalement instables. Parmi les conseils que je leur donnais la dernière fois, il y avait celui de ne jamais se faire couper les cheveux, or, récemment, une jeune fille de mes amies, d'une grande beauté; et qui avait une chevelure tout à fait adorable, ben devinez ce qu'elle a fait. De la ravissante future dame qu'elle était, elle est devenue une jeune fille comme les autres sur lesquelles on se retourne mais pas plus.

Femme varie, bien fol qui s'y fit.

Simon

***

Série précédente

Série suivante

Retour au Castor™ - Édition courante

 


Autres sites à consulter :

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro