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Copernique Marshall

Chroniques

Cette page contient le chroniques numéro 121 à 130 (du 6 avril 2020 à aujourd'hui)

Série précédente

Note : les chroniques de Copernique Marshall sont rédigées en français ou en anglais.

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121-2020-04-06

Dernière minute

Ne vous illusionnez pas plus sur ma situation.

Ce n'est pas parce qu'on est le fils du Professeur et l'arrière-petit-fils du Grand Marshall (qui a connu, lui, la grippe espagnole) qu'on est à l'abri de tous les soucis : 

Je suis, comme tout le monde, confiné à la maison. Avec toute ma famille (et les situations que cela implique). Je n'ai pas accès à mes archives. J'ai des paiements à rencontrer. Je ne sais pas quand tout cela va se terminer. Ni ce qui va se passer après. Et les journées où il pleut, surtout, sont très longues.

Comme vous, je regarde la télé dans l'espoir d'avoir des nouvelles encourageantes. Je n'en reçois pas plus que vous en recevez.

La chose qui me frappe cependant, c'est la totale ignorance dans laquelle nos dirigeants improvisent leurs décisions :

- Isoler les gens à la maison ? Parfait ! Et suggérer aux gens de ne pas se rapprocher a plus d'un mètre, même deux de quelqu'un d'autre ? Encore mieux ! - Oops, on a oublié les itinérants, les drogués, les anarchistes, les fanatiques religieux, ceux qui ne savent ni lire, ni écrire ou qui n'ont pas accès à l'information... Et pourtant, s'il y en qui sont susceptibles de répandre ce qui ne doit pas être répandu...

- Soigner les gens ? Naturellement. - Mais avec quoi ? Et puis où ? Nous avons combien de lits disponibles ? Et il faut de l'équipement... en plus ?

- Les activités non essentielles. C'est sûr qu'ils faut les arrêter ! - C'est que... ça va occasionner des mises à pieds... Combien ? Dans quels secteurs ? Et ces gens-là, de quoi vont-ils vivre ?

- Payer ? - Euh... pas de monnaie ni d'argent-papier. Alors comment ? - Et s'il y en a qui n'ont pas de cartes de crédit, de débit ?

- Ben... on va leur envoyer des sous. - Comment, à qui, combien ? Et nous les prendrons où, ces sous ?

- Les frontières ! - J'allais oublier les frontières ! Faut les fermer. - Et aux Canadiens qui veulent revenir au pays... qui se trouvent en Floride, en France, en Espagne... ?

- Et ainsi de suite.

Une chose, quand même, me paraît très clair : il a beau être débordé mais entre le fils du «vrai» Trudeau (c'est une chose que j'ai entendue il n'y a pas longtemps) et cet idiot du village qu'est Trump...

Bout de bon Dieu, quel incompétent que ce sans (doute) pseudo-milliardaire de mes deux!

Copernique

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122-2020-05-04

Oui, cher ami, vous avez raison : Sean Connery 
fut le meilleur James Bond de tous les temps.
(Qu'on fasse venir un notaire que je vous signe un affidavit à cet effet.)

I'm not a big fan of Mel Brooks. I think he took too literaly a quote attributed to W. C. Fileds who would have replied to a stage manager accusing him of being too vulgar : «Vulgarity is not getting any laugh.» Let's face it : Mel Brooks is not what one could call a subtle comedian.

He does have his moments and, to a certain extent, his numerous «high brow» hints and allusions, mostly ignored in all his movies, are unusual. In Blazing Saddles alone, there are a few which are classics :

- The name of Le Petomane as the Governor

- That of Hedley Lamarr as assistant

- or even the appearance of «Gucci» on Bart's (the sheriff) saddle... just before passing in front of Count Basie and his band... in the midlle of the desert...

On Hedley Lamarr (a pun on the name of actress Hedy Lamarr), you may have heard this :

She, Hedy Lamarr, was still alive when Blazing Saddles came out, so she sued Mel Brooks who agreed to pay her a sum of money for the use of her name providing he could add this dialogue in the movie:

«I know, she was a great comedian in the twenties, thirties, forties... the nineteen forties, but we're in the 1880's and she hasn't been born yet. So when she comes around, we'll sue her...»

Oh, I could quote hundreds of subtleties like that in most of his movies : the «knockers» in Young Frankenstein ; the only word heard, said by Marcel Marceau, in Silent Movie ; the long (I mean long, long...) ship in Spaceballs, etc. But the farting, the sex, the racist and homosexuals jokes... removed, wouldn't have spoiled any of his movies.

Springtime for Hitler (The Producers), with its exagerations, over-acting and too long scenes could have been a one-liner joke in one of Woody Allen's films. Still, it will remain as a film to remember.

Count Basie, in the Blazing Saddles ? - You can see it on Youtube. A real classic :

Count Basie

Mais qu'est-ce que tout cela a à voir avec Molière ?

Une seule chose : le comique.

N'ayant rien d'autres à faire, comme tout le monde, ces temps-ci sauf m'occuper de mon petit-fils Adrian, le fils de ma fille  Marie qui s'est réfugiée chez nous alors que son mari, le médecin, a dû, pour des raisons que je n'ai pas à expliquer, demeurer à Ottawa, je me suis replongé dans les «classiques» : Corneille, Racine et... Molière.

Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui, trois cent quarante huit ans après la première des Femmes savantes, interprétée par la Troupe du Roy au Palais-Royal le 11 mars 1672 ? - On lit Molière plutôt qu'on va le voir au théâtre ?

On fait comme moi : on le lit en espérant qu'on remonte un de ces jours un Molière là où l'on pourra assister à une de ses représentations. Ou on regarde une de ses pièces filmées sur YouTube. - Et c'est ce que j'ai fait récemment.

Difficile à croire (pensez-y quand même : chacun de ces films ne durent qu'une heure et demi ou à peu près), mais au cours du mois dernier, j'ai vu, avec le texte en main :

- Le bourgeois gentilhomme
- le malade imaginaire
- Le misanthrope
- L'école des femmes
- Les femmes savantes
- Les fourberies de Scapin

   et

- Tartuffe.

Un record ? Non, mais c'est une expérience que j'ai bien aimée. Elle m'a permis de redécouvrir le sens du classicisme où le respect de certaines règles s'imposaient à la fois dans le fond et la forme où, chacun, pour exprimer des sentiments ou des idées, devaient utiliser une méthode basée sur ce que tout gentilhomme ou femme d'une certaine époque s'entendait sur comment ces sentiments ou idées decaient être exprimés. (Passez-moi cette trop courte définition.)

En écoutant, regardant et lisant ces différentes pièces de Molière, j'ai comme redécouvert non pas un comique figée pour l'éternité, mais un comique tout aussi actuel (mais plus rare) des comédies modernes où chaque personnage est inconscient de sa situation ou de son côté ridicule.

Molière aujourd'hui ? On le retrouve dans The Big Lebowski des frères Coen ou le Some Like it Hot de Billy Wilder, pas dans les comédies qu'on joue sur les boulevards où l'on remarquera très vite que les comédiens jouent un rôle pour être drôles, eux.

Les personnages de Molière ne sont pas drôles. Le Misanthrope n'est pas une pièce où l'on n'entend plus les répliques parce qu'on rit trop dans la salle.

Et, en plus, c'est en vers et rares sont les comédiens qui savent en réciter sans qu'on ne sente, après quelques uns,  la folie de la rime. On ne dit plus Molière : on le scande !

Sauf quand on est un GRAND comédien et qu'on a bien étudié son rôle.

La preuve, vous la trouverez dans les deux extraits qui suivent tirés de l'École des femmes. Le premier par un «scandeur», le deuxième par l'inimitable Louis Jouvet.
Cliquez sur les notes :

Un comédien sans nom :

Louis Jouvet :

Toute la différence entre les scènes où James Bond assassine un ennemi :

Sean Connery au début de Dr. No. et Daniel Craig au début de Casino Royal...

                                    

Craig ? - C'est celui à droite, en noir et blanc.

Copernique

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123-2020-06-01

Québec libre anyone ?

«I used to care but things have changed»
(Bob Dylan  from "Wonder Boys")         

J'ai été bien content l'autre jour quand le nom de Duplessis ne fut pas mentionné au cours d'une discussion sur l'indépendance du Québec, une discussion à laquelle j'ai bien fait attention de ne pas me mêler.

D'abord, je ne savais pas que cette indépendance faisait encore partie du paysage politique de notre «Belle Province». Faut dire que je ne suis pas, depuis longtemps, du groupe, relativement petit, de ceux qui veulent faire évoluer la société (ce qui ne veut pas dire qu'à un moment donné, je l'ai été) et puis, surtout, que si j'avais ouvert la bouche, on m'aurait tout de suite relégué parmi ceux qui sont nés avant la Révolution Tranquille et donc issu d'un temps où tout était gratuit et beau.

(Pas tout à fait, tout de même, je suis né avec elle. En '60. Je vais donc me sexagénérisé cette année. - Cléo, quant à elle, aura 49 ans bientôt. Pour une dixième fois. Mais vous c'est entre vous et moi, hein.)

Mon père, lui, n'est pas né, comme la rumeur le veut, sous le régime de Duplessis, mais bien de celui du prédécesseur de son prédécesseur, Louis-Alexandre Taschereau, celui à qui on doit l'inoubliable (quand on a y circulé ne serait-ce qu'une seule fois) boulevard qui va de Laprairie à Longueuil, sur la rive sud de Montréal, mais il ne l'a pas connu. À trois ans, ce Taschereau avait déjà cédé sa place à l'Honorable Joseph Adélard Godbout qui...

... nous dit-il, ne fut - avec le recul que seuls des gens de sa génération peuvent se permettre d'ajouter - ni plus bête, ni plus intelligent, ni plus efficace, ni plus avant-gardiste, ni plus «révolutionnaire»  que furent ces successeurs :

Le ci-dessus nommé Maurice le Noblet Duplessis, Paul Sauvé, Antonio Barette, Jean Lesage, Daniel Johnson (père), Jean-Jacques Bertrand, Robert Bourassa, René Lévesque, Pierre-Marc Johnson, Robert Bourassa (à nouveau), Daniel Johnson (fils), Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry, Jean Charest, Pauline Marois, Philippe Couillard et, présentement, François Legault.

Vous les avez compter ? Seize (dix-sept si vous êtes prêt à admettre que le Robert Bourassa qui a suivi Pierre-Marc Johnson était différent de celui qui a précédé René Lévesque). Dix-sept en 76 ans...

Vous n'avez pas fait de moyenne, j'espère car, si Duplessis à été là 15 ans, Pierre-Marc Johnson, Sauvé et Barette n'ont pas été là plus que 6 mois ; Pierre-Marc Johnson n'a duré précisément que 70 jours et donc moins que les «100» jours de Sauvé (119 pour être exact). Et vous savez la plus surprenante statistique qu'on peut tirer des partis qui ont été au pouvoir au cours des derniers 76 ans ? J'irai même plus loin : au cours des derniers 100 ans, le siècle qui nous sépare de la (re)prise du pouvoir par le Libéral Taschereau mentionné ci-dessus le 9 juillet 1920 (car son prédécesseur, libéral lui-aussi, était là depuis 1905), le parti libéral n'a été là que 55% du temps, moins que la moité (48%) entre l'occupation des Unionistes de Duplessis et depuis l'arrivée des «Séparatisses» (c'est ainsi qu'on les nomma à Ottawa) de Lévesque, en 1985 .

D'autres chiffres tout aussi intéressants :

  • 149 jours seulement séparent la longueur des régimes de Duplessis (5,490 jours) et des deux Bourassa (5,341).

  • Charest a été au «pouvoir» plus longtemps que Lévesque (plus de six mois)

  • Bouchard et Bernard Landry (ensemble) ont duré moins longtemps que Couillard...

                                     

Duplessis                                                 Bourassa 

Deux inoubliables et inoubliés des premier ministres du Québec

*

Qu'est-ce à dire ? 

Il semblerait que même depuis Duplessis, aucun parti politique a réussi à changer quoique ce soit  au Québec depuis 1867 : que le Québec a été et demeure toujours une province canadienne. Que malgré toute les lois qu'on a adoptées au Québec, rien n'a changé dans sa situation en général, malgré ses deux référendums, les  clameurs à la «Maître chez nous» de Lesage», le Fleur de Lys et les impôts provinciaux de Duplessis, les tentatives de souveraineté-association de Lévesque, l'étapisme de ses successeurs, le rapatriement de la Constitution à laquelle le Québec dit de s'être jamais joint et puis Mulroney, le ti-gars d'Iron Ore.

(Sans compter les discussions fort sérieuses qui eurent lieu à la fin du XIXe siècle qui devaient mener à l'annexation du Québec aux États-Unis... parce que, même aujourd'hui, un état américain a plus de pouvoir par rapport Washington qu'une vulgaire province puisse en avoir à Ottawa...)

Duplessis disait, dans les années trente et quarante qu'on n'avait rien à craindre des communisses ; que dans cinquante ans, ils seraient toujours dans l'est de Montréal à distribuer des dépliants. - S'est trompé de trois, quatre décennies.

Non pas un, mais des politiciens fédéralistes, ne l'ont jamais dit, mais ils ont eu la même idée à propos des séparatisses, dès qu'ils ont entendu parler, en 1957, de la Laurentie  de Barbeau et la fondation du RIN. - L'histoire, cinquante ans après - et c'est pas fini - leur a donné raison.

Je m'arrête ici je signe L «un homme né sous le régime de Lesage» (et donc «maître chez lui».

Permettez que j'ajoute un mot :

Vous voulez l'indépendance du Québec ? Mêlez-vous donc de politique fédéral. Fondez un parti pan-canadien et commencez très tôt à être d'accord avec les habitants de la Colombie Britannique ; que ce n'est pas à un petit groupe d'Ontariens de leur dire comment ils doivent transiger avec les Asiatiques avec qui ils ont plus en commun qu'avec leur concitoyens (sic) de l'île du Prince-Edouard. Soyez à l'écoute des gens des prairies qui revendiquent le droit de disposer de leur blé et de leur pétrole quand, à qui et à quel prix . Présentez-vous dans l'est et appuyer ceux qui disent que la pêche n'est pas du domaine de gens qui n'ont jamais vu un navire de leur vie. Dites aux gens de Toronto que ce qui empêche l'expansion de leur économie c'est le fardeau du Québec (que ce soit vrai ou faux, ça n'a aucune importance)...

L'idée est de :

Faire éclater le Canada, ce pays artificiel, ingouvernable qui est la cause des maux des Provinces, pas juste du Québec (voyagez un peu, posez des questions de St-Jean Terre-Neuve à Victoria, Colombie Britannique. vous allez le constater) et qui est devenu centralisateur grâce à des pouvoirs qu'on ne pouvait soupçonner en 1867.

Pensez en plus grand : à un pays formé de régions qui remettraient à Ottawa les seuls pouvoirs qu'elles, conjointement, ces régions seraient consentantes à lui donner. La défense, par exemple, le transport inter-régions, la justice même (mais pas son administration), mais certainement pas le pouvoir de taxation, du moins dans sa forme actuelle.

Vous verrez très vite les allégeances qui se formeront entre les provinces des prairies, les provinces des maritimes, le Québec, l'Ontario et ces lointains cousins de l'autre côté des Rocheuses...

Après, décidez, quoique cela ne sera pas facile, si le Québec doit devenir carrément une bonne vielle dictature, une société socialiste, socio-capitaliste, capitalo-socialiste ou même communiste.

(Hé : riez pas le communisme existe depuis plus de mille ans dans les abbayes, les monastères, les couvents... ce qui prouve que ce n'est pas un régime qu'il faut craindre.)

Maintenant je signe :

Un qui est  né sous un des régimes provinciaux pas plus autonomes que tous les autres.

Copernique

P.-S. : Vous direz ce que vous voudrez, mais on avait plus de fun avec les Créditistes.

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124-2020-07-06

Stuff : my stuff, your stuff and their stuff 

I don't know how many of you might have heard George Carlin's monologue on stuff. It was originally part of his ninth album (1981) but he made several videos of it over the years. It can be found on Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=MvgN5gCuLac) and is worth listening to. It deals, amongst other things, with the various objects we cary around all the time. You know : keys, credit cards, driver's license, money, ID cards, pens, notebooks...  and, for those that really carry lotsa stuffs, the occasional nail clipper, pocket lamp and the all-around Swiss knife which can act as a pair of scissors, pliers, bottle opener, cork screw, ruler, screw driver, compass, magnifyer and wire cutter. Not to mention business cards, gum, combs, pills, sun or reading glasses, etc. 

I was looking at old photos the other day and remembering the things I usually carried with me back then, some twenty, thirty years ago, and wondered, for a moment, how I carried all my stuff at the time. - Easy : I wore suits which had all sorts of pockets. - But then, I started to wear like everybody else casual clothes. Some of them were actually called «leisure clothes» and even «leisure suits» which were usually worn by men in their forties who wanted to appear «cool». T'was about the same time hot combs became all the rage. It was obvious by then that they were doomed to be out of fashion. Then came the slacks or jeans which meant less pockets to carry my our stuff. By then, someone had the brilliant idea to invent purses designed for men. which nobody bought unless it was for a gift or you were a different type of guy (you know what I mean). 

T'was bout the time electronic calculators came around. Soon followed by the electronic agenda. And of course, we all had to carry a book for those long comuting session or trips out of town...

I wonder today how we managed all this without packsacks. I must have six or seven of them. Different sizes for different stuff.

Et puis autre chose :

Je me demande de plus en plus comment je vais réagir lorsque mes facultés intellectuelles se mettront à décliner (en supposant que je m'en aperçoive !)

Physiquement, il y a longtemps que j'ai appris que je n'ai plus vingt ans. À trente ans, déjà, j'avais appris qu'un coup d'épaule au hockey n'allait pas me causer une blessure qui se guérirait en deux jours. La même, aujourd'hui, me vaudrait plusieurs semaines de thérapie et, qui sait ? des séquelles permanentes. - Je sais car, certains jours, mon genou droit me signale qu'il va pleuvoir. Le résultat d'une chute à bicyclette survenue... tiens : je n'arrive plus à me souvenir exactement quand. Mauvais signe.

Copernique déjà a un jardinier s'occupe de sa pelouse l'été et quelqu'un qui nettoie son entrée l'hiver. Il y a longtemps déjà qu'il a cessé de soulever des objets lourds, de grimper dans des échelles pour supprimer les feuilles qui, l'automne, s'accumulent dans ses gouttières. Son bottin téléphonique contient une liste d'ouvriers divers (électricien, couvreurs, peintres, plombiers...), de quoi  remplir trois, quatre pages d'une fine écriture.

Copernique

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125-2020-08-03

Pourquoi faire simple ?

J'étais à Montréal récemment et passant devant une librairie je me suis dit : «Sait-on jamais?» - Je suis rentré et étant peu familier avec l'endroit, je me suis adressé au commis, près de la caisse, un jeune homme au début de la vingtaine, et lui ai demandé où était la section des romans policiers. Il me dit : «Par ici, Monsieur» et m'entraîna vers une pièce à l'arrière où sur trois pans de mur se trouvaient des centaines de volumes classés en ordre alphabétique. «Vous cherchez... ?» me demanda-t-il. - «John Dickson Carr.» - Et le voilà qu'il se dirige vers la lettre «K». - «Non pas Kerr, lui dis-je, Carr. John Dikson Carr.... C-A-R-R." - «Ah», qu'il fit, puis à la lettre C, il ne trouva que des Agatha Christie, un Chandler et deux ou trois autres écrivains plus récents. - «Vous savez, dit-il. C'est la première fois que j'entends parler de cet auteur. Il est récent ?»

Je n'allais pas lui expliquer que c'était un des romanciers les plus connus dans le domaine des crimes en chambre close, mais que ces romans dataient des années trente et quarante... Je le remerciai quand même et lui dit que j'allais voir si je ne trouverais pas autre chose.. Deux, trois minutes suffirent pour comprendre que l'endroit ne vendait que les best-sellers du moment.

Une fois dehors, je me suis dit que chercher aujourd'hui, dans une librairie, un ou des livres publiés pour la première fois il y a quatre-vingts, quatre-vingt-dix ans était un acte de pur optimisme. 

Puis dans la même veine j'ai pensé à un sketch, fameux celui-là, du groupe Monty Python's, où un type (John Cleese) se voit obligé de mentionner une soixantaine de noms de fromages chez un fromager qui, finalement, doit lui avouer qu'il n'en a aucun. Ce sketch débute comme ceci :

«I was sitting in the Public Library on Sermon Street just now, skimming through Rogue Herries by Hugh Walpole when suddenly I felt peckish and, in a nutshell, I thought to myself that a little fermented curd would do the trick, so I curtailed my walposian activity, sallied forth and infiltrated your place of purveyance in order to negotiate the vending of some cheesy comestible...»

(Je ne tenterai même pas de traduire.)

Tout à fait irrésistible. Dans la même lignée, je me souvenu de ceux sur l'Inquisition espagnole ou le pourquoi Michel-Ange n'a jamais peint la Dernière Cène.

Les trois se trouveront facilement sur YouTube :

The Cheese Shop

The Spanish Inquisition

Why Michelangelo Didn't Paint the Last Supper

*

En ces temps où l'on doit se tenir à deux mètres de nos semblables, porter des masques, se laver les mains à toutes les dix minutes, il me semble qu'on ne devrait présenter à la télévision que des choses du genre ou, du moins, en quantité supérieure à ces bulletins de nouvelles où ne parle que de malheurs, de scandales en tous genres quand ce n'est pas de canicules, de tempêtes tropicales ou de feux de forêt.

Sauf que la question que je me pose est : quand a-t-on tourné, en français, des émissions comme Yes Minister, Yes Prime Minister, The Two Ronnies, Fry and Laurie... ?

Mon idée est que les Français savent se moquer, faire des calembours, imiter, pasticher, inventer de brillantes tournures de phrase, ironiser... mais ils ne savent pas rire. Enfin, pas beaucoup.

Copernique

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126-2020-09-07

Nouveau paradigme

Je lisais, il y a deux minutes que «nouveau paradigme» était :

«Une expression de la seconde moitié du XXe et du début du XXIe siècle utilisée par des auteurs populaires, et notamment vulgarisée dans des magazines, invitant à une nouvelle représentation du monde dans les domaines les plus divers : management, alimentaire, économie, religion, finances, société...».

Je n'ai pas lu le reste.

Désolé, mais les romans policiers et James Joyce ont bouffé tout mon temps le mois dernier.

Copernique

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127 - 2020-10-05

Vivre sans stress
Traduction française de «Some of You Might Remember»
(Traductrice : Madame Fawzi Malhasti)

Certains d'entre-vous doivent se souvenir des ulcères d'estomac d'antan. Elles étaient causées, disait-on, par la nervosité, le stress, l'abus de certains médicaments, l'alcool, le tabac, divers aliments et même une prédisposition génétique (facteurs héréditaires). Le traitement habituel était le repos, l'utilisation d'anti-acides  tels que le célèbre Maalox™, un liquide contenant de l'hydroxyde d'aluminium et d'hydroxyde de magnésium (sic) qui permettait de réduire ou de réduire l'acidité dans son système digestif. 

C'était avant la découverte, en 1982, de la bactérie Helicobacter pylori (H. pylori) par deux chercheurs australiens qui leur valut le prix Nobel de physiologie en 2005 (mieux vaut tard que jamais).

On estime aujourd'hui que, dans plus de 90% des cas, les ulcères causées par cette bactérie peuvent être guéries (sauf complications ou d'autres problèmes) en une dizaine de jours grâce à des anti-biotiques et même naturellement par certains aliments tels que la canneberge, le brocoli et d'autres méthodes.

Adieu ulcères printanières parce qu'elles soulignent le besoin de vacances et ulcères automnales parce qu'il faut en rembourser le coût.

Pour de plus amples renseignements voir cet article de l'encyclopédie Wikipédia.

...

La plupart d'entre-nous avons connus des personnes dans notre entourage qui ont souffert de «dysthymie» souvent appelée «dépression», mais qui est une manifestation beaucoup moins sévère de la véritable dépression dite «majeure». Ses symptômes sont bien connus : perte d'appétit, insomnie, fatigue, faible estime de soi, difficultés de concentration ou de prises de décisions, découragement, etc. - Cette «situation» qu'on n'ose pas qualifier de  «maladie» (car il s'agit d'un dérèglement et non d'une affection altérant la santé physique ou psychique) est aujourd'hui traité de deux façons : par des antidépresseurs accompagnés d'une psychothérapie au sens qu'une fois, par exemple, on a retrouvé l'usage d'un membre blessé, il faut passer par la thérapie pour le remettre dans son état précédent.

...

Je cite ces deux exemples pour souligner que si la médecine est loin d'avoir réglé tous les problèmes qui semblent de nature exclusivement physiologique ou psychologique, elle a néanmoins depuis quelques années trouvé des solutions qui s'avèrent relativement efficaces contre des «maladies» que l'on a longtemps considéré incurables et que l'on est en droit aujourd'hui d'espérer qu'à long terme, on trouvera des solutions analogues à celles qu'on a trouvées pour combattre la peste bubonique, la pneumonie, la variole, le choléra et même des solutions presque permanentes contre certaines maladies mentales comme la schizophrénie ou la bipolarisation (bipolarisme ?).

Il est vrai qu'on peut reprocher la médecine d'avoir, dans certains cas, prolongé certains maladies plutôt que de les guérir, d'où l'expression très en vogue depuis quelques temps d'«acharnement thérapeutique» qui consiste à prolonger inutilement la vie de par des interventions disproportionnées par rapport aux résultats qu'on pourrait espérer ou encore - je cite : «parce qu'elles sont trop lourdes pour un patient ou sa famille.» (*)

(*) Evangelium vitae, lettre encyclique de Jean-Paul II «sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine» (25 mars 1995).

Espérons qu'elle saura régler les problèmes de la COVID-19 avant que tout se gâte irrémédiablement. 

Copernique

P.-S. 1 : La direction vient de m'annoncer qu'elle a presque terminé la reclassification des mes plus-qu'anciennes (dans certains cas) chroniques et me demande si je pourrais pas vérifier ce qu'elle en a fait. - Je serai tenté de citer ce que Simon a dit des siennes quand on les a publiées pour la première fois... Voir son avant-propos. - À noter que la plupart de mes chroniques ont été rédigées, au départ, en langue anglaise... comme ce qui suit :

P.-S. 2 : Cleaning up an old filing cabinet not too long ago, I found this :

A copy of Interface Age, dating back to November 1981.

The then price price for a Apple II computer : 64K memory, 2 floppy disk reader-writer (100k each), standard monitor (40 characters, 24 lines), NO upper/lower case, optional serial port, optional system clock ? 2.500 $.

In today's money ? 6,800 $

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128 - 2020-11-16

Bibliothèque

J'ai connu, il y a une vingtaine d'années de cela, un bonhomme qui devait avoir, à ce moment-là, une quarantaine d'années et qui détestait qu'on jette un coup d'oeil sur sa bibliothèque. «Toutes les bibliothèques, disait-il, sont inclassables et doivent être considéres comme étant en chantier

Je commence à penser comme lui.

Ma bibliothèque est composée de livres : 

a) que j'ai lus et que je ne relirai probablement plus ; 

b) de livres de références que je consulte de moins en moins depuis la venue de l'Internet ou des livres électroniques ; 

c) de livres récents ou qu'on m'a offerts et dont je ne lirai avec une certaine attention - parfois feinte - qu'un sur quatre ; 

d) de livres que je tiens à conserver tout près pour en relire un passage par pur plaisir et au hasard (les livres de poésie et de pièces de thâtre en font partie) ; 

e) de bibelots, ces derniers étant des livres précieux, des livres qu'on m'a dédicacés, des livres que je suis content d'avoir lus ou d'autres parce qu'ils sont physiquement beaux ou sont des livres-phares ou font partie de mes souvenirs. 

Les oeuvres complètes de X, Y ou Z, les albums iconographiques, les coffee-table sized-books de photos ou de reproductions de peintures célèbres, les annuaires et répertoires ne font pas partie des choses que je tiens à conserver.

Tout ce qui m'intéresse momentanément, je le retrouve soit sur l'Internet, soit à une des bibliothèques que je fréquente.

En ce sens, MA bibliothèque n'est, comme disait le bonhomme que j'ai mentionné au début, qu'un chose en construction et ne reflète en rien qui je suis, ce que j'ai lu, ni dans quel ordre. - ne s'y trouve, par exempls, aucun livre de sciences, à peu près aucun d'auteurs anciens, ni même de traités de religion ou de philosophie. Et pourtant...

Je n'ose même pas regarder, quand je vais chez lui, celle de Simon et encore moins la discothèque de Paul qui - il me l'a dit lui-même - contient des disques qui auraient dû être distribués sur des matériaux bio-dégradables...

C'est pour vous dire, n'est-ce pas ?

Dire qu'il y en a qui s'intéresse aux contenus des bibliothèques d'écrivains célèbres, après leur mort. (certains ont fait l'objet de catalogues !)

N'allez pas me dire que Gide, par exemple, n'a jamais lu et conservé un mauvais livre de sa vie.

*

COVID-19

Le Castor™ n'a pas de politique en ce qui concerne ce qui peut ou ce qui ne peut pas être publié dans ses pages. - «Politique» dans le sens du mot anglais «policy» ou «règles à suivre». On y retrouve une certaine coutume qui veut qu'on n'y parle pas trop de, justement, politique, mais également de religion ou de sexe, même s'il arrive parfois qu'on y fasse certaines allusions, mais sans plus, toujours dans la perspective que parmi nos lecteurs pourraient éventuellement se trouver «des jeunes filles...» [*]

[*] Je ne sais pas d'où provient cette expression qu'utilisent régulièrement Monsieur Pérec et, parfois, Simon Popp. Mon père me dit qu'il se souvient l'avoir déjà lu chez Alphonse Allais...

En bref, comme mon père l'a toujours dit, si vous devez vous renseigner sur ce qui se fait ou ne se fait pas à l'Université de Napierville, vous êtes au mauvais endroit,

Je le mentionne aujourd'hui pour ne pas qu'on ne perçoive pas ce qui suit comme étant une critique des différentes approches que certains gouvernements ont adoptées vis-à-vis cette pandémie à laquelle nous, l'humanité, faisons présentement face.

Et nunc haec :

Quatre [*]  de mes ami(e)s ou connaissances ont été victimes du virus COVID-19 au cours des derniers mois. Une en est décédée. Dans un CHSLD où elle résidait depuis un an soufrant de la maladie d'Alzheimer. Cela a fait dire à diverses personnes de mon entourage qu'elle était, de toutes façons, à l'article de la mort et que, conséquemment, elle était probablement morte d'autre chose et qu'il ne fallait se fier aux statistiques que l'on diffuse à propos de l'impact que le COVID-19 a sur la population en générale...

[*] Trois autres se sont ajoutés depuis. (Note de dernière minute)

Mon premier point :

Est-ce qu'on peut s'imaginer le problème que pourrait engendrer la falsification des documents post-mortem ou des rapports d'autopsie... sur une échelle même réduite ? Faudrait coordonner les activités de centaines, de milliers de médecins, à travers le monde, et les convaincre d'oublier temporairement leurs principes pour un motif quelconque... Quel motif ?

À cette question, on m'a répondu la facilité.

Mettons. Mettons que la moitié des documents signés par les médecins à travers le monde aient été le résultat de cette facilité. On en serait quand même à plus d'un demi-million de morts dans le monde, non ?

Mon deuxième est :

Toujours chercher à savoir quel est le motif des gens qui vous donnent des conseils quant à se protéger contre une pandémie. 

Je n'en ai pas d'autres points.

À regarder :

https://www.youtube.com/watch?v=qOYYUkZG6b8

Copernique

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