Les billets de Madame George Gauvin

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No. 011 à 070

(Du 6 août 2017 à aujourd'hui)

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061-2018-08-06

Les vacances de la construction 

Mais oui, je comprends : mon père était plombeur. La première fois qu'il est resté à la maison à ne rien faire, c'est quand y'a eu la main brûlée par un apprenti qui lui avait versé du plomb fondu au lieu d'à l'intérieur d'un cercle de deux tuyaux de fonte où y'vait de l'étoupe pour les réunir. - Les vieux plombeurs à l'écoute savent de quoi je parle.

Le reste du temps, il travaillait. Cinq jours et demi, puis cinq jours (seulement) par semaine. Quelques congés ici et là. Il est mort jeune. D'usure. Pas de vieillesse : d'usure.

Les vacances, c'étaient pour les riches. L'été, il trouvait ça o.k. la chaleur. mais l'hiver, sur des chantiers, c'était la misère.

Alors on a institué, de son vivant, les deux semaines de vacances de la construction : les deux dernières de juillet.

Ça a eu comme effet d'arrêter le tiers de la population dans leurs occupations normales parce que, figurez-vous, la construction, ça implique ben du monde : les vendeurs de tapis, de gyproc, de deux par quatre, de bouts de fils, de poignées de porte et même les ceusses qui fabriquent ces machins qui servent à dérouler le papier de toilette. Plus leurs conjoints ou conjointes.

Les prix de location de chalets, de chambres d'hôtels et même des repas au restaurant ont augmenté en conséquence.

Moi, j'arrive du Maine. Deux heures à la frontière. La plus longue et la moins gardée du monde. À ce que les frères A. et C. Skonmadit.

Je suis épuisée et je recommence à travailler demain (aujourd'hui quand vous lirez ceci).

Georges

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