Les billets de Madame George Gauvin

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No. 061 à 070

(Du 6 août 2017 à aujourd'hui)

Série précédente

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066-2019-02-04

Autour d'une paire de jeans 

J'ai ri à gorge «d'employé» (Merci Simon !) lors de la dernière réunion des chroniqueurs du Castor™ quand j'ai entendu Monsieur Popp (qu'est-ce que c'est que cette idée de se tutoyer entre nous ? Monsieur Popp a deux fois mon âge, Monsieur Pérec presque trois et l'on voudrait que je les appelle Simon et Hermy !) - m'enfin... ; quand j'ai entendu Monsieur Popp parler de ses abonnements aux bibliothèque de Montréal, de Westmount, de l'Université McGill, de l'Université de Napierville (forcément), mais aussi à la Grande Bibliothèque du Québec et, depuis le déménagement du siège social du Castor™ à Les Coteaux, à celle de la ville de Valleyfield.... - «Tout dépend de ce que je veux lire.» a-t-il dit.

Le lendemain, j'en ai parlé à ma chum de fille dont le chum connaît une fille qui travaille dans une bibliothèque en banlieue de Montréal et c'est là que j'ai appris que tout dépendait de la clientèle de chaque biblio et de son mandat. À la Grande Bibliothèque, par exemple, on est considéré comme un dépositaire de la «culture» québécoise et qu'en conséquence, tous les livres - et en particulier ceux publiés au Québec - doivent y être conservés à perpétuité tandis qu'une bibliothèque comme celle de Westmount peut, sans problème, se spécialiser plus en livres anglophones par rapport aux francophones. Et puis y a toujours les questions de l'espace disponible, des budgets, des utilisateurs qui, à certains endroits, ont des besoins spécifiques : livres techniques, best-sellers, livres anciens, etc. - Et, je me suis laissé dire que... quand le grand patron d'une bibliothèque «y fou' le bordel» et s'en va, ben... c'est le «free-for-all» !

«Trouver Tacite en latin, disait Monsieur Popp, est un casse-tête et si, il y a une vingtaine d'années, je pouvais trouver à la bibliothèque de Verdun (une sixième !) la plupart des livres publiés sur Proust avant 1950, ben... aujourd'hui, ils n'y sont plus. On les a élagués...»

Plus tard, j'ai appris qu'ayant absorbé la bibliothèque de la ville et du séminaire de Valleyfield et celle rattachée au CEGEP local a cru intelligent de garder les éditions des Belles-Lettres de Paris, la seule qui, encore aujourd'hui, publie à peu près toute la littérature gréco-latine dans des éditions bilingues, mais cela m'éloigne de l'affaire dont à laquelle je voulais vous parler de, aujourd'hui (une expression que je n'oublierai jamais !) ; les jeans.

Un détour :

Y'a pas longtemps, mon chum enfile une chemise que je ne lui avait jamais vue sur le dos. Belle coupe, belle couleur, bref : une belle chemise. «Où t'as pris ça ?» - «Chez W***...10 $» qu'il m'a répondu. DIX DOLLARS ! La même, chez La Baie, en vente, m'en aurait coûté au moins cinquante...

Exploitées, nous sommes, nous les femmes ? - Oui, mais pas tout le temps. C'est sûr que les rasoirs roses de chez BIC coûte plus cher que les mêmes, bleus, destinés aux hommes, mais cela n'est pas si flagrant dans le domaine des jupes et des blouses.

Jeune, quand j'avais un autre corps (me semble que c'était y'a pas si longtemps,,,) je me souviens m'être trouvée bien intelligente de me procurer mes blouses blanches dans le rayon des garçons sauf que pour une paire de jeans, je n'ai jamais eu le choix. Il fallait et il faut toujours que j'en essaye dix avant d'en trouver une qui me «fait». - Là encore, c'est ma chum de fille qui est déjà sorti avec un gars qui travaillait chez M***, qui m'a expliqué que les femmes ont ont entre vingt et trente «shapes» contrairement aux hommes qui n'ont que trois. Çafaque... si une fille qui cherche une paire de n'importe quoi, grandeur de deux à quatre ben, elle est mieux de se pointer tôt pour être sûre d'en trouver une. Avant, forcément, les ventes et les spéciaux en tous genres.

Raison de plus pour introduire et rendre obligatoire le port du tchador au Québec sauf que ça va rendre ben des enfants en Asie plus pauvres encore qu'ils le sont en ce moment. Et pis comment jouer des fesses dans ces machins-là ?

À bien y penser, Monsieur Popp devrait se compter chanceux avec ses livres en latin.

George

P.-S. : Et la photo ci-dessus ? Monsieur Popp m'a dit qu'il en avait vu deux paires de jeans semblables - et uniquement deux - en cinquante ans, mais qu'il n'est sûr si la deuxième, il ne l'a pas vu en rêve.

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065-2019-01-07

Père Noël, Père Noël... 

Oui, je sais que ce n'est pas mon rôle ici de citer un poème ou, dans le cas qui suit, les paroles d'une chanson, mais le 25 décembre, pour moi, est une journée particulière au cours de laquelle je me rappelle toujous avec une certaine tristesse une chanson de Georges Brassens que Monsieur Pérec m'a autorisé à vous citer, une chanson que j'ai cru être du Père Noël du temps où j'avais vingt ans.

Le père Noël et la petite fille

Avec sa hotte sur le dos
Il s'en venait d'Eldorado
Il avait une barbe blanche
Il avait nom "Papa Gâteau"

Il a mis du pain sur ta planche
Il a mis les mains sur tes hanches

Il t'a prom'née dans un landeau
En route pour la vie d'château
La belle vie dorée sur tranche
Il te l'offrit sur un plateau

Il a mis du grain dans ta grange
Il a mis les mains sur tes hanches

Toi qui n'avais rien sur le dos
Il t'a couverte de manteaux
Il t'a vêtue comme un dimanche
Tu n'auras pas froid de sitôt

Il a mis l'hermine à ta manche
Il a mis les mains sur tes hanches

Tous les camées, tous les émaux
Il les fit pendre à tes rameaux

Il fit rouler en avalanches
Perles et rubis dans tes sabots

Il a mis de l'or à ta branche
Il a mis les mains sur tes hanches

Tire la bell', tir' le rideau
Sur tes misères de tantôt
Et qu'au-dehors il pleuve, il vente
Le mauvais temps n'est plus ton lot

Le joli temps des coudées franches
On a mis les mains sur tes hanches

 

Georges Brassens
(1921-1981)

Attention : des copyrights peuvent être attachés à ces paroles.

George

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064-2018-12-03

Hier encore (air connu) 

Je me disais qu'il me restait encore du temps avant Noël, le Jour de l'An, l'anniversaire du p'tit et le 15 décembre, date où il fallait que je change les pneus de ma voiture pour affronter l'hiver qui a débuté avant-hier.

Vous devinez le reste.

Et en plus, je me suis tapé une grippe et j'ai fait une maille au dernier bas-culotte que j'avais la journée - il y a trois jours - où je devais rencontrer le grand patron.

Quant à l'argent, je n'ai pas reçu encore les chèques de... et de... - Grève de la Poste...

Et ta chronique ? qu'on m'a dit.

Georges

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063-2018-11-05

 Boxers et virginité 

Je ne suis pas née de la dernière pluie, mais quand je compare le nombre de chums que mes amies de fille ou mes collègues de travail ont connus - l'expression est quoi déjà... bibliquement ? - j'ai l'impresssion d'être une vierge qui s'ignore.

Autant l'avouer publiquement, je n'ai eu dans ma vie que trois chums (du genre précité) et le premier fut - excusez ma naïveté d'alors - mon ex. - Ça vous donne une idée de mon expérience dans le domaine. (Comparativement à N*** qui travaille dans une autre section au bureau. - Un hint : «N», ce n'est pas une de ses véritables initiales. - Elle disait il y a trois semaines qu'elle en avait déjà eu deux en même temps, mais qu'à ce moment-là, elle avait déjà l'oeil sur un troisième...)

Je pensais à celui qui a suivi mon deuxième en regardant mon courant s'habiller l'autre jour, en sortant de la douche, et, malgré mon ignorance - quoique j'ai eu deux frères - je n'ai pas pu m'empêcher de penser que tous les hommes se ressemblaient... du moins au niveau vestimentaire.

Dieu a protégé mes innocents regards et je le remercie de ne jamais fait voir des caleçons Speedo ou du même genre, sauf en pubs. Tous les hommes que j'ai vu sans pantalons, y compris les comédiens qui se sont déshabillés devant mon ébahi regard (au cinéma ou à la télé), ont tous eu une caractéristique et ça a été celle de porter des t-shirts et des boxers, ce qui me fait dire qu'ils sont quand même décents dans la vraie vie , mais qu'ils ont également quelque chose d'unique :

Je n'ai connu personne - et j'ai posé la question à mes amies qui m'ont répondu qu'elles avaient toutes vécu la même expérience - personne... enfin : pas un homme, qui, un jour, a jeté l'un ou l'autre de ses sous-vêtements aux poubelles car si je me fie à ce que je sais, les t-shirts d'homme et leurs boxers connaissent tous la même fin : ils se désingrètent graduellement jusqu'à disparaître complètement, la ceinture en latex en premier.

J'imagine que dans un très loin futur, quelqu'un fera une étude là-dessus et qu'éventuellement, en appliquant le même principe, on n'aura plus besoin de ces boites qui servent à faire la collecte de vieux vêtements pour les pauvres. Mais alors, comment reconnaîtra-t-on un homme pauvre d'un pauvre homme dans la rue ?

Voilà la question du jour.

Et après ça on dira que je ne suis pas sérieuse.

Georges

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062-2018-10-01

Des sous, des sous et encore des sous
(Chronique aurait dû paraître le mois dernier)

Ouais, c'était la rentrée (le mois dernier), cette rentrée qui fait qu'avec l'éducation gratuite au Québec, ma fin de mois a débuté le dix. Gratuite, l'éducation ? Faites-moi rire. - Avec les cahiers, les binders, les plumes, les crayons à dessin, les gommes à effacer, les sacs, les vêtements spéciaux (gym, chandails divers, les bottes de ci ou ça - et je ne parle pas des patins ou des planches à rouler) et j'en oublie tout autant, j'ai eu l'impression, encore cette année de me faire avoir.

Et encore : y'a les passes pour ceci et cela, les coûts des gyms, les excursions à prévoir, les lunchs, l'argent de poche... Je me demande à chaque fois ce que ça sera quand il sera au collège ou à l'université où il devra se loger ailleurs, voyager le matin et le soir et, naturellement, se payer des distractions. - Le père est là, oui, avec sa pension alimentaire (quelle expression !) qu'il trouve aberrante sans savoir combien son fils coûte... réellement.

Pas pour rien qu'on trouve tant d'étudiants qui travaillent dans les restaurants et les bars où - et c'est ça qui est le pire - ils gagnent plus d'argent qu'il leur en faut et qui, entraînés par cet argent, décident de ne plus poursuivre leurs études ou de les remettre à plus tard.

Et voilà que, par dessus le marché, mal orientés, ils se lancent dans ce qu'ils croient aimer (l'art, la mode, le théâtre, les sports mêmes) où les débouchés sont rares et les jobs encore plus rares. 

Pendant ce temps, au bureau et dans ceux de mes collègues et amis, y'a une pénurie de main d'oeuvre. - Qui, de nos jours, veut faire carrière dans l'assurence, la comptabilité, la vente au détail ? Ou dans une - quoi ? -  manufacture ? - Eurk ! 

Si seulement je pouvais nourrir non pas quatre adultes ou adolescents, mais deux adultes et un pré-ado avec $75 par semaine. C'est pourtant ce que notre Premier Ministre actuel affirmait récemment...

Et ouis, de temps en temps, j'aimerais ça, moi boire du vin ou me payer une serait-ce qu'une blouse signée.

Georges

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061-2018-08-06

Les vacances de la construction 

Mais oui, je comprends : mon père était plombeur. La première fois qu'il est resté à la maison à ne rien faire, c'est quand y'a eu la main brûlée par un apprenti qui lui avait versé du plomb fondu au lieu d'à l'intérieur d'un cercle de deux tuyaux de fonte où y'vait de l'étoupe pour les réunir. - Les vieux plombeurs à l'écoute savent de quoi je parle.

Le reste du temps, il travaillait. Cinq jours et demi, puis cinq jours (seulement) par semaine. Quelques congés ici et là. Il est mort jeune. D'usure. Pas de vieillesse : d'usure.

Les vacances, c'étaient pour les riches. L'été, il trouvait ça o.k. la chaleur. mais l'hiver, sur des chantiers, c'était la misère.

Alors on a institué, de son vivant, les deux semaines de vacances de la construction : les deux dernières de juillet.

Ça a eu comme effet d'arrêter le tiers de la population dans leurs occupations normales parce que, figurez-vous, la construction, ça implique ben du monde : les vendeurs de tapis, de gyproc, de deux par quatre, de bouts de fils, de poignées de porte et même les ceusses qui fabriquent ces machins qui servent à dérouler le papier de toilette. Plus leurs conjoints ou conjointes.

Les prix de location de chalets, de chambres d'hôtels et même des repas au restaurant ont augmenté en conséquence.

Moi, j'arrive du Maine. Deux heures à la frontière. La plus longue et la moins gardée du monde. À ce que les frères A. et C. Skonmadit.

Je suis épuisée et je recommence à travailler demain (aujourd'hui quand vous lirez ceci).

Georges

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Retour au Castor™ - Édition courante


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Webmestre : France L'Heureux

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Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro