Les chroniques de Jeff Bollinger

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Du 4 août 2014 au 1er juin 2015

Pour l'édition courante, voir le Castor™.

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60 - 2015-06-01

Dynamique v. statique

Tous ceux qui - permettez que j'utilise une expression de notre rédacteur-en-chef : "me font l'honneur de me lire", savent que je n'appartiens pas à un cercle littéraire, ni ne fais partie du domaine journalistique, ni n'écris pour être, un jour, publié. Alors ceci :

Une personne qui lit Le Castor™ depuis toujours m'a laissé sous-entendre, entre deux périphrases, il n'y a pas longtemps, en faisant bien attention de ne pas mentionner le nom de Madame Gauvin, qu'une femme ne "pensait" pas comme elle.... m'enfin pas tout le temps... que les femmes, en général, avaient d'autre précoccupations... etc., etc.

Contre toute attente - vous auriez dû voir l'expression sur son visage ! -, je lui donné raison. Pourquoi ? Parce qu'une femme, du moins toutes celles que j'ai connues, ne pense, effectivement pas comme elle, mais les femmes, en général, n'écrivent pas et c'est cette non-adéquation entre la pensée et l'écriture qui rend toute écriture féminine particulière.

Dans mes relations non-culturelles (il va sans dire) avec mes collègues de travail, avec les gens que je rencontre au jour le jour, je le sens bien même si je suis incapable de décrire ce que je ressens et c'est ainsi, que me repenchant sur les dires de mon ami aspie que je finis par comprendre - réaliser plutôt - que nous n'écoutons pas les phrases des autres : nous devinons ce qu'ils veulent nous dire à la manière qu'ils nous le disent, que cette manière soit articiellement ou littérairement enjolivée.

Vous me suivez ?

J'écrivais, il n'y a pas très longtemps, qu'écrire était une manière de revivre certains moments de sa vie, le soir, le lendemain ou la semaine suivant la journée où ces moments étaient survenus. M'ayant relu, pour les fins du listing de mes chroniques, je me suis depuis ravisé. Il y a plus. Une chose que je n'ai pas encore saisis tout à fait mais qui dépend non seulement de la chose vécue, de la chose racontée, de la chose revécue par écrit, mais de la chose qui découle de son écriture, de la façon utilisée pour la revivre, comme si une pensée avait imposé son sceau d'originalité par dessus cette revie.

Bien compliqué, n'est-ce pas ? Mais j'y arrive peu à peu.

C'est la différence entre ce qui est statique et ce qui est dynamique.

Ma femme, lorsqu'elle se regarde dans un miroir le matin, qu'est-ce qu'elle voit ? Un côté statique de sa personnalité. Un cliché, de face. Qu'elle tourne sa tête quelque peu, elle ne voit qu'un autre cliché, un peu plus de biais. Jamais, sauf rarement, a-t-elle vue son arrière-tête, son dos, son bas-du-dos. À moins qu'elle ait été filmée et encore.

Moi, d'un autre côté, je la vois de face, de profil, d'en bas, d'en haut. Je la vois marcher, faire des gestes en parlant, passer la main dans les cheveux de la petite. J'ai vu son teint changer de couleur lors d'un passage d'une émotion à une autre. Je la connais maquillée, démaquillée, en robe de soirée, en pyjama. Je l'ai vu inquiète, soucieuse, ravie et pouffer de rire. - C'est que j'appelle son côté dynamique, celui auquel elle n'a pas accès Et ça, c'est très précieux, beaucoup plus que ces supposées rides qu'elle se découvre chaque jour.

Et c'est ainsi que je pense à l'écriture, l'écriture qui nous permet de nous revoir, nous regardant et nous expliquant, dans une langue que nous ne savions pas avoir en nous...

Bout de bon Dieu qu'il y a des choses difficiles à décrire !

A+.

Jeff

P.-S. : Parmi les séries de télévision britannique, comment ne pas ajouter à ma liste du 4 mai dernier, The Sweeny, tourné dans les années soixante-dix et dont le rôle prinicipal était tenu par John Thaw, celui qui allait devenir le Morse des années quatre-vingt

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59 - 2015-05-04

BBC, Thames  ITV...

C'est Paul [Dubé] qui nous en a donné le goût (quand je dis "nous", je parle bien sûr, d'Élyanne et moi), le 2 mars dernier, plus précisément, dans sa chronique où il attirait notre attention sur le quatuor numéro 8 de Franz Schubert en nous en parlant via quelques séries britanniques des années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix, presque toutes devenues, aujourd'hui, des "classiques".

Nous avons, à sa suggestion, jeté un coup d'oeil sur l'Inspector Morse, via YouTube, et nous fûmes tout de suite conquis. Beaucoup plus vite que ça nous a pris pour Maigret dont nous sommes toujours des amateurs. Deux épisodes et nous nous sommes devenus des accrocs. Sauf que cette série contient trente-trois épisodes.

Et ce n'est pas tout :

Le temps de nous renseigner, nous avons appris l'existence de Foyle's War, de Rumpole of the Bailey et de A Touch of Frost. Et il en aurait d'autres.

Des heures et des heures d'écoute, ce qui ne nous embête pas du tout : plutôt que lire chacun de notre côté, nous avons, devant nous, de très intéressantes soirées en perspective. Surtout que, je l'ai déjà noté, lorsque nous regardons un film, nous ne voyons jamais le même.

Quelques mots sur ces émissions :

D'abord, elles sont d'une grande qualité. Décors magnifiques ; la reconstitution de l'époque où se passe Foyle's War est époustouflante. À se demander, comparativement aux émissions américaines, les budgets investis dans leurs productions. Quant aux comédiens, on serait en droit de se demander, surtout dans le cas de Rumpole of the Bailey, si le personnage principal ne doit pas sa personnalité à celui qui l'interprète. Et puis Elyanne s'est exclamée après quelques minutes de Foyle's Far ; "Mon Dieu qu'il [Foyle]est beau !"

(Nous avons visionné au cours du mois dernier, deux épisodes de chaque série et comptons bien continuer.)

Inspector Morse

Inspector Morse est une série d'émissions basées sur les enquêtes d'un inspecteur du CID (Criminal Investigation Department - Département des enquêtes criminelles) c'est-à-dire de la force policière de Thames Valley, émissions qui se déroule essentiellement dans la ville d'Oxford, en Angleterre. Ce personnage, fictif, créé par Colin Dexter, est interprété par John Thaw (1942-2002) connu pour divers rôles dans des dizaines de séries télévisées dont celui de Peter Mayle dans A Year in Province (basé sur le livre à succès de 1993). - L'intérêt de cette série réside dans le fait qu'elle a, comme fond, le monde académique d'une des plus grandes universités du monde avec ses étudiants, professeurs, doyens et coutumes séculaires. - Avec sa Jaguar, son goût pour la bière anglaise et un penchant pour la musique classique, la poésie, l'art en général, les grands auteurs et ses mots croisés indescriptibles, Morse nous renvoie l'image d'un homme extrêmement sympathique, malgré un tempérament assez particulier. - Son assistant, le sergent-détective Lewis (Kevin Whateley) est également remarquable. - 33 épisodes de 1987 à l'an 2000.


John Thaw

Foyle's War

Foyle's War d'Anthony Horowitz se déroule dans la petite ville de Hastings, sur les bords de la Manche, pendant la Deuxième Grande Guerre pour se poursuivre, deux ans, au début de la guerre froide. Son personnage central, Christopher Foyle, interprété par Michael Kitchen (né en 1948), le détective principal de cette municipalité, compose avec son chauffeur, Samantha Stewart (Honeysuckle Susan Weeks, née en 1979) et son assistant, Paul Milner (Anthony Howell, né en 1971), un trio très attachant. - Son intérêt provient de scénarios très complexes où s'entremêlent les côtés difficiles de la guerre, le sabotage, le marché noir, l'espionnage, la défense de l'Angleterre, les bévues de l'armée, etc. - Originalement prévue pour durer 21 épisodes, sa popularité fut si grande que 7 autres ont été filmés au cours desquels Foyle est devenu un employé du service de contre-espionnage.


Michel Kitchen

Rumpole of the Bailey

Rumpole of the Bailey, basé sur une série de récits de l'écrivain britannique (ex-avocat) John Mortimer, tourne autour d'un plaideur plus ou moins excentrique en la personne d'Horace Rumpole (Leo McKern - 1920-2002) qui cite continuellement Woodsworth, Keats ou Shakespeare.

Son expression pour décrire son épouse "She who must be obeyed" est devenue monnaie courante en Angleterre. - 44 épisodes.

Rumpole of the Bailey .


Leo McKern

A Touch of Frost

A Touch of Frost est une série qui fut diffusée de 1992 à 2010, basée sur les romans de R.D. Wingfield (1928-2007), romans qui firent leur début en 1972, autour d'un personnage du nom de William Edward "Jack" Frost (David Jason), un détective (policier) non orthodoxe qui se heurte fréquemment avec ses supérieurs, particulièrement un superviseur, Stanley Mullett (Bruce Alexander), à l'esprit bureaucratique . - Les épisodes de A Touch of Frost sont toujours intelligemment construits, avec des dialogues très mordants et des intrigues pleines de rebondissements et de surprises. -42 épisodes.


David Jason

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Des comparaisons ? En français ?

Quatre titres nous sont venus en tête :

A+.

Jeff

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Notes :

   (Références aux émissions mentionnées ci-dessus mais pour des échantillons, voir YouTube)

Inspector Morse

http://www.imdb.com/title/tt0092379/

http://en.wikipedia.org/wiki/Inspector_Morse

Foyle's War

http://www.imdb.com/title/tt0310455/

http://en.wikipedia.org/wiki/Foyle%27s_War

Rumpole of the Bailey

http://www.imdb.com/title/tt0078680/

http://en.wikipedia.org/wiki/Rumpole_of_the_Bailey

A Touch of Frost

http://www.imdb.com/title/tt0108967/

http://www.imdb.com/title/tt0108967/episodes

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58 - 2015-04-06

McDo et Dieu

Sous l'influence de Simon, de Paul, de Copernique, bref : de tous les gens qui contribuent au Castor™, je suis devenu incapable de regarder les bulletins de nouvelles à la télévision et je limite de plus en plus mes émissions de radio aux rapports de la circulation.

J'ai peur de m'inquiéter pour des choses qui se passent à des milliers et des milliers de kilomètres d'ici étant surtout préoccupé, à trente-sept ans, quant à l'avenir d'Alysée, de Thomas, de Frédéric et de Matisse, la toute dernière qui aura 8 ans cette année. - Dans douze ans, quand j'en aurai presque cinquante, sera-t-elle serveuse à temps partiel chez McDo ? - Aura-t-elle un ami ? - Sera-t-elle encore à la maison ?

Aurais-je gagné suffisamment d'argent pour envoyer tout ce monde-là au collège et à l'université ?

Ma première inquiétude aura été et demeurera toujours celle de leur avoir enseigné à vivre une vie convenable et d'éviter les inévitables pièges que toutes les vies nous tendent.

C'était plus simple quand j'étais jeune : fallait éviter la drogue. Pas sûr, mais je crois que ça se litmitait à cela. Pour les filles, c'était pire : non seulement la drogue, mais les gars qui n'en voulaient qu'à ce que le Castor™ m'interdit de mentionne "rapport aux jeunes filles qui nous lisent" (!), ce que je n'ai pas besoin, de toutes façons, de mentionner.

La question est : "Comment fait-on pour les laisser aller ?" - Sont maîtres de leurs vies, non ?

Raison de plus pour ne pas regarder non seulement les nouvelles, mais les séries policières où y'a des enfants qui meurent en bas âge, ces séries où, pour les cotes d'écoute, j'imagine. on essaie d'attirer des spectateurs inquiets en en tuant quelques uns par semaine.

J'vais continuer à les aimer, les embrasser, les encourager, leur laisser de l'espace.

Y'a-t-il d'autres moyens ?

Si oui, je suis preneur.

En attendant, quoi répondre aux questions qu'ils me posent ! - Sur tout. - Sur ce qui fait que les horloges indiquent l'heure. - Sur pourquoi la glace prend plus d'espace que l'eau dont elle provient ? - Sur les étoiles, le soirs, ils ont fait de moi un expert en astronomie. - Sur le petit Jésus, le Père Noël, sur Dieu... je trébuche souvent.

Faut dire qu'une fois devenus adultes, nous avons besoin moins d'informations

A+.

Jeff

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57 - 2015-03-02

Neige, Pavlov et chocolat chaud

Ce n'était pas la tempête du siècle, mais ce n'était pas une journée pour faire du ski de randonnée. La neige, sans être abondante, n'avait pas cessé de tomber dès les petites heures du matin, poussée par des bourrasques atteignant soixante, soixante-dix et même quatre-vingt kilomètres à l'heure. Sur la porte du jardin faisant angle avec le mur de la cuisine, elle avait commencé à s'accumuler vers neuf heures pour complètement cacher la vue vers midi.

D'une certaine manière, c'était féerique à voir surtout qu'on percevait à peine la route devant la maison où, en tourbillons, comme une fine poudre, on aurait dit un nuage qui circulait à basse altitude.

Les enfants, levés plus tard que d'habitude, se sont retirés, après le petit déjeuner, chacun dans leur coin avec leurs livres, leurs tablettes, leurs cahiers à dessin, la plus petite s'amusant avec sa poupée favorite qu'elle habillait, déshabillait, ré-habillait. Ça a duré jusqu'à midi, moment choisi, pour les jours de tempête, de servir ce que les enfants adorent, mais qui n'est pas à servir souvent parce que, en tant que valeur nutritive... : un bol de soupe aux tomates, des hot dogs et de la crème glacée. - À la Pavlov ! - Et dans l'après-midi, nous avons tous visionné pour la centième fois un Lucky Luke, un Astérix et La mélodie du bonheur. Durant ce dernier film, j'ai mis mes écouteurs et je me suis replongé dans un concert de Martha Argerich enregistré à Munich en 1966 : Chopin et Listz.

À trois heures pile, une fois la tempête apaisée, tous, nous sommes sortis, ébahis par la beauté du paysage.

L'après-midi s'est terminé avec du chocolat chaud pour tout le monde !

Précieux moments.

...

Le chat

Les enfants ont tout de suite voulu lui donner un nom, mais un consensus, à quatre, à ces âges-là...

Il fut appelé, tour à tour, Sam, Jo, Grifollet, Monsieur... jusqu'à ce que tous, las de ne jamais le voir lever la tête, encore moins répondre, quelle que soit le nom qu'on lui avait donné, finirent par lui donner le sobriquet de Le P'tit qu'il adopta aussitôt. Quant à la chatte, elle fut tout de suite connue sous le nom de Minou.

Minou ou le P'tit ou le P'tit ou Minou, que l'on dise l'un ou l'autre, les deux se pointent... ou l'un des deux. C'est qu'on n'appelle pas un chat ; il vient quand ça lui tente ou quand on lui sert à manger.

Parfois, ils s'approchent, mais seulement pour être caressés ou pour qu'on leur serve à manger.


Le P'tit

Et Serge ?

Il tient, depuis deux semaines, un journal... en latin. - "C'est que je donne depuis quelque temps des cours de latin à une jeune dame, m'a-t-il dit, et ça m'a donné le goût de m'y replonger."

A+.

Jeff

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56 - 2015-02-02 - Ce que l'on enseigne aux enfants...

Grâce à la divine Providence, je suis né au XXe siècle et ai ainsi appris que la terre était ronde, qu'elle tournait autour du soleil, que le soleil était une des milliards d'étoiles d'une galaxie parmi autant de milliards d'autres ; que le monde n'a pas été créé en six jours ; qu'avant Jésus (et Mohamed), des milliers de dieux aux noms aujourd'hui légendaires, furent adorés : Thor, Zeus, Jupiter, Bahà, Akal Purakh, Brahman, Ishvara, Shiva, Vishnu, Jah, Olodumare, Allah... sans compter tous ceux, sauf le Zeus et le Jupiter déjà cités, de la mythologie grecque ou latine.

J'ai aussi connu, ne serait-ce que pour en avoir entendu parler, les découvertes de : Galilée, Newton, Leonardo da Vinci, Kepler, Darwin, Pasteur, Einstein, Tesla, Marie Curie, Alan Turing, Niels Bohr, Max Plank et bien d'autres.

Et voici que je me retrouve le père de quatre enfants du XXIe siècle à qui je dois enseigner ce qu'est la vie, le bien, le mal, comment se conduire vis-à-vis leurs prochains et se servir d'une foule de choses que les gens du XIXe et même du XXe n'ont jamais connues : le téléphone, le métro, l'automobile, l'ordinateur... y compris des appareils aussi mondains qu'un grille-pain, un malaxeur ou une cuisinière électrique.

Au jour le jour, ça peut aller, mais quand ces enfants miens me posent certaines questions, ou que je me les pose à moi-même, je ne sais pas quoi répondre.

Ça a commencé bien innocemment : "Jusqu'à quel âge, doit-on laisser un enfant croire au Père Noël ?"

Et ça s'est poursuivi tout de suite après par des : "Si Dieu est partout, pourquoi faut-il lui rendre visite dans sa maison une fois par semaine ?"- "Pourquoi certaines madames portent toujours un foulard ?" - "Ce sont qui les messieurs en jaune qui chantent Hare Krishna dans les super-marchés ?"

Enfin : vous voyez le genre.

J'en suis... Pardon : Élyanne et moi en sommes, aujourd'hui - aux : "Est-ce que Dieu existe ?" - "Pourquoi le monde mourre ? (sic) Et ils vont où  ? Tu vas mourir, toi, papa ? Quand ?"

Comment expliquer à Matisse qui aura bientôt sept ans ce qu'est un attentat dit religieux ?

J'en étais là, l'autre jour, en regardant Alysée (13 ans) qui sent bien que quelque chose "se trame" en elle ; qui voit bien que les garçons qui lui tournent autour agissent d'une drôle de façon, et je me disais que doit-on faire, en tant que parents ? Et c'est alors que je suis revenu à la philosophie.

"Revenu" est un bien grand mot car, en réalité, je ne me suis jamais penché vraiment sur les pensées des "grands" philosophes.

Pas vraiment mon choix, mais, n'étant point né dans le rang de l'aristocratie ni dans la pourpre du commerce, il m'a fallu gagner ma vie relativement assez tôt, n'yant lu, avant ma seizième année, que des Tintin, des Spirou, des Bob Morane, des Doc Savage ou des Biggles (mon père, anglophone, en avait de ces Biggles, toute une collection datant des années quarante et cinquante).

Une chose :

À mes enfants, je ne voudrais pas laisser l'image d'une vie à l'eau de rose où les malheurs et les peines disparaîtront dans un paradis qu'ils verront s'ils se conforment aux règlements d'un Dieu dont le fils est venu sur terre, dans un pays, presque encore à l'âge de bronze, en un jour précis, mais qui ne meurt jamais à la même date, d'année en année ; qui a été enfanté par une vierge, a marché sur les eaux, a nourri une foule avec douze pains et douze poissons, qui est ressucité des morts, accompli des miracles et qui n'a pas su quoi faire de trois clous, mais qui est revenu sur terre après sa mort pour s'envoler vers les cieux de la même façon qu'un autre, sept cents ans plus tard, presqu'au même endroit...

Ni ne voudrais, non plus, qu'ils suivent les règles d'un autre (le même, mais sous un autre nom) qui leur demande de s'agenouiller vers un lieu mytique sept fois par jour.

Je voudrais qu'ils réfléchissent et comprennent leur vraie situation dans ce vrai monde où, depuis qu'il existe, preuve a été faite qu'il a été formé il y a des milliards d'années.

Et c'est ains que j'en suis passé de la Bible telle qu'interprétée différemment par les Presbytériens, les Baptistes, les Anglicans, le Vatican (et j'en passe) aux écrits apocryphes, aux philosophes grecs et, des plus connus, aux plus anciens, ceux qui ont vécu des centaines d'années avant notre Sauveur et qui, pour plusieurs, ont dû subir les foudres de leur entourage parce qu'ils questionnaient les mythes et fables des dieux de leur époque.

Et qu'ai-je appris ? Qu'il fallait questionner tout. Mettre en doute les paroles des plus, apparemment, sincères prêtres, pasteurs, penseurs, politiciens, journalistes et même les écrits des plus imminents philosophes qui, pour la plupart, demandent justement que nous nous questionnions et que nous exigions des preuves de tout ce qu'on nous avance. - Il s'agirait, selon certains, d'une habitude qui se développe, d'une habitude découlant de quelque chose qui s'appelle "la raison". - Et quoi de mieux que de commencer, jeune, avec les toutes premières questions que se posaient les tous premiers vrais philosophes, les présocratiques...

Voir à ce propos, la section "Lectures" de ce Castor™.

A+.

Jeff

P.-S. : À la toute dernière, il a fallu peu de temps, lorsque je lui ai demandé si un gros bonhomme vêtu de rouge pouvait passer par notre inexistante cheminée et dans toutes les cheminées de toutes les maisons du monde entier, en une seule nuit et livrer des jouets à tous les enfants du monde, pour qu'elle me réponde non. - Et elle était très fière d'avoir déduit ça toute seule.

***

55 - 2015-01-05 - GND, GDN, DRM, MTP...

Laissez-moi vous demander si j'ai bien compris :

Si j'achète Le Petit Prince de Saint-Exupéry au prix de 13,95 $ et que je le mets dans la bibliothèque familiale, il pourra être lu, cette année, par Alysée, 14 ans, Thomas, 12 ans, Frédéric,10 ans et, éventuellement, par Matisse qui s'en va sur ses 8 ans. - Dans notre living-room, dans la salle à manger, dans leur chambre à coucher, dans le jardin... et puis pourquoi pas dans l'auto ou chez leurs ami(e)s. Sans compter qu'ils pourront toujours le prêter et éventuellement, quand ils seront plus vieux, le donner à leurs petits cousins ou petites cousines.

N'est-ce pas là le côté merveilleux des livres ? - On pourrait dire la même chose des disques, des cassettes, des VHS, des DVD et d'une foule d'autres objets semblables. Sans compter qu'on pouvait, jusqu'à tout récemment, ces livres, ces cassettes, ces VHS, ces DVD et ces autres objets, les échanger, les revendre, les transformer ou les adapter à ses besoins.

Mais voilà qu'on a changé la donne :

Ça a commencé avec les logiciels. Un pour chaque ordinateur. Si on osait installer sa copie sur un deuxième, un portable, par exemple, on enfregnait la sacro-sainte loi inventée par leurs producteurs qui se plaignaient de perdre des millions de dollars à cause des copies qu'on en faisait. - Oui, Bill Gates, vous faites pitié : avoir perdu tant d'argent.

D'un autre côté, je crois - c'est mon cas - on peut, aujourd'hui se débrouiller fort adéquatement en utilisant les logiciels "ouverts" à la Open Office, par exemple (fortement recommandé). De quoi compenser pour les différents prix que l'on demandait pour Word ou Excel selon qu'on était étudiant, un amateur ou un travailleur autonome.

Or le pire restait à venir. Il est apparu subtilement, sans préavis et, naturellement, je me suis fait prendre sauf que et je me suis juré qu'on ne m'y reprendrait plus.

Vous avez ce dont je parle :

Des livres protégés par ce qu'on appelle la gestion numérique des droits (GND), ou gestion des droits numériques (GDN), en anglais digital rights management (DRM), ou encore les mesures techniques de protection (MTP), qui ont pour objectif de contrôler l'utilisation qui est faite des œuvres numériques. Ces dispositifs peuvent s'appliquer à tous types de supports numériques physiques (disques, DVD, Blue-Ray, logiciels, etc.) ou de transmission (télédiffusion, services Internet, etc.) grâce à un système d'accès conditionnel.

Oh, je continue d'acheter des livres, des DVD, des CD, mais pour chacun j'ai trouvé des logiciels gratuits qui suppriment toutes ces mesures car il n'est pas question que j'achète trois copies d'un film que je tiens à visionner ou un livre que je tiens à lire sur mon ordinateur à la maison, sur mon portable quand je suis en voyage ou sur ma tablette, avant de m'endormir, le soir dans ma chambre à coucher.

À écouter ces messieurs, il aurait fallu que j'achète trois fois le dernier livre de Richard Dawkins (19.99 $) pour le lire sur mes trois appareils.

Est-ce que j'enfreins la loi ? Oui. Mais je paie chacun des livres que je lis, ou je les emprunte à la bibliothèque.

Et puis vous savez quoi ? Tous les grands classiques sont disponibles en format électronique gratuitement.

J'espère que les éditeurs et libraires sauront s'adapter en conséquence, surtout qu'ils sauront réduire leurs prix proportionellement n'ayant plus de transport, ni de frais d'entreposage à débourser. Quatre copies du Petit Prince à 3,50 $ ? Je suis acheteur. Mais pas à 9,99 $ (1).

En passant : j'ai pris l'habitude il y a plusieurs mois de digitaliser tous mes livres de référence. Idem pour tous les films. - Devinez de quoi est remplie ma tablette.

A+.

Jeff

(1) Y'a pire : "The Greatest Show on Earth" de Richard Dawkins, format cartonné : 15,87 $ - format Kindle : 16,99 $ (Chez Amazon) - Je l'ai rouvé à 10 $ chez mon libraire. - Allez comprendre quelque chose.

***

54 - 2014-12-01 - Fins de mois

Nous ne sommes pas pauvres, mais certainement pas riches..

"Budget" n'est pas un mot qui ne signifie rien dans notre ménage. Il en est question à tous les mois, à toutes les semaines et parfois même, au beau milieu d'une semaine.

C'est la dernière qui doit aller chez le dentiste. Le plus vieux qui a besoin d'une paire de chaussures. Ou l'autre qui a brisé son sac.

À chaque jour, un nouveau problème, mais nous ne rêvons pas : les billets de Loto, c'est pour les autres.

Aussi, quand il est question d'amener les enfants au restaurant, au cinéma ou - mais alors là, rarement parce que ça coûte les yeux de la tête - au théâtre, nous y pensons longtemps à l'avance tout en pesant le pour et le contre.

Et puis y'a la différence d'âge. Alysée qui vient d'avoir treize ans est à quelques semaines de son adolescence (elle y est déjà, me dit Élyanne) tandis que Matisse, sept ans, n'est pas du tout rendue au stade de rester assise pendant les deux heures que dure un concert ou un ballet.

L'amènerons-nous, cette année, voir Casse-Noisette ?

Oui.

Je la connais. Elle sera sage et enchantée.

La petite fortune que cela va nous coûter sera notre plus bel investissement de l'année.

A+.

Jeff

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53 - 2014-10-06 - Charité

Mon père m'a enseigné une chose - et ça lui a pris du temps parce que je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire : c'est que pour être heureux dans la vie, il faut s'occuper des autres, veiller à ce qu'ils soient heureux, eux, pas nous. Pas heureux dans le sens qu'il faille absolument leur donner tout ce qu'ils désirent, mais qu'ils vivent une vie qui les comble. Ça consiste, parfois, à dormir paisiblement, le soir ; à avoir deux, trois aminaux autour de soi qui sont bien nourris, bien logés et qui, comme le chat que nous avons à la maison, lèvent la queue en une sorte de "L" qui nous indiquent qu'ils sont contents de nous voir. - Et puis sourire. Découvrir la flute de Jethro Thull ou le troisième mouvement d'une sonate de Beethoven.

Ça implique, malheureusement pour eux, que nous nous inquiétons continuellement. Sont-ils à l'abri ? Ont-ils besoin d'aide ? Est-ce que ça va dans leur travail ? À la maison ? Financièrement ? Sont-ils entourés de gens qui les aiment ?

Dans ces moments-là, je crois que nous devenons insupportables et ça m'arive souvent avec Élyanne et les enfants (et vice versa, je m'empresse de le dire).

Il faut savoir, parfois, reculer.

Se faire demander vingt fois dans la journée ce que l'on peut faire parce qu'on a des crampes à l'estomac ou mal à la tête n'est pas une chose agréable. Faut apprendre à se taire et, parfois, juste offrir son épaule, délicatement.

Vous voyez ? J'ai appris.

Me reste à apprendre à ne pas m'inquiéter trop souvent.

***

La toute dernière de Serge qui a cessé de fréquenter un restaurant près de chez lui :

"Changeait continuellement la configuration des tables. Ça m'énervait."

A+.

Jeff

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52 - 2014-09-01 - Mon poème d'été (en prose)

J'étais assis au fond du jardin, sous les arbres, et je regardais les enfants, Alysée, Thomas, Frédéric et Matisse s'arroser mutuellement avec le boyau du jardin. Matisse, la plus petite, avait de la difficulté à le saisir adéquatement, mais les autres, par instinct, par amour, peut-être, se laissaient asperger en tentant maladroitement de lui arracher des mains.

Une piscine, même hors-terre, avec mon budget, il n'en est pas question. Mais un boyau ? Pourquoi pas ?

Et puis Élyanne est sortie. avec un cabaret où étaient posés un pot de limonade et des verres. Une robe sans jupon à travers laquelle je voyais ses jambes et son soutien-gorge.

Une vision magnifique.

Après que les enfants  se furent servis, elle est venue vers moi avec une grande tasse et m'a donné un baiser. Comme on n'en donne qu'à ceux qu'on aime.

Je me suis souvenu, tandis que je me rappelais toutes les parties de son corps qu'elle m'avait fait découvrir peu à peu au cours des premiers mois, et je me suis dit :

Mais tout cela n'a aucun sens ; être heureux comme cela. C'est quasiment un sacrilège alors que d'autres s'entre-torturent sur cette planète qu'on appelle "la terre", question de savoir si c'est le dieu d'Abraham ou celui de Mohammet qui est le bon.

Je vis dans la Province de Québec, au Canada, où il n'y a pas eu la moindre mini-escarmouche depuis au moins 200 ans. J'ai une femme adorable que j'aime et quatre enfants heureux et en santé.

De deux choses, l'une :

Ou j''ai été très sage quand j'étais petit, ou je rêve.

J'ai dû vivre une autre vie où je fus très charitable et je récolte ma récompense.

Jeff

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51 - 2014-08-04 - Les vacances

Le cauchemar de tout couple qui a des enfants.

Je ne peux pas, comme un de mes voisins - celui avec la Mercedes et une tondeuse à gazon qui vaut plus que ma voiture - m'endeter d'années en années pour offrir à mes enfants des vacances sur le bord de la mer. Je pourrais (cartes de crédit, hypothèques, emprunt divers) leur payer cela (et même plus), mais c'est contre ma religion.

On m'a parlé de camping, sauf que j'ai de la difficulté à planter un clou. Alors, vous vous imaginez le massacre face à une tente...

Alors, cette année, avec des bouts de bois ramassés ici et là, et avec leur aide, nous avons décidé de construire une addition à l'addition de l'addition de notre poudrière où ils seront chez eux. Deux pièces : une pour les gars, une pour les filles.

Hier, j'ai quasi pleurer en les regardant dessiner des plans.

L'art d'être un père.

A+.

Jeff

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