Les billets de Madame George Gauvin

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No. 071 à 080

(Du 2 juillet 2019 au 6 juillet 2020)

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080 - 2020-07-06

Un timbre de trois sous

Quelle belle leçon d'histoire Monsieur Pérec nous a donnée il y a à peine quelques jours...

Nous étions, pour la première fois depuis plusieurs semaines, réunis tous ensemble autour d'une grande table (oui, oui : distances respectées, etc.) et voilà que mon portable a sonné. - («Cellulaire» pour ceux qui nous lisent de ce côté-ci de l'Atlantique.)

J'ai jeté un coup d'oeil. C'était X qui m'écrivait : «Demain sept heures».

J'ai répondu : «Dac !» Et puis c'est tout.

Alors il a dit, avec un large sourire :

«Dire que ma grand-mère était insultée quand quelqu'un osait ouvrir son courrier devant elle sans lui avoir demandé la permission !»

«Elle disait, poursuivit-il : "N'importe qui, avec de quoi se payer un timbre de trois sous, pouvait se croire plus important que moi !"...»

Oui, je l'avais déjà entendu : «Autre temps, autre moeurs...».

C'est pas ça :  j'ai juste failli pleurer.

Pas de honte, non. Pour la beauté d'un temps que je n'ai pas connu.

Et la beauté du temps présent était pourtant autour de moi. 

Mais je fais comme tout le monde : je ne regarde pas..

George

*

079 - 2020-06-01

Pis les masques ne nous vont pas

Je me suis souvenu cette semaine avoir entendu, y'a pas si longtemps, une femme, même pas de la «haute», une femme bien ordinaire, une femme dont le mari était le propriétaire d'une petite entreprise, une femme pas plus inintelligente qu'une autre, relativement bien éduquée, dire, au cours d'une banale conversation, qu'elle ne comprenait pas comment une famille normale pouvait réussir à joindre les deux bouts avec des revenus sous la barre d'un certain  montant qui, à ce moment-là, était le double de ce que nous gagnons présentement mon chum et moi.

Je me demandais ce qu'elle pouvait bien faire ces temps-ci. pas de coiffeuse, pas de manucuriste, pas de masseuse, pas de bridge et les boutiques de linge fermées.

Doit faire venir de la pizza. - Ben quoi, elle a de l'argent pour payer. - «Pas d'anchois et pas d'appartement...»

Une chose que j'ai réalisé ces temps-ci :

J'ai plus de talent pour faire «des lunchs» que de la véritable cuisine..

Chose que mon chum a réalisé :

Qu'à part sa job pis les sports, y sait pas quoi faire de ses deux bras.

Et, incapable de me comparer à d'autres depuis quelque temps, j'ai pris la décision de ne plus jamais enfiler un maillot de bain.

Docteur Kildare, Marcus Welby, comme disait Lucien Francoeur... S'il vous plaît, v'nez nous chercher !

George

*

078 - 2020-05-04

Whoâ... les boys, les chums de fille, les matantes, ma voisine !

Je veux bien rester à la maison, sortir habillée comme une nonne, faire à manger trois fois par jour, regarder les soaps à la télé, mais arrêtez de m'en parler !

C'est rendu que du monde à qui je n'ai pas parlé depuis des mois m'appellent pour me  demander des nouvelles ; si mon chat est toujours en vie, si je travaille toujours au même endroit, si ma soeur est toujours en France... Sauf qu'ils en rofitent pour me raconter leur vie et me dire qu'ils ont changé de voiture.

Des nouvelles ? En voici :

La maison n'a jamais tant aussi brillé. C'est rendu que mon chat ne sait plus où est sa litière. Ça d'l'air d'un carré de sable importé des Îles Vierges. - Mes garde-robes ont toutes été vidées, nettoyées et la paire de pantalons qui ne me faisait plus depuis deux ans, ben je m'en suis débarrassé. Dans ma dépense, toutes mes petites bouteilles d'épices ont été alignées. Et j'ai retrouvé un dollar et trente-cinq en monnaie dans le divan du sous-sol, sauf que je ne les ai pas encore dépensés car on n'accepte plus d'argent au dépanneur. Ni les bouteilles vides.

Faut croire que le monde est en train de changer.

Dites-moi pas comment : je ne veux pas le savoir. Un seul pont à la fois.

J'ne vous parlerai pas du «p'tit» car mon ex-chum et moi avons réussi à nous entendre.

Y'a une affaire avec laquelle j'ai ben d'la misère cependant. - PARDON ; Il y a une chose à laquelle j'éprouve beaucoup de difficultés (puisque j'en suis rendue à vouloir bien écrire). Cest :

LIRE !

Je croyais qu'une fois que j'en aurais le temps, il me suffirait d'emprunter un livre à mon ex, l'intellectuel ;  de l'ouvrir et de me mettre à lire, comme on lit un article dans le Châtelaine...

ERREUR !

Il m'a dit : «Tiens, tu vas bien aimé...» et m'a refilé une mini-brique au nom de «La vie mode d'emploi» que je croyais être un livre sur ce que vous pouvez deviner. - Et puis il m'a dit de sauter par dessus le premier chapitre. «De toutes façons, tu le retrouveras à la fin...»

Le téléphone sonne ! Dieu merci, je ne savais pas par où commencer.... 

Je vous reviendrai

Car je suis têtue, vous verrez.

George

*

077 - 2020-04-06

Question : ai-je encore un emploi ?

Vendredi 13 mars. - Un vendredi et un treize ! - Je m'en souviens encore.

(Comme disait Simon l'autre jour, on peut ne pas croire en la superstition, mais parfois, qu'on y croit ou qu'on y croit pas, ça marche...) - Voir note à la fin.

On nous a dit de ne pas nous inquiétez, que nous serions payés quand même, mais de ne pas, étant donné les circonstances, se pointer au travail, le lundi 16.

Depuis ce temps, rien. - J'ai téléphoné à mon boss le 20 et il m'a répondu qu'il attendait lui aussi, des directives de son boss. - Et de boss en boss, on n'a pas encore entendu parler de quoi que ce soit. - Le 27, ouf ! Ma paie a été déposée dans mon compte et j'ai reçu la slip du Capitaine Haddock (*) via l'Internet la journée même.

(*) Haddock pour «ad hoc»... loc. lat. signifiant «pour cela». - Intervention anonyme.

Sur le site [de mes employeurs] une note [Avis à tous nos employés] : «Nous nous excusons de la situation, mais nous vous reviendrons sous peu...» Sauf que ça fait deux semaines que cette note est là et y'a pas d'adresse à qui envoyer des messages.

Ma chum de fille, celle qui travaille à l'étage des boss - et qui elle non plus ne travaille plus - m'a dit que la même chose est arrivé lors de la tempête du verglas et que tout le monde a été payé... en '98...

En '98 ! Je ne me souviens même pas  si j'en étais déjà à mes premières périodes !

«Ben oui, qu'a m'a dit. On a été payé à rien faire pendant trois semaines...»

«À rien faire...» C'est ben beau sauf que je m'en fais.

Pas pour la paie en tant que telle (quoique...), mais de ce qui va arriver. 

Le Ministre Legault a bien beau avoir l'air calme, bien beau me rassurer, mais il ne dit pas grand chose. Il ne nous parle pas des «vraies affaires», comme dit ma mère. Ma mère qui m'appelle dix fois par jour pour me demander si je vais bien, si j'ai besoin de quelque chose alors que ce serait à moi de lui demander.

Et c'est comme ça depuis des jours, depuis trois - semaines !

Ma voisine me dit qu'on va bientôt «fermer» l'Île de Montréal. - Ouais ? Pis mon p'tit ? Y va rester où, lui ? À Rosemont si c'est c'est là qu'il va se trouve quand ça va arriver ? - Pas beaucoup de chances de ce côté car il est là juste deux jours aux quinze jours, mais quand même...

«J'mange p'us, j'dors p'us...» comme dit Charlebois (*)

Mais j'pense plus à :

«Docteur Kildare, Marcus Welby, s'i' vous plaît, sauvez-moé la vie !» (**)

(*) Paroles de la chansons «Le violent seul»

(**) Paroles de la chanson «Ambulance Francoeur» du Groupe Aut'Chose

Georges

P.-S. : Faites-vous-en pas : c'était juste pour rire. - Faut bien. par les temps qui courent.

***

076-2020-03-02

Beau temps, quand reviendras-tu ?

Est-ici que j'ai lu il n'y a pas longtemps l'histoire d'un bonhomme, petit, pas trop beau, chauve et bedonnant... qui, se regardant un jour dans un miroir juste avant de se raser, leva les yeux vers le ciel et dit : «Non, mais quand même, vous ne trouvez pas que les lunettes, c'était de trop ?» - Je crois bien que oui. - Je veux dire par là que je crois bien que c'est ici que j'en ai entendu parler.

Anyway, j'ai pensé à lui récemment, Trois fois de suite.

À déneiger l'entrée de la maison, à déglacer mon pare-brise et voir une épaisse couche de glace tomber en une large plaque du toit de ma voiture.

Deux fois dans la même semaine.

Et puis, deux jours après, rentrer à la maison les pieds gelés dans des bottes mouillées de quoi prendre la nuit à sécher car le mercure était monté au-dessus de zéro et qu'il avait fait soleil toute la journée.

J'ai levé les yeux, comme le monsieur que je viens de mentionner, et j'ai dit : «Non, mais vous pourriez vous faire une idée ?»

Et tandis que j'y suis : «Simon, Copernique, Jeff... Arrêtez de me demander ce que je lis ces temps-ci.»

Georges

*

076-2020-01-06

Bref moment

A un moment donné - on m'a expliqué -, bien avant qu'on sache que les ulcères d'estomac étaient causés par une bactérie et non une certaine tension nerveuse, - qu'il y avait deux périodes dans l'année où les symptômes reliés à ces ulcères se manifestaient : au printemps et à l'automne. Au printemps parce qu'on avait besoin de vacances et à l'automne, parce qu'il fallait les payer. - C'est un peu ce que je suis en train de penser au moment où j'écris ces lignes, le surlendemain du Jour de l'An : comment vais-je m'y prendre pour rembourser les dépenses que j'ai faites en décembre au moyen de ma carte de crédit. Celle aux taux usuriers (ou usuraires ?)

(Je ne sais pas si ce que je viens de dire à propos des ulcères - qu'on les guérit aujourd'hui en moins de deux, trois semaines ; au moyen d'anti-biotiques - est vrai ou non mais ça a fonctionné chez mon père qui, depuis ce temps, se méfie, en ayant consommé des anti-acides pendant des années... de tous les médecins.)

Toujours la même chose, non ?

On s'est dit «Pourquoi pas ?» en pensant aux cadeaux pour le p'tit, «Ça arrive juste une fois par année...» - Puis ça a été la robe hors prix, le vin, l'épicerie, la sortie avec ses chums de fille... après, parce que c'est venu avant, les pneus d'hiver, le manteau, les bottes...

C'est un peu concentrer un certain bonheur en une, deux, trois semaines, pour ne plus en avoir pendant un mois ou deux, vous trouvez pas ?

Georges

***

075-2019-12-02

Noël

Vieillir a du bon à l'approche de Noël et du Jour de l'An :

On n'a plus à s'inquiéter de ces oncles qui, quand on était plus jeune, nous pinçaient les fesses ou nous embrassaient avec leurs lèvres gluantes. 'Sont rendus trop vieux eux-mêmes pour se lever quand on s'approche d'eux. Ou ils ont morts. Restent les neveux, mais dès qu'ils atteignent l'âge où..., ils ont déjà une petite amie avec qui... - Bout de bon Dieu, que ça... jeune aujourd'hui... ! - Les autres ? Ceux qui n'ont pas de petites amies. 'Sont ben trop gênés. Ou bedon ce sont autres p'tits gars qui les intéressent.

Qui d'autres ? Ah oui : y'a les gars au bureau. Mais ceux-là, quand on les a remis à leur place toute l'année, 'Sont pas dangereux. - Sauf lors des parties de bureau. Suffit de pas s'attarder.

Et pourquoi que je vous dis tout ça aujourd'hui. Parce que les Fêtes, ça m'énarve.

Je ne sais pas pourquoi ni comment, ni quand exactement, mais entre un sapin mort exposé dans une maison avec des boules Prismacolor, un bonhomme joufflu qui vit au Pole Nord et la naissance d'un juif qu'on aurait crucifié il y a deux mille ans, tout comme les lapins et les oeufs en chocolat et Pâques, je n'ai jamais rien compris.

Paul me disait l'autre jour que depuis qu'il a vingt ans, il a toujours rêvé de quitter Montréal le quinze décembre, de se rendre dans le Sud (lui qui déteste la chaleur !) et d'en revenir qu'après le sept janvier.

«L'avez-vous déjà fait ?» lui ai-je demandé.

«Non !» a été sa réponse.

Twéka, «Joyeux Noël» si ça vous chante.

Georges

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074-2019-11-04

Ma génération

Why don't you f... away ?

[Rires]

Deux vidéos :

Si vous n'aimez pas le premier, passez au deuxième.

https://www.youtube.com/watch?v=qN5zw04WxCc

https://www.youtube.com/watch?v=zqfFrCUrEbY

Georges

*

073-2019-10-07

On tombe en amour ?

J'ai vu un de ces beaux gars la semaine passée qui m'aurait offert non pas un verre, mais deux et même de m'amener dans sa suite au Ritz pour me séduire que... je serais devenue toute rouge, sauf que je n'aurais pas hésité à dire oui. Assez que, quand mon chum est arrivé, j'en étais encore tout bouleversée. Heureusement, il ne s'en est pas aperçu.

Il m'avait, mon chum, donné rendez-vous dans un bar sur la rue Saint-Denis car nous devions ce soir-là aller voir je-ne-souviens-même-plus-du-titre un  film au Cinéplex dans la petite rue entre Maisonneuve et Ontario.

Quand j'y suis entré, - au bar -, il, le beau gars, était au comptoir, le dos tourné et il parlait au serveur ou lisait ou faisait n'importe quoi. Il s'est retourné, m'a regardée longuement, des pieds à la tête, s'est arrêté sur mon visage puis sur ma jupe plissée depuis le matin et finalement, il a posé ses yeux non pas sur, mais dans les miens. Ça s'est passé en quelques secondes et, dans ses secondes, il m'a complètement vidée.

Et puis, il s'est retourné à nouveau vers le garçon comme si j'avais cessé d'exister et ne m'a plus jamais regardée.

«Coup de foudre, que je me suis dit. C'est comme ça que ça se produit. Un type vous séduit en deux minutes, puis vous abandonne.»

Était-il beau ? Je ne m'en souviens plus. Était-il bien habillé ? Je n'en sais rien. Sportif ? Cultivé ? Musclé ? Était-il chauve, tatoué ? Appartenait-il à une classe de riches armateurs ? Ou était-il pauvre comme un poète ? Avait-il des beaux cheveux ? - Tout ce dont je me rappelle, c'est qu'il était gracieux, calme et, forcément, le plus merveilleux des hommes. 

Et quand, ce soir-là, j'ai fait l'amour avec mon chum, j'ai pensé à lui.

Paraît que ça nous arrive qu'une seule fois dans nottre vie ? Mais alors, pourquoi ? Et pourquoi à mon âge ? Me semble qu'à vingt ans... Oh, peut-être que je me serais levée et que je me serais offerte à lui. Qui sait ?

J'étais belle à ce moment-là sauf que je ne le savais pas.

J'en ai parlé à mes chums de fille au bureau. - L'une m'a dit qu'à seize ans, elle était tombé amoureuse d'un ami de son père et qu'aujourd'hui, il lui arrive encore de penser à lui.

«Moi, j'ai été violée, À quinze ans...» nous a avoué une autre...

Georges

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072-2019-09-02

Fins de mois

Au moment où vous lirez ces lignes, nous en serons au deux septembre, au moment où débutera ma fin de mois, une conséquence de ma fin de mois précédente où elle a débuté vers le dix avec tous ces achats (de l'inévitable rentrée) que j'ai dû effectuer, c'est-à-dire à peu près au moment où les factures des vacances me sont parvenues et qu'il me fallait équiper (le mot est inexact, mais il dit bien ce que je veux dire et toutes les mères de famille vous le confirmeront) le plus-grand-d'années-en-années petit pour l'école. Et par un effet du hasard, c'est au cours de cette période qu'il nous a fallu renouveler, mon chum et moi, notre hypothèque.

Hasard ? Oui, c'est par un autre hasard que l'automne approche et qu'il faudra songer à se préparer pour l'hiver (vêtements, pneus à neige, contrat de déneigement)... sans compter - excusez-moi de vous le souligner - qu'une fois que tout cela sera réglé, viendront les Fêtes...

À nous deux, mon chum et moi (excusez si je me répète) - et si j'ajoute à nos revenus ce que mon ex nous donne pour le p'tit - nous ne sommes pas dans la dèche. Quelqu'un me disait l'autre jour que nous étions dans l'«above-middle-class», pas l'«upper», ni le «lower», mais l'«above».

Jeff pourrait nous donner des statistiques là-dessus, mais je n'ai aucune idée de ce que cet «above» peut signifier étant née à Rosemont, deuxième fille d'une famille de quatre issue de parents qui, si je me rapporte à leur style de vie et le quartier où nous vivions, devaient être du «lower-middle-class». 

Sauf qu'entre ce «lower» et mon «upper», je trouve inconcevable qu'il restait à mes parents, à la fin de chaque mois, plus d'argent qu' il m'en reste au tout début.

Georges

P.-S. : Un gros merci à Paul qui m'a fait connaître «Blues jeans sur la plage» du groupe Aut'Chose. - Je n'en reviens pas encore. Surtout à cause de sa fin : «Les filles de Rosemont en bikini... La naissance de la tragédie...». - Ce n'était pas de mon temps, mais sapristi, que des phrases comme celle-là, finissent par nous frapper.

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071-2019-07-02

Oyoye !

Quand madame Malhasti m'a téléphoné l'autre jour pour me demander si j'étais libre pour le lunch le mercredi de la semaine suivante, j'ai failli perdre connaissance, Moi, George, la plus insignifiante des chroniqueuses du Castor™, me faire demander par celle qu'on m'a présentée pour la première fois comme étant "la poétesse de renom", une des plus intelligentes femmes que je connaisse, me faire demander par elle si j'étais libre pour un lunch ! - Un lunch ? J'aurais été, si elle me l'avait demandé, libre pour un petit déjeuner, un déjeuner, un souper, une séance de spritisme, la journée complète !

«C'est, qu'elle me dit, on organise un lunch-souvenir en l'honneur du Profeseur la semaine prochaine et comme je suis la seule femme invitée, j'ai pensé qu'on pourrait y aller ensemble...»

Je ne sais plus ce que je lui ai répondu, si c'était «avec plaisir» ou «je serai très honorée». - Non : vraiment pas cet «honorée»... Probablement quelque chose dans le genre «ben sûr» ou tout simplement oui.

Et de là, tout s'est mis à dégringoler : m'a pas dit qui allait être là, où c'était, comme je devais m'habiller, si je devais apporter quelque chose... - Pas dormi de la nuit ! - J'allais tout de même lui téléphoner le lendemain, la déranger, l'embêter avec des tonnes de questions...

C'est Jeff qui m'a dépanné. «T'as été invité, toi aussi ?» que je lui ai demandé.  «Oui, qu'il m'a répondu. Mais je ne sais pas si je vais y aller. C'est pas ma place. J'avais cinq, six ans quand ces affaires-là sont arrivées. J'saurai pas quoi dire.» - «Quelles affaires ?» 

Et c'est là que j'ai appris qu'il s'agissait d'une réunion pour commémorer une centaine (on m'a dit cinq cents) rencontres qui eurent lieu il y a des années de cela dans un restaurant sur la rue Saint-Denis, à Montréal, où, régulièrement, le Professeur, Monsieur Pérec, Madame Malhasti et deux ou trois autres que je connais pas, se réunissaient le midi pour discuter ensemble de tout et de rien. - Paraîtrai, ça je l'ai appris par la suite, que ça a fourni le matériel à plus de cinq cents (500 !) chroniques de Monsieur Pérec dans un défunt journal qui s'appelait La Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin... Qu'on songeait à les déterrer pour la prospérité, mais qu'importe ! - La question était ce que je devais porter.

C'est sa femme, Élyanne, qui me l'a dit : une PRN ! Qu'est-ce qu'une PRN ? Tout simplement une...Petite Robe Noire. - J'aurais dû y penser !

Et le mercredi X, je me suis pointé au volant du char de mon chum - car mon auto n'est vraiment pas de classe - chez Madame Malhast et nous voilà tout les deux en route pour ce fameux - je l'ai appris après - Bar*** sur la rue Saint-Denis en face du théâtre qui porte le même nom.

Vous savez quoi ? Madame Malhasti a insisté pour que je l'appelle Fawzi, mais j'ai pas pu, mais depuis, elle et moi sommes devenues des amies. Elle m'a même dit que je lui rappelait ce que j'avais l'air quand elle était jeune !

Et le lunch ? C'est après que ça a été l'fun. les tables ont été déplacées et ça a tourné en une sorte de cocktail où tout le monde a rencontré tout le monde. 

J'ai même eu un brin de causette avec le Professeur !

George

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